BDSM

Bondage et discipline, domination et soumission et sado-masochisme

Le collier est un des principaux symboles du BDSM
Cuir et latex, les vêtements du BDSM

Le BDSM, sigle de « bondage et discipline, domination et soumission, sado-masochisme », est un ensemble de pratiques sexuelles marginales, fondées sur une relation consentante de dominant à dominé. Cette domination pouvant s'exercer de façon psychologique et/ou par le biais de contraintes physiques.

On parle aussi en termes plus modernes de « jeux d'échanges de pouvoir ». Les pratiques BDSM peuvent avoir lieu dans un couple, mais aussi entre groupes de plusieurs dominés et dominants.

Elles sont de deux types : domination, entrave, pour le premier type, et parfois, en plus, lorsque la douleur et l'humiliation interviennent, elles entrent dans le deuxième type.

Les partenaires pratiquent ces jeux afin d'obtenir par l'exacerbation de leurs sens et de leurs fantasmes un désir sexuel plus intense. Mais, dans certains cas, anaphrodisie, [réf. nécessaire], il ne s'agit que de parvenir à une ébauche de plaisir sexuel.

La douleur psychologique (humiliations) ou physique peut devenir souffrance. Mais la douleur devient plaisir lorsque la charge d'endorphine couvre le choc de la douleur. Ceux qui le découvrent seront toujours en quête, car dans ce cas le désir est exacerbé. Selon Gilles Deleuze "Tout est permis à condition que ça ne mène pas à l’orgasme. Pourquoi ils ne veulent pas de l’orgasme ? Pas parce que c’est fautif. Parce que ce serait l’interruption du désir, et qu’ils parient en droit - j’insiste sur "en droit" - la continuation du désir à l’infini." [1]

Sommaire

Principales pratiques

Démonstration d'une suspension partielle de bondage.

On peut rencontrer, dans les pratiques BDSM :

  • les membres attachés (menottes, cordes, collier, bâillon, chaînes) ;
  • la privation des sens (yeux bandés, bâillon, asphyxie) ;
  • le fantasme de l'attente (attendre sans savoir ce qui se passera, ni quand) ;
  • le vocabulaire de type « Maître(sse)-esclave » (tutoiement, vouvoiement).
  • des humiliations (verbales, physiques, de situation...)
  • de la diffusion des séances en vidéo sur Internet ;
  • des coups, (flagellation, fessée), de la brûlure à la cire de bougie, etc.

Précisions

Législations

Les législations des principaux pays occidentaux n'interdisent plus les pratiques sexuelles BDSM. Toutefois, le Royaume-Uni définit un seuil de pratiques au-delà desquelles le BDSM tombe sous le coup de la loi. L'affaire Spanner (année 1991) qui a consisté en la criminalisation d'hommes consentants, alors qu'aucune plainte de quiconque n'avait été déposée, a jugé coupables des « dominants » sur la seule base des marques laissées sur les « soumis ». Une fessée un peu appuyée, un bondage serré sont donc illégaux (ce jugement a été validé par la Cour européenne en Juin 1997) [2].

Il faut s'en tenir au jugement. Les participants à ce que l'on a nommé l'affaire Spanner furent condamnés sur la possession d'images hard entre majeurs consentants. Ce qui est à noter c'est qu'à l'époque, la loi anglaise punissait ceux qui se faisaient violence à eux-mêmes, d'où l'interdiction de se suicider. Un rescapé du suicide en Angleterre était passible de prison pour meurtre envers lui-même. C'est ce qui amena la chambre des Lords à infliger des peines de prison aux « dominés ». Des peines inférieures d'environ 50 % par rapport aux dominants.

Il ne faut pas confondre la soumission contractuelle, pratique sexuelle, et les violences conjugales. Comme il ne faut pas confondre BDSM avec sado-masochisme. La dimension de douleur est nettement moins présente dans le BDSM [réf. nécessaire], qui se centre principalement sur l'aspect domination, c'est à dire la dimension psychologique.

Santé et sécurité

Jeux de Cordes

Certaines de ces pratiques peuvent, lorsqu'elles se font sans la connaissance des limites des participants, êtres dangereuses, telles que le fouet, les aiguilles, la cire chaude, etc. Elles peuvent provoquer des blessures allant parfois jusqu'à l'éborgnement, des brûlures, des coupures et peuvent devenir des risques d'infections ou de transmission de maladies (VIH, hépatites B et C, etc.). Cependant, il faut souligner que ces blessures surviennent rarement dans les scénarios de domination. Une bonne entente entre les participants est de ce fait primordiale. Il est par ailleurs important de s'inquiéter de l'état de santé de la personne qui se soumettra (problèmes cardiaques, allergies, problèmes de dos...), un coup mal porté, une angoisse, une allergie ou une mauvaise position peuvent conduire au drame.

