Axel Kahn
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Axel Kahn
Naissance 5 septembre 1944
Petit-Pressigny (France)
Nationalité Drapeau : France française
Champs Médecine, génétique, biologie moléculaire
Institution INSERM, Université Paris Descartes
Renommé pour Travaux sur la thérapie génique

Axel Kahn, né le 5 septembre 1944 au Petit-Pressigny, en Indre-et-Loire, est un scientifique, médecin généticien, et essayiste français. Directeur de recherche à l'INSERM et ancien directeur de l'Institut Cochin, il est, depuis le 20 décembre 2007, le président de l'université Paris Descartes. Axel Kahn est surtout connu du grand public pour la vulgarisation scientifique qu'il fait depuis de nombreuses années et ses prises de positions sur certaines questions éthiques et philosophiques ayant trait à la médecine et aux biotechnologies, en particulier au clonage ou aux OGM, notamment en raison de son travail au sein du Comité consultatif national d'éthique de 1992 à 2004.

Sommaire

Biographie

Origines familiales et études

Axel Kahn est le fils du philosophe Jean Kahn-Dessertenne (d'ascendance juive alsacienne laïque et champenoise originaire du village de Mussy-sur-Seine[1]), et le frère du journaliste Jean-François Kahn et du chimiste Olivier Kahn. Il fait ses études secondaires au lycée Buffon à Paris et s'engage à cette époque auprès du Parti communiste à 17 ans dans une cellule liée aux usines Citroën voisines[2]. Axel Kahn fait ses études de médecine et devient interne des Hôpitaux de Paris à l'hôpital Lariboisière notamment. Durant son service militaire, en 1967-1968, il fait sa coopération comme médecin-chef en République centrafricaine[2]. Le 17 avril 1970, son père se suicide en laissant, à lui seul, un message : « [...] sois raisonnable et humain [...] », évènement qu'il considère de grande importance dans sa vie[3],[2].

Parcours scientifique

Axel Kahn est docteur en médecine avec une spécialité en hématologie (1974) et docteur ès sciences (1976). Il devient chercheur à l'INSERM avec une spécialisation en biochimie et intègre, en 1972, le groupe de Jean-Claude Dreyfus au sein de l'Institut de Pathologie moléculaire de l'hôpital Cochin créé (1969) et dirigé par Georges Schapira, qui deviendra le futur Institut Cochin.

Ses travaux portent sur les maladies génétiques, la thérapie génique, les cancers, la régulation de l'expression des gènes par les sucres, et plus récemment le foie et le métabolisme du fer. À la fin des années 1980, il se fait le porte-parole en France de la thérapie génique, mais il admettra plus tard que les perspectives de cette technologie ont été surévaluées[4]. Il a présidé la Commission du génie biomoléculaire de 1988 à 1997. Il est nommé directeur scientifique adjoint pour les sciences de la vie de la société Rhône-Poulenc de 1997 à 1999, ce qui provoqua quelques polémiques car cette compagnie développait des OGM et qu'Axel Kahn venait de rendre un avis favorable à leur culture en France[5]. Il a été membre du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) de 1992 à 2004. Il s'est notamment déclaré hostile au clonage thérapeutique, au motif qu'il « attenterait à la dignité humaine ». Directeur d'une unité de recherche Inserm depuis 1984, il a été directeur de l'Institut Cochin et de l'Institut fédératif de recherche Alfred Jost de 2001 à 2008.

Au niveau de la Commission européenne, il a été nommé président du Groupe d'experts de haut niveau pour les Sciences de la Vie (un organe de conseil sur les biosciences et les biotechnologies) de 2000 à 2002 par le commissaire européen chargé de la recherche, Philippe Busquin[6].

Il est également membre du conseil scientifique de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).

Axel Kahn est également auteur de très nombreux livres de vulgarisation et de réflexion, notamment philosophique et éthique. Il a été le fondateur et le rédacteur en chef, de 1986 à 1998, de la revue franco-québécoise Médecine/sciences.

Parcours politique et administratif

Axel Kahn se décrit comme humaniste[7],[8],[2]. Membre du Parti communiste français jusqu'en 1977[9],[10], Axel Kahn adhère au Parti socialiste après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981 et le quitte deux ans après. Depuis 2003, il est vice-président de l'association des amis de l'Humanité[réf. nécessaire].

