1er Bataillon du Royal 22e Régiment

Royal 22e Régiment

Le Royal 22e Régiment, exerçant son droit de cité devant l'Hôtel de ville de Québec

Le Royal 22e Régiment est l'un des trois grands régiments d'infanterie au Canada. C'est un régiment comprenant 5 bataillons dont deux sont d'infanterie mécanisée, un autre d'infanterie légère comprenant une compagnie parachutiste et deux sont de la Milice. C'est également le seul régiment d'infanterie entièrement francophone. Le Royal 22e Régiment (R22eR) est aussi l'un des régiments les plus opérationnels des forces armées canadiennes.

Son quartier général se situe à la Citadelle de Québec, mais le gros de l'effectif des bataillons de la Force régulière est cantonné à la garnison Valcartier à Québec. Les bataillons de la Milice sont situés à Laval (4e) et à St-Hyacinthe (6e).

Formé de volontaires durant la Première Guerre mondiale sous le nom de 22e Bataillon d'infanterie (canadien français), il obtient le 1er juin 1921 le titre de Royal par le roi Georges V qui reconnaît les nombreux faits d'armes et les excellents états de service de ses membres. Il porte aujourd'hui le célèbre uniforme rouge des fusiliers britanniques avec le chapeau à poils.

Sommaire

Histoire

Première Guerre mondiale

Le Royal 22e Régiment a ses origines dans la Première Guerre mondiale. Alors que, avant la Première Guerre mondiale, l’Armée canadienne était formée de Milices locales, tels les Voltigeurs de Québec, le ministre de la Défense nationale Sam Hughes décide de former une armée canadienne homogène. Cependant, suite à des pressions des groupes québécois, en particulier le journal La Presse et le chef de l’opposition Wilfrid Laurier, les autorités acceptent de former des bataillons basés sur la langue et sur l’ethnie. Le 22e Bataillon d’infanterie (canadien français) est la première unité du Corps expéditionnaire canadien dont la langue de travail est le français. Entraîné à Saint-Jean-sur-Richelieu, puis à Amherst, il embarque pour l’Europe en 1915. Il combat sur les principales batailles du Corps expéditionnaire canadien, telles Flers-Courcellettes, Vimy, Pashendeale, etc. Durant la guerre, d’autres corps canadiens-français sont formés. Cependant, arrivés en Europe, ils sont habituellement démantelés pour servir de renfort au 22e. À la fin de la Première Guerre mondiale, le 22e Bataillon compte 1000 morts et 4000 blessés. Parmi ces morts, le 22e Bataillon compte deux Croix de Victoria, le caporal Joseph Kaeble et le lieutenant Jean Brillant.

Au retour au Canada, le 22e Bataillon est démantelé. Cependant, lors de la réorganisation des Forces canadiennes qui suit, les autorités décident de former un régiment regroupant des vétérans du 22e Bataillon, dont la base est la Citadelle de Québec. Au début, ce régiment est nommé 22nd Regiment. En 1921, à la suite de l’ordre du roi George VI, le régiment est nommé Royal, en reconnaissance des faits d’arme rendus lors de la Première Guerre mondiale. Finalement, en 1928, le régiment fut nommé Royal 22e Régiment, pour reconnaître que c’est une unité francophone des Forces canadiennes. La dénomination officielle française fut confirmée par le ministère de la Défense nationale en 1970, puis en 1990.

Deuxième guerre mondiale

Lors de la deuxième guerre mondiale, le Régiment participa à la surveillance de la Grande-Bretagne, avant d’être partie de la campagne d'Italie. Le capitaine Paul Triquet, du Royal 22e, se distingua lors de la prise d´assaut de la Casa Berardi, le 14 décembre 1943. Pour cette action d´éclat, il fut décoré de la Croix de Victoria et de la Légion d'honneur. Le régiment, par la suite, participa à la libération des Pays Bas et rentra en Allemagne. Le village de Zwolle en Hollande fut par ailleurs libéré par un seul homme lors d'une mission spéciale, un membre d'un autre régiment francophone, le Régiment de la Chaudière. Il reçut une Distinguished Conduct Medal. Un deuxième bataillon se prépara pour l'invasion du Japon lorsque ce dernier se rendit en 1945.

Guerre de Corée

Trois bataillons du Royal 22e Régiment participa, à tour de rôle, à la guerre de Corée, constituant, pendant les trois ans de combat, un tiers de l'infanterie de la brigade canadienne.

Guerre Froide

Le régiment maintint un bataillon en Allemagne pendant les quatre décennies de la Guerre Froide.

