Théâtre des Mathurins
Théâtre des Mathurins
Le théâtre des Mathurins, rue des Mathurins (Paris 8e)
Le théâtre des Mathurins, rue des Mathurins (Paris 8e)

Type Théâtre
Lieu Paris, France
Coordonnées 48° 52′ 23″ Nord
       2° 19′ 33″ Est
/ 48.873088, 2.325861
48° 52′ 23″ N 2° 19′ 33″ E / 48.873088, 2.325861
Inauguration 1898
Capacité 386
Site web theatredesmathurins.com

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Théâtre des Mathurins

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Théâtre des Mathurins

Le théâtre des Mathurins ou Les Mathurins est un théâtre parisien qui doit son nom à une ruelle existant dès le Moyen Âge (XIIe siècle) car la ferme de moines mathurins y est alors installée.

L'adresse actuelle est 36, Rue des Mathurins, dans le VIIIe arrondissement de Paris. Le théâtre comporte actuellement 386 places.

Sommaire

Historique du lieu

La rue des Mathurins, dénommée ainsi au XVIIe siècle, tient son nom d’une ancienne ferme appartenant aux moines mathurins depuis le XIIIe siècle. Après leur exécution, Louis XVI et Marie-Antoinette sont inhumés dans un cimetière à l’angle des rues Pasquier et des Mathurins. Le propriétaire du terrain le remet à la disposition de la famille royale à la Restauration. En récompense Louis XVIII accorde à Sevestre, petit-fils du fossoyeur du cimetière et modeste acteur, le privilège d’exploiter des théâtres hors de l’enceinte de Paris.

Dès 1893, il existe à cet emplacement un grand salon ouvert au public et pouvant accueillir jusqu’à 300 personnes. Il n’y a à l’époque ni scène ni estrade ou loges d’artistes. On y organise plutôt des concerts.

La salle est modifiée une première fois en 1897 par l’architecte Salvan, puis en 1898 par Rochet, pour devenir la salle des Mathurins inaugurée le 10 octobre de la même année sous le direction de la divette Marguerite Deval.

En 1910, la salle prend le nom de « théâtre Monsieur », puis des « Mathurins nouveaux » jusqu’en 1912, date à laquelle on le baptise « théâtre des Mathurins » ; Celui-ci est fermé, puis rouvert en 1919 à la demande de Sacha Guitry, qui améliore son agencement. Sous le parterre il fait aménager un bar pouvant servir de galerie d’exposition et rebaptise le théâtre « Théâtre de Sacha Guitry ». En 1922, on décide de l’agrandir et de changer radicalement le décoration du lieu. Le projet est confié à Charles Siclis, jeune architecte en vogue, esprit indépendant, sans doute le plus inventif de l’entre-deux-guerres, ayant dessinés de nombreuses constructions de la côte basque. Auteur ici d’un délirant manifeste de la modernité, Siclis[1] n’hésite pas à jouer sur le contraste entre ancien et moderne dans une composition qui prend valeur de symbole. Tandis que le critique Jean Locquin voit en lui « un constructeur poète », Robert Mallet-Stevens écrit de lui en 1937 : « La fantaisie, qui est une des qualités évidentes de Charles Siclis[2], a été mille fois plagiée mais rarement égalée… ». Un succès qui lui permet de construire ensuite le théâtre Saint-Georges et le théâtre Pigalle. La salle Mathurins est modifiée une première fois en 1936 sous la direction de l’architecte Gumpel, puis refaite en 1967 et en 1970.

En février 1900, Marguerite Deval crée en compagnie de Gabrielle Dorziat une comédie d’un dénommé Piazza, Le Beau Choréas, et, en novembre, La Petite Femme de Luth, un opéra burlesque de Tristan Bernard.

Le 15 avril 1902, le théâtre présente un opéra bouffe, Le Page, une bluette en un acte, sur une musique de Ludo Ratz, parodiant à la fois Pierre Corneille, Victor Hugo et Edmond Rostand. Son auteur est le fils du célèbre comédien Lucien Guitry, prénommé Sacha, âgé de dix-sept ans. Les véritables débuts d’auteur dramatique de Sacha Guitry ont lieu au Théâtre des Mathurins le 6 décembre 1905 avec Nono, une comédie en trois actes créée par André Dubosc. En juin 1920, Sacha Guitry revient pour le dernière fois aux Mathurins pour jouer lui-même le personnage de Robert Capelle dans Nono.

Jules Berry et Charlotte Lysès sont à l’affiche en 1921 pour la création de La Huitième Femme de Barbe-Bleu et de Ce que femme veut, deux pièces d’Alfred Savoir. Peu après, la salle est agrandie et poussé de 500 à 700 places.

En 1927, le nouveau directeur René Saunier invite Georges Pitoëff et Ludmilla Pitoëff. En six mois, ils montent Mixture de Lenormand, La Maison des cœurs brisés de George Bernard Shaw, La Célèbre Histoire de Saint-Georges de Bouhélier et Adam, Ève et Cie de Balgi. Ils reviennent en 1935 à l’appel de Jean Tedesco, le nouveau propriétaire, pour le création Ce soir on improvise de Luigi Pirandello. L’année suivante, George Pitoëff devient directeur du théâtre. Jusqu’à la guerre de 1939, il multiplie les créations issues du grand répertoire international : Le Héros et le Soldat de George Bernard Shaw, La Créature de Ferdinand Bruckner, Je vivrai d’un grand amour de Steve Passeur, Le Voyageur sans bagage de Jean Anouilh, La Mouette de Tchekhov, Un ennemi du peuple d’Ibsen

Les Pitoëff auront marqué fortement l’esprit de ce théâtre et, lorsque les responsables du Rideau gris, Marcel Herrand et Jean Marchat, prennent la relève en 1939, ils s’efforceront de suivre l’exemple de ces deux grands animateurs. La guerre et la mobilisation des deux directeurs reportent en 1941 leurs premiers spectacles, Le pavillon brûle de Steve Passeur et La Fille du jardinier de Charles Exbrayat. En 1942, ils remarque une jeune espagnol sortie depuis peu du Conservatoire de Paris : Maria Casarès. Elle est engagée pour les cinq premières pièces du Rideau gris dont les mises en scène sont assurées par Jean Marchat. Après Deirdre des douleurs de Synge, elle joue dans Le Voyage de Thésée de Georges Neveux, Le Malentendu, la première pièce d’Albert Camus, Divines paroles de Ramón del Valle-Inclán.