Tandis que ses responsabilités au sein de l'INSERM s'accroissent (président d'une commission scientifique spécialisée en 1983, puis membre du collège de direction), il est nommé membre du Comité consultatif national d'éthique en 1992. Il était président de la Commission du génie biomoléculaire auprès du ministère de l’Agriculture et de la Pêche depuis 1987. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de non-violence et de paix et appartient au conseil scientifique de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques depuis 1998. Président du groupe de réflexion sur l'éthique de la La Ligue nationale contre le cancer depuis 2004, il a pris la présidence de la Fondation internationale du handicap en 2007[11]. Axel Kahn a été nommé, en Conseil des ministres en mars 2008, membre de la commission présidée par Simone Veil, pour la révision du préambule de la Constitution française de 1958.

Depuis 1990, Axel Kahn s'est engagé dans plusieurs débats médiatiques. En 1991, il lance avec d'autres une pétition contre l'utilisation des tests génétiques pour détecter des fraudes chez les athlètes féminines[12]. Depuis 1992, il milite contre la brevetabilité des gènes, par les États-Unis et par l'Europe[13]. Il protestera également contre l'exhumation d'Yves Montand afin de pratiquer, sur sa dépouille, des tests de paternité[14].

En 2000, Axel Kahn s'est opposé non seulement au clonage reproductif, mais aussi au principe du clonage thérapeutique, dénonçant la réification de l'embryon humain[15]. Mettant en question les possibilités thérapeutiques de cette méthode, il la contestait pour des raisons morales. Il a dénoncé le discours des médecins et des scientifiques la présentant comme porteuse d'exceptionnelles promesses médicales. Pour lui, il s'agissait là plus d'un lobbying que d'une réelle information du public. En 2005 et 2006, il a insisté pour que, même si le Parlement finissait par autoriser cette recherche, ce soit pour des raisons scientifiques explicites, et non en arguant des perspectives thérapeutiques alors difficilement réalisables au moins à court et moyen terme. Certains ont interprété cette analyse comme le signe d'un léger infléchissement de sa position ces dernières années.

Chargé par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) d'instruire la saisine ministérielle sur le sujet, Axel Kahn s'opposera vivement à la jurisprudence de la Cour de cassation sur l'affaire Perruche. Cette jurisprudence indiquait que des praticiens ayant commis une erreur de diagnostic prénatal devaient indemniser non seulement les parents, mais aussi, toute leur vie durant, les enfants handicapés[16].

En 2004, comme quelques personnalités de l'Institut Cochin, il soutient très activement le mouvement des chercheurs Sauvons la recherche[réf. nécessaire].

En 2006, il est parrain du projet culturel et éducatif la Cité des Savoirs[réf. nécessaire] du XXIe siècle pour l'île Seguin avec d'autres personnalités telles que Régis Debray, Albert Jacquard ou Philippe Meirieu.

Toujours dans le cadre de son combat contre le réductionnisme génétique, il répond[17],[18] en 2007 à Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République. Ce dernier dans un entretien avec Michel Onfray[19] avait fait part de sa conviction d'une origine génétique de la pédophilie et des tendances suicidaires chez les jeunes[20]. En septembre 2007, avec Didier Sicard président du Comité consultatif national d'éthique, il s'oppose vivement, à l'amendement[21] présenté par le député Thierry Mariani portant sur l'utilisation des tests génétiques dans le cadre du regroupement familial[22], qu'il déclare «immorale» et «illégitime»[23].

Lors des élections législatives françaises de 2007, Axel Kahn co-préside avec Albert Jacquard le comité de soutien d'André Aschieri[réf. nécessaire] dans la neuvième circonscription des Alpes-Maritimes. À l'occasion des élections municipales françaises de 2008, il est membre des comités de soutien de Bertrand Delanoë, à Paris, et de Pierre Cohen, à Toulouse; il est intervenu dans les derniers meeting des candidats.

Sur le plan administratif et universitaire, Axel Kahn s'est porté candidat à la présidence de l'Université Paris Descartes[24]. Il a été élu le 20 décembre 2007 par le Conseil d'administration[25], alors qu'il était le seul candidat. Il a précisé ses objectifs et sa vision de la loi Pécresse sur l'autonomie des universités dans un entretien au journal Le Point[26]. Il a néanmoins apporté son soutien à l'Academic Pride[27]. Le 18 décembre 2008, il a été élu président de la commission recherche de la Conférence des présidents d'université (CPU).

