The Wall (film)
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Pink Floyd The Wall

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Titre original Pink Floyd The Wall
Réalisation Alan Parker
Scénario Roger Waters
Acteurs principaux Bob Geldof
Christine Hargreaves
Eleanor David
Alex McAvoy
Bob Hoskins
Michael Ensign
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Sortie 1982
Durée 95 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Pink Floyd: The Wall est un film musical réalisé en 1982 par Alan Parker, fondé sur le double album conceptuel du groupe anglais Pink Floyd.

Le film alterne séquences filmées avec des séquences animées sur un rythme rapide. Il ne comprend presque aucun dialogue, la bande-son reprenant essentiellement la musique du groupe, certains titres étant réenregistrés pour l'occasion.

Sommaire

Synopsis

Sentant sa personnalité défaillir, Pink, une star du rock, se fabrique un mur protecteur derrière lequel il croit d'abord trouver refuge. Mais ce mur finit par l'étouffer et le pousse, seul et malheureux, jusqu'aux portes de la folie. Il passe alors en revue les éléments importants de sa vie ; la mort de son père à la guerre, sa mère trop protectrice et castratrice, les brimades de professeurs, puis l'échec de son mariage et la plongée dans la drogue, autant de briques dans le mur (Another Brick in the Wall), ou d'éléments qui en ont comblé les interstices (Empty Spaces). Cet examen de conscience le mène jusqu'à son autoprocès (The Trial).

Commentaire et citations

The Wall n'est pas un film classique dans sa réalisation. Le montage n'est pas linéaire mais suit le trajet mental de Pink. Les scènes du passé de Pink, tournées avec des acteurs, alternent avec des dessins animés réalisés par Gerald Scarfe. Le film oscille ainsi entre les souvenirs d'enfance idéalisés malgré l'absence du père, le sentiment de la profonde médiocrité du monde des adultes, et la fuite en avant dans le rock, le sexe, la violence et la drogue. Trois étapes d'une vie qui s'emballe et finit par coincer Pink derrière un mur, métaphore des troubles mentaux du héros dont il ne parvient pas à sortir seul.

Certains voient dans cette œuvre un hommage de Roger Waters à Syd Barrett, ancien membre du groupe, même si cette hypothèse est peu probable. Le film paraît en effet plus être parti des problèmes relationnels de Roger Waters avec le public, et être devenu très autobiographique.

Quelques citations allant dans ce sens :

« Peut-être que l'entraînement à voir les choses d'un point de vue architectural m'a aidé à visualiser mes sentiments d'aliénation par rapport au public rock. Ceci fut le point de départ pour The Wall. Le fait qu'il incarna par la suite un récit auto-biographique était d'un certain point de vue secondaire par rapport au gros de la chose qui fut un constat, très théâtral, disant : « Tout ça n'est pas merdique ? Je suis là sur scène pendant que vous êtes tous là en bas et c'est pas horrible ? Qu'est-ce qu'on est en train de foutre là ? » »

— Roger Waters, Wikipédia English, juin 1987.

« Je n'adhère pas totalement au concept de The Wall. Selon moi c'est un véritable catalogue de plaintes et je ne veux faire des reproches à propos de ma vie qu'à moi-même... Il y a des choses super sur cet album. C'est je pense ce qu'il y a de génial avec la musique : vous pouvez avoir des paroles sombres et négatives sur une instrumentale valorisante. Cela se juxtapose et vous donne un bon sentiment final de la chose. Je pense que le film est devenu trop noir et négatif. Comme j'ai dit, je ne me retrouve pas vraiment dans tout ce que Roger dit dedans. Je pense que certaines parties sont très bonnes et d'autres beaucoup trop négatives pour moi. »

— David Gilmour, Radio Américaine, mai 1992.

« Et mon point de vue sur The Wall en particulier est plus nuancé aujourd'hui qu'à l'époque. Je le vois aujourd'hui comme une liste de gens que Roger blâme pour ses propres ratés dans sa vie, une liste de « vous m'avez baisé comme-ci, vous m'avez baisé comme ça. » »

— David Gilmour, Guitar World, février 1993.

Le symbole attribué à la folie politique de Pink, les deux marteaux croisés, sont exploités de façon étrangement ressemblante à 1984 (Nineteen Eighty-Four, George Orwell). En effet, lorsque les spectateurs du show acclament Pink et montrent leur ralliement, ils croisent les bras devant eux, retournés, les poings fermés, ce qui fait penser au même geste de ralliement à Big Brother dans l'œuvre d'Orwell (que l'on voit également dans l'adaptation datant de 1984 lors de la longue scène d'introduction). Ce clin d'œil n'est pas anodin, 1984, tout comme ce film, a parmi ses thèmes centraux l'aliénation des foules.

