Aymar d'Aigrefeuille
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Aymar d'Aigrefeuille (1325-1382), dit aussi Adhémar d’Aigrefeuille, né au lieu de La Font en Corrèze, dans le diocèse de Limoges, fils aîné du chevalier Guillaume d’Aigrefeuille et d'Aigline de Tudeils[1], frère des cardinaux Guillaume d'Aigrefeuille l'Ancien et Faydit d'Aigrefeuille, père du cardinal Guillaume d'Aigrefeuille le Jeune, maréchal de la Cour pontificale d'Avignon.

Sommaire

Biographie

On ne connait aucun détail de la vie d'Aymar avant 1342, année où il fut cité pour la première fois dans un bref de Clément VI.

L'acquisition d'une terre noble

Guillaume d’Aigrefeuille mourut en Limousin au cours de l'année 1343. Son fils aîné Aymar fit alors un échange avec Hugues Gauthier, chevalier, qui lui céda le tènement de la Font contre des rentes sur Graffeuil[2].

Il en rendit hommage le 13 mai 1350, à Guillaume III Roger de Beaufort, nouveau vicomte de Turenne. La même année, Aymar, demoiseau[3], épousait Aigline de Montal[4]. Le couple aura six enfants : Jean senior (baron de Gramat), Adhémar II (seigneur de la Font et de Tudeils), Florence (qui convola avec Olivier de Cazillac, Hugues de Montferrand et Arnaud de Bérail), Hélène, dite Douce (qui se maria avec Jean de Maumont et Bertrand de Faudoas), Marie (qui épousa Bertrand de Loudun et Hélie de Lestrade) et Guillaume le Jeune (cardinal).

Le procureur du vicomte de Turenne

Le 26 janvier 1352, Guillaume, vicomte de Turenne, dressa une procuration à son cousin Aymar d’Aigrefeuille ainsi qu’à son beau-frère Hugues de la Roche, recteur du Comtat. La procuration précisait «qu’il les établissait comme ses procureurs pour aller prendre possession de la ville et de la baronnie de Pertuis et autres places à lui données avec pouvoir de confirmer les privilèges accordés aux habitants, établir des officiers et recevoir les hommages et serments de fidélité ».

La même année, le vicomte se remettant à peine d'une grave maladie[5], les Assises de la vicomté de Turenne se tinrent au chastel de Vrefeuil[6]. Ses procureurs désignés furent à nouveau Hugues de la Roche, châtelain de Cornillon, dans le diocèse d’Uzès, et Aymar d’Aigrefeuille[7].

Le Maréchal de la Cour pontificale

Peu après avoir été élu pape le 6 novembre 1362, Urbain V nomma Aymar à la charge de Maréchal de la Cour pontificale. C'était une reconnaissance envers la famille d'Aigrefeuille qui avait protégé sa carrière jusqu'à l'élever sur le trône pontifical. De plus, il semble que des liens de vassalité unissaient les Grimoard, famille du Souverain Pontifique, aux Aigrefeuille[8].

Le partage de ses seigneuries avec ses fils

Ce fut en 1365 qu'Aymar, rendit pour la dernière fois hommage seul au vicomte de Turenne[9]. L'année suivante Jean d’Aigrefeuille, fils aîné d’Aymar, le cadet Adhémar II et son fils Jean le Jeune, rendirent hommage pour leurs fiefs dont ils étaient devenus coseigneurs à Guillaume III Roger de Beaufort[10].

Cette même année de 1366, Jean l'Aîné épousa Anne de Tarride, fille de Bertrand de Tarride et d’Alazie de Castelnau-Gramat, héritière de son père Guérin II de Castelnau[11].

La mort de Jean d'Aigrefeuille, fils aîné d'Aymar

Jean d’Aigrefeuille, fils aîné d’Aymar, devenu baron de Gramat, décéda en 1373. Par testament, il laissait ses domaines à son fils Elzéar (Alzias)[12].

L'année suivante, Aymar d’Aigrefeuille dut se substituer à son aîné défunt, pour rendre hommage à Gérald de la Roche. Il le fit en tant que seigneur de la Font et coseigneur de Tudeils, Lostanges et Nonars[13].

Le Maréchal devient conseiller du roi et recteur de la Marche d'Ancône

En octobre 1374, le maréchal de la Cour pontificale, Aymar d’Aigrefeuille, devenu conseiller du roi, face à la répression qui s’était abattu sur le Limousin, après que les villes de Brive et de Tulle se fussent rendues sans combat aux Anglais, demanda des lettres de rémission pour son beau-frère Bertrand de Maumont à qui elles furent accordées grâce à son intercession[14].

Sur décision de Grégoire XI, en 1375, Aymar d’Aigrefeuille quitta sa charge de Maréchal pour devenir recteur de la Marche d’Ancône.

Il décéda en 1382 puisque au cours de cette année, Jean d’Aigrefeuille, dit le Jeune, rendit hommage au baron de la Roche, pour son pupille Elzéar, et Adhémar II, seigneur de Tudeils et La Font, jura fidélité pour ces lieux à Raymond VIII de Turenne. On ne sait ni où ni quand se déroulèrent les funérailles du recteur d'Ancône.