Axel Kahn a pris clairement position en faveur de la réforme sur l'autonomie des universités (mettant jusqu'à sa présidence de Paris Descartes en jeu[28]) ainsi qu'en faveur du décret sur les universitaires, qui suscite l'opposition d'un nombre important d'enseignants-chercheurs en 2009. Il s'est toutefois désolidarisé du président Sarkozy qui, lors d'une émission télévisée le 5 février 2009, s'est réclamé de son soutien « comme personnalité de gauche ». Le 7 février dans une interview sur Europe 1, Axel Kahn a refusé d'être « pris en otage », a reproché au président ses propos méprisants et blessants sur les chercheurs tenus à l'Élysée le 22 janvier et lui a déclaré que, dans ces circonstances, sa réforme « maintenant mal emmanchée » ne passerait pas[29]. Une semaine plus tard, il déclarait la nouvelle version du décret « acceptable » tout en affirmant qu'il « serait inacceptable de compenser par des surcharges de service le manque d'enseignants-chercheurs »[28].

En juillet 2011, il intègre l'équipe de campagne de Martine Aubry pour l'élection présidentielle de 2012 chargé d'une thématique de réflexion sur la « refondation du progrès[30] ».

Personnalité controversée

Présenté parfois par les médias comme le « généticien français le plus renommé en Europe »[31], Axel Kahn ne figure cependant pas dans la liste des 137 scientifiques français les plus cités, établie par l’Institute for Scientific Information[32]. Cette liste comporte une bonne dizaine de généticiens français, parmi lesquels Pierre Chambon, Daniel Cohen, Jean-Louis Mandel, Marie-Geneviève Mattéï et Jean Weissenbach. Il a néanmoins publié plus de 500 articles dans des revues internationales.

Son travail scientifique durant des années a porté principalement sur la régulation, par les gènes, du sucre dans le foie. Le groupe d'Axel Kahn a tenté d’inactiver chez la souris les gènes responsables de cette régulation. Une des nombreuses équipes de son laboratoire ayant obtenu un phénotype inattendu après l’inactivation d’un de ces gènes, il s’est avéré que par hasard, un autre gène avait été inactivé, le gène de l’hepcidine[33]. Un des membres de cette équipe provenant d’un laboratoire travaillant sur le métabolisme du fer, le phénotype observé a été rattaché à une pathologie courante l'hémochromatose, et le rôle de l’hepcidine, un peptide anti-microbien dont la réponse au fer avait été découverte par une équipe rennaise[34], a pu être totalement démontré par l'équipe de Sophie Vaulont et d'Axel Kahn[35]. Bien que les études ultérieures des membres de son équipe aient été essentielles pour la compréhension de l'ensemble du mécanisme d'action de l'hepcidine[36],[37],[38],[39],[40], il est reproché par certains à Axel Kahn de s’être employé à minimiser le rôle des codécouvreurs[41].

En mars 2007, Axel Kahn a été violemment critiqué sur la production scientifique de l'Institut Cochin dans un article du journal Les Échos[42]. Il a répondu à cette critique par une lettre ouverte[43]. Il s'est montré solidaire de la lutte des Échos pour son indépendance[44] lors de sa tentative de rachat par Bernard Arnault en juillet 2007.

Distinctions

Axel Kahn a reçu de nombreuses distinctions et récompenses honorifiques :

Il s'est de plus vu décerner un doctorat honoris causa par les universités suivantes :

