Attentat d'Oklahoma City
Attentat d'Oklahoma City
Image illustrative de l'article Attentat d'Oklahoma City
Le bâtiment Alfred P. Murrah deux jours après l'attentat

Localisation Oklahoma City, Oklahoma
Cible Bâtiment fédéral Alfred P. Murrah
Coordonnées 35° 28′ 22″ N 97° 31′ 01″ W / 35.4729, -97.516935° 28′ 22″ Nord
       97° 31′ 01″ Ouest
/ 35.4729, -97.5169
  
Date 19 avril 1995
9:02 (UTC-5)
Type Attentat au véhicule piégé
Mort(s) 168
Blessé(s) 680+
Auteur(s) Timothy McVeigh, Terry Nichols
Mouvance Mouvement des miliciens

L’attentat d'Oklahoma City est un attentat survenu le 19 avril 1995 lorsqu'un sympathisant du Mouvement des miliciens nommé Timothy McVeigh, avec la complicité de Terry Nichols, détruisit à l'explosif le bâtiment fédéral Alfred P. Murrah dans le centre-ville d'Oklahoma City. Ce fut l'acte terroriste le plus important sur le sol américain jusqu'aux attentats du 11 septembre 2001, avec la mort de 168 personnes et plus de 680 blessés[1]. L'explosion a détruit ou endommagé 324 bâtiments dans un rayon de seize pâtés de maisons, détruit ou brûlé 86 voitures et soufflé les vitres de 258 bâtiments à proximité[2],[3]. On a estimé les dégâts de la bombe à un minimum de 652 millions de dollars de l'époque[4].

Opposé à la gestion par le gouvernement fédéral du Siège de Waco (1993) et de l'incident de Ruby Ridge (1992), McVeigh a programmé son acte pour le faire coïncider avec le deuxième anniversaire du Siège de Waco[5],[6]. Dans les 90 minutes qui ont suivi l'explosion, McVeigh a été arrêté par un policier pour conduite d'un véhicule sans plaque d'immatriculation et pour port illégal d'une arme[7],[8]. Les preuves collectées par la police scientifique ont lié rapidement McVeigh et Nichols à l'attentat. Ils ont été inculpés quelques jours après. Michael et Lori Fortier ont été identifiés plus tard comme leurs complices.

De grands efforts ont été entrepris pour sauver les victimes prisonnières des décombres. L'Agence fédérale des situations d'urgence a diligenté onze de ses équipes, soit 665 secouristes, pour participer aux opérations[9],[10].

L'enquête officielle, nommée « OKBOMB », a été la plus grande enquête criminelle de l'histoire américaine, avec plus 28 000 témoignages recueillis par le FBI, la collecte de plus de 3,2 tonnes de preuves et de près d'un milliard d'éléments[11],[12],[13]. Les poseurs de bombes ont été jugés et condamnés en 1997. McVeigh a été exécuté par injection létale le 11 juin 2001 et Nichols a été condamné à la prison à perpétuité. Michael et Lori Fortier ont témoigné contre McVeigh et Nichols ; Michael a été condamné à douze ans de prison pour avoir omis d'avertir le gouvernement américain ; Lori a bénéficié d'une immunité contre les poursuites en échange de son témoignage. Comme lors d'autres importants attentats terroristes, les tenants des théories du complot contestèrent les conclusions officielles et alléguèrent l'implication d'auteurs supplémentaires.

À la suite de l'attentat, le gouvernement américain a adopté une législation visant à prévenir de futures attaques terroristes en renforçant la protection autour des bâtiments fédéraux. De 1995 à 2005, plus de soixante attentats sur le sol américain ont été déjoués grâce aux mesures préventives prises en réponse à l'attentat[14],[15]. Le 19 avril 2000, l'Oklahoma City National Memorial a été érigé sur le site de l'ancien bâtiment pour saluer la mémoire des victimes. Des commémorations annuelles sont organisées à la date anniversaire de l'explosion.

Sommaire

Préparations

Mobile

Le Siège de Waco et son issue dramatique après 51 jours de siège par les forces de police : 82 personnes dont 21 enfants et le leader du groupe, David Koresh, périrent, principalement suite à un incendie. Cet événement fut revendiqué comme une partie du mobile de l'attentat d'Oklahoma City.

Les principaux conspirateurs, Timothy McVeigh et Terry Nichols, se sont rencontré en 1988 au Fort Benning pendant la formation de base pour l'armée américaine[16]. Michael Fortier, complice de McVeigh, a été son compagnon de chambre à l'armée[17]. Les trois hommes avaient des intérêts communs dans le survivalisme, une opposition au contrôle des armes à feu et soutenaient le Mouvement des miliciens[18],[19]. Ils ont exprimé leur colère face à la gestion par le Federal Bureau of Investigation (FBI) d'affaire comme le Ruby Ridge en 1992 ou le Siège de Waco en 1993[20]. En mars 1993, McVeigh a visité le site Waco lors des affrontements, puis de nouveau après leur fin[21]. McVeigh a ensuite décidé de faire exploser un bâtiment fédéral en réponse aux « raids » policiers[6],[22],[23],[24].

Choix de la cible

McVeigh avait initialement prévu de seulement détruire un bâtiment fédéral, mais plus tard, il a décidé que son message serait mieux entendu s'il y avaient beaucoup de gens tués dans l'attentat[25]. Comme critère pour les sites potentiels, McVeigh a décidé que la cible devrait accueillir au moins deux des trois organismes fédéraux liés aux forces de police : le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF), le Federal Bureau of Investigation (FBI) et la Drug Enforcement Administration (DEA). Il a considéré la présence d'agences supplémentaires, tels que l'United States Secret Service ou l'United States Marshals Service, comme un bonus[26].

McVeigh, résidant à Kingman dans l'Arizona, prit en compte des cibles dans le Missouri, l'Arizona, le Texas et l'Arkansas[26]. McVeigh a déclaré dans sa biographie qu'il voulait minimiser les pertes « non gouvernementales », il a donc exclu un immeuble de quarante étages à Little Rock en Arkansas, en raison de la présence d'un fleuriste au rez-de-chaussée[27]. En décembre 1994, McVeigh et Fortier ont visité Oklahoma City pour inspecter leur cible : le bâtiment fédéral Alfred P. Murrah[22]. Ayant neuf étages et construit en 1977, le bâtiment était nommé d'après un juge fédéral et abritait quatorze organismes fédéraux dont la DEA, l'ATF, l'Administration de la sécurité sociale et des bureaux de recrutement pour l'Armée et l'United States Marine Corps[28]. L'immeuble Murrah fut choisi aussi pour sa façade avant vitrée qui devait éclater avec le souffle de l'explosion et son parking ouvert l'entourant qui pourrait absorber et dissiper une partie de la force en protégeant les occupants des bâtiments voisins[27]. En plus, McVeigh a estimé que l'espace libre autour du bâtiment permettait des photographies de meilleure qualité pour la propagande[27]. L'attaque fut prévue pour le 19 avril 1995 pour coïncider avec l'anniversaire du Siège de Waco et le 220e anniversaire de la bataille de Lexington et Concord notable pour avoir marquée le début de la guerre d'indépendance des États-Unis[29].

Récupération du matériel

McVeigh et Nichols achetèrent ou volèrent le matériel dont ils eurent besoin pour fabriquer la bombe, puis le stockèrent dans des box loués. En août 1994, McVeigh a obtenu neuf explosifs Kinestiks de l'armurier Roger E. Moore, et les déclencha avec Nichols près de la maison de ce dernier à Herington dans le Kansas[30],[31]. Le 30 septembre 1994, Nichols a acheté quarante sacs de 23 kg de nitrate d'ammonium de la Mid-Kansas Coop de McPherson dans le Kansas, soit une quantité considérée comme inhabituelle, même pour un agriculteur. Nichols acheta un sac supplémentaire le 18 octobre 1994[22]. McVeigh se rapprocha de Fortier et lui demanda de l'aider avec son projet d'attentat, mais il a refusé[32],[33].