« Pink Floyd The Wall » et la schizophrénie

Le film est une peinture méticuleuse de la schizophrénie et s'attache à montrer comment Pink y tombe peu à peu. Chaque brique du mur peut ainsi être vue comme un élément refoulé, contribuant à l'enfermer sur lui-même, dans l'utopie qu'il se crée. L'élément dominant est évidemment une mère surprotectrice, comme cela est explicitement montré dans The Trial où ses bras se transforment en un mur enfermant Pink, ou encore dans Mother.

La réification de l'esprit, principale caractéristique de la psychose schizophrénique, y est par moment symbolisée par une sorte de masque uniforme recouvrant les faces des personnages, comme dans Another Brick in the Wall (part. 2) sur les élèves ou encore dans Run Like Hell sur le public. On peut donc y voir deux critiques, celle de l'école, machine à fabriquer des schizophrènes (les élèves d'ailleurs, passent tous sur un tapis roulant industriel pour finir en une masse homogène et uniforme). L'autre critique, classique, porte sur le rapport entre le public, l'artiste et son œuvre. La tentation suiveuse du public y est dépeinte par une parallèle très forte avec le nazisme (les marteaux croisés et la gestuelle de la foule font fortement penser à la croix gammé du mouvement nazi et au salut hitlérien).

La force de ce film tient au fait que la schizophrénie y est vue par le malade, en focalisation interne. L'effroi naît de cette entrée dans le monde que se crée Pink et dans lequel il s'enferme.

À moins que ce ne soit une forme d'autisme qui ne pousse Pink à se refermer sur lui même. Cet autisme aurait eu comme élément déclencheur la mort d'un rat qu'il secourt au début du film. Mais cette forme d'autisme est après tout une caractéristique de la schizophrénie.

Anecdotes

On peut apercevoir, dans le film d'Alan Parker, lors des scènes correspondant aux chansons In The Flesh et Run Like Hell, que le public ainsi que la garde rapprochée de Pink sont composés en grande partie de skinheads. En effet, pour les besoins de son film, Alan Parker fit appel à l'une des plus grandes bandes de skinheads anglaises de l'époque, à savoir celle de la ville côtière de Tillbury, comptant près de deux cents membres. Dans une interview, Parker expliquait que le tournage de ces scènes fut difficile en raison de l'indiscipline des skins ainsi que de leur brutalité indécrottable lors des scènes de bagarres (les skins, toujours d'après Parker, auraient été incapables de simuler les coups et ne pouvaient s'empêcher de frapper violemment).[réf. nécessaire]

Roger Waters a déjà affirmé que le concept de The Wall a pris forme dans son esprit après un concert de Pink Floyd donné au stade olympique de Montréal (au Québec) en 1977 pendant la tournée Animals alors qu'il avait entre autres insulté et craché sur des fans trop enthousiastes. On peut aussi penser qu'il fut impressionné par le stade lui-même, puisque l'amphithéâtre où se déroule le jugement (The Trial) dans le film, de même que les dessins de la pochette intérieure de l'album, rappellent bien le stade olympique tel qu'il était en 1977, c'est-à-dire avec sa célèbre tour inclinée encore inachevée (l'amphithéâtre du film et de l'album comptent plusieurs de ces « tours inachevées »).

Fiche technique

Distribution

  • Bob Geldof : Pink
  • Christine Hargreaves : la mère de Pink
  • James Laurenson : le père de Pink
  • Eleanor David : la femme de Pink
  • Kevin McKeon : Pink enfant
  • Bob Hoskins : impresario
  • David Bingham : Pink petit
  • Jenny Wright : groupie américaine
  • Alex McAvoy : professeur
  • Ellis Dale : médecin anglais
  • James Hazeldine : amant
  • Marjorie Mason : la femme du professeur
  • Robert Bridges : médecin américain
  • Michael Ensign : gérant de l'hôtel

Voir aussi

Travaux universitaires

  • Kathy Mouton, sous la direction de Fabien Gérard, Alan Parker : un coup de poing dans le « mur ». Analyse critique du film Pink Floyd – The Wall. Mémoire de licence en journalisme, Université libre de Bruxelles (Belgique), 1994, 190 pages.

Liens externes




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