Aéroport international Basel-Mulhouse-Freiburg
Aéroport de Bâle-Mulhouse-Fribourg (fr)
EuroAirport Basel-Mulhouse-Freiburg (en)
Flughafen Basel-Mülhausen-Freiburg (de)
EAB01.jpg
Code AITA Code OACI
BSL MLH EAP LFSB
Localisation
Pays Drapeau de France France
Ville desservie Bâle (CH)
Mulhouse (F)
Fribourg (D)
Coordonnées 47° 35′ 25″ N 7° 31′ 45″ E / 47.590362, 7.52919747° 35′ 25″ Nord
       7° 31′ 45″ Est
/ 47.590362, 7.529197
  
Superficie + de 450 ha
Altitude 270 m (885 ft)

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Aéroport de Bâle-Mulhouse-Fribourg (fr)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Aéroport de Bâle-Mulhouse-Fribourg (fr)
Pistes
Direction Longueur Surface
15/33 3 900 m (12 795 ft) béton
08/26 1 820 m (5 971 ft) béton
15R/33L 630 m (2 067 ft) gazon
Informations aéronautiques
Nom cartographique BALE MULHOUSE
Type d'aéroport civil
Gestionnaire EuroAirport Basel-Mulhouse-Freiburg
Cartes SIA VAC - IAC - ARR/DEP
Catégories
Aéroports • Aéroports français

L'aéroport international Basel-Mulhouse-Freiburg (code AITA : EAP • code OACI : LFSB), couramment abrégé en aéroport de Bâle-Mulhouse ou EuroAirport, son nom commercial depuis 1987, est un aéroport franco-suisse situé en territoire français, près de la commune de Saint-Louis, à l'extrême sud de l'Alsace. Dans son statut et son fonctionnement, il est dit « binational » car il possède une partie suisse (code AITA : BSL • code OACI : LFSB) et une partie française (code AITA : MLH • code OACI : LFSB).

Les destinations régulières sont surtout situées en Europe de l'Ouest et le long de la Méditerranée (Maghreb, Egypte, Israël et Turquie) mais il dessert aussi Moscou, l'aéroport de Montréal au Canada, les îles Canaries en Espagne et l'Islande[1]. À noter qu'en 2008, la compagnie aérienne à bas prix easyJet assurait 44 % du trafic régulier, soit 40 % du trafic total à elle seule.

L'aéroport de Bâle-Mulhouse est la septième plate-forme aéroportuaire de France et la troisième de Suisse avec 4,12 millions de passagers en 2010. Son unique aérogare peut accueillir 6 à 8 millions de passagers et on compte aussi deux pistes, une aérogare de fret et une zone d'entretien.

Sommaire

Géographie

Localisation

L'aéroport est situé à proximité du tripoint des frontières allemandes, françaises et suisses. Il est situé à cinq kilomètres au nord-ouest de la ville suisse de Bâle, à vingt-cinq kilomètres au sud-est de la ville française de Mulhouse et soixante-dix kilomètres au sud-ouest de la ville allemande de Fribourg-en-Brisgau.

Lors de son inauguration en 1948, l'aéroport est situé sur la commune de Blotzheim. Mais suite à la fusion du quartier de Neuweg (alors dénommé à l'époque Blotzheim-la-Chaussée) en 1958 avec la commune de Saint-Louis, l'aérogare est désormais situé sur cette dernière commune tandis que les pistes s'étendent sur les territoires communaux de Saint-Louis, Hésingue et Blotzheim.

Infrastructures

L'aéroport est constitué d'une jetée construite en 2001 pour Crossair (aujourd'hui disparue) et de deux terminaux, français (inauguré en 2002) et suisse (inauguré en 2005). L'investissement dans les nouvelles installations s'est élevé à 240 millions d'euros dont un tiers a été financé à part égale par les collectivités françaises et suisses. Le raccordement ferroviaire reste à réaliser à ce jour, les financements n'étant pas encore déterminés.

Outre l'aérogare destiné aux passagers, l'aéroport dispose d'une gare de fret, d'où opèrent les sociétés DHL, FedEx, UPS, TNT, Air France Cargo et Swissport, et d'une zone industrielle dédiée à la maintenance et à l'aménagement des avions d'affaires. Cette dernière a connu une forte expansion depuis 2008. L'aéroport accueille également des services d'utilité publique : l'école de pilotage (Flugschule) et le service héliporté de secours suisse (REGA).