Héraldique

Les armes de la famille d’Aigrefeuille étaient : «d’azur à trois étoiles de six rais d’or au chef cousu de gueules et pour brisure autour de l’écu, un orle d’argent chargé de onze tourteaux de sable »[réf. nécessaire]

Notes

  1. Outre Aymar (Adhémar), le couple aura dix autres enfants : Guillaume (premier cardinal de la famille), Pierre (évêque), Raymond (évêque), Faydit (cardinal), Bernard (évêque), Étienne (abbé), Éléonore (qui épousa Bertrand de Vayrac), Florence (abbesse d’Elnon en Rouergue et du monastère cistercien de Nonenque, commune de Marnhagues et Latour dans le diocèse de Vabres), Marguerite (qui épousa Bertrand de Saillac) et Raymonde (religieuse à la Règle de Limoges).
  2. Cet échange se fait devant le chevalier Géraud de la Roche. Hugues Gautier donne «tout l’affar, lieu et tènement de Lafon qui fut à Michel Gautier, défunt, le jardin Maengo, cultivé par Jean Guahanola ». Selon l’abbé Poulbrière, l’échange aurait été fait pour dépendre d’un lieu noble alors que Graffeuil n’était qu’un village. La Font (Lafon) : pour les uns, il s’agit de la Font de Champagnac-la-Prune et pour d’autres de La Fon de Tudeils. Par erreur à la page 14 de la Biographie des Hommes illustres de l’ancienne province du Limousin, La Font, fief des Aigrefeuille (dénommés d’ailleurs d’Arfeuille) est situé près de Saint-Exupéry.
  3. Ce fut le 5 janvier 1351, qu'Aymar d’Aigrefeuille fut fait chevalier.
  4. Aigline de Montal était la fille de Géraud II et d’Hélène de Barasc ainsi que la nièce d’Hélène de Montal qui avait épousé Bernard de Cazillac en 1325.
  5. Guillaume III Roger de Beaufort venait d'avoir se première crise de saturnisme.
  6. Ce château a été identifié comme étant celui de Saint-Sébastien d’Aigrefeuille, près d'Alès.
  7. Ce fut à eux qu'hommage en forme de reconnaissance fut rendu par Dayde Mafre, marchand, de certains fiefs au lieu de Vrefeuil. Acte, enregistré par S. H. de Manha Alta, notaire. En Limousin, près de Saint-Rémi, la terre de Franceix fut reconnue au vicomte comme seigneur d’Herment par Albert et Alberton de Tinières, père et fils.
  8. Le grand-père paternel d'Urbain V, Guillaume 1er, vassal de l’évêque de Mende, était sire de Bellegarde à Saint-Privat-de-Vallongue. Son château fut détruit par l’évêque Guillaume de Peyre, l’obligeant à se réfugier à Grisac. Bellegarde était l’une des places fortes d’une baronnie de Verfeuil ou Vrefueil (Saint-Sébastien d'Aigrefeuille). Ce qui faisait des Grimoard des familiers des Aigrefeuille. En 1373, les Grimoard possédaient encore quelques fiefs dans la paroisse cévenole de Notre-Dame de Chausse : Chausse, Alteyrac et l’Apostoli. Cf. E. Germer-Durand, Dictionnaire topographique du Gard, Paris, 1868.
  9. Il le fit pour son fief de Tudeils ainsi que pour le Monteil à Nonans et un mas à Hautefage.
  10. Adhémar d’Aigrefeuille le fit en tant que seigneur de la Font et de Tudeils.
  11. Guérin II de Castelnau avait rendu hommage, en 1350, à Guillaume Roger contre 5 000 florins tandis que Clément VI lui donnait 1 000 florins. Il décéda en 1360. Bertrand de Tarride lui succéda et rendit hommage en 1363. Ce fut en janvier 1366 qu’il vendit sa baronnie de Gramat aux Aigrefeuille, le jour même où sa fille Anne épousait Jean d’Aigrefeuille.
  12. Ce fut Jean d’Aigrefeuille, dit le Jeune, fils d’Adhémar II, qui servit de tuteur à son cousin Elzéar pendant sa minorité.
  13. La baronnie de Grammat était devenu le fief de son petit-fils Elzéar d'Aigrefeuille.
  14. Le Maréchal de la Cour pontificale était le beau-père du fils de Bertrand de Maumont. Celui-ci, craignant d’être pris et exécuté par les Anglais, avait abandonné son château de Maumont et s’était réfugié à Turenne. La place, laissée à la garde insuffisante d’un capitaine, fut livrée à l’ennemi qui y arbora sa bannière et reçut des vivres.

Bibliographie

  • A. de Boyes et Fr. Arbelot, Biographie des Hommes illustres de l’ancienne province du Limousin, Limoges, 1854.
  • Jean-Baptiste Poulbrière, Dictionnaire Historique et Archéologique du diocèse de Tulle en trois volumes, Brive, (1894-1910).

Voir aussi

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