Avant-poste de la Cime de Pelousette

Point d'appui de Pelousette

Le point d'appui de la Cime de Pelousette était une position d'infanterie du Secteur fortifié du Dauphiné (Ligne Maginot des Alpes).
Il s'agit en fait de l'ancienne position de Pelousette du Système Séré de Rivières qui a été intégrée au Secteur fortifié du Dauphiné avant la seconde guerre mondiale.

Sommaire

Situation

Le point d'appui est situé sur la Cime de Pelousette, à environ 2 000 m à vol d'oiseau du Petit-ouvrage des Granges Communes, à une altitude de 2 757 m d'altitude, ce qui en fait l'ouvrage fortifié le plus haut de France, après la Batterie de Vyraisse (2 772 m) qui domine le col de Larche (Alpes-de-Haute-Provence).[1]

Mission

Le point d'appui est essentiellement constitué de l'ancien « blockhaus » [2] construit à la fin du XIXe siècle et il ne semble pas que la position ait connu de nouveaux aménagements avant la Seconde Guerre mondiale.

Le blockhaus de Pelousette [3] avait pour mission la surveillance du vallon de Salso Moreno et l'appui de la position du Mont des Fourches.
Avec les deux autres blockhaus de la position du Mont des Fourches et de Las Planas (ou Tête de Vinaigre), il constituait le masque défensif tourné vers le nord-est du Système défensif Séré de Rivières en Haute-Tinée pour assurer la défense des cols de Restefond et des Granges Communes.[4] Le blockhaus pouvait communiquer par télégraphie optique avec les autres blockhaus du Mont des Fourches et de Las Planas.

Occupé en permanence jusqu'en 1914, il ne l'a été par la suite que de façon occasionnelle par différentes unités de chasseurs alpins ou d'infanterie alpine. En 1940, la position était tenue par un groupe de combat de la 2e compagnie du 73e bataillon Alpin de Forteresse (BAF).[5]

Composition

Construit entre 1892 et 1902, le blockhaus de Pelousette était en fait une caserne fortifiée permettant à une centaine d'hommes de s'y retrancher en cas d'attaque ennemie.
Ouvrage monobloc, sur un seul niveau, il correspond parfaitement aux schémas de la fortification Sérré de Rivières avec un bastion central couvrant les deux murs de façade formant entre eux un angle très ouvert.
Afin d'être à l'abri des coups d'artillerie pouvant être tirés depuis le Pas de Morgon (2 714 m) sur la frontière, la façade nord est protégée par un massif de pierre sèches rapportées dont la partie Est prend la forme d'un mur en éperon.
Les trois autres façades sont percées de créneaux de tir qui couvrent également la porte d'entrée située près de l'éperon central. Derrière cette porte, un escalier pouvant être couvert par des trappes conduit sur le toit-terrasse qui servait de plate-forme de tir pour l'infanterie ; les murs crénelés qui entouraient le toit-terrasse ont aujourd'hui disparu.
A l'intérieur, de part et d'aitres de la porte, sont aménagés des chambrées pour cent hommes et plusieurs sous-officiers ou officiers. On y trouve aussi la cuisine, des magasins, une citerne à eaux pluviales ainsi qu'une soute à munitions en saillie de la façade nord, protégée par l'enrochement.
A noter enfin qu'un couloir de circulation a été aménagé sur toute la longueur du fort, le long du massif rocheux sur lequel s'appuie le fortin.

Combats

Il ne semble pas que ce point d'appui ait été amené à intervenir, ni en juin 1940, ni en septembre 1945 ; il n’y a du moins aucune référence à des combats le concernant dans les sources d’informations consultées.

État actuel

Le blockhaus de Pelousette est aujourd'hui dans un état d'abandon total, comme les autres fortifications de la région, mais il n'est pas encore ruiné. Il possède encore ses volets métalliques et les charpentes intérieures sont toujours en place.
A noter enfin la présence à l'intérieur d'un fourneau Vaillant de type E assez rare aujourd'hui [6], fabriqué par François Vaillant à Vadonville dans la Meuse.[7]

Liens extérieurs

Sources

  • Henri Béraud, La seconde guerre mondiale dans les Hautes-Alpes et l'Ubaye, Société d'Etudes des Hautes-Alpes, 1990.
  • Marco Frijns, Luc Malchair, Jean-Jacques Moulins et Puelinckx Jean, Index de la fortification française 1874-1914, Autoédition, 2008.
  • Philippe Lachal, Fortifications des Alpes, leur rôle dans les combats de 1939-1945, UBAYE-UBAYETTE-RESTEFOND, Editions du Fournel, 2006.
  • Général Etienne Plan et Eric Lefevre, La bataille des Alpes, 10-25 juin 1940, Charles Lavauzelle, 1982.
  • Claude Raybaud, Fortifications de l'époque moderne dans les Alpes-Maritimes, Serre éditeur, 1992.
  • Philippe Trutmann, la Barrière de Fer, L'architecture des forts du général Séré de Rivières (1872-1914), Gérard Klopp Éditeur, Thionville, 2000.

