Auguste Adolphe Marie Billaut

Adolphe Billault

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Adolphe Billault. Portrait par Charles-Louis Bazin.

Adolphe Augustin Marie Billault est un avocat et homme politique français, né à Vannes (Morbihan) le 12 novembre 1805 et mort à Nantes (Loire-Atlantique) le 13 octobre 1863.

Sommaire

Biographie

Fils d'un receveur des douanes et descendant, par sa mère, d'une famille d'armateurs ruinés par les guerres napoléoniennes, Adolphe Billault se fit d'abord un nom comme avocat à Nantes. Conseiller municipal de Nantes en 1830, il devint bâtonnier de l'ordre et membre du conseil général de la Loire-Inférieure. Il fut élu député le 4 novembre 1837 par le 4e collège électoral de la Loire-Inférieure (Ancenis) (192 voix sur 146 votants et 458 inscrits) et par le 3e collège (Pont-Rousseau), et fut réélu le 2 mars 1839. En 1838, il devint membre et secrétaire de la Commission des chemins de fer. Saint-simonien et anticlérical, il siégea dans les rangs de la gauche et vota avec l'opposition jusqu'en 1840, ce qui ne l'empêcha pas de devenir l'avocat-conseil du duc d'Aumale.

Le 1er mars 1840, il fut nommé sous-secrétaire d'État à l'Agriculture et au Commerce dans le second ministère Thiers, où Alexandre Gouin était ministre de l'Agriculture et du Commerce. Il rentra dans l'opposition lorsque le cabinet se retira le 29 octobre 1840, et y demeura jusqu'en 1848. Il se signala dans le débat sur le droit de visite des navires, contraignant Guizot à remettre en chantier la convention qu'il avait négocier le 20 décembre 1841 avec le Royaume-Uni.

Réélu le 9 juillet 1842 (103 voix sur 113 votants et 146 inscrits) et le 1er août 1846 (99 voix sur 117 votants et 166 inscrits), il continua de voter le plus souvent avec l'opposition dynastique, tout en se rapprochant de temps à autre du ministère. C'est ainsi qu'il soutint Guizot sur la question des mariages espagnols, et dans la discussion de l'adresse de janvier 1848, il refusa de s'associer à la demande de mise en accusation du cabinet.

Après la Révolution de 1848, il fut élu représentant de la Loire-Inférieure à l'Assemblée constituante le 23 avril 1848 (4e sur 13 avec 88.858 voix sur 121.699 votants et 153.494 inscrits), fit une déclaration républicaine et vota avec le parti démocratique modéré du général Cavaignac : contre le cautionnement (9 août), pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière (26 août), pour le rétablissement de la contrainte par corps (1er septembre), contre la suppression de l'impôt du sel (27 septembre), pour l'ordre du jour en l'honneur de Cavaignac (25 novembre), contre l'interdiction des clubs (21 mars 1849), pour l'amnistie des transportés (2 mai). Il ne prit pas part aux divers scrutins relatifs à l'expédition de Rome. « À la Constituante, observe le Dictionnaire des parlementaires français, Billault parut chercher sa voie ; votant le plus souvent avec la droite, contre la Montagne, il affectait par moment de se rapprocher de ce dernier groupe, et réclamait, par exemple, le droit au travail ».

Adolphe Billault en uniforme de ministre

Il ne fut pas réélu à l'Assemblée législative, ce qui ne l'empêcha pas de redoubler d'activité politique et de se trouver mêlé aux conciliabules extra-parlementaires qui devaient décider du sort de la Deuxième République. Rallié à la politique de Louis-Napoléon Bonaparte, il devint un des familiers du Palais de l'Élysée. Il y fut un conseiller écouté et reçut même la mission, à la retraite de Léon Faucher, de former un ministère mais la combinaison échoua.

Après le coup d'État du 2 décembre 1851, il se présenta comme candidat officiel dans la 2e circonscription de l'Ariège et fut élu au Corps législatif le 29 février 1852 (26.962 voix sur 27.009 votants) et nommé président de cette assemblée par Louis-Napoléon et, dans son discours d'installation, prononça, non sans un certain embarras, l'oraison funèbre du régime parlementaire : « Nous n'aurons plus autour de l'urne législative les évolutions des partis tenant sans cesse le ministère en échec, le forçant de s'absorber en un soin unique, celui de sa défense, et n'aboutissant trop souvent qu'à énerver le pouvoir. »[1] En qualité de président du Corps législatif, il fut chargé d'aller, dans la soirée du 1er décembre 1852, porter à Saint-Cloud le résultat officiel du plébiscite en faveur du rétablissement de la dignité impériale. Premier à saluer Napoléon III du titre de Sire, il déclara : « Abritant dans un immense souvenir de gloire ce qu'elle a de plus précieux, son honneur au dehors, sa sécurité au dedans, et ces immortels principes de 89, bases désormais inébranlables de la nouvelle société française si puissamment organisée par votre oncle, notre nation relève avec un orgueilleux amour cette dynastie des Bonaparte, sortie de son sein, et qui ne fut point renversée par les mains françaises. »

L'Empereur, désireux de donner la présidence du Corps législatif à Morny, profita du renvoi de Persigny pour nommer Billault ministre de l'Intérieur le 23 juin 1854. Après l'attentat d'Orsini (14 janvier 1858), il fut remplacé par le général Espinasse (8 février 1858). Billault redevint ministre de l'Intérieur le 1er novembre 1859. Il assura l’intérim de l’Instruction publique et des Cultes du 29 août au 30 septembre 1860.

Le 24 novembre 1860, il fut nommé ministre sans portefeuille. Dans cette fonction, il fut le défenseur attitré de la politique impériale et put déployer, pour cela, ses talents oratoires. Les joutes parlementaires épuisèrent sa santé et il mourut prématurément à la tâche au moment où les élections de 1863 allaient compliquer encore la tâche qui lui était dévolue. « La mort de M. Billault, écrivit Prosper Mérimée dans une lettre du 20 octobre 1863, est un coup funeste ; c'était assurément le plus habile et le plus propre à lutter avec courage contre les orateurs de l'opposition. Ce n'était pas un homme d'État, mais c'était un instrument merveilleux entre les mains d'un homme d'État. » Napoléon III fut très affecté de cette perte.

Hommages

  • La ville de Nantes lui éleva une statue en 1867.
  • À Paris, la rue de l'Oratoire-des-Champs-Élysées (actuelle rue Washington) s'appela rue Billault de 1867 à 1879.

Liens externes

Sources

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
  • Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français, Paris, Dourloton, 1889

Notes

  1. cité par le Dictionnaire des parlementaires français
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