Auguste Frédéric Louis Viesse De Marmont

Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont

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Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont
Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont
Naissance 20 juillet 1774
Châtillon-sur-Seine
Décès 22 mars 1852 77 ans)
Venise
Origine Français
Allégeance Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Flag of the Kingdom of France (1814-1830).svg Royaume de France
Arme Artillerie
Grade Maréchal d'Empire
Service 1789 - 1830
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléonniennes

Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont, duc de Raguse, né le 20 juillet 1774 à Châtillon-sur-Seine et mort le 22 mars 1852 à Venise, fut maréchal d'Empire (1809).

Sommaire

Biographie

Fils d'un officier membre de la petite noblesse, il adopte les principes de la Révolution française. Il apprend les mathématiques à Dijon avant d'entrer à l'école d'artillerie où il rencontre Napoléon Bonaparte[1].

La Révolution et l'Empire

Sous-lieutenant d'infanterie à 15 ans, sous-lieutenant d'artillerie en 1792, capitaine à l'armée de Mayence, commandant l'artillerie de l'avant-garde Desaix. Il participe au siège de Toulon avec Bonaparte et devient son aide-de-camp, l'accompagnant en Italie et en Égypte[2].

Il lui fut remis un sabre d'honneur pour son rôle à la bataille du pont de Lodi. Il est fait chef de brigade en l'an V, commandant de la 4e demi-brigade en Égypte et retourne en Europe avec le général Bonaparte en 1799. Il est nommé conseiller d'État après le 18 brumaire auquel il participe et, quelques mois plus tard, il est promu au commandement en chef de l'artillerie de l'armée de réserve. Il déploie les ressources les plus ingénieuses pour transporter le matériel au-delà du col du Grand-Saint-Bernard. Il organise l'artillerie pour l'expédition en Italie, qu'il commande avec efficacité à la bataille de Marengo. Pour cela il est fait général de division.

En 1804, il devient grand-officier de la Légion d'honneur mais est très désappointé de ne pas figurer sur la liste des nouveaux maréchaux. Commandant en chef des troupes françaises et bataves en République batave, il dirige un camp à Zeist, près d'Utrecht. À proximité de ce camp, il fait construire par ses soldats une pyramide commémorative, le « Marmontberg ». La ville d'Austerlitz sera fondée à l'emplacement du camp.

En 1805, les trois divisions du camp forment le 2e corps d'armée (36 000 hommes environ) avec lequel il participe à la bataille d'Ulm. En 1806, il est nommé général en chef en Dalmatie, pour débloquer les Français assiégés dans Raguse (Dubrovnik) par les Russes. Pendant les cinq années suivantes, il est gouverneur civil et militaire de la Dalmatie, et les traces de son régime bienfaisant survivent à la fois dans de grands travaux publics et dans la mémoire de la population.

En 1808, il est fait duc de Raguse et, en 1809, étant requis par Napoléon pour prendre part à la campagne d'Autriche, il marche sur Vienne et participe aux dernières opérations de la campagne. Napoléon le fait alors maréchal sur le champ de bataille de Znaïm, et gouverneur général de toutes les Provinces illyriennes.

En juillet 1810, Marmont succède en hâte à Masséna dans le commandement de l'armée française dans le nord de l'Espagne. L'habileté avec laquelle il fait manœuvrer son armée pendant cette année là est reconnue. Son secours à Ciudad Rodrigo à l'automne de 1811, malgré la présence de l'armée britannique, est un exploit. Le positionnement avant la bataille de Salamanque est le meilleur possible. Mais Wellington, conquiert sa position pendant la bataille et inflige une sévère défaite[3] aux Français, le 22 juillet 1812, à la bataille des Arapiles, Marmont lui-même étant gravement blessé au bras et au côté droit, cède le commandement à Clauzel, qui sauve l'armée.

Il rentre en France pour récupérer. En avril 1813, il est à peine remis quand Napoléon, oubliant son ressentiment pour la défaite, lui donne un nouveau commandement. Il sert dans les batailles de Lützen, Bautzen et Dresde en Allemagne, et pendant la campagne de 1814.

Marmont joue là un rôle politique qui est stigmatisé comme celui d'un ingrat et d'un traître. Le 30 mars, alors que les troupes alliées encerclent Paris, que Joseph, le frère de Napoléon, et le gouvernement quittent la capitale, défendue par Mortier et Marmont avec 20 000 soldats et 30 000 gardes nationaux commandés par Moncey, Talleyrand convainc Marmont de rompre le combat. Le maréchal entre alors en négociations avec les alliés. La capitulation est signée le 31 mars à 2h du matin. Le 4 avril suivant, Marmont se retire avec ses troupes en Normandie, en totale contravention avec les ordres qu'il a reçus de l'Empereur et sans tenir compte des protestations de ses officiers et de ses soldats[4]. Cette action ne fut jamais oubliée par ses concitoyens[5]. De son titre de duc de Raguse, on forma d'ailleurs le mot « ragusade » pour signifier trahison[6].