Histoire

Dans les années 1930, il apparait aux autorités suisses que l'aérodrome de Bâle-Sternenfeld devient trop petit en raison de la hausse du trafic aérien et l'apparition d'appareils plus gros[1]. Il est alors envisagé de construire un aéroport à cheval sur la frontière franco-suisse, sur les communes d'Allschwil en Suisse et Bourgfelden en France, mais le projet est abandonné en raison de la Seconde Guerre mondiale[1]. Dès le conflit terminé, la France réserve l'emprise actuelle de l'aéroport, à charge de la Suisse de construire les infrastructures[1]. Les travaux débutent avant la signature de l'accord et après deux mois, l'aéroport est inauguré le 8 mai 1946. Entre-temps, le premier appareil se pose sur les pistes le 2 mai. La Convention internationale est finalement signée à Berne le 4 juillet 1949.

Des travaux d'agrandissement sont entrepris, notamment avec la construction de la route douanière en 1952, la construction du terminal passager en 1970 et l'extension de la piste principale à 3 900 mètres de longueur pour accueillir les gros porteurs[1].

La numérotation des pistes est modifiée le 25 septembre 2008 : la dénomination technique de la piste principale (piste Nord/Sud 16/34) devient la piste 15/33, la nouvelle désignation prenant en compte les nouvelles valeurs de la déclinaison magnétique transmises aux aérodromes français par le Service d’Information Aéronautique (SIA)[2].

Du 17 avril 2010 à minuit au 20 avril 2010 à huit heures, l'aéroport est contraint de fermer, tout comme la quasi totalité des aéroports européens, en raison du passage d'un nuage de cendre volcanique émis par le volcan islandais Eyjafjöll.

En avril 2011, l'aéroport est le théâtre d'un fait divers avec le meurtre d'un contrôleur aérien alors qu'il allait prendre son poste dans la tour de contrôle[3]. Un suspect est rapidement identifié et activement recherché par la police allemande, française et suisse[3].

Statut

Au premier plan les gardes-frontières suisses à l'arrière plan la police française
Vue de l'Euroairport

L'EuroAirport est un établissement public franco-suisse. Son conseil d'administration est composé de huit membres français, huit membres suisses[C 1] et deux représentants allemands, à titre consultatif[4]. L'aéroport de Bâle-Mulhouse est binational dans son fonctionnement et son statut[C 2] bien qu'il soit intégralement situé en territoire français[C 3]. Ainsi, la législation française s'applique en totalité à l'aéroport[C 4], seule une partie étant sous administration des douanes suisses[C 5]. Dans cette zone, les autorités françaises concèdent à la douane suisse le contrôle des personnes et des marchandises[C 6]. Ce dispositif, couplé à une route clôturée reliant cette zone à la Suisse et déconnectée du réseau routier français,[C 7] permet aux personnes transitant par l'aéroport en destination ou en provenance de la Suisse de ne pas être soumis à un double contrôle douanier, français et suisse, mais uniquement suisse[C 8].

En 2011, la coutume qui voulait que le droit du travail applicable au salarié soit celui de l'employeur en fonction de sa nationalité (suisse ou française) est remise en cause suite à un arrêt de la cour de cassation française[5] qui a rejeté le pourvoi en cassation d'un employeur suisse voulant se prévaloir du droit suisse dans une affaire de licenciement. Début juillet 2011, Philippe Richert, nouvellement nommé ministre des collectivités territoriales, propose l'établissement d'une convention de site pour les entreprises de la zone douanière suisse[6]. Cette proposition doit cependant encore être avalisée par les autorités helvétiques.

Trafic

Voitures à louer à l'aéroport
  • 2000 : 3 783 464 passagers.
  • 2001 : 3 550 649 passagers, soit une baisse de 5 % par rapport à l'année 2000. Les grands responsables de cette baisse à l'EuroAirport (tout comme dans le reste du monde) sont les attentats du 11 septembre.
  • 2002 : 3 058 384 passagers. C'est encore une baisse qui est observée.
  • 2003 : 2 489 676 passagers. C'est une nouvelle baisse, de 19 % cette fois-ci. Selon l'aéroport, elle est due à l'effet de la guerre en Irak, l'épisode de pneumonie atypique en Asie ainsi que l'annulation d'un grand nombre de vols au départ de Bâle de la compagnie Swiss International Airlines.
  • 2004 : 2 549 127 passagers. Cette hausse de 2,4 % s'explique par l'arrivée de six compagnies dont easyJet Switzerland.
  • 2005 : 3 311 892 passagers. Une augmentation de 30 %, pour un trafic au plus haut depuis 2002, le seuil des 3 millions ayant été repassé le 18 novembre.
  • 2006 : 4 016 409 passagers.
  • 2007 : 4 269 124 passagers, soit une hausse de 6,3 % par rapport à 2006, ce qui conforte sa place de 5e aéroport régional en France et 3e aéroport en Suisse. L'activité sur Paris a baissé de 17 % avec 584 000 passagers, en raison de l'ouverture d'une première partie de la LGV Est européenne le 10 juin 2007.
  • 2008 : 4 257 553 passagers.
  • 2009 : 3 850 378 passagers[7]. L'aéroport organise le 19e congrès ALFA-ACI du 20/09/2009 au 03/10/2009 et reçoit 300 congressistes au Triangle de Huningue.
  • 2010 : 4 129 052 passagers[8]. EasyJet est la principale compagnie desservant l'aéroport avec 1,8 million de passagers, suivie par Air France avec 470 000 passagers et Swiss avec 304 000 passagers. Les principales destinations sont Londres (393 000 passagers), Paris (354 000 passagers), Berlin (281 000 passagers) et Barcelone (220 000 passagers). 107 000 tonnes de fret ont été transportées durant cette année (+ 26 % par rapport à 2009), ce qui en fait le 3e aéroport français de province.