Bibliographie

Notes et références

  1. Jean-François Kahn, l'électron libre, documentaire télévisé de Frank Eskenazi pour la collection Empreintes, produite par France 5, 2009.
  2. a, b, c et d Entretien avec Laure Adler dans l'émission Hors-champs sur France Culture le 27 septembre 2010.
  3. Axel Kahn, raisonnable et humain, documentaire télévisé de Vincent Gaullier pour la collection Empreintes, produite par France 5, 2007.
  4. Et l'homme dans tout ça ? par Axel Kahn.
  5. La guerre secrète des OGM, par Hervé Kempf
  6. Le Groupe de haut niveau pour les sciences de la vie sur le site de la Commission européenne
  7. L'entrevue - L'illusion du libéralisme entretien avec Pauline Gravel dans Le Devoir du 19 mars 2007.
  8. Interview à Ce soir (ou jamais !) sur France 3.
  9. Axel Kahn à la recherche de sa généalogie morale dans Le Temps du 20 mars 2004]
  10. Comme deux frères - Le siècle à deux sur voir.ca]
  11. Organigramme de la FIH sur son site officiel
  12. La Chose, le Vivant et l'Humain, par Axel Kahn dans Libération le 13 décembre 1991
  13. Le Gène, matière première, par Axel Kahn dans Et l'homme dans tout ça ?, Nil Ed., Paris, 2000.
  14. La filiation biologique ne me semble pas déterminante, par Axel Kahn dans l'Humanité du 8 novembre 1997.
  15. Cellules souches et médecine régénératrice par Axel Kahn dans Médecine/sciences nº4, vol 18, (2002).
  16. Naître et être handicapé, par Axel Kahn dans Raisonnable et humain, Nil Ed, Paris, 2004.
  17. La vieille obsession de la nouvelle droite, par Axel Kahn, Marianne n°519 page 51, avril 2007.
  18. Entretien filmé par LaTéléLibre
  19. Michel Onfray Philosophie Magazine, n°8 avril 2007
  20. Le cerveau d'un homme de droite par Michel Onfray dans le Nouvel'Obs du 3 avril 2007.
  21. Amendement n°36 au projet de loi relatif à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile, n° 57
  22. Filiation et regroupement familial, par Axel Kahn et Didier Sicard, dans Le Monde du 18 septembre 2007.
  23. ADN et immigration, d'abord une question de morale par Axel Kahn dans Le Figaro du 25 septembre 2007.
  24. Mes 3 axes pour Paris 5 par Axel Kahn dans l'Etudiant du 8 octobre 2007.
  25. Election d’Axel Kahn à la présidence de l’Université sur le site de l'Université Paris Descartes.
  26. Universités, la loi Pécresse en examen, Le Point numéro 1835 du 15 novembre 2007
  27. Axel Kahn soutient l’Academic Pride
  28. a et b Kahn: « Je suis prêt à démissionner ! », Le Journal du dimanche, 14 février 2009
  29. Les présidents d'université lâchent la réforme, Le Monde, 10 février 2009
  30. L'équipe de campagne de Martine Aubry sur le site officiel martineaubry2012.fr
  31. L'Expansion du 21/06/2001
  32. Institute for Scientific Information (accès payant)
  33. Historique et présentation de l'hepcidine sur le site de l'AP-HP.
  34. A New Mouse Liver-specific Gene, Encoding a Protein Homologous to Human Antimicrobial Peptide Hepcidin, Is Overexpressed during Iron Overload, Christelle Pigeon, Gennady Ilyin, Brice Courselaud, Patricia Leroyer, Bruno Turlin, Pierre Brissot, and Olivier Loréal, Journal of Biological Chemistry;March 16, 2001;276(11):7811-7819.
  35. Lack of hepcidin gene expression and severe tissue iron overload in upstream stimulatory factor 2 (USF2) knockout mice, Gaël Nicolas, Myriam Bennoun, Isabelle Devaux, Carole Beaumont, Bernard Grandchamp, Axel Kahn, and Sophie Vaulont, PNAS, July 17, 2001;98(15):8780-8785.
  36. Severe iron deficiency anemia in transgenic mice expressing liver hepcidin, Gaël Nicolas, Myriam Bennoun, Arlette Porteu, Sandrine Mativet, Carole Beaumont, Bernard Grandchamp, Mario Sirito, Michèle Sawadogo, Axel Kahn, and Sophie Vaulont. PNAS April 2, 2002;99(7):4596-4601.
  37. The gene encoding the iron regulatory peptide hepcidin is regulated by anemia, hypoxia, and inflammation, Gaël Nicolas, Caroline Chauvet, Lydie Viatte, Jean Louis Danan, Xavier Bigard, Isabelle Devaux, Carole Beaumont, Axel Kahn and Sophie Vaulont. J Clin Invest,110:1037-1044 (2002).
  38. Constitutive hepcidin expression prevents iron overload in a mouse model of hemochromatosis Gaël Nicolas, Lydie Viatte, Dan-Qing Lou, Myriam Bennoun, Carole Beaumont, Axel Kahn, Nancy C. Andrews & Sophie Vaulont. Nature Genetics;34,97-101 (2003).
  39. Functional differences between hepcidin 1 and 2 in transgenic mice, Dan-Qing Lou, Gaël Nicolas, Jeanne-Claire Lesbordes, Lydie Viatte, Gisèle Grimber, Marie-France Szajnert, Axel Kahn, and Sophie Vaulont. Blood;103(7), 2816-2821 (2004).
  40. Hepcidin, a candidate modifier of the hemochromatosis phenotype in mice, Gaël Nicolas, Nancy C. Andrews, Axel Kahn, and Sophie Vaulont. Blood;103(7), 2841-2843 (2004).
  41. Sur la paternité de la découverte de l'hepcidine
  42. Recherche : le bilan des établissements publics, par Alain Perez le 12 mars 2007
  43. Lettre ouverte d'Axel Kahn consultable sur le site de l'Institut Cochin
  44. Axel Kahn, solidaire sans réserve aucune, Les Échos du 9 juillet 2007.
  45. Décret du 16 mai 2008 paru au Journal officiel de la République française du 17 mai 2008.

Voir aussi

Liens externes



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