Tzniout

Tsniout

Femmes juives orthodoxes priant au pied du Mur occidental

La tsniout (hébreu : צניעות tzniout, prononciation sépharade : tzeniout, prononciation ashkénaze : tznious ou tznies, pudeur) est un terme et concept juif, désignant à la fois un idéal de caractère et l'ensemble de lois religieuses mises en œuvre pour le faire respecter.

Peu respecté dans les courants juifs progressistes, il est très important pour le judaïsme orthodoxe, en particulier dans le domaine de la sexualité.

Sommaire

Aux sources des concepts de la tsniout

Religion
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Judaïsme - Christianisme - Islam
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La Bible hébraïque ne comporte que deux expressions liées à la racine צ-נ-ע :

  • Michée 6:8 : « Homme, on t'a dit ce qui est bien, [...] de marcher humblement avec ton Dieu »
  • Proverbes 11:2 : « la sagesse est avec les humbles. »

Dans ces deux passages, tzniout semble plus proche de l'attitude morale d’anava (ענווה humilité, que le judaïsme considère comme un idéal à atteindre, Moïse étant qualifié de « très-humble[1] ») que de la pudeur proprement dite.

La transition de la tsniout entre humilité et chasteté s'effectue dans la littérature rabbinique ancienne (Mishna, Baraïta,Talmuds et Midrash) : ainsi, une personne qui règle ses pas selon la tzniout évite de faire étalage de ses attraits, y compris intellectuels[2] mais aussi de ses besoins[3].
Le rapport entre pudeur et érotisme apparaît clairement dans ce dit de Rabban Gamliel : « J'aime trois choses chez les Perses : ils sont pudiques lorsqu'ils mangent, pudiques sur le siège d'aisance et pudiques lors de l'autre chose [leurs rapports sexuels][4]. »

Il est en revanche déjà bien établi que les attraits qu'il convient à une femme de cacher pour mériter le qualificatif de « pudique » se rapportent avant tout à sa féminité : ainsi, selon le Talmud, si la Torah précise que Sarah se trouvait dans la tente lorsque les anges rendaient visite à Abraham, c'est « afin de faire savoir que Sarah notre mère était pudique[5], » et Rachel fut récompensée de sa pudeur en engendrant Saül[6].

À mesure que le rapport entre la tsniout et la sexualité s'accroît dans la littérature rabbinique ultérieure, elle devient associée, comme la sexualité, à des qualités de sainteté[7], de pureté, et à des aspects ésotériques, en particulier dans la Kabbale et le Moussar.

Aux sources des lois de la tsniout

Les limites et applications pratiques de la tsniout sont principalement dérivées de deux versets (outre l'interdiction de se travestir[8], etc.) :

  • Lévitique 18:19 : « Lorsqu'une femme est dans son isolement d'impureté, n'approche pas pour découvrir sa nudité. »
  • Deutéronome 23:10 : « Quand tu marcheras en corps d'armée contre tes ennemis, tu devras te garder de toute mauvaise chose. »

Une controverse entre docteurs du Talmud, qui se poursuit entre autorités rabbiniques médiévales, porte sur la définition exacte de la « découverte de la nudité » : s'il s'agit de voir la nudité, les limites de la tsniout s'étendent à tout acte de proximité, même sans rapport sexuel (par exemple : embrasser, étreindre), et les enfreindre revient à transgresser la Torah, ce qui constitue une faute extrêmement sévère, passible de mort ou de retranchement[9], alors que s'il s'agit d'une expression pour désigner l'acte sexuel[10], l'extension de ces limites à d'autres actes de proximité est d'origine rabbinique et, bien qu'interdite, leur enfreinte n'est pas aussi sévèrement punissable.

D'autre part, Deutéronome 23:10 est souvent cité à l'appui de mises en gardes strictes contre les pensées impudiques. Il est interdit de regarder une femme, voire ses habits ou des actes d'accouplement, même entre animaux[11]. Le Talmud appuie à plusieurs reprises sur le caractère gravissime des « mauvaises pensées » (impudiques), soulignant en creux la nécessité de s'en prémunir[12] ; une baraïta (enseignement oral non consigné dans la Mishna) rapporte qu'une mehitsa (barrière physique) fut instaurée (peut-être pour la première fois) lors de la Sim'hat Bet HaShoëva (cérémonie de la libation d'eau) parce que les hommes ne pouvaient pas se tenir (littéralement, « agissaient avec légèreté de tête »), malgré la solennité de cette occasion[13].

Cette sévérité contre les pensées pécheresses et la puissance de l'instinct érotique (moins puissant chez la femme, au demeurant) a été érigée en norme, et guide l'attitude de nombreux décisionnaires et codificateurs des époques ultérieures. Elle a en revanche été abandonnée par les courants non-orthodoxes, qui la jugent désuette et inadaptée aux mœurs actuelles.

Applications pratiques

Différences entre hommes et femmes

Bien que tout Juif soit censé observer les règles de tsniout, les règles diffèrent entre hommes et femmes.

La femme est, contrairement à l'homme, sujette aux menstrues et écoulements sanguins après la naissance. Par ailleurs, son image et son rôle dans les sociétés antique et médiévale (la femme étant considérée comme une séductrice, voire une tentatrice[14], dangereuse[15], etc.) jouent un rôle non-négligeable dans la formulation de certains principes talmudiques[16] et halakhiques[17].

L'homme est, quant à lui, souvent décrit comme un être incapable de maîtriser ou faire face à ses pulsions. La femme s'astreindrait donc à des règles de tsniout plus exigeantes afin d'aider l'homme à ne pas faillir.

