Attentats du 11 decembre 2007 a Alger

Attentats du 11 décembre 2007 à Alger

Les attentats d'Alger du 11 décembre 2007 ont consisté en deux attentats à la voiture piégée qui ont eu lieu le 11 décembre 2007 dans la capitale algérienne. Ils auraient fait entre 30 et 72 victimes suivant les sources,[1] parmi lesquelles 17 employés de l'ONU. 177 personnes ont été blessées selon un rapport rendu public le jour de l'attentat par Yazid Zerhouni, ministre de l'Intérieur Algérien[2].

Cet attentat est le plus meurtrier depuis le triple attentat d'Amman perpétré par la branche irakienne d'Al Qaida le 9 novembre 2005, et qui avait causé la mort de 60 personnes.[3] Il s'agit de la cinquième action terroriste perpétrée par ce groupe en Algérie pour l'année 2007.[4]

Sommaire

Déroulement et revendication des attentats

Une première voiture piégée a frappé un bus de transport d'étudiants à Ben Aknoun, sur les hauteurs d'Alger, devant le Conseil constitutionnel et à proximité de la Cour suprême. Une seconde voiture conduite par un kamikaze a explosé devant le siège du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dans le quartier résidentiel de Hydra, qui abrite également les ministères de l'Énergie et des Finances, ainsi que plusieurs chancelleries et résidences diplomatiques.

Quelques heures après les attentats, dans un communiqué publié sur un site internet islamiste, Al-Qaida pour le Maghreb islamique (anciennement Groupe salafiste pour la prédication et le combat) a revendiqué le double attentat, destiné à « défendre la nation de l'islam et humilier les croisés et leurs agents, les esclaves des États-Unis et les fils de France », ainsi qu'à faire « voler en éclats la légende selon laquelle le noyau dur de notre groupe a été détruit. »[5] Le mode opératoire de ces attentats est identique à celui observé lors des attentats du 11 avril 2007 à Alger, et confirme la nouvelle orientation du GSPC, qui calque désormais ses actios sur le modèle des attentats-suicides perpétrés en Irak.[6]

Implications des attentats

La loi de la « réconciliation nationale » en question

Le même groupe a communiqué les noms des deux kamikazes : il s'agit de Rabah Bechla (pour l'attentat qui a frappé le HCR), et de Larbi Charef (pour l'attentat qui visait le conseil constitutionnel). Le second avait été dans les années 1990 un membre du GIA qui aurait bénéficié de l'aministie accordée en 2006 dans le cadre de la loi pour la réconciliation nationale, ce qui a commencé à engendrer la polémique autour de cette politique menée depuis quelques années par le pouvoir algérien.[7] À la suite des attentats d'Alger du 11 avril 2007, le ministre de l'Intérieur algérien, Yazid Zerhouni, avait déjà indiqué que selon lui ils étaient le fait de groupes qui, se sentant exclus du processus de réconciliation nationale, voulaient « perturber le processus politique de règlement de nos problèmes. »[8]

Quoi qu'il en soit, le gouvernement algérien a indiqué que ces évènements ne remettraient pas en cause cette loi d'amnistie octroyée aux insurgés islamistes qui déposent les armes.[1]

Lors de sa visite à alger du 18 décembre 2007, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté à lutter contre le terrorisme, qualifié de « crime contre l'humanité », ce que certains commentateurs ont interprété comme étant un désaveu infligé à la politique de la réconciliation nationale d'Abdelaziz Bouteflika.[9]

Contexte social au moment des attentats

L'éditorialiste d'El Watan, Djamel Zerrouk, a souligné que ces attentats prennent place dans un contexte social difficile, lié notamment à une brusque baisse du pouvoir d'achat, et aux débats qui ont lieu afin de savoir si le président Abdelaziz Bouteflika pourra briguer un troisième mandat (ce qui nécesiterait d'amender la Constitution). Le ministre del'ntérieur algérien s'est à ce sujet attiré de virulentes critiques de la part du quotidien El Watan, pour avoir laissé entendre que derrière les terroristes se trouveraient certains partis qui refusent de voir le président briguer ce mandat, ce qui peut viser les terroristes islamistes comme les partis démocratiques d'opposition. Agissant de la sorte, il « désign[erait] à la vindicte populaire tous ceux qui oseraient défendre le principe démocratique de l’alternance au pouvoir et le strict respect de la Constitution. »[10]

Par ailleurs, le fait que ces attentats coïncident, à quelques jours près, avec la visite du président français Nicolas Sarkozy, n'est peut-être pas dû au hasard.[11]

Enfin, selon l'universitaire Mathieu Guidère, les terroristes chercheraient par ces attentats à « créer un sentiment d’insécurité par des actions à répétition afin de faire fuir les (investisseurs) étrangers. » Conscients de leur incapacité à s'opposer frontalement au régime, ils auraient été amenés à adopter une « stratégie indirecte de la terreur. »[12]

Les auteurs

Le véhicule qui explosa devant le Conseil constitutionnel était conduit par Larbi Charef, 30 ans, vivant à Aïn Naâdja, une banlieue au sud-est d'Alger. Il avait été arrêté en 2004 pour « soutien au terrorisme » et condamné à la prison dont il sortit en 2006[13].

Le véhicule qui explosa devant le siège du HCR était conduit par Brahim Chebli, 64 ans (ce qui en fait un exemple atypique, qui ne correspond pas aux critères habituellement observés chez les auteurs d'attentats-suicides, qui sont généralement des hommes jeunes), ancien sympathisant du FIS qui rejoignit le GIA en 1996 avant d'intégrer le GSPC[13].

Voir aussi

Liens externes

Notes et références

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