Maintien et consolidation de la paix

Le régiment participa à de multiples missions multinationales de l'ONU et de l'OTAN. dont le Congo, Chypre, Timor Orientale, et l'ex-Yougoslavie, parmi d'autres.

Afghanistan

Le 3e Bataillon (avec une compagnie mécanisée du 1er Bataillon) a fourni la base du contingent canadien de la force internationale d’assistance et de sécurité à Kaboul, Afghanistan, en 2004 (février-août).

En 2007, un groupe de bataille basé sur le 3e Bataillon du Royal 22e Régiment est retourné en Afghanistan, remplaçant le 2e Bataillon du Royal Canadian Regiment dans la province de Kandahar. Le groupe de bataille était composé d’une compagnie de chaque bataillon régulier du régiment. Il comprenait aussi des supports de combat et de service des toutes les unités de la 5e Groupe-brigade mécanisée du Canada de la garnison Valcartier, Québec. Également, le Régiment a contribué à l'Opération Enduring Freedom en déployant une équipe de 15 militaires au sein de la 218e Brigade d'infanterie américaine. Ces derniers devaient oeuvrer au sein du Training Assistance Group VI situé au camp Alamo à Kaboul et ce, jusqu'au démantèlement du dit détachement, en novembre 2007, marquant ainsi la fin de la contribution canadienne au Kaboul Military Training Center.

Les Van Doos

La presse anglophone surnomme souvent le Régiment « Van Doos »[1]. Bien que l'on sache qu'il a été utilisé par la presse anglophone au cours de la Première Guerre mondiale, l'origine exacte est inconnue. On sait qu'il s'agit de la prononciation bâclée de « vingt-deux » par les soldats anglophones, imitant les soldats francophones.

Organisation

Le Royal 22e Régiment est composé de trois bataillons de la régulière et de deux bataillons de Milice: Le 1er et le 3e bataillons d'infanterie sont basés à la garnison Valcartier en banlieue de Québec, le 2e bataillon est quant à lui officiellement basé à la Citadelle, bien que la majorité de ses effectifs travaillent à Valcartier. Les deux bataillons de réserve sont le 4e bataillon, à Laval (Québec) et le 6e bataillon réparti entre deux manèges, un à Saint-Hyacinthe et l'autre à Drummondville.

Les bataillons d'infanterie

"Je me souviens", devise du régiment

Les bataillons d'infanterie sont constitués de:

  • un état-major
  • trois compagnies de fusiliers
  • une compagnie de support
  • une compagnie de services

La compagnie de commandement et appui tactique est responsable de l'état-major qui lui est en charge de l'administration et du commandement des compagnies. Elle comporte des pelotons ou sections tel que celui de la reconnaissance, des transmissions ou de la police militaire qui ont pour objectif de supporter le bataillon lors de diverses tâches. Les compagnies de fusiliers se chargent du combat comme tel, tandis que la compagnie de service voit à l'approvisionnement et l'entretien du bataillon.

Voyons plus en détails cette organisation et son fonctionnement en commençant par la base.

Au départ, il y a la section d'infanterie forte de 10 hommes commandée par un sergent. Incluant un chauffeur et un canonnier formant l'équipage du véhicule (VBL-3). La section dispose de fusils, de mitrailleuses légères, de lance-grenade 40mm et de grenades à main, sans compter l'armement principal du véhicule 25mm et secondaire 7,62mm et 76mm grenades fumigènes.

Trois sections plus un PC constituent le peloton, commandé par un officier (sous-lieutenant, lieutenant ou parfois d'un capitaine). Les armes lourdes du peloton font partie du détachement d'armes (mitrailleuse, mortier léger, lance-roquette ou lance-missiles léger) sous le contrôle direct du PC. Le peloton compte environ 40 hommes et femmes.

Trois pelotons plus un PC forment une compagnie. Celle-ci est commandée par un major, secondé par un capitaine et un sergent-major (adjudant-maître). La compagnie de fusiliers compte environ 120-150 hommes et femmes.

La compagnie d'appui tactique diffère par son organisation et son emploi. Ses sous-unités sont généralement déployées directement par l'état-major du bataillon. Elle est constituée des éléments suivants :

  • un peloton de reconnaissance
  • un peloton de transmission

Une des trois compagnies de fusiliers du 3e bataillon (d'infanterie légère), la compagnie A est quant à elle, aéroportée et ses membres portent le béret marron.

Le Centre d'instruction du secteur Québec de la Force terrestre (CI SQFT)

Le CI SQFT ou anciennement,l'École de combat est le lieu où sont formés entre autres, les soldats du Royal 22e Régiment. Celle-ci n'est toutefois plus sous le contrôle régimentaire, mais sous le contrôle du secteur du Québec de la Force terrestre et relève du système de doctrine et d'instruction de la Force terrestre. Le commandement de l'école demeure néanmoins sous le commandement d'un Lieutenant-colonel du Royal 22e Régiment.

