Australopithecus

Australopithecus

Australopithèque

Comment lire une taxobox
Australopithèque
 Australopithèque (Australopithecus)
Australopithèque (Australopithecus)
Classification classique
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Ordre Primates
Famille Hominidae
Genre
Australopithecus
Dart, 1925
Espèces de rang inférieur

Les espèces du genre Paranthropus sont parfois
classées également Australopithecus
selon les nomenclatures :

Classification phylogénétique
Position :
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Un australopithèque est un hominidé disparu ayant vécu entre environ 4,4 millions et 1 million d'années avant notre ère. Le genre Australopithecus (du latin australis, « du sud », et du grec ancien πίθηκος, píthēkos, « singe ») a été défini par Raymond Dart lors de la découverte d'Australopithecus africanus en 1924 [1]. Les australopithèques présentent à la fois des caractères archaïques (cerveau peu volumineux) et des caractères évolués (denture proche de celle du genre Homo). Leur locomotion est généralement mixte et associe une forme de bipédie à une capacité au grimper encore marquée. La lignée humaine est probablement issue d'une forme gracile ancienne d'australopithèque.

Sommaire

Évolution et génétique

Les découvertes successives d'ossements fossiles dans plusieurs régions d'Afrique, les progrès réalisés dans la lecture des formules chromosomiques et la biologie du développement, qui relie le programme génétique aux modifications de formes des espèces au cours de leur évolution, permettent une meilleure compréhension de l'évolution des singes supérieurs et de l'homme.

L'orang-outan, le gorille, le chimpanzé et l'homme ont cinq chromosomes identiques hérités de leur ancêtre commun, le proconsul. Il y a environ 12 millions d'années, l'orang-outan évolue indépendamment en Asie ; l'existence d'un ancêtre commun aux trois autres lignées est prouvée par la présence indiscutable de 11 chromosomes communs et de 7 chromosomes mutés. Il y a 5 millions d'années, le chimpanzé, le gorille et l'australopithèque (c'est-à-dire le préhumain) s'isolent définitivement pour donner naissance aux espèces actuelles.

Les grandes découvertes

Jusqu'à aujourd'hui, les découvertes de fossiles d'australopithèques ont eu exclusivement pour cadre l'Afrique. Parmi les lieux les plus significatifs où furent relevées des traces de peuplement portant sur plusieurs centaines de milliers d'années, on notera le haut plateau éthiopien, la région des grands lacs et les hauts plateaux du sud du continent.

Les vestiges les plus nombreux proviennent de Tanzanie : sites d'Olduvai, Laetoli, explorés par Louis Leakey ; d'Éthiopie : vallée de l'Omo, bassin de l'Awash ; et du Kenya : Kanapoï, Lothagam, alentours du lac Turkana (Koobi Fora, Ileret, Allia Bay), explorés par Richard Leakey, ainsi que par des équipes kenyo-américaines. La région de l'Afar éthiopien a été le cadre, depuis 1974, de quelques-unes des plus importantes découvertes dont le squelette relativement complet d'un individu féminin d'Australopithecus afarensis, auquel on a donné le surnom de Lucy [2]. En 1979, on a mis au jour dans la localité d'Hadar un gisement contenant des morceaux de crâne, des dents, des mandibules, ainsi que des os du bassin et des os longs d'australopithèques datant de 3,6 millions d'années à 4 millions d'années. Non loin de là, dans le bassin du moyen Awash, des équipes françaises et américaines ont retrouvé des restes d'australopithèques tout aussi anciens et des ossements plus récents (de 1,8 million d'années à 2,6 millions d'années) d’Homo habilis.

Principales caractéristiques

Le nombre considérable de débris osseux dont on dispose aujourd'hui a permis de reconstituer, malgré la diversité des éléments, plusieurs individus presque complets ; de plus, la présence de restes de faune et de traces d'installation sur les terrains cités précédemment a autorisé la première reconstitution du mode de vie de nos « cousins éloignés ». Un point sur lequel tous les chercheurs sont désormais unanimes est celui du statut de ces hominidés : étroitement apparentés (biologiquement) au genre Homo, ils s'en sont différenciés en donnant naissance à une branche collatérale ; leur évolution est sensible jusqu'à environ 1,5 million d'années, à travers différentes espèces qui, tout en conservant une architecture générale du crâne assez primitive (et, sous certains aspects, encore simienne), ont évolué en acquérant une morphologie corporelle en tous points similaire à celle des espèces contemporaines d'Homo.

Les australopithèques possédaient la station bipède, mais ne possèdaient pas une bipédie franche, leur bipédie était partielle (ils se déplaçaient encore par brachiation par moment), marchaient comme l'homme moderne et étaient à même de courir sur leurs deux pieds (contrairement à ce que l'on a pu penser par le passé). Cela a été confirmé par la sensationnelle découverte (en 1978 par Mary Leakey), près de Laetoli (plaine du Serengeti, en Tanzanie), d'une double série d'empreintes de pas conservées depuis 3,6 à 3,8 millions d'années.