La Restauration et l'exil

À la Restauration des Bourbons, le duc de Raguse est nommé capitaine des Gardes du corps, il se rend à Gand en 1814, comme chef de la maison militaire de Louis XVIII qui le crée Pair de France. Il passe les Cent-Jours aux eaux d'Aix-la-Chapelle. Napoléon revenu au pouvoir le raye de la liste des maréchaux.

Après la seconde abdication, il rentre à Paris à la suite du roi qui en fait l'un des quatre majors généraux de sa garde le 3 août. Le duc de Raguse vote la mort lors du procès du maréchal Ney en décembre 1815.

En 1817, il est envoyé en mission expéditionnaire à Lyon. Il est en 1820 chevalier de l'ordre du Saint-Esprit et grand officier[réf. nécessaire] de l'ordre de Saint-Louis. En 1825, en qualité d'ambassadeur extraordinaire, il assiste au couronnement du tsar Nicolas Ier. Il s'occupe quelque temps de la fabrication du sucre de betteraves et y compromet sa fortune.

Pendant la révolution de juillet 1830, il est nommé le 28 juillet, commandant de la division militaire de Paris et a ordre de réprimer toute opposition aux ordonnances de Saint-Cloud. Lui-même opposé à la politique de la cour, il essaye néanmoins de faire son devoir jusqu'à ce qu'il devienne évident que ses troupes ne suffisent pas à la tâche. Le dauphin ordonne alors son arrestation[7]. Il accompagne le roi en exil et abandonne son maréchalat[8]. Le duc de Raguse quitte la France et s'embarque à Cherbourg en même temps que Charles X.

Son désir de retourner en France ne fut jamais réalisé et il erra en Europe centrale et de l'est, pour finalement s'installer à Vienne, où il est reçu par le gouvernement et étrangement fait tuteur du duc de Reichstadt, le jeune homme qui était Napoléon II.

Il commença un long voyage en Hongrie, en Transylvanie, en Russie, à Constantinople, dans l'Asie mineure, la Syrie et l'Égypte; il visita ensuite Rome, Naples et la Sicile.

À sa mort en 1852, il fut enterré dans sa ville natale à Châtillon-sur-Seine au cimetière Saint-Vorles. Son fidèle premier aide de camp (à deux reprises en Dalmatie, puis lors de la Restauration), le général baron Claude Testot-Ferry prononça son éloge funèbre.

Publications

La plus grande partie de ses dernières années furent consacrées à la rédaction de ses Mémoires, qui doivent être lues comme une défense personnelle et non objective. Elles montrent Marmont comme un homme aigri qui estimait ses services comme insuffisamment récompensés et surtout un homme qui s'aimait trop plutôt qu'un ami véritable ou un fidèle serviteur. Sa stratégie tendait en vérité à être de la virtuosité pure, et ses tactiques, bien que claires, apparaissent frigides et anciennes en contraste avec celles des meneurs instinctifs, les généraux combattants comme Lannes et Davout, que les théoriciens méprisent.

Il écrivit aussi Voyage en Hongrie, etc. (4 volumes, 1837); Voyage en Sicile (1838); Esprit des institutions militaires (1845); Cesar; Xenophon; et Mémoires (8 volumes, publiés après sa mort 1856). Voir la longue et prudente note par Sainte-Beuve, Causeries du Lundi, vol. vi.