La cire chaude est une pratique courante dans le BDSM. La chaleur de la cire dépend complètement de la distance entre la coulée de cire chaude et le corps. Pour un sujet soft on fera donc couler la cire de plus haut. Par ailleurs, il existe des cires adaptées aux pratiques SM, leur composition permet un refroidissement de la cire plus rapide donc un risque de brûlure diminué.

Pour la flagellation / fessée, il est d'usage de demander à la personne soumise si le dominant peut ou non laisser des marques (hématomes). Certaines personnes pratiquent le BDSM dans le plus grand secret et ne souhaitent pas que leur partenaire ou autres puissent découvrir ce « vice », pour d'autres les traces sont à éviter en raison de leur activité professionnelle ou extra-professionnelle. Il existe de multiples raisons pour qu'une personne soumise refuse qu'on lui laisse des marques. Dans la pratique de la flagellation, il est aussi important de contrôler les coups portés quel que soit le matériel utilisé. Ainsi un dominant évitera l'abdomen à cause des organes (rate) et le bas du dos (reins). Dans la pratique du martinet, il conviendra de faire attention lorsque l'on fouette les fesses d'un soumis qui ne veut pas de trace. En effet, le bout des lanières revient souvent sur l'aine et laisse en général des bleus parce que la peau est plus fine à cet endroit.

Jeu avec menottes, couple homosexuel. Celui qui est enchaîné est le "dominant" du couple dans la vie ordinaire

Les menottes sont pour la plupart dotées de renforts afin de protéger les poignets. Ou achetées chez des distributeurs spécialisés qui fabriquent des menottes aux bords adoucis.

Il peut être sécurisant de filmer la scène. Cela permet de montrer dès le début, par un enregistrement, la pleine et entière volonté de la pratique par les participants. De plus, en cas d'abus, un recours à la vidéo permet de voir qui a fauté, quelles règles n'ont pas été respectées.

Quoi qu'il en soit, la pratique du BDSM — comme toute pratique sexuelle — ne dispense ni ne remplace les sentiments des partenaires l'un envers l'autre. Il n'existe pas de « code » à respecter pour « être » ou non BDSM, seule la confiance mutuelle des partenaires, et les sentiments qu'ils se vouent mutuellement en définissent le cadre.

Safeword, ou code de sécurité

Le safeword est un signal d’urgence, le « pouce ! On arrête ! » du jeu BDSM qui, utilisé par la personne qui se soumet, indique au partenaire qu’il doit immédiatement et sans discussion interrompre l’action en cours, et la délivrer de toutes contraintes éventuelles aussi rapidement et prudemment que possible.

En substitut de l’anglophone safeword est parfois proposé le plus francophone veto (littéralement : Je m’oppose), qui était, dans la Rome antique, la formule utilisée par les tribuns du peuple pour s’opposer aux décrets du Sénat.

Le « droit de veto », dans le BDSM, désigne l’éventuelle possibilité de refus catégorique que peut opposer la personne qui se fait dominer envers une action qui lui déplaît, et ne doit pas, en ce sens, être confondu avec le code de sécurité – destiné, lui, à alerter le partenaire d’un danger potentiel dont il n’aurait pas conscience.

Certaines personnes choisissent d’abolir le safeword dans leurs jeux, en omettant trop souvent la distinction qui existe entre droit de veto et code de sécurité… le principe revenant alors, pêle-mêle, à priver les tribuns de crier aussi bien « Veto ! » en cas de désaccord, qu’« au feu ! » lorsqu’ils voient un incendie menacer de ravager le sénat…

Dans un souci d’éviter toute confusion avec d’éventuelles suppliques qui seraient simulées dans le cadre du jeu SM, les partenaires conviennent en général d’un « mot magique » qui sera sans ambiguïté reconnu en tant que safeword verbal. « Stop ! », par exemple. Ou « safeword ! », « pouce ! », « veto ! », « pitié », ou tout bonnement le prénom de la personne dominante, qui appelle rapidement à l’abandon des rôles incarnés, ou bien encore une codification par couleurs inspirée des feux rouges qui est en fait celui le plus souvent utilisé.

Quant aux safewords non verbaux, rendus nécessaires par l’usage des bâillons, une pratique couramment répandue consiste, pour celui qui domine, à placer un trousseau de clés dans la main de la personne qu’il prive de la parole : que celle-ci le laisse tomber à terre, et l’alerte d’urgence sera implicitement donnée – ou le droit de veto invoqué.

Code de sécurité ou droit de veto, le safeword est toujours à considérer comme appelant une réaction de la plus haute urgence, quelle que soit la situation, et aussi anodine puisse-t-elle paraître aux yeux de celui qui contrôle les événements.

