Avenue Franklin D. Roosevelt

Avenue Franklin-D.-Roosevelt

8e arrt.
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Avenue Franklin-D.-Roosevelt
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Arrondissement(s) 8e arrondissement
Quartier(s)
Début Place du Canada
Fin 71, rue La Boétie et 123, rue du Faubourg-Saint-Honoré
Longueur 880 m
Largeur 19,5 à 24 m
Ancien(s) nom(s) avenue d'Antin (jusqu'en 1918) ; avenue Victor-Emmanuel III (1918-1945)
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L'avenue Franklin-D.-Roosevelt est une avenue du 8e arrondissement de Paris. Elle est nommée en l'honneur de Franklin Delano Roosevelt, président des États-Unis.

Elle commence près de la Seine au débouché du pont des Invalides, au carrefour du cours la Reine, du cours Albert-Ier et de la rue François-Ier, carrefour baptisé place du Canada, et se termine devant l'Église Saint-Philippe-du-Roule sur la place Chassaigne-Goyon, où se rencontrent la rue La Boétie et la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Son intersection avec l'avenue des Champs-Élysées, à peu près à la moitié de sa longueur, se trouve au niveau du rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault.

Sommaire

Histoire

L'avenue est tracée sur l'emplacement d'un simple chemin de terre, attesté en 1696. En 1723, il est embelli et transformé en allée par le duc d'Antin, alors surintendant des Bâtiments du Roi, en même temps que celui-ci fait aménager le Cours la Reine. L'allée est connue sous le nom d’allée du Cours en 1723, puis d’allée du Roule en 1763 et enfin d’allée d'Antin, puis d’avenue d'Antin jusqu'en 1918. Elle est prolongée au-delà du rond-point des Champs-Élysées jusqu'à l'église Saint-Philippe-du-Roule après 1870.

En 1918, l'avenue est rebaptisée en l'honneur de Victor-Emmanuel-III, jusqu'en 1945 où elle est prend son nom actuel, l'Italie ayant été en guerre contre la France durant la Seconde Guerre mondiale.

Ce fut longtemps un endroit mal famé et peu sûr. Au niveau du rond-point se trouvait le Bal de Flore. Plus bas se trouvaient le Bal d'Isis (V. Place du Canada) et le Bal des Nègres, puis le Jardin de Paris qui disparut en 1900 lors de la construction du Grand Palais.