L'école est chapeautée par un état-major et est divisée en 4 "compagnies d'instruction" : la compagnie A: "Cours de fantassin et de leadership"; la compagnie B: "Cours de base et d'artilleur"; la compagnie C: "Milice"; la compagnie de service: "Soutien à l'école".

La compagnie A reçoit les soldats formés de l'armée et les forme au métier de fantassin pendant +/- 90 jours avant de les envoyer au bataillon d'infanterie. De plus, elle reçoit les futurs chef de l'armée et les forment en ce sens. La compagnie A ou de leadership a pour mission de former les sous-officiers de l'armée. Elle dispense le cours de commandant de section d'infanterie ou de section dans d'autres corps de métiers. En quelques semaines, les candidats apprennent à suivre un plan de cours, donner une leçon théorique, donner une leçon pratique, diriger l'exercice, lancer un assaut, mener une patrouille de reconnaissance, mener une patrouille de combat etc. Le Canada attend de ses chefs qu'ils puissent commander avec excellence. Enfin, cette compagnie encadre également certains cours tels que le cours de tireur d'élite de base, combat sans arme et instructeur en combat sans arme etc.

La compagnie B reçoit les Recrues de l'armée et les forme à titre de soldat afin qu'ils puissent poursuivre leur formation spécialisée au sein des forces canadiennes. De plus, cette compagnie forme les futurs artilleurs francophones et ce, avant qu'ils rejoignent leurs unités. Les cours offerts: mitrailleur, signaleur, chauffeur roues, chauffeur chenilles, recce, mortier, antichars ne sont donnés qu'à l'extérieur du CI SQFT. L'école de parachutistes (parachute) est à Trenton, l'école de montagne à Trenton dont une phase du cours se déroule à Banff, la cellule de sniper à Gagetown. Pour d'autres cours il faut parfois aller à l'étranger. La Special Warfare School de Fort Bragg aux USA, l'entraînement commando de Givet en France, ou la Jungle Warfare School d'Australie, par exemple, sont fréquentées par les militaires canadiens.


La compagnie de milice forme, entraîne et encadre les cadres et les membres de la Milice. Elle peut au cours de l'année, supporter les deux autres compagnies en conduisant également des cours pour le personnel régulier.

Une nouvelle compagnie a été implantée en 2006 afin de former tous les militaires de l'armée provenant des divers métiers de support au combat et ce, en prévision de leurs divers cours spécialisés.

Les bataillons de Milice

Les bataillons Milice du Royal 22e Régiment d'infanterie sont constitués de réservistes s'entraînant à temps partiel un week-end par mois et l'été sur une base volontaire. Leur effectif est inférieur au tiers du bataillon de combat.

Leur organisation interne diffère donc beaucoup et s'établit comme suit:

  • un état-major
  • une compagnie de fusiliers
  • une compagnie d'instruction
  • une compagnie de services

L'état-major des bataillons est organisé et fonctionne de la même façon que les bataillons de combat.

Les bataillons ne comptent qu'une seule compagnie de combat, comprenant un PC, trois pelotons de fusiliers et parfois un détachement de reconnaissance. La majorité du personnel est composé d'étudiants du CÉGEP ,de l'université et même de l'école secondaire pour les recrues. Mais le gouvernement canadien envoie, sur une base volontaire, ces réservistes en opérations afin d'épauler la force régulière lors de diverses missions.

Les compagnies d'instruction sont en charge du recrutement et de l'entraînement élémentaire des recrues, ainsi que de dispenser des cours de spécialisation d'infanterie au personnel déjà qualifié du bataillon. Les ressources étant réduites, ces cours se limitent aux cours de mitrailleurs, de signaleurs, et de chauffeur roues (parfois on ajoute reconnaissance).

La compagnie de services regroupe tout le personnel administratif et de soutien logistique du bataillon, quoique ce soutien soit plus virtuel qu'autre chose, la compagnie ne disposant pas de moyens propres. Pour transporter les troupes, elle loue des autobus et pour transporter armes et bagages elle dispose de deux VLMR, deux VSLR et quelques MILCOT. Les véhicules blindés servent presque exclusivement aux bataillons réguliers.

En tout, les bataillons de réserve du Royal 22e Régiment peuvent compter près de 200 soldats de tous grades.

Voir aussi

Royal 22e Régiment(musique)

Liens externes

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Notes et références

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