McVeigh et Nichols furent suspectés d'avoir volé des armes à feu, de l'or, de l'argent et des bijoux dans la maison de Roger E. Moore pour une somme d'environ 60 000 dollars, transportant même le butin dans la fourgonnette de la victime[32]. McVeigh avait auparavant visité le ranch de Moore. Toutefois, des doutes ont été soulevés au sujet de l'implication des deux hommes dans ce vol à cause du port de masques rendant les identifications impossibles et le fait que la description physique donnée ne correspondait pas à Nichols[34]. En outre, des voleurs de l'Armée républicaine aryenne opéraient dans la région à l'époque[34] et McVeigh n'avait pas besoin de lever des fonds pour la bombe, puisque celle-ci ne coûtera qu'environ 5 000 dollars. Au total, le coût de la location du camion couta environ 250 dollars, l'engrais au moins 500 dollars, et le nitrométhane 2 780 dollars, avec une voiture bon marché utilisée comme véhicule pour la fuite[35]. McVeigh a écrit une lettre à Moore dans lequel il affirmait que le vol avait été commis par des agents du gouvernement[36]. Malgré ces doutes, les éléments qui ont été volés de Moore ont été retrouvés dans la maison de Nichols et dans un hangar de stockage qu'il avait loué[37],[38].

En octobre 1994, McVeigh a montré à Michael Fortier et son épouse Lori un schéma de la bombe qu'il voulait construire[39]. McVeigh prévoyait de construire une bombe contenant plus de 2 300 kg d'engrais au nitrate d'ammonium, mélangé avec environ 540 kg de nitrométhane liquide et 160 kg de Tovex. Avec le poids du baril de 210 litres dans lequel le mélange explosif devait être emballé, la bombe aurait un poids total d'environ 3 200 kg[40]. McVeigh avait initialement l'intention d'utiliser de l'hydrazine, un carburant pour fusée, mais cela s'est avéré trop coûteux[32]. En octobre 1994, déguisé en pilote de vitesse moto, McVeigh obtenu trois barils de 210 litres de nitrométhane sous le prétexte que lui et des collègues motards avait besoin de ce carburant pour une course[41].

McVeigh a loué un espace de stockage, dans lequel il stocka sept caisses de cylindres de Tovex, 80 bobines de détonateurs et 500 détonateurs électriques, que lui et Nichols avaient volé dans une carrière de Marion dans le Kansas. McVeigh a décidé de ne pas voler tout ou partie des 18 000 kg d'ANFO qu'il a trouvé sur les lieux car il avait des doutes sur leur puissance, même s'il a obtenu plus tard dix-sept sacs d'ANFO d'une autre source pour constituer la bombe. McVeigh a fait un prototype de la bombe en utilisant une bouteille en plastique contenant des granulés de nitrate d'ammonium, le nitrométhane liquide, un morceau de Tovex et un détonateur[42]. Il a fait exploser son prototype dans le désert pour éviter d'attirer l'attention[42].

Plus tard, parlant du côté militaire de ses préparatifs, il a dit, « Vous apprenez à gérer la mise à mort chez les militaires. J'ai dû faire face aux conséquences, mais j'ai appris à les accepter ». Il a comparé ses actions aux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, plutôt que l'attaque sur Pearl Harbor, en apportant un raisonnement sur le fait que cette action était nécessaire pour empêcher que davantage de vies soient perdues[43].

Le 14 avril 1995, McVeigh pris une chambre au Dreamland Motel de Junction City, au Kansas[44]. Le lendemain, il a loué un camion Ryder sous le nom de Robert D. Kling, un alias qu'il a choisi parce qu'il connaissait un soldat de l'armée nommé Kling avec lequel il partageait des caractéristiques physiques et parce que cela lui rappelait les guerriers Klingon de la saga Star Trek[44],[45]. Le 16 avril 1995, il a conduit jusqu'à Oklahoma City avec Nichols, où il a garé une voiture qui servirait pour prendre la fuite à plusieurs blocs du bâtiment Alfred P. Murrah[46]. Les caméras de sécurité d'une résidence proche ont enregistrées des images du camion de Nichols qui circulait en direction du bâtiment fédéral[47]. Après avoir enlevé la plaque d'immatriculation du véhicule, il a laissé une note masquant le Vehicle Identification Number (VIN) avec écrit : « Pas abandonné. Merci de ne pas remorquer. Bougera le 23 avril. (besoin de batterie et de câble) »[22],[48]. Les deux hommes sont ensuite retourné au Kansas.

Élaboration de la bombe

Le 17 et 18 avril 1995, McVeigh et Nichols ont retiré leur matériel du lieu de stockage d'Herington. Ils ont chargé 108 sacs d'engrais au nitrate d'ammonium pesant 23 kg chacun, trois barils de 210 litres de nitrométhane liquide, plusieurs caisses d'explosifs Tovex, dix-sept sacs d'ANFO et de détonateurs et de mêches dans le camion de location Ryder[49]. Les deux hommes ont ensuite conduit près du lac du comté de Geary, où ils cloué des planches dans le camion afin de maintenir fixé les treize barils en place et ont mélangés les produits chimiques à l'aide de seaux en plastique et d'un pèse-personne[50]. Chaque baril pesait près de 230 kg[51]. McVeigh a ajouté plus explosifs du côté conducteur pour pouvoir, en cas de défaillance des détonateurs, éventuellement tirer dessus avec son pistolet Glock 21 en se suicidant dans le processus[52]. Durant le procès de McVeigh, Lori Fortier, épouse de Michael Fortier, a déclaré que McVeigh a prétendu avoir arrangé les barils afin de former une charge creuse[39]. Pour finir, des sacs d'engrais de nitrate d'ammonium étaient placés juste sur le panneau latéral en aluminium du camion avec pour but de diriger le souffle de l'explosion latéralement vers l'endroit où se trouverait le bâtiment[53]. Plus précisément, McVeigh disposa les barils en forme de « J » inversé pour augmenter la force de destruction. Cependant, une telle répartition inégale de 3 200 kg de charge pourrait casser un essieu, renverser le camion lors d'un virage ou du moins le faire pencher d'un côté, ce qui pourrait avoir attirer l'attention[51].

Déroulement de l'attentat.

McVeigh a ensuite ajouté un système d'allumage à double fusible accessible depuis l'habitacle du camion. Il a foré deux trous sous le siège permettant le passage de fusibles vers la bombe. Ces fusibles à retardement allumés depuis la cabine du camion, à travers des tubes en plastique, à deux séries de détonateurs non-électriques[51]. Le tube a été peint en jaune pour se fondre dans la couleur du camion, et solidement attache en place avec du gros scotch au mur afin de les rendre difficiles a enlever de l'exterieur[51]. Les fusibles ont été mis en place pour initier, à travers des détonateurs, les 160 kg de Tovex qui à son tour amorcera les barils. Parmi les treize barils remplis, neuf contenaient du nitrate d'ammonium et du nitrométhane et quatre contenaient un mélange d'engrais et de carburant diesel[51]. D'autres documents et outils utilisés pour la fabrication la bombe ont été laissés dans le camion pour être détruits dans l'explosion[51]. Après avoir terminé le camion piégé, les deux hommes se séparèrent : Nichols rentra chez lui à Herington et McVeigh avec le camion à Junction City.