Bâtiments remarquables

  • no 1 : Au XVIIIe siècle, à la fin du règne de Louis XV, alors que l'allée d'Antin était encore un repère de brigands, on trouvait déjà à cet emplacement une misérable taverne de méchante réputation, bâtie sur un terrain qui appartenait à Madame du Barry[1]. En 1826, sous la Restauration, elle avait cédé la place au Bal d'Isis, lieu mal fréquenté, lui-même remplacé sous le Second Empire par le restaurant du Petit Moulin-Rouge, où l'on allait dîner au sortir du Bal Mabille, situé dans l'actuelle avenue Montaigne. Le propriétaire de cet établissement, M. Bardoux, embaucha en 1865 comme saucier le jeune Auguste Escoffier, qui ne quitta définitivement les lieux que pour prendre la responsabilité des cuisines du Grand Hôtel de Monte Carlo sous la direction de César Ritz.
  • no 2 : Le Palais de la découverte est sis depuis 1937 dans le Palais d'Antin (ainsi nommé d'après l'ancien nom de l'avenue), qui fait partie intégrante du Grand Palais.
  • no 2bis : Théâtre du Rond-Point.
  • no 7 : Armand Nisard (1841-1925), qui fut ambassadeur de France près le Saint-Siège au moment de la séparation des Églises et de l'État en 1905, a habité dans cet immeuble, tout comme Louis Barthou (1863-1934), avocat et homme politique, qui fut notamment ministre des Affaires étrangères. « Les deux ministres avaient un égal amour des beaux livres. On sait que la bibliothèque du malheureux Barthou, tué aux côtés du roi Alexandre de Yougoslavie, renfermait des éditions rarissimes. »[2].
  • no 9-11 : Hôtel Le Marois, dit aussi Hôtel de Ganay : Hôtel particulier construit en 1863 pour le comte Le Marois (1802-1870), fils du général Le Marois, aide-de-camp de Napoléon Ier, à l'emplacement, dit-on, d'une maison habitée par la courtisane Marie Duplessis (1824-1847), modèle de La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils. Député de la Manche sous la monarchie de Juillet, sénateur en 1852, le comte Le Marois est à la tête d'une grande fortune et collectionne les tableaux anciens et modernes. Il abandonne son vieil hôtel de la rue Blanche pour venir s'installer dans le quartier des Champs-Élysées. Il fait bâtir l'hôtel de l'avenue d'Antin par l'architecte Henri Parent[3]. Le terrain sur lequel est édifié l'hôtel est d'une superficie de 1 700 m². Selon la description du cadastre de 1863 : « Hôtel ayant entrée par deux grilles cochères et une porte simple sur l’avenue d’Antin. Il est placé entre une cour d’honneur et une arrière-cour. Composé d’un bâtiment principal avec façade de sept fenêtres. Double en profondeur, ayant aile à droite et annexes à gauche sur la deuxième cour. Élevé sur caves et terre-plein, le rez-de-chaussée, deux étages carrés disposés en magnifiques appartements, un troisième lambrissé pour logements secondaires ». La demeure, terminée en 1865, reste propriété des Le Marois jusqu’en mars 1927, date à laquelle la comtesse Jacques-André de Ganay (née Le Marois), qui y avait tenu « un salon fort élégant »[4], la vend à l’Association France-Amériques, fondée en 1909 par Gabriel Hanotaux. Les bâtiments des communs cèdent la place, en 1956, à deux immeubles de bureaux. Plus récemment, le second étage de l’hôtel a été entièrement réaménagé. Les salons du rez-de-chaussée et du premier étage se louent pour des réceptions.
  • no 10 : Ancien hôtel du prince N. d'Obidine (en 1910), surélevé de plusieurs étages et dénaturé.
  • no 13-15 : Immeuble moderne abritant les services de l'ambassade d'Allemagne. Au no 15 ont habité la comédienne Réjane, avant qu'elle ne s'installe au no 25, et la romancière Marguerite Yourcenar, qui y vécut avec son père vers 1912.
  • no 17 : Restaurant Lasserre : Fondé par René Lasserre (1912-2006) en 1944 à l'emplacement d'un modeste bistro-hangar ouvert à l'occasion de l'Exposition universelle de 1937. Le restaurant est installé dans un petit hôtel particulier des années 1950 qui a conservé son décor d'origine. Le plafond mobile de la salle de restaurant est décoré de peintures de Louis Touchagues.
  • no 19 : Sadi Carnot, futur Président de la République française, demeura dans cet immeuble. Abritait en 1910 la légation du Danemark.
  • no 25 : La comédienne Réjane (1856-1920) vécut dans cet immeuble en 1900 avec Paul Porel, acteur, metteur en scène et directeur de théâtre, qui fut son amant puis son mari.
  • no 22 : Ancien hôtel du baron de Mackau (en 1910).
  • no 24 : Ancien hôtel du vicomte de Bonneval (en 1910).
  • no 26 : Le siège de la Banque Scalbert-Dupont, construit en 1925, a pris la place du jardin de l'hôtel particulier du couturier Paul Poiret dont l'entrée principale se trouvait no 107 rue du Faubourg-Saint-Honoré. L'immeuble a servi de cadre au film de Francis Girod La Banquière (1980). Il abrite aujourd'hui la Banque Transatlantique.
  • no 31 : Hôtel particulier de style néo-Renaissance construit en 1884 par l'architecte Henri Parent pour le docteur baron Louis de Wecker (1832-1906), habité ensuite par le Dr Gustave Roussy (en 1910).
  • no 43 : Voir no 1, rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault.
  • no 49 : Au début du XXe siècle, cet immeuble avait notamment pour locataires Thérèse Morley, chanteuse de l'Opéra que les titis parisiens surnommaient « tétée » en raison de son opulente poitrine, et la comédienne Marguerite Brésil, qui fit carrière au Théâtre du Palais-Royal et aux Variétés. Le photographe Nadar y est mort en 1910.
  • no 53 : Institut Rody (1860). Salle pour conférences et auditions (1910)[5].
  • no 71 : Le romancier Pierre Benoit (1886-1962) a passé dans cet immeuble ses dernières années parisiennes avant de se retirer à Ciboure (Pyrénées-Atlantiques).

Habitants célèbres

Notes et références

  1. Andrée Jacob et Jean-Marc Léri, Vie et histoire du VIIIe arrondissement, Paris, Éditions Hervas, 1991, p. 26-27
  2. Becq de Fouquières, Op. cit., p. 59
  3. Les archives de l’hôtel Le Marois ont presque toutes brûlé dans un incendie. Parce que son nom était cité sur des documents datant de 1898 et de 1923, l’architecte L. Lefranc (auteur du 56, rue de Londres) s’est longtemps vu attribuer la construction de l’hôtel. Mais celle-ci a été restituée à Parent au vu d'un acte passé le 30 mai 1863 devant Maître Du Boys, notaire à Paris, par lequel Jules Polydore Le Marois constituait l’architecte Henri Parent son mandataire spécial « pour demander toutes autorisations nécessaires relativement à la construction..., faire tous devis et marchés avec tous les entrepreneurs…, régler et arrêter tous comptes de mitoyenneté… » (Source : site de l'association France-Amériques).
  4. Becq de Fouquières, Op. cit., p. 60
  5. Rochegude, Op. cit., p. 102
  6. Rochegude, Op. cit., p. 102

Sources

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