Youri Bandajevsky
Youri Bandajevsky
Youri Bandajevsky, Genève, 2009.
Youri Bandajevsky, Genève, 2009.

Naissance 9 janvier 1957
Biélorussie
Nationalité Drapeau de Biélorussie Biélorussie
Profession professeur d'anatomo-pathologie,
Autres activités recteur de l'Institut de médecine de Gomel
Distinctions docteur honoris causa de l’université de la Méditerranée, membre d’honneur de l’Association des cyber-journalistes.

Youri Ivanovitch Bandajevsky (en biélorusse : Юрый Бандажэўскі / Iouri Bandajewski, en russe : Юрий Иванович Бандажевский / Iouri Ivanovitch Bandajevski ; (aussi orthographié Yuri Bandazhevsky suivant la graphie anglaise), né le 9 janvier 1957 en Biélorussie, est à la fois professeur de médecine et anatomo-pathologiste travaillant sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl de 1986.

Fils unique, son père était un officiel du Parti et sa mère enseignante. A l'âge de 16 ans[1], il entre à l'Institut médical de Grodno, où, il manifeste une véritable passion pour la recherche[2] .

En 1987, après l'obtention de son deuxième doctorat de spécialisation[3], il devient directeur du Laboratoire central de recherches scientifiques de Biélorussie. Profondément marqué par l'accident de Tchernobyl, il s'engage dès les premières heures en proposant à l'Académie de sciences et au ministère de la santé une série de mesures et des projets de recherche[3]. A l'âge de 33 ans, il devient le plus jeune professeur de médecine de l'ex Union Soviétique[3] et s'installe, avec sa femme Galina, pédiatre et cardiologue, à Gomel, à 130 kilomètres au nord de Tchernobyl, où, en 1990, il est nommé Recteur à l'institut de médecine. Pendant 9 ans il forme des centaines de médecins qualifiés pour exercer dans des zones contaminées, publie quelque 240 travaux sur les effets délétères de la radiation à faibles doses et est lauréat de 5 médailles internationales[4].

Par différentes approches (expérimentations, examens cliniques, autopsies), Bandajevsky met en évidence les processus pathologiques induits par la contamination chronique des enfants. Ses recherches portent notamment sur la corrélation entre le taux de césium 137 mesuré dans leur organisme et les altérations cardiaques, arythmies ... révélées par l'électrocardiogramme. Il arrive à la "conclusion que l'action prolongée d'éléments radioactifs à faibles doses, en particulier le césium 137, sur des organes et systèmes vitaux comme le système cardio-vasculaire, le foie, les reins, le système reproducteur, produisent des modifications pathologiques lourdes liées essentiellement à des atteintes au niveau des gènes, de l'information génétique."

En 1999, le professeur Bandajevsky est un scientifique de référence. C'est en cette qualité qu'il est nommé en tant qu'expert à une commission de contrôle pour évaluer l'utilisation des fonds versés par la communauté internationale pour les victimes de Tchernobyl. Mais Bandajevsky à une haute idée du devoir de vérité du scientifique et de la déontologie médicale, et à la différence de la majorité de ses collègues, ne se préoccupe guère des périls du franc-parler sous une dictature. (voir W. Tchertkoff. L'Interview de Yuri et Galina Bandajevsky[5].) Dans son rapport, il dresse un bilan en soulignant le gaspillage des 95% des fonds publics consacrés à la recherche sur les conséquences de Tchernobyl, s'en prenant à un institut dépendant du ministère de la Santé[6]. Car, comme il dira plus tard dans une lettre adressée aux scientifiques, "La vérité doit être entendue. Selon moi, là est la tâche principale des hommes qui ne sont pas indifférents au destin de l'humanité tout entière[7]."

Par la même occasion, il interpelle le Président de la Biélorussie, Loukachenko, pour demander une réorientation de la recherche médicale afin de la rendre plus efficace, et il rend publiques à la télévision[8] des données concernant les effets délétères de l'incorporation chronique de produits radioactifs, conséquences de la radiation.

Dans la nuit du 13 juillet 1999, le professeur Bandajevsky est arrêté, prétendument dans le cadre des mesures d'urgence destinées à combattre le terrorisme. Il est arbitrairement détenu, et finalement accusé de corruption, puis condamné le 18 juin 2001 à 8 années de prison - malgré la rétractation publique de son accusateur -, au terme d'un procès où les observateurs de l'OSCE et Amnesty international ont dénoncé au moins 8 infractions au code en vigueur en Biélorussie[9].

Son témoignage sur sa maltraitance physique et psychologique dans les geôles de Loukachenko et sa longue lutte de résistance peut être consulté dans les "Lettres de prison et relégation" recueillies et traduites par Wladimir Tchertkoff[10].

C'est grâce à ce dernier, qui prend contact avec Solange et Michel Fernex, puis avec le GSIEN et d’autres que la nouvelle de son incarcération est connue à l'ouest à partir d'octobre 1999[11].

De son côté, Amnesty International l'adopte comme prisonnier d'opinion[12], et d'autres organisations interviennent en sa faveur. En 2001 le parlement européen lui discerne le Passeport de la liberté[13].

La CRIIRAD[14]. (association française de recherche indépendante sur le nucléaire) s’engage dans le soutien en février 2001. Elle organise, avec d’autres associations, une manifestation internationale le 25 mai 2002, à Genève, devant le Palais des Nations et devant l'OMS, afin d'interpeler l'ONU, l'OMS et les autorités biélorusses.