Attentat

Le plan original de McVeigh était de faire exploser la bombe à 11 h 0 heure locale, mais à l'aube le 19 avril 1995, il a décidé de détruire le bâtiment à h 0[54]. En conduisant vers le bâtiment fédéral Murrah dans le camion Ryder, McVeigh portait avec lui une enveloppe contenant des pages des Carnets de Turner, un roman sur la suprématie blanche, qui lance une révolution en faisant exploser le quartier général du FBI à h 15, un matin, en utilisant un véhicule piégé[22]. McVeigh portait un T-shirt avec comme imprimé la devise de l'État de Virginie, Sic semper tyrannis (« ainsi en est-il toujours des tyrans »), notable pour avoir été scandée par John Wilkes Booth immédiatement après l'assassinat d'Abraham Lincoln et la citation « L'arbre de la liberté doit être de temps en temps nourri avec le sang des patriotes et des tyrans » de Thomas Jefferson[29]. Il transportait également une enveloppe remplis d'éléments anti-gouvernementaux comme un autocollant avec la citation de Samuel Adams, « Quand le gouvernement craint le peuple, c'est la liberté. Quand le peuple craint le gouvernement, c'est la tyrannie ». Au recto de celui-ci, McVeigh avait griffonné : « Peut-être que maintenant, il y aura la liberté ! » et une citation de John Locke affirmant qu'un homme a le droit de tuer quelqu'un qui lui ôte sa liberté[22],[55].

McVeigh entra dans Oklahoma City à h 50[56]. À h 57, les caméras de sécurités de la résidence qui avaient enregistrées le camion de Nichols trois jours plus tôt ont également enregistrées le camion Ryder se dirigeant vers le bâtiment fédéral Murrah[57]. Au même moment, McVeigh a allumé la mèche à retardement pour une explosion à cinq minutes. Trois minutes plus tard, encore un pâté de maisons de sa cible, il a allumé la mèche à retardement à deux minutes. Il a garé le camion dans une zone de livraison située sous la garderie de l'immeuble. Il est sorti du véhicule et le verrouilla, prenant ensuite la direction de son véhicule de fuite, abandonnant les clés du véhicule piégé quelques pâtés de maisons plus loin[58].

Vue aérienne du site après l'explosion.

À h 2, le camion Ryder, contenant plus de 2 200 kg[59] de nitrate d'ammonium, de nitrométhane et de mélange de carburant et de diesel, a explosé du côte nord du bâtiment fédéral[39]. Des centaines de personnes ont été tuées ou blessées. Un tiers du bâtiment a été détruit par l'explosion[60], qui a créé un cratère de 9,1 m de largeur pour 2,4 m de profondeur sur la rue à côté du bâtiment[61]. L'explosion a détruit ou endommagé 324 bâtiments dans un rayon de seize pâtés de maisons et provoqué des bris de verre sur 258 bâtiments à proximité[2],[3]. Le verre brisé représente à lui seule 5% du total des décès et 69% des blessures faites à l'extérieur du bâtiment fédéral[3]. L'explosion a détruit ou brûlé 86 voitures sur le site, provoquant des explosions secondaires provenant des réservoirs d'essence des véhicules et des pneus[2],[62]. La destruction des bâtiments laissa plusieurs centaines de personnes sans-abri et provoqua la fermeture de plusieurs bureaux au centre-ville d'Oklahoma City[63]. On estime l'explosion avoir causé au moins 652 millions de dollars de dommages[4].

L'effet de l'explosion était équivalente à plus de 2 300 kg de Trinitrotoluène (TNT)[53],[64] et put être entendu et ressenti jusqu'à 89 km autour de la zone visée[63]. Les sismomètres au musée des sciences de l'Oklahoma, basé à Oklahoma City à 6,9 km, et ceux de la ville Norman, dans l'Oklahoma, situé à 25,9 km, enregistrèrent le souffle à environ 3 sur l'échelle de Richter[65].

Arrestation

Initialement, le FBI avait trois hypothèses quant aux responsables de l'attentat. Cela pouvait être des terroristes internationaux, peut-être le même groupe qui avait réalisé l'attentat du World Trade Center de 1993, soit deux années plus tôt, ou bien un cartel de la drogue qui aurait pu se venger contre les agents de la DEA ou des fascistes chrétiens activistes proches de la théorie du complot[66].

Croquis réalisé par la police et une photographie de Timothy McVeigh.

Moins de 90 minutes après l'explosion, Timothy McVeigh, un vétéran de la Guerre du Golfe, est arrêté[67], alors qu'il roule vers le nord, sortant d'Oklahoma City, à proximité de Perry. McVeigh est interpellé par un agent de la police routière de l'État, Charlie Hanger, pour absence de plaque d'immatriculation de sa Mercury Marquis jaune et parce qu'il porte une arme mal dissimulée[7],[68]. Comme domicile, McVeigh a faussement affirmé qu'il résidait chez le frère de Terry Nichols dans le Michigan[69]. Après avoir dressé un procès-verbal à McVeigh, Hanger fouilla sa voiture de police et trouva une carte commerciale que McVeigh avait cachée alors qu'il était menotté[70]. Sur le revers de la carte d'un magasin de surplus militaire du Wisconsin était écrit en manuscrit « TNT à 5 $ le bâton. Besoin de plus »[71]. Cette carte a ensuite servi de preuve lors du procès de McVeigh[71].

Lors de l'enquête sur le Vehicle Identification Number à partir d'un essieu du camion utilisé lors de l'explosion et des restes de la plaque d'immatriculation, les agents fédéraux ont été en mesure de relier le véhicule à une agence de location Ryder de Junction City. Grâce à d'un croquis réalisé avec l'aide du propriétaire de l'agence, les agents ont pu mettre en cause McVeigh dans l'attentat[11],[22],[72]. McVeigh a également été identifié par une employée du motel, qui se souvenaient du véhicule garé devant celui-ci. McVeigh avait signé sous son vrai nom au motel, en utilisant une adresse qui correspondait à celle figurant sur son faux permis de conduire et sur son procès-verbal au poste de police de Perry[8],[22]. Avant de signer de son vrai nom au motel, McVeigh avait utilisé plusieurs faux noms pour ses opérations. Toutefois, l'employée précisa : « Les gens sont tellement habitués à signer de leur vrai nom que lorqu'ils veulent utiliser une fausse signature, il s'apprêtent à écrire puis détournent le regard un instant vers le haut comme pour se souvenir du nouveau nom qu'ils veulent utiliser. C'est ce qu'a fait [McVeigh], je lui ai parlé à ce moment-là et c'est ce qui l'a trahi. »[22].

Timothy McVeigh au tribunal le 21 avril 1995.

Après une première audience le 21 avril 1995 concernant le port d'arme, mais avant la libération de McVeigh, des agents fédéraux le placèrent en garde à vue pour poursuivre leur enquête sur l'attentat[22]. Plutôt que de parler aux enquêteurs au sujet de l'attentat, Timothy McVeigh demanda un avocat. Après avoir été alerté par l'arrivée de la police et des hélicoptères qu'un suspect de l'attentat était à l'intérieur, une foule agitée a commencé à se rassembler devant la prison. McVeigh demanda un gilet pare-balles ou un transport par hélicoptère, mais ces requêtes ont été rejetées[73].

Les agents fédéraux ont obtenu un mandat pour perquisitionner la maison du père de Timothy McVeigh, Bill, après quoi ils ont équipé le téléphone de la maison avec des appareils d'écoute[74]. Les enquêteurs du FBI ont utilisé les informations acquises, ainsi que la fausse adresse donnée par McVeigh, pour entamer des recherches des frères Nichols, Terry et James[69]. Le 21 avril 1995, Terry a appris qu'il était recherché et s'est rendu[75]. Des éléments à charge sont découverts à son domicile : du nitrate d'ammonium et des détonateurs, la perceuse électrique utilisé pour percer les verrous de la carrière, des livres sur la fabrication de bombes, une copie de Hunter (un roman écrit par William Luther Pierce en 1989, Pierce étant le fondateur et président de l'Alliance nationale) et un plan dessiné à la main du centre-ville d'Oklahoma City sur lequel était marqué le bâtiment fédéral Alfred P. Murrah et l'endroit où voiture pour la fuite de McVeigh était cachée[76],[77]. Après un interrogatoire de neuf heures, Terry a été formellement placé en détention jusqu'à son procès[78]. Le 25 avril 1995, James a également été arrêté, mais il a été libéré après 32 jours d'incarcération faute de preuves[79]. La sœur de McVeigh, Jennifer, a été accusé d'avoir illégalement envoyé des balles à son frère[80], mais elle a obtenu l'immunité en échange d'un témoignage contre lui[81].