Notes et références

  1. Philippe Trutmann, la Barrière de Fer, L'architecture des forts du général Séré de Rivières (1872-1914), Gérard Klopp Editeur, Thionville, 2000, p. 47
  2. La terminologie des différents types de fortifications n'a jamais été fixée. Sur ce thème, voir : Philippe Trutmann, la Barrière de Fer, o.p. p. 483 et ss.
  3. Appelé Batterie sur la carte IGN, mais aussi parfois Fortin de Pelousette ou même Fortin de la Pelouse. Voir : Marco Frijns, Luc Malchair, Jean-Jacques Moulins et Puelinckx Jean, Index de la fortification française 1874-1914, Autoédition, 2008, p. 394.
  4. Philippe Lachal, Fortifications des Alpes, leur rôle dans les combats de 1939-1945, Ubaye-Ubayette-Restefond, Editions du Fournel, 2006, p. 200.
  5. Philippe Lachal, Fortifications des Alpes, 2006, O.P., p. 197
  6. Marco Frijns, Luc Malchair, Jean-Jacques Moulins et Puelinckx Jean, Index de la fortification française 1874-1914, o.p. p. 394.
  7. Philippe Lachal, Fortifications des Alpes, leur rôle dans les combats de 1939-1945, o.p., p. 197.
Ce document provient de « Point d%27appui de Pelousette ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Avant-poste de la Cime de Pelousette de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Avant-poste du col des Fourches — 44°20′2.19″N 6°52′16.23″E / 44.3339417, 6.871175 …   Wikipédia en Français

  • Avant-poste de Las Planas — Point d appui de Las Planas Le point d appui de Las Planas était une petite position d infanterie du Secteur fortifié du Dauphiné ((ligne Maginot des Alpes). Il est également connue sous le nom de « Batterie de la Tête de Vinaigre »… …   Wikipédia en Français

  • Liste Des Ouvrages De La Ligne Maginot — Voici la liste des ouvrages de la Ligne Maginot répartis par Secteurs Fortifiés et types d ouvrages: Sommaire 1 Secteur fortifié de l Escaut 1.1 Petit ouvrage 1.2 Casemates …   Wikipédia en Français

  • Liste des ouvrages de la Ligne Maginot — Voici la liste des ouvrages de la Ligne Maginot répartis par Secteurs Fortifiés et types d ouvrages: Sommaire 1 Secteur fortifié de l Escaut 1.1 Petit ouvrage 1.2 Casemates …   Wikipédia en Français

  • Liste des ouvrages de la ligne maginot — Voici la liste des ouvrages de la Ligne Maginot répartis par Secteurs Fortifiés et types d ouvrages: Sommaire 1 Secteur fortifié de l Escaut 1.1 Petit ouvrage 1.2 Casemates …   Wikipédia en Français

  • Liste des ouvrages de la ligne Maginot — Voici la liste des ouvrages de la ligne Maginot répartis du nord au sud par secteurs et types d ouvrages : Sommaire 1 Frontière franco belge 1.1 Secteur défensif des Flandres 1.2 Secteur défensif de Lille …   Wikipédia en Français

  • Position du Mont des Fourches — La Position du Mont des Fourches est un ensemble de blockhaus et d emplacements de batteries aménagés à partir de 1889 dans le cadre du Système Séré de Rivières. Elle pouvait communiquer par télégraphie optique avec les autres blockhaus de Las… …   Wikipédia en Français

  • Camp des Fourches — 44° 20′ 01″ N 6° 51′ 54″ E / 44.333723, 6.865135 …   Wikipédia en Français

  • Secteur fortifié du Dauphiné — Carte de l organisation en secteurs de la ligne Maginot. Le secteur fortifié du Dauphiné (SFD) est une partie de la ligne Maginot, situé dans les Alpes entre le secteur fortifié de la Savoie au nord et le secteur fortifié des Alpes Maritimes au… …   Wikipédia en Français

Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”