Balls to the Wall
Balls to the Wall
Album par Accept
Sortie 1983
Enregistrement Juillet-août 1983
Durée 45:13
Genre Heavy metal, speed metal
Producteur Dieter Dierks
Label CBS Records
Albums de Accept
Restless and Wild (1982)
Metal Heart (1985)

Balls to the Wall est le cinquième album du groupe allemand de Heavy metal Accept sorti en 1983. Cet album est généralement considéré comme un des meilleurs du groupe au côté des albums Metal Heart, Restless and Wild et Breaker. Le titre phare Balls to the Wall est certainement la chanson la plus célèbre de toute la discographie du groupe. L'album est aussi considéré comme un des albums les plus incisifs du groupe au côté de Restless & Wild, aussi bien en terme musical qu'en termes de paroles.

Sommaire

Musique et textes

L'album fut qualifié par le critique Martin Popoff comme le plus grand album de metal des années 80[1] .

Dès sa sortie la chronique d'un des magazines de l'époque, Metal Attack, est unanime:

"Difficile de trouver des formules pour parler de Balls to the Wall. À cause d'une raison très simple: Rien dans la musique d'Accept n'est fondamentalement original. Et pourtant....et pourtant, cet album est fondamentalement fabuleux! Comment expliquer ce miracle.[...] Un mot peut aider à comprendre, et ce mot est magie...ou si vous préférez génie pour transfigurer ce qu'on croyait rabâché un milliard de fois en un son neuf. Ecoutez bien "Balls to the Wall", le morceau titre: Jamais encore aucun groupe n'avait porté à ce paroxysme impitoyable le caractère d'hymne guerrier du metal. Une violence, une puissance, une incandescence, qui se poursuit sur "London Leather Boys" avec une intensité qui ne se dément pas un instant.[...]Accept n'est pas un nouveau Led Zep ou Deep Purple, mais un héritier qui a su assimiler tout ce que lui ont légué ses ainés pour se frayer sa propre voix royale[2].

C'est sur cet album que Deaffy (alias Gaby Hoffmann, femme du guitariste) devint la parolière à part entière du groupe. L'écriture des chansons s'en trouve marqué par des thèmes sociaux très positionnés. L'historique "Accept Remembered" retrace cet épisode:

"Avec la parolière DEAFFY, ils ont créé un album concept qui a osé aborder des thèmes des plus délicats et des plus controversés, et qui n'avaient jamais été traités auparavant dans le heavy metal- Des sujets traitant notamment de certains aspects politiques, de l'amour, de la sexualité, de l'engagement, de la responsabilité, de l'opposition aux formes d'addiction de tout type. Les thèmes qui n'avaient jamais été explorés étaient présentés d'une façon qui inspira beaucoup à en discuter les différents points de vue. Les conceptions personnelles d'Accept divisèrent les opinions, et ce encore aujourd'hui, du fait du caractère controversé des paroles. Néanmoins, Accept acquirent un respect indiscuté au regard de leur responsabilité en musique. C'est ainsi qu'ils se positionnèrent par le passé et c'est ce qu'ils représenteront à jamais[3].

Certaines chansons véhiculent des messages de rébellion aux connotations anarchistes notamment "Balls to the Wall", "Fight It Back" ou "Guardian of the Night". La chanson éponyme, par exemple, traite à plusieurs niveaux métaphoriques de l'asservissement des êtres humains dans le monde, en tant qu'esclaves des divers systèmes et institutions, ("Too many slaves in this world die by torture and pain", "Boundage is over Human race") et qu'un jour ils se réveilleront, briseront leur chaînes et renverseront leurs oppresseurs.("One day the tortured stand up and revolt against the Evil." "Watch the Damned, they're gonna break their chains, You can't stop them. They're coming to get you"). A cet égard, Stefan Kaufmann, dans une interview, y évoque une des interprétations possibles:

"Balls to the Wall, parle de la situation des hommes en général et de leur statut d'esclaves, vis-à-vis des institutions du système. Lorsque tu fais tout pour sortir de l'ornière de départ dans laquelle tu évolues et que rien ni personne ne daigne te donner un coup de main, tu es devant un mur d'indifférence. Et c'est ce mur qu'il faut arriver à franchir pour te dépasser." [4]