Un touriste jordano-américaine d'Oklahoma City, venu en Jordanie pour voir sa famille le 19 avril 1995, a également été arrêté dans ce qui était décrit comme un « coup de filet initial » sur l'hypothèse de terroristes originaires du Moyen-Orient. Une enquête plus poussée permis de le disculper de toute implication dans l'attentat[82],[83].

Victimes et dégâts

Répartitions des victimes dans le bâtiment.

D'après les estimations, 646 personnes se trouvaient à l'intérieur du bâtiment lorsque la bombe a explosé[84]. À la fin de la journée de l'attentat, vingt ont été confirmées mortes, dont six enfants, avec plus d'une centaine de blessés[85]. Le bilan atteint finalement 168 morts confirmés, sans compter une jambe qui pourraient avoir appartenu à une possible 169e victime non identifiée[86]. La plupart des décès résultèrent de l'effondrement de l'immeuble, plus que de l'explosion de la bombe[87]. Parmi les morts, 163 étaient dans le bâtiment fédéral, une personne dans l’Athenian Building, une femme sur un parking dans la rue, un homme et une femme dans le bâtiment de l’Oklahoma Water Resources et un sauveteur mortellement blessé par des débris[88]. En effet, la bombe détruisit ou endommagea gravement plus de 300 bâtiments dans la zone alentour, laissant plusieurs milliers de personnes sans maison et provoquant la fermeture de bureaux dans le centre-ville d'Oklahoma City.

Les victimes étaient âgés de trois mois à soixante-treize ans, en plus des fœtus de trois femmes enceintes[89],[88]. Parmi les morts, 99 travaillaient pour le gouvernement fédéral[90]. Dix-neuf des victimes étaient des enfants, dont quinze étaient dans la garderie de l'immeuble[91]. Les corps des 168 victimes ont été identifiées dans une morgue temporaire mis en place près du lieu de l'attentat[92]. Une équipe de 24 personnes ont identifié les victimes en utilisant des rayons X, des examens dentaires, des empreintes digitales, des tests sanguins et des tests ADN[90],[93],[94]. Plus de 680 personnes ont été blessées. La majorité des blessures étaient des coupures, des brûlures graves et des fractures[1].

McVeigh justifia plus tard la mort des enfants dans l'attentat : « Je n'ai pas defini les regles de l'engagement dans ce conflit. Les regles, si elles ne sont pas ecrites, sont definies par l'agresseur. C'etait brutal, sans retenue. Femmes et enfants ont ete tues a Waco et au Ruby Ridge. Vous renvoyez a la tete du gouvernement exactement ce qu'il vous envoie. »[95].

Secours et réactions

Secours

Plusieurs pompiers et membres de l'Armée de l'Air sont en train de nettoyer les débris de l'immeuble endommagé. Ils utilisent les seaux jaunes que l'on peut voir sur la photo pour y stocker les débris. Les dégâts causés par l'explosion sont visibles derrière les secouristes.
Les pompiers et membres de l'Armée de l'Air américaine nettoyant les débris lors du sauvetage.

Le matin, à h 3 min 25 s HNC (Heure Normale du Centre), l'EMSA (Emergency Medical Services Authority, l'équivalent du SAMU français) a reçu le premier appel au secours au sujet des attentats (sur un total de plus de 1800 appels)[96]. À ce même moment, ayant entendu l'explosion, les ambulances, policiers, et pompiers de l'EMSA étaient déjà en train de se diriger vers les lieux où le drame venait de se produire[97]. Des civils se trouvant à proximité, qui avaient été témoins ou qui avaient entendu l'explosion, sont arrivés sur place pour porter assistance aux victimes et aider les secouristes[9]. Le State Emergency Center (SEOC) a été mis en place 23 minutes après l'explosion. Celui-ci était composé de représentants des services départementaux de la sécurité publique, des services sociaux, des militaires, des services de la santé et de l'éducation. Le service météorologique national, l'armée de l'air, la patrouille aérienne civile et la Croix Rouge américaine ont assisté le SEOC[9]. Des membres de la garde nationale d'Oklahoma (465 au total) ainsi que d'autres membres du Département de Gestion des Urgences Civiles ont aussi immédiatement offert leur aide, arrivant sur les lieux dans l'heure qui a suivi les attentats afin d'y assurer la sécurité[97].

En une heure, 50 personnes ont pu être sauvées. Tous les hôpitaux de la région ont accueilli les victimes[98]. À la fin de la première journée, 153 personnes ont été hospitalisées au St Anthony Hospital, à huit pâtés de maisons de l'explosion, plus de 70 personnes au Presbyterian, 41 au CHU (centre hospitalier universitaire) et 18 à l'hôpital pour enfants[99]. Des silences temporaires ont été observés afin de pouvoir utiliser des appareils sensibles aux battements cardiaques et ainsi retrouver et porter secours à des survivants. Pour sortir certaines victimes coincées sous les décombres, l'amputation sans anesthésie a été évoqué. Celle-ci n'a pas été pratiquée car il y avait un risque de coma irréversible pour les victimes[100]. La scène du drame a dû être évacuée à plusieurs reprises car les policiers ont été alertés que d’autres bombes avaient été posées dans le bâtiment[101].

À 10 h 28 HNC, les secouristes ont trouvé ce qu'ils ont pensé être une deuxième bombe. Certains secouristes ont refusé de quitter les lieux tant que la police n'avait pas ordonné l'évacuation d'un périmètre de 4 pâtés de maisons autour du lieu du drame[96],[102]. L'objet trouvé s'est avéré être un missile antichar filoguidé de 3 pieds (environ 1 mètre), utilisé lors de l'entraînement des agents généraux et des chiens renifleurs d'explosifs[2],[103]. Bien qu'effectivement inerte, il avait été désigné « réel » afin de tromper les trafiquants d'armes dans le cadre de l'application d'une loi prévue à cet effet[103]. Après examen du missile, il a été conclu qu'il était bel et bien inerte, et les secouristes ont ainsi pu reprendre leur travail 45 minutes plus tard[103],[104]. La dernière rescapée, une jeune fille de 15 ans, trouvée sous les décombres du bâtiment, a été secourue à 19 h HNC[105] .

Les jours suivant l'explosion, plus de 12 000 personnes ont apporté leur aide pour lors des opérations de secours et de sauvetage. L'Agence Fédérale des Situations d'Urgence (Federal Emergency Management Agency, FEMA) a envoyé 11 équipes de secours des Urban Search and Rescue Task Forces représentant un total de 665 secouristes[9],[106]. Une infirmière a perdu la vie en portant secours aux victimes. Elle a en effet reçu un débris sur la tête. De plus, 26 autres secouristes ont été hospitalisés pour diverses blessures[107]. Vingt-quatre unités de chiens policiers de l’état et des états voisins ont été recrutés pour la recherche de survivants et de corps sous les décombres[2],[108],[109]. Du 24 au 29 avril 1995, lors de la recherche de corps, de 91 à 320 tonnes de gravats ont été retirés du site[110].

 Sur cette image, le Bâtiment fédéral Alfred P.Murrah en pleine démolition. Un camion Ryder peut être vu dans le coin gauche de la photo, et les Regency Towers sont en arrière-plan à droite de l'image. La démolition du bâtiment a créé de grands nuages de poussière qui prennent une bonne partie de l'image.
Le 23 mai 1995, soit plus d'un mois après l'explosion, le Bâtiment Fédéral Alfred P.Murrah a été démoli. La bombe était cachée dans un camion Ryder similaire à celui se trouvant dans le coin gauche de la photographie.