En juin 2002 le Comité Bandajevsky pour "le droit à la vérité et à la justice" se constitue. Il crée un site et fédère le soutien des différentes associations – Amnesty International, France Libertés, la FIDH, Sortir du Nucléaire et d’autres associations écologistes… autour de multiples actions[15]. Un « Manifeste » publié dans Le Monde, incite les municipalités et les assemblées territoriales à faire de Bandajevsky leur citoyen d’honneur : il fera l’objet de 24 citations. De plus, il a été fait docteur honoris causa de l’université de la Méditerranée[16]. Il fut aussi l’un des 7 nominés pour le prix Sakharov en 2003 et fit l’objet d’une action de soutien des Académies des sciences au niveau international en mars 2005. Il est aussi membre d’honneur de l’Association des cyber-journalistes.

La libération de Bandajevsky survenue le 6 janvier 2006 a été intégrée dans les négociations entre la Biélorussie de Loukachenko et l'Union européenne. En avril 2006, Youri Bandajevsky, indésirable en Biélorussie, a reçu une bourse de recherches d'un an financée par le Conseil régional d'Auvergne et il s'est installé en France à Clermont-Ferrand. Dans le même temps, un projet de création d'un laboratoire international indépendant à Minsk, en partenariat avec la CRIIRAD a été lancé.

Sommaire

Critique

Il y a controverse au sujet des recherches du Professeur Bandajevsky. Un nombre considérable de scientifiques[réf. nécessaire] ont dès le départ refusé l’idée du caractère pathogène de faibles doses de Césium 137 incorporé en particulier par l’alimentation.

Selon A. Gonzales, représentant l'AIEA en 2001 à la conférence de Kiev, il n'y a aucun impact sur la santé attribuable à Tchernobyl par exposition à la radiation au-delà de 31 morts suite aux lésions causées par la radiation et 2,000 cancers évitables de la thyroïde chez l'enfant[17]. Ce bilan a été révisé à la hausse par le communiqué de l’OMS-AIEA du 5/09/2005 (environ 56 décès et 4000 décès potentiels par cancers), puis en 2006 (4 000 décès parmi les 600 000 personnes les plus exposées » pour les seuls cancers solides, ainsi que « 5 000 autres parmi les 6 millions de personnes proches).

Le Professeur Aurengo, chef du service de médecine nucléaire de la Pitié-Salpêtrière, considère que les travaux de Bandajevsky "n'ont pas été faits avec les précautions méthodologiques minimales et n'ont aucune crédibilité" et que seules "des publications confidentielles, sans comité de lecture" ont accepté de les publier[18].

Notes et références

  1. Portrait: http://www.liberation.fr/portrait/0109543129-l-avenir-radie
  2. Galina Bandajevskaya,"Comment on a réduit au silence le professeur Youri Bandajevky", dans Les silences de Tchernobyl. L'avenir contaminé. Editions Autrement, 2004, p.101
  3. a, b et c Galina Bandajevskaya, Les silences de Tchernobyl, op. cit., p.102
  4. Curriculum : http://tchernobyl.verites.free.fr/Bandajevsky/cv.htm
  5. Tchertkoff (Feldat-film 2000) Interview de Yuri et Galina Bandajevsky (Script.) http://tchernobyl.verites.free.fr/Tchertkoff/script_youri_galina.htm
  6. Rapport fonds … http://tchernobyl.verites.free.fr/Bandajevsky/rapport_fond1.htm
  7. "La descente aux enfers du Professeur Bandajevsky" Dans SUD NORD Politique et Psychiatrie N° 19/2003, p. 149 http://s2.e-monsite.com/2010/02/25/06/SUD-NORD_Mary21.pdf
  8. M. David-Jougneau, "Semmelweis, Bandajevsky: des savants victimes de la répression scientifique", dans Les silences de Tchernobyl, op. cit., p.108
  9. Communiqué CRIIRAD http://www.criirad.org/actualites/laboratoirebandajevsky/aspectjuridiques/amnesty(eur490082001).pdf [archive]
  10. Lettres de prison: http://tchernobyl.verites.free.fr/Nouvel_prison/index_nouvel_prison.htm
  11. W. Tchertkoff, Le crime de Tchernobyl, Le goulag nucléaire. Editions Actes Sud, 2006, p. 225 Email Fernex: http://www.fortunecity.com/boozers/vines/858/bandazevski/france/8.htm
  12. Cas du professeur Bandajevsky, prisonnier d’opinion présumé (Doc Amnesty - 10/10/1999) http://www.criirad.org/actualites/laboratoirebandajevsky/aspectjuridiques/amnesty(eur490082001).pdf
  13. Passeport poir la liberté: http://www.dissident-media.org/infonucleaire/parlement.html
  14. CRIIRAD:Communiqué
  15. Actions: http://tchernobyl.verites.free.fr/
  16. Honneurs: http://tchernobyl.verites.free.fr/Citoyen_honneur/Index_honneurs.html
  17. Lors de la conférence de Kiev de l'OMS en juin 2001. W. Tchertkoff, Controverses Nucléaires - Script, (Feldat-film 2003)http://tchernobyl.verites.free.fr/Tchertkoff/script_controverse_nucl.htm
  18. André Aurengo, Tchernobyl: quelles conséquences sanitaires? http://www.industrie.gouv.fr/debat_energie/contribution/pdf/aurengo.pdf


Bibliographie


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