Azzaria dei Rossi

Azaria di Rossi

Azaria di Rossi, (v. 15111588), fut un rabbin et médecin italien du XVIe siècle, considéré comme l'un des plus éminents intellectuels du judaïsme italien et surtout comme le fondateur juif du criticisme historique.

Biographie

Azaria di Rossi fut surnommé Azaria min-Ha'adoumim (« Azaria des Rouges », au sens « Azaria qui provient de chez les Rouges »), jeu de mot sur son nom, mais aussi allusion au fait qu'il vivait en Italie, Rome étant le fief spirituel d'Esaü (surnommé dans le Tanakh Edom, c'est-à-dire « le Rouge », car il était roux) d'après le midrash.

Utilisant tant les sources juives que des sources grecques, latines ou chrétiennes, il est le premier érudit de judaïsme à se pencher sur la philosophie de Philon d'Alexandrie. Cependant, son œuvre la plus connue est le Me'or Einaïm (Lumière pour les yeux en hébreu), où il expose une méthode critique pour examiner l'Aggada, la partie non légalistique du Talmud.

La première partie parle du tremblement de terre survenu à Ferrare en 1571. La seconde partie traduit en hébreu la lettre d'Aristée. C'est la troisième partie qui traite de l'Aggada.

Avant même sa première édition, à Mantoue en 1574, Rossi savait les critiques dont il ferait l'objet : son ouvrage contient les réponses qu'il donne à certains rabbins. Avant que le livre ne parût, les rabbins de Venise, menés par Samuel Juda Katzenellenbogen, publièrent une proclamation de herem envers tous ceux qui seraient trouvés en possession de l'ouvrage, ou l'utiliseraient, sauf autorisation expresse des rabbins de la ville. Cependant, si on attaquait l'œuvre, on ne touchait pas à son auteur, Azaria di Rossi faisant preuve d'une conduite irréprochable, tant en privé qu'en public, et s'accordant en tout point avec le judaïsme.

Malgré l'esprit hautement critique empreignant le Meor Einaïm et la controverse dont il fut l'objet, des siècles durant. Pour certains, Rossi n'adaptait après tout qu'une sentence fameuse d'Avraham Maïmonide quant au recul à prendre avec la Aggada. Le Gaon de Vilna lui-même étudia et commenta le livre, bien qu'il le critiquât par ailleurs. Le Maharal de Prague (Juda Löw ben Betsalel) le critiqua également dans son Be'er haGola.

Le fait est que, si Rossi avait su faire preuve d'esprit critique tout en restant fidèle à la tradition juive rabbinique, et en la renouvelant à sa manière, d'autres se serviraient de ses écrits pour s'en éloigner. De fait, ce livre rencontra au XVIIIe siècle un grand succès chez les Maskilim, qui le jugèrent conforme à leurs idées, voire y ajoutant à leur prestige par son autorité rabbinique. Ils republièrent le livre en 1794.

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