Sexualité dans le judaïsme

Article détaillé : Judaïsme et sexualité.

Des opinions nombreuses et diverses ont été émises au sein du judaïsme sur la sexualité. Selon l'approche la plus courante, la pulsion sexuelle est le plus souvent (mais non exclusivement) associée au yetzer hara (mauvais penchant), mais aussi à l'accomplissement d'un commandement divin (la fructification et la multiplication), ce qui permet au yetzer hara de jouer son rôle dans le plan divin[18]. C'est par le biais de la tsniout (et du mariage, condition obligatoire pour la tenue de rapports sexuels) que l'acte sexuel est élevé au-dessus des pulsions et de la bestialité, est sanctifié et sert les desseins de Dieu. C’est d'ailleurs sous le titre de Hilkhot Tsniout (« Lois sur la pudeur ») que le rabbin Yossef Karo énonce dans le Choulhan Aroukh (« Table dressée, » ouvrage fondamental de Loi juive) les lois régissant les relations sexuelles entre un homme et son épouse.

Contact physique

Isolement avec une femme

Tsniout et habillement

Couvre-chefs pour les femmes

Dat Moshe vèdat Yehoudit

Offices de prière

Entendre la voix d'une femme

Règles de la Tsniout

La Tsniout veut que chaque membre du corps que les femmes ont l'habitude de couvrir doit rester couvert. Il ne s'agit pas ici de permettre à une femme de découvrir certaines parties que les autres femmes indécentes dévoile vu qu'a part cette définition très large, les sages nous ont donné des règles détaillé. Ainsi une femme n'aura pas le droit de découvrir ses jambes à partir du genou vers le haut, et ses bras à partir du coude vers le haut, ou encore de porter un habit tellement décolleté que l'on peut voir les os inférieurs au cou. Il lui sera de même interdit de faire ressortir des parties de son corps (ne pas mettre des habits moulants), ou de vêtir des habits attirant (cause de couleurs ou autres). Il sera permis de porter des sandales dans un endroit ou la population est accoutumée de voir des femmes en sandales. Une femme mariée est contrainte de couvrir ses cheveux en public. Même le parfumage exorbitant est interdit.

Permissions

La femme par contre a le droit de découvrir ces parties du corps devant son mari, même afin de lui faire comprendre qu'elle attend leur prochaine rencontre sous la couette, bien que l'homme n'a pas le droit de regarder avec fixation l’organe intime de sa femme (à plus forte raison les toucher, l’embrasser ou le lécher). Il est évident aussi permis de découvrir ces parties du corps devant d'autre femmes ou un médecins.

Tsniout de l'homme

L'homme est comme dis plus haut aussi contraint à la pudeur bien qu'avec beaucoup plus de modération, chose dû aussi au fait que le penchant sexuel de la femme est bien moins prenant que celui de l'homme, à tel point qu'il est permis à une femme de voir un homme nu chose interdite dans l’autre sens. L'homme n'aura donc pas le droit, selon la loi explicite de découvrir ses organes génitaux ainsi que (selon certains avis) le haut de son corps à part en cas de force majeur (changer d'habit, se doucher ou se baigner) (Choulkhan 'Arou'h, Ora'h 'Haïm, 2, 1 et Michna beroura), bien que même pour se déshabiller ou s'habiller avant ou après de dormir pour les habitués à dormir nus, le Choulkhan 'Arou'h écrit que cela devra se faire sous le drap. Par dessus certains ont l'habitude pieuse de ne pas découvrir les épaules et autres, jusqu'a même ne découvrir aucun endroit du corps que l'homme n'a pas l'habitude de découvrir.

Chez l'enfant

Selon le Talmud, le membre sexuel enfantin n'est pas considéré comme sexe au sens juif du terme, comme on peut le voir dans plusieurs point. Malgré cela, il est conseillé voire même obligé d'éduquer les enfants en particulier les filles à la Tsniout, comme à tous les autres commandements.

Notes et références

  1. Livre des Nombres 12:3
  2. Mishna Maasser sheni 5:6 ; Demaï 6:6 ; T.B. Soucca 49b
  3. T.B. Berakhot 62a
  4. T.B. Berakhot 8b
  5. T.B. Baba Metsia 97a
  6. T.B. Meguila 13b
  7. Voir Rachi sur Lévitique 19:2
  8. Deutéronome 22:5
  9. C'est l'opinion d'une partie des Sages (cf. T.B. Chabbat 13a), suivis par Moïse Maïmonide (Sefer Hamitzvot leRambam, prescription négative n° 353)
  10. C'est l'opinion de Rabbi Pedat (ibid) et de Moïse Nahmanide (Hassagot HaRamban lèSefer Hamitzvot, prescription négative n° 353)
  11. T.B. Avoda Zara 20a
  12. T.B. Baba Batra 164b
  13. T.B. Soucca 51b
  14. (he) Avraham Grossman, Hassidot oumordot - Nashim yehoudiot beeyropa bimei habeinaïm (Pieuses et rebelles - les femmes juives en Europe médiévale), Centre Zalman Shazar, Jérusalem 2003, pp. 34-43, ISBN 965-227-167-5
  15. Sifrei Devarim 52 ; Rabbenou Yona, commentaire sur Pirke Avot 1:5
  16. T.B. Yevamot 65b
  17. Maïmonide, Mishneh Torah, Nashim, Hilkhot Ishout 13:14
  18. T.B. Yoma 69b ; Midrash Bereshit Rabba 9:7


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