Cérébralité et safeword

Des dominants expérimentés estiment que le safeword fait perdre une partie de la cérébralité du jeu. En effet ce qui provoque, souvent, l'excitation et le désir dans une relation dominant/dominé, c'est justement l'abandon du dominé qui s'en remet entièrement au dominant ou à la dominatrice. Le dominant doit alors communiquer par une clef invisible et doit comprendre, sans que le dominé ne l'énonce clairement, à quel moment il doit ralentir, voire s'arrêter. Il s'agit de savoir communiquer comme un medium talentueux pourrait le faire. Il s'agit de comprendre les non dits. Pour cela le dominant doit connaître son sujet et la dominatrice ou le dominateur doit être plus que jamais à l'écoute. Ce qui, évidemment, exclut les joueurs débutants qui doivent s'en tenir au safeword.

Respect

Il est très important, pour les deux partenaires (dominant et dominé) de toujours conserver à l'esprit le confort du partenaire dominé. On peut, par exemple, envisager la rédaction d'un contrat entre les deux partenaires afin d'établir clairement les limites à ne pas dépasser. Surtout à l'heure des nouvelles technologies où la facilité des rencontres dans ce domaine se multiplie (sites spécialisés dans le bdsm...)

Citation

Dans Pop model, les mémoires de Lio écrites avec Gilles Verlant on peut lire :

« Il existe des femmes qui aiment les rapports masos, ça les excite ; elles font très bien la différence entre l’acte sexuel, où elles apprécient certaines choses qui sont de l’ordre du lien, de la coercition, même accompagnée de fessée, de coups de cravache, dans le cadre d'un jeu librement consenti, et la violence conjugale qu’elles ne supportent absolument pas par ailleurs. »

Bibliographie

Monique sur une croix de Saint-André

Fictions

  • Leopold von Sacher-Masoch, La Vénus à la Fourrure.
  • Pauline Réage, Histoire d'O.
  • Jeanne De Berg, Cérémonies de Femmes, Grasset et Fasquelle, 1985.
  • Jean De Berg, L'image, Les Editions de Minuit, 1956.
  • Vanessa Duriès, Le Lien, J'ai Lu et Ed. Blanche
  • Annick Foucault, Françoise Maîtresse, Gallimard, 1994.
  • Hervé Guibert, Les Chiens.
  • Michel Plessier, Eloge de la Servitude, Spengler, 1994.
  • Raynal, Aux pieds d'Omphale.
  • Toute l'oeuvre de Donatien Alphonse François de Sade dit le Marquis de Sade
  • Alegarec L'homme Soumis
  • Salomé Soumise, Pocket, 2003

Études

Dani, jambes écartées par une barre
  • Gilles Deleuze, Le froid et le cruel - Présentation de Sacher Masoch suivie de La Vénus à la fourrure édition de Minuit
  • Theodor Reik, Le masochisme éditions Payot
  • Marie-Hélène Bourcier, Queer Zones, Politique des identités sexuelles, des représentations et des savoirs, Paris, Balland « modernes », 2001.
  • Pat Califia et Robin Sweeney, The Second Coming : A Leatherdyke Reader, Los Angeles, Alyson, 1996.
  • Philippe Cousin, L’Encyclopédie du sadomasochisme, Paris, La Musardine, 2000.
  • Michel Foucault, Dits et écrits 1954-1988, 4 t., Paris, Gallimard, 1994.
  • Lynda Hart, La Performance sadomasochiste, entre chair et corps (Between the Body and the Flesh, Performing Sadomasochism, New York, Columbia University Press, 1997), Paris, EPEL, 2003.
  • Geoff Mains, Urban Aboriginals, Gay Sunshine, 1984.
  • Samois (éd.), Coming to Power : Writings and Graphics on Lesbian S/M, Boston, Alyson, 1988.
  • Véronique Poutrain, Sexe et pouvoir, enquête sur le sadomasochisme, Paris, Belin « Nouveaux mondes », 2003.
  • Mona Sammoun, Tendance SM, essai sur la représentation sadomasochiste, Paris, La Musardine « L’attrape-corps », 2004.
  • Mark Thompson (dir.), Leatherfolk, Boston, Alyson, 1991, rééd. 2001.
  • Elise Sutton, Female Domination: An exploration of the male desire for Loving Female Authority, Lulu.com, 2003. ISBN 1-4116-0325-7
  • Dossie Easton et Janet Hardy, Eric Bertrand (Traduction), L'art de dominer, Tabou, 2005
  • Dossie Easton et Janet Hardy, Eric Bertrand (Traduction), L'art de se soumettre, Tabou, 2007
  • Gala Fur, Osez... tout savoir sur le SM, La Musardine, 2004
  • Axterdam, Osez... le bondage, La Musardine, 2005
  • Italo Baccardi, Osez... la fessée, La Musardine, 2005

Voir aussi

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Articles connexes



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