Liaisons

Liaisons de transport en commun

Un bus de la ligne 50 des BVB à l'EuroAirport

Il existe de nombreux moyens de se rendre à l'aéroport de Bâle-Mulhouse via les transports en commun.

Bus

Côté suisse, entre l'EuroAirport et les gares CFF et SNCF de Bâle.

Côté français, entre l'aéroport et la Gare de Saint-Louis, avec correspondance par train vers les villes de Mulhouse, Colmar, Strasbourg, Belfort et Montbéliard. L'"Airport Bus" relie l'EuroAirport à la gare centrale d'omnibus de Fribourg-en-Brisgau.

Tramway

Il est projeté qu'une ou deux lignes du tramway de Bâle puissent relier l'aéroport à Bâle via Saint-Louis à l'horizon 2016.

Liaisons routières

La route douanière.
  • L'autoroute A35, qui relie Strasbourg à Bâle, possède une sortie (sortie 36) donnant directement accès à l'aéroport.
  • Une route relie la frontière franco-suisse de Bâle au secteur suisse de l'aéroport. Elle est totalement inaccessible et séparée du territoire douanier français ; elle est appelée "route douanière"[9].
  • Une route (voire même autoroute) devant relier la Bundesautobahn 5 allemande (en français : Autoroute fédérale 5) à l'autoroute A35 française est en projet. Normalement, la connexion devrait simplifier la vie des automobilistes car la sortie actuelle pour l'aéroport serait directement raccordée à la bifurcation autoroutière allemande A5/A98. Mais Saint-Louis (ville où passerait ce raccordement) préfère une route un peu plus au nord.

Liaison ferroviaire

Un raccordement ferroviaire est à l'étude depuis de nombreuses décennies. Avec la création de l'Eurodistrict Trinational de Bâle en 2007, le projet pourrait se concrétiser. La voie ferrée actuelle serait alors déviée en direction de l'aéroport et une gare serait créée devant l'aérogare, en souterrain, entre les deux secteurs. Le TGV Rhin-Rhône pourrait alors peut-être s'y arrêter.

Tarmac de l'euroaiport vu de la jetée

Notes et références

  • (fr) Convention franco-suisse relative à la construction et à l’exploitation de l’aéroport de Bâle-Mulhouse, à Blotzheim, 10 juin 1997, 32 p. [lire en ligne] [présentation en ligne] 
  1. Chap I, art 1, page 9.
  2. Art 1 et 2, page 1.
  3. Art 2, page 1.
  4. Art 6, page 3.
  5. Art 8, page 4.
  6. Art 8, page 4.
  7. Art 7, page 3.
  8. Art 8, page 4.
  1. a, b, c, d et e (fr) EuroAirport : au service de la RegioTriRhena. Consulté le 25 octobre 2011
  2. (fr) EuroAirport Basel-Mulhouse-Freiburg : changement de la dénomination technique de la piste Nord/Sud en 15/33 à compter du 25 septembre 2008. Consulté le 25 octobre 2011
  3. a et b (fr) « Meurtre à l’aéroport suspect recherché », dans Le Républicain lorrain, 30 avril 2011 [texte intégral (page consultée le 25 octobre 2011)] 
  4. (fr) Organigramme. Consulté le 25 octobre 2011
  5. Arrêt n° 1805 du 29 septembre 2010 (09-68.851 ; 09-68.852 ; 09-68.853 ; 09-68.854 ; 09-68.855) - Cour de cassation - Chambre sociale
  6. http://www.lalsace.fr/actualite/2011/07/13/douche-froide-pour-philippe-richert-hier-matin-a-l-euroairport-le-projet-de-solution-presente-par
  7. TSR: Aéroports: Zurich a mieux résisté que Bâle en 2009 consulté le 14.01.2010
  8. Genève-Cointrin a accueilli 11,88 millions de passagers en 2010) sur www.swissinfo.ch. Consulté le 12 janvier 2011
  9. Convention franco-suisse relative à la construction et à l’exploitation de l’aéroport de Bâle-Mulhouse, à Blotzheim, RS 0_748_131_934_92, art. 7.

Annexes

Article connexe

Liens externes

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