Après Morts sans sépulture de Jean-Paul Sartre, présenté en 1947, la création de Haute surveillance en 1949, deuxième pièce de Jean Genet, est un acte courageux. Son auteur est alors banni des scènes parisiennes. Le roi est mort de Louis Ducreux, Le Retour de l’enfant prodigue d’André Gide, Héloïse et Abélard de Roger Vaillant sont à l’affiche. D’illustres comédiens comme Michel Auclair, Gérard Philipe, Michèle Alfa, Tania Balachova, Yolande Laffon… s’y distinguent.

En juillet 1953, Marcel Herrand disparaît. Jean Marchat rejoint la Comédie-Française et Rika Radifé, madame Harry Baur, lui succède. Sous sa direction, le théâtre conserve sa spécificité en montant des créations et des reprises de pièces de qualité, notamment : Le Square de Marguerite Duras en 1961, Requiem pour une nonne d’Albert Camus en 1962, Le Petit Prince de Saint-Exupéry en 1963, La Putain respectueuse de Jean-Paul Sartre en 1966, ou encore Témoignage irrecevable de John Osborne, dans une mise en scène de Claude Régy avec Michel Bouquet.

Jean Anouilh est à l’honneur en 1973 avec Le voyageur sans bagage, puis Antigone en 1975. Le duo formé par Pierre Arditi et Jean-Luc Moreau marque l’année 1976 avec Rosencrantz et Guildenstern sont morts de Tom Stoppard, sous la direction de Jean-François Prévand. Les Mains sales de Jean-Paul Sartre est présenté en 1977. Des œuvres de Shakespeare ou encore Sophocle sont également montées à cette époque. En 1981, Henri de Menthon prend la direction du théâtre.

Homme de culture, il poursuit dans la même voie un programme éclectique, comprenant un hommage à Diderot de Milan Kundera, Jacques et son maître, mis en scène par Georges Werler. Puis, Georges Wilson met en scène Huis clos de Jean-Paul Sartre avec Daniel Gélin, Stéphan Meldegg monte Pétition de Václav Havel. Le théâtre présente également Le Grain de sable de Jean-Pierre Bacri. En 1982, Pierre Boutron dirige Patrick Chesnais dans L’Avantage d’être constant d’Oscar Wilde En 1983, Caroline Cellier est à l’affiche du Bonheur à Romorantin de Jean-Claude Brisville et Marilu Marini incarne La Femme assise de Copi, dans une mise en scène d’Alfredo Arias.

Gérard Caillaud, successeur d’Henri de Menthon, entreprend des travaux de rafraîchissement et d’agrandissement, en aménageant au sous-sol une salle de cent places avec un foyer-bar, dans l’ancienne salle de répétition ou Louis Jouvet, Charles Dullin, Baty et Pitoëff se réunissait, et où ils décidèrent la création du cartel (1927-1940). La nouvelle direction programme dans le même esprit Le Baiser de la veuve d’Israël Horowitz, Le Résident de Slawomir Mrozek, puis Les Palmes de Monsieur Schutz de Jean-Noël Fenwick, joué plus de 1000 fois.

Après quatre ans de fermeture, à la suite du décès de son propriétaire, Julien Vartet, c’est Jean-Louis Livi et Bernard Murat qui ont l’honneur et le bonheur de reprendre ce théâtre. Ils entreprennent aussitôt d’important travaux de décoration et de rénovation, qui concerne principalement la totalité de la cage de scène. Ils restaurent ainsi un outil de création moderne et respectueux du passé. Cette nouvelle direction donne une impulsion forte et remarquable aux Mathurins, en créant successivement La Preuve de David Auburn, L'Invité de David Pharao, Une heure et demie de retard de Jean Dell et Gérald Sibleyras, Le Vieux Juif blonde d’Amanda Sthers, etc.

Depuis le 1er juillet 2006, Daniel Colas et Yvan Varco, en créant Le Jardin de Brigitte Buc puis Eva de Nicolas Bedos, ont repris le flambeau de leurs prédécesseurs, à la tête de ce théâtre à la fois historique et résolument tourné vers la modernité.

Direction Marguerite Deval

Théâtre de Monsieur

Mathurins nouveaux

Théâtre des Mathurins

Théâtre de Sacha Guitry

Théâtre des Mathurins

Direction René Saunier

Mises en scène de Georges Pitoëff

Direction Jean Sarrus

Direction Jean Tedesco

Mises en scène de Georges Pitoëff

Direction Georges Pitoëff

Direction Marcel Herrand et Jean Marchat

Direction Rika Radifé, Madame Harry Baur

Direction Henri de Menthon

Direction Gérard Caillaud

Direction Julien Vartet

Direction Bernard Murat et Jean-Louis Livi

Direction Daniel Colas et Yvan Varco

Direction Stéphane Engelberg, Louis-Michel Colla et Séverine Setbon

Lien externe

Voir aussi


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Théâtre des Mathurins de Wikipédia en français (auteurs)

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