Controverses

Le groupe a été attaqué pour la thématique de l'album Balls to the Wall que certains jugeaient centré sur l'homosexualité[5]. Ces attaques sont dues notamment à la chanson "Love child" qui traite des problèmes d'identification d'un homosexuel dans la société[6], mais aussi à cause de l'imagerie provocatrice et ambiguë de la couverture et des photos de session. À cause de la chanson "Love child", certains, par association d'idées, ont cru voir aussi le thème de l'homosexualité dans d'autres chansons comme "London Leather Boys" et "Turn me on" qui pourtant n'auraient rien à voir avec le sujet. Le texte de "London Leather Boys", dans son sens le plus littéral, parle du mode de vie des bikers, selon lui et "Turn me" ferait référence à une anecdote coquine d'un de leurs Roadies[7]. A cet égard, Hoffmann dément que les textes de "London Leather Boys" aient un rapport avec la thématique gay[8]. Toutefois Stefan Kaufmann, dans une interview à Enfer Magazine (1983), confirmait, au contraire, que la chanson traitait du thème l'homosexualité[9]. En revanche dans d'autres interviews, kaufmann décrit lui-aussi le morceau comme une chanson sur les bikers. Il commente d'ailleurs la controverse à propos de cet album en ces termes:

"J'ai été surpris par beaucoup de choses.[...] D'abord, "Balls to The Wall" fut qualifié de premier album de "gay metal", puis il fut dit que cela parlait du mur de Berlin, et personne n'a pris la peine de lire les paroles. Cela parlait des minorités, c'est tout. Par exemple, "London Leather Boys" parlait de punks ou de bikers ou quelque chose du genre (Udo parle de bikers), profitant de la vie. Ce sont des gens normaux, c'est juste qu'ils ont l'air différents et qu'ils se comportent de façon différente. Mais ce sont des gens normaux, juste une autre minorité. Et "Love Child" est centré sur les gays, c'est vrai, mais c'était principalement pour parler de la façon dont les gens sont oppressés." [10]"

Wolf Hoffmann a également commenté l'affaire, en rétorquant aux interviewers qui lui posaient la question:

"Vous, les américains vous, êtes tellement coincés à ce sujet. En Europe, ça n'a jamais eu d'importance... On voulait juste être un peu polémiques et différents en touchant à ces sujets sensibles, parce que ça nous faisait de la pub, et en vérité ça a fabuleusement bien marché, vous savez. Et puis, on souhaitait avoir des textes qui aillent un peu au-delà des naisieries habituelles du type "Cherry Pie"[11].

Il a expliqué que le concept était une idée de sa femme Deaffy (alias Gaby Hoffmann) qui visait principalement à une légère provocation en tapant dans les tabous. La parolière a elle aussi démenti les allégations concernant les soit-disantes orientations homosexuelles du groupe et de certaines autres chansons. En revanche, elle a toujours clamé se positionner contre toute discrimination des minorités, y compris l'homophobie.

"J'ai toujours été très rebelle et en aucun cas je n'aurais écrit quelque chose de "normal" ! Jamais ! La question de l'orientation sexuelle à propos du contexte de certains textes n'est que spéculation et pure interprétation de gens extérieurs. Ce groupe en tant qu'individus a si peu à voir avec les controverses et absolument rien en particulier avec quoi que ce soit d'autre que d'être vraiment hétéro. Tout ce que je peux dire, c’est que les paroles ont un sens plus profond et cela me surprend que le public ait si peu cherché à aller au-delà d’une seule interprétation. Cependant, cela aura valu au groupe d’être le tout premier à s’engager dans de telles controverses. Bon nombre de groupes célèbres précisent qu’Accept a été très innovant et fut une source d’inspiration de par leur hardiesse à aborder ces problèmes de la vie quotidienne ; des questions de justice à celles de l’euthanasie, etc…)" [12]

Stefan Kaufmann va dans le même sens que Deaffy au niveau de son positionnement contre l'homophobie. Dans une interview à Enfer Magazine en 83, il remarquait à propos de cette thématique de l'homosexualité qu'ils avaient abordé:

"C'est un phénomène qu'il faut prendre en considération; car il existe à une grande échelle et il faut démystifier. En fait c'est un phénomène de société qu'il est nécessaire de prendre comme tel. Pendant longtemps les homosexuels ont été considérés comme des fous et des malades. Or il est temps de respecter ces gens là, d'ouvrir nos esprits qui sont souvent obtus." [13]

Pour Martin Popoff, ce positionnement gay-friendly avait de quoi surprendre dans le contexte du metal de l'époque encore fortement dominé par une ambiance ultra-masculiniste[14].