Le 5 mai, à 12 h 5 HNC, les efforts de sauvetage et de secourisme ont pris fin. Tous les corps ont été retrouvés, excepté ceux de trois victimes[60]. Pour des raisons de sécurité, il était initialement prévu de démolir le bâtiment peu de temps après l'attentat. Cependant, Stephen Jones, avocat de McVeigh, a déposé une motion afin de faire ajourner la démolition jusqu'à ce que la défense puisse examiner le site dans le cadre de la préparation du procès[111]. Plus d'un mois après l'attentat, le 23 mai à h 2 HNC, le Bâtiment Fédéral Alfred P.Murrah a été entièrement démoli[60],[112]. Les trois corps jusqu'ici introuvables de deux employés de la caisse populaire et celui d'un client ont alors pu être retrouvés[113]. Pendant plusieurs jours après la démolition du bâtiment, les camions ont nettoyé plus de 730 tonnes de débris par jour. Certains ont été utilisés comme preuves lors des procès des coupables, mais aussi incorporés à des mémoriaux, donnés à des écoles locales ou vendus afin de récolter des fonds pour les efforts de sauvetage[114].

Aide humanitaire

La réponse humanitaire, nationale et internationale, fut immédiate et massive. Un grand nombre d'éléments tels que des brouettes, des bouteilles d'eau, des casques avec lumière intégrée ou des vêtements de pluie ont été donnés[9],[66]. La quantité de ces dons a causé des problèmes logistiques jusqu'à ce que des déchèteries soient mises en place pour trier les marchandises[60]. L’Oklahoma Restaurant Association, qui tenait une foire commerciale dans la ville, aida les sauveteurs en fournissant de 15 000 à 20 000 repas sur une période de dix jours[115].

L'Armée du salut a servi plus de 100 000 repas et a fourni plus de 100 000 gants, casques et autres vêtements pour les secouristes[116]. Les résidents dans la région ont répondu aux demandes de dons de sang[117],[118] et 9 000 unités de sang propvenant de 131 unités de collecte ont été utilisés, tandis que le reste a été stocké dans les banques du sang[119].

Aide gouvernementale et fédérale

Note de Bill Clinton pour son discours aux victimes de l'attentat d'Oklahoma City le 23 avril 1995.

À h 45, le gouverneur Frank Keating a déclaré l'état d'urgence et a ordonné que tous les travailleurs non essentiels dans la région d'Oklahoma City soient libérés de leurs fonctions pour leur sécurité[60]. Le Président Bill Clinton a appris l'attentat vers h 30 alors qu'il était en réunion avec le Premier ministre turc Tansu Çiller à la Maison-Blanche[85],[120]. Avant de discourir devant la nation, le président Clinton a souhaité stopper le trafic aérien dans la région d'Oklahoma City afin d'empêcher les auteurs de l'attentat de fuir par avion, mais il en décida autrement[121]. À 16 h, le président Clinton a déclaré l'urgence fédérale à Oklahoma City[97] et a fait un discours à la nation[85] : « L'attentat d'Oklahoma City était une attaque contre des enfants innocents et des citoyens sans défense. C'était un acte de lâcheté […]. Les États-Unis ne le toléreront pas et je ne vais pas permettre au peuple de ce pays de se laisser intimider par des […] lâches ». Il a ordonné que les drapeaux de tous les édifices fédéraux soient en berne pour 30 jours en souvenir des victimes[122]. Quatre jours plus tard, le 23 avril 1995, Clinton a parlé depuis Oklahoma City[123].

Aucune grande aide financière fédérale n'a été mis à la disposition des survivants de l'attentat d'Oklahoma City, mais le « fond Murrah » mis en place dans le sillage de l'attentat a réussi à collecter plus de 300 000 $ en subventions fédérales[9]. Plus de 40 millions de dollars ont été versé à la ville pour les secours aux sinistrés et l'indemnisation des victimes[124]. Les fonds ont été initialement distribués aux familles qui en avaient besoin et le reste était détenu en fiducie pour les besoins médicaux et psychologiques à plus long terme[124]. En 2005, 18 millions de dollars de dons restaient et certains d'entre eux ont été affectés pour payer les études de chacun des 219 enfants qui ont perdu un ou leurs deux parents dans l'attentat[124]. Un comité présidé par Daniel Kurtenbach de Goodwill Industries a fourni une aide financière aux survivants[125].

Peu après l'attentat, revenant sur les causes de l'attentat, le président Bill Clinton critiqua les animateurs des émissions de débat télévisé : « Ils répandent la haine. Ils donnent l'impression que, par leurs mots, la violence est tolérable ». Clinton ne mentionna aucun nom, mais distingua un conservateur, G. Gordon Liddy, lequel avait demandé à ses auditeurs de tirer sur les agents de l'ATF qui entraient chez eux par effraction dans la tête plutôt que dans la poitrine, protégée par un gilet pare-balle)[126].

Réactions internationales

Les réactions internationales à l'attentat sont multiples. Le président Bill Clinton a reçu de nombreux messages de sympathie, y compris ceux de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni, Yasser Arafat de l'Organisation de libération de la Palestine et P. V. Narasimha Rao de l'Inde[127]. L'Iran a condamné l'attentat comme une attaque contre des personnes innocentes mais a aussi blâmé la politique américaine pour son incitation. Le Koweïtien Ahmed Baqer, membre du Parlement a déclaré : « C'est un acte criminel. Aucune religion et aucune loi ne permet de tels actes. Un grand nombre de civils et d'enfants ont été tués. Ceci est contre les droits de l'homme. C'est contre la logique. Nous […] rejetont ce genre d'actions »[127]. D'autres messages de condoléances sont venus de Russie, du Canada, d'Australie, de l'Organisation des Nations unies et d'Union européenne, parmi d'autres nations et organisations[127],[128].

Plusieurs pays ont offert de l'aide aux efforts de sauvetage et d'enquête. La France a proposé une unité de sauvetage spécial[127] et le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin a proposé d'envoyer des agents avec une « expertise anti-terroriste » pour aider à l'enquête[128]. Le président Bill Clinton a refusé l'offre d'Israël, estimant que l'accepter augmenterait le sentiment de lutte anti-musulmane et mettrait en danger les Américains musulmans[121].

Effets sur les enfants

Les médias nationaux se sont emparés rapidement du fait que 19 des victimes étaient des enfants, présents dans la garderie du bâtiment car au moment de l'attentat, il existait au moins 100 crèches dans le 7 900 bâtiments fédéraux américains[121]. McVeigh a déclaré plus tard qu'il n'était pas au courant de l'exitence de cette garderie au moment du choix du bâtiment comme cible et s'il l'avait su « … il aurait fait une pause pour changer de cible. C'est [beaucoup] de dommages collatéraux »[129]. Néanmoins, le FBI a déclaré que McVeigh avait repéré l'intérieur du bâtiment en décembre 1994 et était donc probablement au courant de cette garderie avant l'attentat[22],[129].

Dans le sillage de l'attentat, des écoles du pays furent fermées. Une photographie du pompier Chris Fields dégageant le nourrisson Baylee Almon (qui mourut plus tard dans un hôpital proche) des gravats fut publiée dans le monde entier et devint rapidement un symbole de la tragédie. La photographie, prise par un employé d'une société de services Charles H. Porter IV, remporta en 1996 le Prix Pulitzer pour Spot News Photography[130]. Une photographie similaire a aussi été prise par Lester LaRue[131]. En plus des enfants en relation avec l'attentat, d'autres enfants montrèrent des signes de stress après avoir regardé des journaux télévisés, et des recherches ultérieures montrèrent qu'ils étaient atteints de choc post-traumatique[132].

Les deux jours suivant l'attentat, Bill Clinton et son épouse Hillary Rodham Clinton se sentaient très concernés par la réaction des enfants à l'attentat[133]. Ils demandèrent à des collaborateurs d'expliquer aux puériculteurs ce qu'ils avaient à dire aux enfants au sujet de l'attentat. Le président Clinton a déclaré trois jours après l'attentat : « Je ne veux pas que nos enfants croient quelque chose de terrible sur la vie et l'avenir […] à cause de cette chose terrible… la plupart des adultes sont de bonnes personnes qui veulent protéger nos enfants dans leur enfance et nous allons passer à travers ça »[134]. Le samedi suivant, le 22 avril, les Clinton reçurent des enfants d'employés d'agences fédérales ayant des bureaux au Murrah Building, dans le bureau ovale, et répondirent à leurs questions[135],[136].