Notes et références

  1. Marmont était le neveu, dit l'Empereur, d'un de mes camarades de Brienne et au régiment de La Fère, qui me le recommanda en partant pour l'émigration ; cette circonstance m'avait mis dans le cas de lui servir d'oncle et de père, ce que j'avais réellement accompli ; j'y pris un véritable intérêt, et j'avais de bonne heure fait sa fortune. Son père était chevalier de Saint-Louis, propriétaire de forges en Bourgogne, et jouissait d'une fortune considérable. (Mémorial de Las Cases.)
  2. — Quoique fort occupé de l'organisation de l'armée d'Égypte, Bonaparte songea à la fortune du jeune officier qu'il aimait, il alla trouver le célèbre banquier, M. Perrégaux. — « Je viens, lui dit-il, vous demander la main de votre fille. — Si c'est pour vous, général, oui ; pour tout autre, non. — Je suis marié, ainsi ce ne peut être pour moi. Je vous la demande pour un de mes aides-de-camp, jeune colonel, que j'aime comme mon enfant, et qui est digne de toute mon affection. Et il plaida avec tant de chaleur la cause du jeune Marmont, qu'il parvint à décider M. Perrégaux. — Mais, dit ce dernier, il faudrait qu'il apportât au moins le déjeuner. — De combien serait le dîner? — D'un million. — Il l'apportera. » Il l'apporta ; le général, quoiqu'il ne possédât que 110 000 francs, quoiqu'il eût à pourvoir aux besoins de sa mère, de ses quatre frères et de ses sœurs, donna 300 000 francs, et le mariage se fit.
  3. « La conduite du duc de Raguse dans les plaines de Salamanque mérite le blâme le plus sévère, et offre un exemple mémorable des conséquences que peut entraîner la confiance présomptueuse d'un général d'armée. L'ambition du duc de Raguse était de combattre seul lord Wellington, il n'attendit pas l'armée du centre, et une partie de l'armée du Nord qui s'avançait pour le soutenir. L'Empereur, irrité des pertes de l'armée de Portugal, ordonna au ministre de la guerre de poser des questions à Marmont, qui répondit en effet au duc de Feltre. Néanmoins, soit que l'Empereur ne fût pas complètement convaincu de la gravité des torts reprochés au maréchal, soit qu'il fût porté d'indulgence envers celui qu'il considérait comme son enfant, il lui confia, au mois d'avril 1813, le commandement du 6e corps de la grande armée, fort de 12 000 combattants. »
  4. Napoléon, qui espérait toujours léguer la couronne à son fils, est prostré, et dit avec une tristesse plus profonde que violente ces mots : « Marmont me porte le dernier coup ».
  5. « Jamais défection n'avait été plus avouée, ni plus funeste; elle se trouve dans le Moniteur, et de sa propre main ; elle a été la cause immédiate de nos malheurs, le tombeau de notre puissance, le nuage de notre gloire. Et pourtant, disait Napoléon avec une espèce de ressouvenir d'affection, je le répète, parce que je le pense, ses sentiments vaudront mieux que sa conduite; et lui-même ne semble-t-il pas penser ainsi ? Les papiers nous disent qu'en sollicitant vainement pour Lavalette, il répond avec effusion aux difficultés du monarque en lui disant : « Mais sire, moi, je vous ai donné plus que la vie. » « D'autres nous ont livrés aussi, ajoutait Napoléon, et d'une manière bien autrement vilaine ; mais leur acte du moins n'est pas consacré par des preuves officielles. » « La vanité avait perdu Marmont : la postérité flétrira sa vie; pourtant son cœur vaudra mieux que sa mémoire ». (Mémorial de Las Cases)
  6. Napoléon, en apprenant cette défection, refusa d'abord d'y ajouter foi et parut livré aux idées les plus sombres lorsque le doute devint impossible. Puis il s'écria : « Un fait pareil de Marmont ! un homme avec lequel j'ai partagé mon pain… que j'ai fait lire de l'obscurité !… l'ingrat ! il sera plus malheureux que moi. — Sans la trahison de Raguse, ajouta-t-il, les alliés étaient perdus. J'étais maître de leurs derrières et de toutes leurs ressources de guerre, pas un seul ne se serait échappé ; eux aussi, ils auraient eu leur 20e bulletin ».
  7. « Allez vous nous trahir comme vous l'avez fait avec lui ? »
  8. Le 29 juillet, au moment où le duc de Raguse rend compte à Charles X du résultat de la lutte, M. le duc d'Angoulême est à cheval à la tête de quelques troupes. À peine écouta-t-il le récit du maréchal, et lui dit avec hauteur : « Savez-vous à qui vous parlez ? — Au dauphin, réplique le duc de Raguse. — Le roi m'a nommé généralissime, repartit le prince. — Je l'ignorais, repartit le maréchal, mais je n'en suis pas surpris. — Eh bien ! ajoute le dauphin, je vous déclare en cette qualité que l'échec qu'on vient d'essuyer n'est dû qu'à vous et que vous êtes un traître ! vous nous avez traités comme l'autre. — À ces mots, le maréchal répond fièrement : Prince, sans les traîtres, vous n'eussiez jamais régné. » Le dauphin se tourne alors vers un garde du corps et lui ordonne de recevoir l'épée du maréchal. Le prince la prend ensuite et, en cherchant à la briser de ses deux mains sur le pommeau de la selle de son cheval, il se blesse et ensanglante ses mains. Enfin, il ordonne au duc de Raguse d'aller tenir les arrêts. «Bientôt Charles X fut informé des détails de cette singulière altercation, et il blâme entièrement la conduite brutale de son fils ; mais ne voulant pas lui donner tort aux yeux de la cour, il restreint la durée des arrêts à quatre heures. Après ce temps écoulé, l'heure du dîner arrive, le couvert du duc de Raguse est mis, mais il ne croit pas devoir paraître à table. »

Source partielle

« Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition] (Wikisource)

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