Liste des chansons

  1. Balls to the Wall – 5:50
  2. London Leatherboys – 3:57
  3. Fight It Back – 3:30
  4. Head over Heels – 4:19
  5. Losing More Than You've Ever Had – 5:04
  6. Love Child – 3:35
  7. Turn Me On – 5:12
  8. Losers and Winners – 4:19
  9. Guardian of the Night – 4:25
  10. Winter Dreams – 4:45

Il existe deux remasters différents qui incluent deux titres bonus :

2001 Remaster

  • Head over Heels (live)
  • Love Child (live)

2002 Remaster'

  • Up to the Limit (live)
  • Head over Heels (live)

Ces chansons sont en fait tirés de Kaizoku-Ban.

Credits

Notes

  1. Popoff,Martin. The Collector's Guide To Heavy Metal Volume 2: The Eighties. Toronto: Collector's Guide Publishing, 2005. p.429.
  2. Chronique de Metal Attack, n°2, novembre 1983, p.35
  3. Libre traduction du passage suivant "With lyricist DEAFFY, they created a concept album that dared to discuss the most delicate and controversial themes previously unheard of in Heavy Metal. Topics included: politics, love, sexuality, church, consciousness, responsibility, and anti-addiction of any kind. Themes that had never been explored before were presented in a way that inspired many to discuss different viewpoints. ACCEPT's own personal beliefs became an issue that has divided people's opinions about ACCEPT until this very day because of the controversial context. Nevertheless, ACCEPT received undisputed respect for their responsibility in music. That is what they have stood for in the past and that's what they will represent forever.""Accept Remembered" in Wolfhoffmann.com (1999)Archives de Wolfhoffmann.com
  4. Touchard Philippe, "Interview avec Stefan kaufmann", Enfer magazine, n°7, 1983, p.9
  5. http://www.martinpopoff.com/html/yeold_archives/accept.html
  6. Ye Old Metal
  7. [1]
  8. interview
  9. - Bouquet: "Alors justement, parle nous de London Leather Boys" - Kauffmann: "C'est une chanson qui traite de l'homosexualité" Touchard Philippe, "Interview avec Stefan kaufmann", Enfer magazine, n°7, 1983, p.9
  10. cf: Poppoff Martin - "Accept-Balls to the Wall" [2]; Libre traduction du passage suivant "I was surprised about a lot of things. So first Balls To The Wall was called the first gay metal album, then it was about the Berlin Wall, and nobody cared about reading the lyrics. It was actually about minorities, that's it. For example, 'London Leatherboys' was about punks or bikers or whatever (Udo says bikers), enjoying their life. They're normal people, they just look different and they behave different. But they're normal people, another minority. And 'Love Child' was about gays, true, but it's basically about people who are suppressed.
  11. [Libre traduction de "You Americans are so uptight about this. In Europe it was never a big deal...we just wanted to be controversial and different and touch on these touchy subjects, because it gave us good press and it worked fabulously, you know". interview avec Wolf Hoffmann
  12. interview avec Gaby HoffmanLibre traduction de "I have been very rebellious and by no means I would have written anything "normal"! Never! The sexual question about the context of certain lyrics are mind games and pure interpretation from outsiders. This is a band who has as individuals -so little to do with controversy and absolutely nothing in particular with anything but being VERY straight. I can only say, all the lyrics have much deeper meaning than that and it surprised me, how little the public tried to find something else, than only one interpretation. However, it made the band one of the very, very first who have been in such a controversy - many famous bands mentioned that ACCEPT have been very innovative and inspiring, because of their boldness to mention everyday life problems - from justice to mercy killing and so on....."
  13. Touchard Philippe, "Interview avec Stefan kaufmann", Enfer magazine, n°7, 1983, p.9
  14. "It was certainly an eyebrow-raiser within the he-man metal world of 1984" [3]

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