Couverture médiatique

Des centaines de journalistes et de camions de presse sont arrivés sur les lieux pour couvrir l'événement. La presse a immédiatement signalé que l'attentat avait eu lieu au deuxième anniversaire du Siège de Waco[85]. Toutefois de nombreux journalistes ont initialement fait l'hypothèse d'une attaque menée par des terroristes islamiques, tels que ceux qui avaient planifiés l'attentat du World Trade Center de 1993[137],[138],[139]. Certaines agressions de musulmans et de personnes d'origine arabe ont suivis[111],[140].

Après les sauvetages d'urgence, l'intérêt des médias se déplaca à l'enquête, aux arrestations et aux procès de Timothy McVeigh et Terry Nichols, ainsi que sur la recherche d'un éventuel suspect supplémentaire. Plusieurs témoins ont affirmé à voir un deuxième homme, qui ne ressemblent pas à Nichols, avec McVeigh[141],[142].

Procès

Message de l'équipe de secours n°5.

Le Federal Bureau of Investigation (FBI) a mené l'enquête officielle, connue sous le nom « OKBOMB »[143], avec Weldon L. Kennedy agissant comme agent spécial en charge du dossier[144]. Kennedy a supervisé 900 personnes fédérales, étatiques et locales dont 300 du FBI agents, 200 agents du département de police à Oklahoma City, 125 membres de la Garde nationale de l'Oklahoma et 55 agents du ministère de la Sécurité publique de l'Oklahoma[145]. Le groupe de travail enquêtant sur le crime est estimé comme le plus grand depuis l'enquête sur l'assassinat de John F. Kennedy[145]. OKBOMB était la plus grande affaire criminelle de l'histoire américaine, avec des agents du FBI mène 28 000 entretiens, amassant 3,2 tonnes de preuves et collectant près d'un milliard d'informations[11],[12],[13]. Le juge fédéral Richard Paul Matsch demanda que le lieu du procès soit déplacé d'Oklahoma City à Denver, au Colorado, en expliquant que les accusés seraient incapables d'obtenir un procès équitable dans l'Oklahoma[146]. L'enquête a mené à la tenue de procès distincts et des inculpations de McVeigh, Nichols et Fortier.

Timothy McVeigh

Article détaillé : Timothy McVeigh.

Au procès de Timothy McVeigh, en avril 1997, les États-Unis étaient représentés par une équipe de procureurs dirigée par Joseph Hartzler. Dans son allocution d'ouverture Hartzler décrit les motivations de McVeigh et les preuves contre lui. McVeigh, dit-il, avait développé une haine du gouvernement pendant son passage dans l'armée, après avoir lu Les Carnets de Turner. Ses convictions ont été soutenus par ce qu'il voyait comme une opposition idéologique de la milice de l'augmentation des impôts et l'adoption de la loi Brady (Brady Handgun Violence Prevention Act) et ont été renforcés par les incidents du Siège de Waco et du Ruby Ridge[5]. L'accusation a appelé 137 témoins, dont Michael Fortier et sa femme, Lori, et la sœur de McVeigh, Jennifer McVeigh, qui ont tous témoigné de confirmer la haine McVeigh envers le gouvernement et son désir de réalisée une action militante contre ce dernier[147]. Michael et Lori Fortier ont témoigné que McVeigh leur avait signalé ses plans pour faire exploser le bâtiment féddéral Murrah. Michael a révélé que McVeigh avait choisi la date et Lori a témoigné qu'elle a créé la fausse carte d'identité que McVeigh utilisa pour louer le camion Ryder[148].

McVeigh a été représenté par une équipe de six avocats de la défense avocats principaux dirigé par Stephen Jones[149]. Selon le professeur de droit Douglas O. Linder, McVeigh a voulu que Jones présente une « défense de nécessité » qui revandiquait qu'il était en « danger imminent » à cause du gouvernement et que son attentat était destiné à prévenir les crimes gouvernementaux futurs, sur la base des incidents de Waco et du Ruby Ridge[148]. McVeigh a fait valoir qu'« imminente » ne signifie pas « immédiate » : « Si une comète se précipite vers la Terre, et qu'elle est au delà de l'orbite de Pluton, ce n'est pas une menace immédiate pour la Terre, mais il existe une menace imminente »[150]. Malgré le souhait de McVeigh, Jones a tenté de discréditer l'accusation dans une tentative d'instiller un « doute raisonnable ». Jones croyait également que McVeigh faisait partie d'un vaste complot et a cherché à le présenter comme « le bouc émissaire désigné »[148], malgré son désaccord avec McVeigh. Après une audition, le juge Richard Paul Matsch a statué que la preuve concernant un vaste complot était trop vague pour être recevables[148]. En plus de soutenir le fait que l'attentat ne pouvait pas avoir été effectuée par deux hommes seuls, Jones a également joué sur le fait que personne n'avait vu McVeigh près de la scène du crime et que l'enquête sur l'attentat n'avait duré que deux semaines[148]. Jones a présenté 25 témoins sur une période d'une semaine, dont le « lanceur d'alerte » Frederic Whitehurst[148].

Un point clé de discorde dans l'affaire a été la jambe retrouvée après l'attentat, n'appartenant à aucune victime connue. Bien qu'à l'origine considéré comme appartenant à un homme, il a été établi plus tard que jambe était celle de Lakesha Levy, une militaire de l'armée de l'air qui a été tué dans l'attentat[151]. Le cercueil de Levy dû être rouvert pour y placer sa jmabe et reprendre une autre jambe placer par erreur. Cette dernière avait été embaumé, ce qui a empêché les autorités d'être en mesure d'extraire de l'ADN pour déterminer son propriétaire[86]. Jones a fait valoir que cette jambe pourrait avoir appartenu à un autre terroriste[86]. L'accusation a contesté ce point, en précisant que la jambe pourrait avoir appartenu à l'une des huit victimes qui avaient été enterrés sans jambe gauche[152].

De nombreuses fuites dommageables, qui semblait provenir de conversations entre McVeigh et ses avocats, ont émergé. Elles comprenaient une confession qui aurait été inclus semble t-il par inadvertance sur un disque informatique qui a été donné à la presse, ce qui a sérieusement compromis les chances de McVeigh d'obtenir un procès équitable[148]. Une obligation de silence a été imposée au cours du procès, interdisant aux avocats de l'accusation et de la défense de faire des déclarations à la presse sur le déroulement du procès. La défense a été autorisé à faire considérér six pages d'un rapport de 517 pages du ministère de la Justice qui critiquait le laboratoire criminel du FBI et David Williams, un des experts en explosifs de l'agence, pour parvenir à des conclusions non scientifiques et partiales. Le rapport affirme que Williams avait travaillé à partir de premières conclusions dans l'enquête plutôt que de baser ses propres décisions sur des preuves médico-légales[153].

Le jury a délibéré pendant 23 heures. Le 2 juin 1997, McVeigh a été reconnu coupable de onze chefs d'accusation d'assassinat et de complot[154],[155]. Bien que la défense a plaidé pour une réduction à la peine d'emprisonnement à vie, McVeigh a été condamné à mort[156]. En mai 2001, le FBI, a annoncé qu'il avait cosnervé plus de 3 000 documents sur la défense de McVeigh[157]. L'exécution a été reportée d'un mois pour que la défense examine les documents. Le 6 juin, le juge fédéral Matsch jugea que les documents ne prouvent pas l'innocence de McVeigh et ordonna l'exécution[158]. Après que le président George W. Bush a approuvé l'exécution (McVeigh était un détenu sous responsabilité fédérale et la loi fédérale exige que le président approuve l'exécution des prisonniers fédéraux), il a été exécuté le 11 juin par injection létale au pénitencier de Terre Haute à Terre Haute dans l'Indiana[159],[160],[161]. L'exécution a été retransmise en interne de sorte que les proches des victimes puissent être témoin de sa mort[162]. L'exécution de McVeigh a été la première exécution fédérale depuis 38 ans[163].

