Bacille de Nicolaïer

Clostridium tetani

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Clostridium tetani
 Un groupe de bactéries Clostridium tetani
Un groupe de bactéries Clostridium tetani
Classification classique
Règne Bacteria
Division Firmicutes
Classe Clostridia
Ordre Clostridiales
Famille Clostridiaceae
Genre Clostridium
Nom binominal
Clostridium tetani
(Flügge, 1886) Bergey et al. 1923
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Clostridium tetani (ou bacille de Nicolaïer) est la bactérie saprophyte responsable du tétanos chez l'homme.

Sommaire

Généralités

C'est un bacille anaérobie, à gram positif, appartenant au genre Clostridium qui regroupe de nombreuses espèces dont certaines pathogènes pour l'homme. Elle est capable de secréter une toxine neurotoxique.

On rencontre ce bacille sur la terre entière (il est dit ubiquitaire) qui existe sous deux formes :

  • une forme endosporulée : lorsque les conditions extérieures sont défavorables, le bacille se protège sous cette forme que l'on retrouve dans le sol et les déjections de mammifères.
  • une forme végétative : lorsque les conditions sont favorables, le bacille est capable de secréter sa toxine neurotrope et ainsi provoquer une infection.

Écologie

La forme sporulée de ce germe tellurique (surtout sols calcaires et humides) peut se retrouver dans l'intestin des herbivores (surtout le cheval) et parfois de l'homme (environ 5 %).

Pouvoir pathogène

Clostridium tetani est la bactérie à l'origine du tétanos.

Une multiplication, même minime et discrète, dans une plaie entraîne la production d'une toxine neurotrope ("tétanospasmine") qui, soit par voie nerveuse, soit par voie sanguine, va se fixer sur des gangliosides du système nerveux central, provoquant le blocage des synapses inhibitrices, d'où contractures et paralysies spastiques par interférence avec le métabolisme de l'acétylcholine.

La période d'incubation moyenne est d'une semaine mais peut aller de 2 jours à 2 ou 3 semaines, en fonction de la quantité de toxine produite plus ou moins rapidement. On cite parfois des incubations plus longues (plusieurs mois) : il s'agit alors de spores restées dormantes, qui se réveillent lors d'un deuxième traumatisme. (Une injection sous-cutanée de spores à un animal ne provoque généralement rien. Mais si, quelques semaines plus tard, on injecte au même endroit un peu de sable stérile ou si on provoque une contusion sans ouverture cutanée, le tétanos apparaît. C'est par ce mécanisme qu'on explique les cas - heureusement rares - de "tétanos (soi-disant) spontané". Les chirurgiens esthéticiens connaissent ce danger de réveil de spores dormantes lorsqu'ils opèrent pour corriger d'anciennes cicatrices disgracieuses). Les cas à incubation courte sont généralement les plus graves : "tétanos aigus". Mais il semble qu'une plus fidèle indication de gravité soit donnée par l'intervalle qui sépare l'apparition des premières contractures (généralement à la machoire) des convulsions spastiques : si cet intervalle est inférieur à 48 h., le pronostic est mauvais. Au total, la mortalité reste elevée : entre 50 et 60 %, malgré les traitements intensifs (mort en asphyxie par spasmes du larynx et des muscles respiratoires). En principe, toute plaie peut être tétanigène.

Les causes favorisantes sont celles qui assurent l'anaérobiose nécessaire : tissus mal irrigués dans des plaies irrégulières et déchiquetés, présence de corps étrangers (épines, échardes, etc...) ou présence d'une flore pyogène associée qui consomme l'oxygène.

Actuellement, une bonne partie de tétanos survient après des plaies minimes chez un sujet qui n'est pas en ordre de vaccination et qui n'a pas consulté de médecin.

Citons comme cas particuliers les tétanos compliquant des ulcères de jambes chroniques et mal soignés, le "tétanos néonatorum" provenant de la plaie ombilicale, toujours très grave, encore fréquent (jusqu'à 10 %) dans certains pays non développés et le risque particulier chez les drogués pratiquant des injections sans précautions d'asepsie.

Signalons, qu'en 1973, l'OMS estimait entre 50.000 et 100.000 la mortalité annuelle mondiale par tétanos surtout en pays tropicaux.

Propriétés bactériologiques

Morphologie

  • Bâtonnet mobile de 3 à 4 microns sur 0,5 micron.
  • La spore (diamètre de 1,5 à 2,0 microns càd dire nettement plus grosse que la largeur de la bactérie) est terminale : image en baguette de tambour. Cependant quelques espèces saprophytes donnent la même image.

Culture

  • Assez lente et fastidieuse, très strictement anaérobie.
  • Gélose : en surface, film assez fin et transparent mais colonies chevelues en profondeur. La culture a une odeur de "corne brûlée".

Toxine

Protéine de poids moléculaire de plus ou moins 70.000, antigéniquement identique quelle que soit la souche productrice. En se fixant au niveau des synapses centrales, elle y interfère avec le métabolisme de l'acétylcholine et provoque, d'une part, des contractures (muscles masseters, abdominaux, vertébraux), d'autre part, des crises de convulsions spastiques douloureuses, épuisantes et mortelles lorsqu'elles se situent aux muscles laryngés et respiratoires. Un milligramme de toxine pure contient 10 millions de doses létales pour la souris ; la dose mortelle pour l'homme serait de 0,1 à 0,2 mg. Tous les animaux sont sensibles à l'injection expérimentale de cette toxine mais le tétanos naturel est rare chez les animaux. La toxine est assez labile ; elle ne se résorbe pas per os.

Diagnostic

Le diagnostic est uniquement clinique. (Il n'y a que peu de bacilles dans la plaie et ils sont difficiles à isoler).

Il est possible de rechercher la présence d'anticorps (Ac) antitoxines afin de vérifier la vaccination.

Vaccination

Elle est possible à partir de l'âge de 2 mois. La vaccination consiste en l'injection d'anatoxines.

Trois injections sont réalisées à un mois d'intervalle. Un rappel est effectué vers 15-18 mois, puis vers 5-6 ans. Ensuite le rappel est réalisé tous les 10 ans.

Les réactions de la vaccination antitétanique se limitent généralement à une légère infiltration locale un peu douloureuse ; les cas d'hypersensibilité à l'anatoxine sont exceptionnels.

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