Simonie
Dante parlant à Nicolas III, envoyé en enfer pour simonie ; gravure sur bois de Gustave Doré, 1861.

La simonie est, pour les chrétiens, l’achat et la vente de biens spirituels, tout particulièrement d'un sacrement et, par conséquent, d’une charge ecclésiastique.

Elle doit son nom à un personnage des Actes des Apôtres, Simon le Magicien qui voulut acheter à saint Pierre son pouvoir de faire des miracles (Actes, VIII.9-21), ce qui lui valut la condamnation de l’apôtre : « Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent ! ».

Sommaire

Un procédé favorisé par la mainmise des laïcs

Dès le IXe siècle, de nombreux abbés et évêques entrèrent dans le système féodo-vassalique. Les seigneurs considéraient alors les églises et leurs biens comme leur propre patrimoine. Les princes donnaient l’investiture épiscopale, les seigneurs celle des desservants des paroisses rurales. Ainsi, prirent-ils l’habitude de nommer les curés dans les paroisses et de s’attribuer une partie de plus en plus importante des dîmes et denrées agricoles livrés par les paysans pour la subsistance du clergé.

Le système fut confirmé en 962, lorsque l’empereur Otton le Grand obtint du pape pornocrate Jean XII la prérogative de désigner le pape. L’empereur Henri IV fut le protecteur et le grand bénéficiaire de ces pratiques. Les rois et les princes territoriaux (comtes et ducs) exigèrent aussi des prélats, le service armé. Ainsi certains prélats devinrent eux-mêmes des seigneurs, tirant des profits de la frappe de la monnaie et exerçant le droit de ban.

Dans ce contexte, on pouvait exploiter tous les moyens pour accroître sa puissance : spéculation sur la peur de l’enfer, extorcation de dons, et vente de sacrements. Les charges épiscopales et cléricales furent ainsi l’objet d’un véritable trafic.

Condamnation de la simonie

La simonie fut de tout temps un acte honni.

Elle fera partie des reproches adressés par la Réforme à l’Église catholique. Cependant elle avait fait l’objet de plusieurs tentatives de condamnations plus ou moins formelles :

Annexes

Articles connexes

Sources


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  • simonie — SIMONÍE s.f. Trafic cu lucruri considerate de biserică drept bunuri spirituale, sfinte şi pedepsit cu excomunicarea, caterisirea etc. – Din fr. simonie. Trimis de IoanSoleriu, 24.07.2004. Sursa: DEX 98  simoníe s. f., art. simonía, g. d. art.… …   Dicționar Român

  • simonie — SIMONIE. s. f. Vente ou achat des choses saintes & sacrées, comme, sacrements, benefices, &c. Simonie réelle. simonie mentale. c est une vraye, une franche simonie. la simonie y est visible, y est toute claire. commettre simonie, prendre, ou… …   Dictionnaire de l'Académie française

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  • Simonie — Als Simonie wird der Kauf oder Verkauf eines kirchlichen Amtes, von Pfründen, Sakramenten, Reliquien oder ähnlichem bezeichnet. Im Zusammenhang mit dem Investiturstreit im Mittelalter wurde der Begriff zeitweilig auf jede Vergabe eines… …   Deutsch Wikipedia

  • SIMONIE — s. f. Convention illicite par laquelle on donne ou on reçoit une récompense temporelle, une rétribution pécuniaire, pour quelque chose de saint et de spirituel. Le traité dont vous parlez est une franche simonie, une pure simonie. Commettre… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

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