La structure des mains des australopithèques est identique à celle des humains, en dehors de l'articulation de la première phalange du pouce, qui ne permet pas tous les mouvements d'une main d'homme moderne (mais qui est quasi identique à celle d'Homo erectus). Ainsi, cette structure analogue témoigne de la possibilité qu'avaient les australopithèques de travailler des objets, même s'ils ne disposaient pas de l'habileté permettant d'exécuter des tressages ou de tailler des pierres ; peut-être est-ce précisément ce qui marque une des limites de l'humanisation totale des australopithèques, lesquels, d'après le témoignage des objets accompagnant les restes osseux, ne furent jamais aptes à travailler la pierre comme leurs contemporains Homo habilis ou Homo rudolfensis.

Cependant, cette limite à elle seule n'est pas suffisante pour expliquer la diversité de comportements entre les deux genres ; il existait, il est vrai, d'autres différences morphologiques avec les premiers Homo connus, divergences dont la signification fonctionnelle est encore aujourd'hui un objet d'études. Avant tout, la capacité crânienne de l'australopithèque est légèrement inférieure (550 cm3, alors que celle d'Homo habilis est de 600 cm3), mais cependant bien adaptée à la masse corporelle de ces hominidés dont la taille était de l'ordre de 135 cm. La structure du crâne, fort proche de celle d'Homo habilis et de celle d'Homo erectus, conserve toutefois quelques caractéristiques propres aux pongidés (orang-outan).

Position phylogénétique

Selon certains chercheurs, Australopithecus afarensis pourrait être l'ancêtre commun des australopithèques et du genre Homo ; cette hypothèse est contestée par d'autres, qui estiment que la séparation entre les deux genres pourrait avoir eu lieu à une époque bien antérieure.

Place dans l'évolution de la lignée humaine

Les restes fossiles semblent indiquer qu'Australopithecus est l'ancêtre commun du groupe distinct d'hominidés appelé aujourd'hui Paranthropus (« australopithécinés robustes ») et fort probablement du genre Homo qui comprend les hommes modernes. Bien que l'intelligence de ces homininés précoces n'ait sans doute pas dépassé celle des anthropoïdes modernes, la stature bipède est l'évidence clé qui distingue ce groupe des primates qui l'ont précédé et qui sont quadrupèdes. La morphologie d'Australopithecus contredit ce que les scientifiques avaient cru auparavant, à savoir, qu'un cerveau plus volumineux et plus complexe a précédé la bipédie. Dans la mesure où Australopithecus était un hominidé incontestable d'après les empreintes de pas qu'il a laissées à Laetoli, il faut convenir que son petit cerveau ne l'empêchait pas d'être bipède. On discute toujours pour savoir comment la bipédie a évolué il y a plusieurs millions d'années (plusieurs théories sont toujours en cours d'étude). Pourtant, l'avantage de la bipédie était qu'elle permettait aux mains d'être libres pour attraper des objets tandis que les yeux pouvaient mieux examiner au-dessus des grandes herbes pour trouver des sources d'aliments possibles ou repérer des prédateurs.

Les changements radicaux dans la morphologie sont survenus avant les australopithécinés graciles évolués ; la structure du bassin et les pieds les distinguent à peine des hommes modernes. Les dents présentent aussi le même alignement avec des petites canines ; pourtant, l'évolution vers Paranthropus a donné naissance à une denture plus grande et plus robuste. Les australopithécinés devaient faire face à un défi particulier en vivant dans la savane. Ils étaient les primates les plus lents à se déplacer de leur temps et beaucoup d'entre eux sont devenus la proie des carnivores (comme les lions et Dinofelis, aujourd'hui éteint).

Si la plupart des espèces d'australopithèques n'étaient pas plus capables d'utiliser les outils que les primates non-humains modernes, on s'est rendu compte cependant que les chimpanzés utilisent des instruments simples (c'est-à-dire qu'ils ouvrent des noix avec des pierres et qu'ils introduisent de petites branches dans les termitières) ; on a plus récemment fait la même découverte pour les gorilles. Pourtant, Australopithecus garhi semble vraiment avoir été le plus avancé de la lignée avec ses outils fabriqués en pierre qui sont sans doute antérieurs aux premiers représentants connus pour l'instant du genre Homo, Homo habilis et Homo rudolfensis. Les restes d'Australopithecus gahri étaient accompagnés d'outils et de restes d'animaux découpés, ce qui suggère le début d'une fabrication d'outils [3]. Cela a conduit beaucoup de scientifiques à penser qu'Australopithecus garhi peut être un ancêtre du genre Homo. Cependant les anthropologues et les chercheurs attendent d'autres découvertes pour déterminer quelle était la véritable espèce de nos ancêtres.

Références

  1. Dart, R. A. (1925) « Australopithecus africanus : the Man-Ape of South Africa », Nature, n° 2884, vol. 115, pp. 195-199.
  2. Johanson, D., White, T.D. et Coppens, Y. (1978) « A new species of the genus Australopithecus (Primates : Hominidae) from the Pliocene of Eastern Africa », Kirtlandia, n° 28, pp. 1-14.
  3. Heinzelin, J. de, Clark, J.D., White, T.D., Hart, W., Renne, P., WoldeGabriel, G., Beyene, Y. et Vrba, E. (1999) - « Environment and Behavior of 2.5-Million-Year-Old Bouri Hominids », Science, vol. 284, n° 5414, pp. 625-629 (résumé en anglais).



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