Terry Nichols

Article détaillé : Terry Nichols.

Nichols a été jugé à deux reprises. Il a d'abord été jugé par le gouvernement fédéral en 1997 et reconnu coupable de conspiration en vue de construire une arme de destruction massive et des huit chefs d'accusation d'homicide involontaire d'agents fédéraux[164]. Après qu'il a été condamné le 4 juin 1998 à perpétuité sans libération conditionnelle, l'État de l'Oklahoma en 2000 réfléchissa à le faire condamner la peine de mort sur les 161 chefs d'accusation de premier degré d'assassinat (160 victimes non-agent fédéral et un fœtus)[165]. Le 26 mai 2004, le jury l'a reconnu coupable de toutes les charges, mais bloqua sur la question de sa condamnation à mort. Le juge président Steven W. Taylor a ensuite déterminé la peine de 161 mandats à vie consécutifs sans possibilité de libération conditionnelle[166]. En mars 2005, les enquêteurs du FBI, agissant sur une information, recherchèrent une cache enterrée dans l'ancienne maison de Nichols et a trouvé des explosifs supplémentaires omis dans la recherche préliminaire après l'arrestation de Nichols[167]. En 2009, Nichols était détenu dans la prison fédérale ADX Florence[168].

Michael et Lori Fortier

Michael et Lori Fortier ont été considérés comme complices pour leur connaissance de la planification de l'attentat. En plus du fait que Michael a aidé McVeigh dans le repérage de la cible, Lori avait aidé McVeigh a falsifier un permis de conduire qui fut plus tard utilisé pour louer le camion Ryder[39]. Michael a accepté de témoigner contre McVeigh et Nichols en échange d'une réduction de peine et de l'immunité pour sa femme[169]. Il a été condamné le 27 mai 1998 à douze ans de prison et une amende de 75 000 $ pour avoir omis d'avertir les autorités au sujet de l'attaque[170]. Le 20 janvier 2006, après avoir purgé dix ans et la moitié de sa peine, Fortier a été libéré pour bonne conduite et à reçu une nouvelle identité dans le cadre du programme fédéral de protection des témoins des États-Unis[171].

Autre complice

Jamais aucun autre complice n'a été identifié ni rien de concluant signalé au sujet du propriétaire de la jambe retrouvé en plus. Le gouvernement n'a jamais ouvertement enquêté sur quiconque en conjonction avec l'attentat. Bien que les avocats chargés des défenses dans les deux procès de McVeigh et de Nichols aient suggéré l'implication d'autres personnes, le juge Steven W. Taylor n'a trouvé aucune preuve crédible et pertinente, ou légalement admissible, qu'une personne autre que McVeigh et Nichols a directement participé à l'attentat[148]. Lorsque McVeigh a été interrogé sur la présence d'autres conspirateurs dans l'attentat, il a répondu : « […] la vérité est [que] j'ai fait sauter l'immeuble Murrah, et n'est-il pas un peu effrayant qu'un homme seul ait pu causer ce genre d'enfer ? »[172]. Le matin de l'exécution de McVeigh, une lettre a été publiée dans laquelle il avait écrit « Pour les théoriciens traditionnels de la conspiration qui refuseront de le croire, je leur dit : "Montrez-moi où j'ai eu besoin de quelqu'un d'autre. Des finances ? De la logistique ? Des spécialistes de techniques sophistiquées ? De la stratégie ?... Dites-moi où j'ai eu besoin d'un mystérieux Monsieur X ! "[173].

Bilan

La plus grande perte de vie américaine dans un acte terroriste avant l'attentat d'Oklahoma City avait eu lieu dans l'attentat de Lockerbie, au Royaume-Uni, avec 189 américains tués sur 270 morts[174]. L'attentat d'Oklahoma City a été le plus meurtrier acte terroriste contre les États-Unis sur le sol américain jusqu'aux attentats du 11 septembre 2001[175]. Une estimation précisa qu'environ 387 000 personnes dans la région métropolitaine d'Oklahoma City (un tiers de la population) connaissait quelqu'un qui a été directement touché par l'attentat[124],[176],[177].

Dans les 48 heures qui suivie l'attaque, et avec l'aide de l'Administration des services généraux (GSA), les bureaux fédéraux ciblés ont été en mesure de reprendre ses activités dans d'autres parties de la ville[178]. Selon Mark Potok de la Southern Poverty Law Center, une association américaine reconnue pour ses travaux de surveillance sur l'extrême-droite aux États-Unis, les forces de l'ordre déjouèrent plus de 60 complots terroristes domestiques entre 1995 et 2005[14],[15]. Les attentats ont été évités grâce à des mesures établies par le gouvernement local et fédéral pour accroître la sécurité des cibles prioritaires et le suivi des groupes à risque aux États-Unis. Potok a révélé qu'en 1996 il y avait environ 858 milices et groupes antigouvernementaux, mais que ce nombre était tombé à 152 en 2004[179]. Peu de temps après l'attentat, le FBI a embauché 500 nouveaux agents pour enquêter sur les risques potentiels d'attentats terroristes domestiques[180].

Législation

Dans le sillage de l'attentat, le gouvernement américain a adopté plusieurs textes de loi, notamment l'Antiterrorism and Effective Death Penalty Act of 1996[181]. En réponse aux procès des conspirateurs qui sont réalisés hors de l'État ciblé, le Victim Allocution Clarification Act of 1997 a été signé le 20 mars 1997 par le président Bill Clinton pour permettre aux victimes de l'attentat — et les victimes de tous autres actes terroristes à venir —, le droit d'assister aux procès et d'offrir un témoignage aux audiences. Suite au passage de cette loi, Clinton a déclaré que « Lorsque Quelqu'un est victime, il ou elle devrait etre au centre du processus de justice criminelle, et non pas le regarder de l'exterieur. »[182].

Dans les années qui suivirent l'attentat, des scientifiques, des experts en sécurité et l'ATF ont demandé au Congrès d'élaborer une législation qui obligerait les clients à s'identifier lors de l'achat d'engrais de nitrate d'ammonium, et pour les vendeurs à tenir des registres des ventes. Des critiques ont fait valoir que les agriculteurs utilisent légalement de grandes quantités de l'engrais[183], et en 2009, seul le Nevada et la Caroline du Sud exigent l'identification des acheteurs dans ce type de cas[183]. En juin 1995, le Congrès des États-Unis a adopté une loi exigeant l'intégration de traceurs chimiques à la dynamite et d'autres explosifs afin de pouvoir relier plus aisément une bombe à son fabricant[184].

En 2008, l'entreprise Honeywell a annoncé qu'elle avait mis au point un engrais à base d'azote qui n'explose pas lorsqu'il est mélangé avec de l'essence. Avec l'aide du ministère du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis, l'entreprise travaillait sur le développement d'une version commerciale de cet engrais[185].

Sécurité des bâtiments

Dans les semaines suivant l'attentat, le gouvernement fédéral a ordonné que tous les bâtiments fédéraux des grandes villes soient entourées de murs Jersey en béton pour empêcher des attaques similaires[186]. Dans le cadre d'un plan à plus long terme pour la sécurité des bâtiments fédéraux, la plupart de ces barrières temporaires ont depuis été remplacées par des barrières de sécurité permanentes qui sont enfoncées profondément dans le sol[187],[188]. En outre, tous les nouveaux bâtiments fédéraux doivent maintenant être construits avec des obstacles résistants aux camions et de l'espace dans les rues environnantes pour minimiser leur vulnérabilité aux véhicules piégés[189],[190],[191]. Les bâtiments du FBI, par exemple, doivent être éloignés de 30 mètres de la circulation[192]. Le coût total des améliorations sécuritaires des immeubles fédéraux à travers le pays en réponse à l'attentat ont atteint 600 millions de dollars[193].

Le bâtiment fédéral Murrah avait été considéré comme si sûr qu'il n'avait qu'un garde de sécurité[194]. En juin 1995, l'Administration des services généraux émet le rapport Vulnerability Assessment of Federal Facilities (« évaluation de la vulnérabilité des installations fédérales »), aussi connu comme The Marshals Report, dont les conclusions ont entraîné une évaluation approfondie de la sécurité de tous les immeubles fédéraux ainsi que la mise en place d'un système de classification des risques sur plus de 1 300 installations fédérales. Les sites fédéraux ont été divisés en cinq niveaux de sécurité allant du niveau 1 (besoin de sécurité minimum) au niveau 5 (besoin de sécurité maximum)[195]. Le bâtiment fédéral Murrah a été considéré comme un bâtiment de niveau 4[196]. Parmi les 52 améliorations sécuritaires se trouvent les barrières, la surveillance par des caméras de surveillance, la gestion des accès du site, le renfort de l'extérieur de la construction pour augmenter sa résistance aux explosions, des systèmes de vitrage pour réduire les éclats de verre et l'amélioration de la conception structurelle du bâtiment pour éviter son effondrement[197][198].

L'attaque a conduit à des améliorations techniques permettant une meilleure résistance, dont le nouveau bâtiment fédéral a profité. L'épisode sur l'attentat d'Oklahoma City de la série documentaire La Minute de vérité du National Geographic Channel a suggéré que le bâtiment fédéral Murrah aurait probablement tenu à l'explosion s'il avait été construit selon les codes de conception parasismique de Californie[199].

Discussions sur l'attentat

Même des personnes en accord avec les points de vue politiques de McVeigh ont considéré son acte comme contre-productif, avec une grande partie de la critique portant sur la mort d'enfants innocents et le fait que McVeigh n'ait pas assassiné spécifiquement de responsable du gouvernement. McVeigh avait effectivement envisagé l'assassinat du procureur général des États-Unis, Janet Reno, et d'autres personnalités politiques, avant de choisir de s'attaquer à un bâtiment[23]. Après l'attentat, il a dit qu'il souhaitait parfois avoir effectué une série d'assassinats à la place de celui-ci[200]. Ceux qui ont exprimé la sympathie pour McVeigh ont généralement décrit son acte comme un acte de guerre, comme dans le l'essai The Meaning of Timothy McVeigh (2001) de Gore Vidal[201],[202], tandis que d'autres journalistes l'ont comparé à l'abolitionniste John Brown[203].

McVeigh a estimé que l'attentat a eu un impact positif sur la politique du gouvernement. Pour preuve, il a cité la résolution pacifique de l'affaire des Montana Freemen en 1996, le règlement financier du gouvernement de 3,1 millions de dollars avec Randy Weaver quatre mois après l'attentat et des déclarations de Bill Clinton en avril 2000, regrettant la décision de l'assaut de Waco. McVeigh a déclaré : « Une fois que vous blessez le tyran, et qu'il sait qu'un deuxieme coup arrive, il ne revient plus dans les parrages. »[204].

Théories du complot

Plusieurs théories du complot ont été développées suite aux événements entourant l'attentat. Certaines théories affirment que des personnes au sein du gouvernement, y compris le président Bill Clinton[205],[206], étaient au courant de l'imminence de l'attentat et ont intentionnellement omis d'agir[207]. D'autres théories se concentrèrent sur la possibilité qu'il y ait eu des explosifs supplémentaires dans le bâtiment et d'autres complices impliqués dans l'attentat. Des théories complémentaires ont même placé le gouvernement comme responsable de l'attentat afin d'avoir un motif pour encadrer le mouvement des diverses milices via de nouvelles lois antiterroristes en utilisant McVeigh comme un bouc émissaire[205],[206],[208],[209]. Les experts ont contesté ces diverses théories et les enquêtes gouvernementales ont été ouverts à divers moments pour se pencher sur ces théories.

Mémorial et célébration

Mémorial

Article détaillé : Oklahoma City National Memorial.
La porte « 9:01 » de l'Oklahoma City National Memorial

Les deux années qui ont suivies l'attentat, les seuls mémoriaux pour les victimes étaient improvisés. Des jouets en peluche, des crucifix, des lettres et d'autres objets personnels étaient laissés accrochés à la clôture de sécurité entourant le site[210],[211]. De nombreuses suggestions pour la création d'un mémorial adapté ont été faites, mais un comité officiel sur le sujet n'a vu le jour qu'en 1996[212], lorsqu'un groupe composé de 350 membres, la Murrah Federal Building Memorial Task Force, a été créé pour définir les plans d'un monument pour commémorer les victimes de l'attentat[134]. Le 1er juillet 1997, un projet a été retenu à l'unanimité par un jury de quinze personnes sur 624 propositions[213]. Le mémorial a été conçu pour un coût de 29 millions de dollars, sur la base de fonds publics et privés[214],[215]. La mémorial est géré par le National Park Service et a été conçu par des architectes d'Oklahoma City : Hans Butzer, Torrey Butzer et Sven Berg[211]. Il a été inauguré par le président Bill Clinton le 19 avril 2000, soit exactement cinq ans après l'attentat[213],[216]. Prisé, dès la première année, le mémorial recense 700 000 visiteurs[211].

Le mémorial comprend un miroir d'eau, flanqué de deux grandes portes avec comme inscription « 9:01 », l'heure précédent la détonation, et « 9:03 » suivant celle-ci. Le miroir d'eau représente le moment de l'explosion (9h02). Sur l'extrémité sud du mémorial se trouve un champ de sièges, un pour chaque personne morte, en bronze et en pierre. Ils sont disposés selon leur appartenance aux différents étages de l'immeuble. Ce symbole représente les chaises vides à la table du dîner des familles des victimes. Les sièges des enfants tués sont reconnaissable à leur plus petite taille. Sur le côté opposé, un arbre faisant partie de l'aménagement initial a été conservé. Celui-ci a survécu à l'explosion et aux incendies qui l'ont suivi. Le mémorial a également laissé une partie des fondations de l'édifice visibles, permettant aux visiteurs de voir l'ampleur de la destruction. Une partie de la clôture mis en place autour du site de l'explosion et qui avait concentré plus de 800 000 objets personnels, a été conservées par l’Oklahoma City Memorial Foundation et est maintenant exposé à l'ouest du mémorial[217]. Au nord de l'ensemble se trouve le Journal Record Building qui abrite aujourd'hui l’Oklahoma City National Memorial Museum. Le bâtiment contient également le National Memorial Institute for the Prevention of Terrorism, un think tank indépendant.

À un coin de rue adjacent du mémorial, une sculpture intitulée And Jesus Wept (« Et Jésus pleura ») érigée par la St. Joseph's Old Cathedral. St. Joseph's, l'une des première églises faite de brique et de mortier dans la ville, fut presque complètement détruite par l'explosion[218],[219]. La statue ne fait cependant pas partie de la mémorial en lui-même[220].

Célébration

Une célébration a lieu chaque année à la mémoire des victimes de l'attentat[221],[222]. Elle commence le jour anniversaire à h 2 par 168 secondes de silence, soit une pour chaque victime. Les noms de victime sont ensuite lus par des enfants pour symboliser l'avenir d'Oklahoma City[223]. Un marathon est également organisé et permet aux milliers coureurs de parrainer une victime de l'attentat.

Pour le 10e anniversaire de l'attentat, la ville a mis en place une série d'événements de plus grande envergure connue sous le nom de National Week of Hope (« semaine nationale de l'espoir ») en avril 2005. Le vice-président Dick Cheney (représentant le président George W. Bush), l'ancien président Bill Clinton (en poste au moment de l'attentat), les gouverneurs de l'Oklahoma Brad Henry (en poste en 2005) et Frank Keating (en poste au moment de l'attentat), ainsi que d'autres personnalités politiques ont assisté au service et ont donné des discours dans lesquels ils ont souligné que le « bien a surmonté le mal »[224].

Voir aussi

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Notes et références

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