Atonal

Musique atonale

La musique atonale est une musique qui résulte de l'emploi de l'atonalité comme élément de composition.

L'atonalité (ou atonalisme) est un terme qui décrit à la fois une technique de composition et le stade harmonique qui en résulte. C'est un système d'écriture qui remet en cause en profondeur les habitudes compositionnelles traditionnelles et la théorie de la musique occidentale. Ce système eut un impact important dans l'évolution musicale au cours du XXe siècle et engendra le large courant de musique savante avant-gardiste qu'on appelle "musique contemporaine". Cette technique se caractérise par le rejet de toute hiérarchie tonale. Hiérarchie qui est à la base le fondement de la grammaire musicale sur laquelle repose la quasi-totalité des musiques occidentales : le système tonal.

L'atonalité constitue donc en soi une remise en cause importante de la conception de l'écriture musicale jusqu'alors envisagée.

Sommaire

Descriptif

Pour décrire le phénomène que constitue l’atonalité, il faut d’abord savoir que la musique occidentale dans son ensemble tend traditionnellement à s’appuyer sur une grammaire musicale généralisée : le système tonal. Un système qui s’est institutionnalisé aux cours des siècles, au point d’en paraître parfaitement naturel pour la majorité des occidentaux. Pour comprendre la révolution que constitue l’emploi du langage atonal, il faut d’abord saisir certains aspects du langage tonal qu’il remet en cause.

L’un des fondements de la grammaire tonale traditionnelle est de s’appuyer sur une hiérarchisation des notes, dont l’une des notes de la gamme employée est le centre tonal, (en quelque sorte la chef), autour de laquelle toutes les autres s’organisent. Par ailleurs le système tonal s’appuie généralement sur l’emploi de gammes et d’accords classés. Dans sa forme la plus orthodoxe, le système tonal privilégie un équilibre entre consonance et dissonance.

La musique atonale remet en cause tous ces fondements du langage tonal. Elle rejette le principe de centre tonal, de hiérarchie entre les notes et garantit l’égalité de toutes les notes entre elles. Elle s’appuie sur des accords non classés et remet largement en cause l’emploi traditionnel de gammes. Le terme d’atonalité englobe donc les musiques dont le principe de construction se fonde sur l'absence de hiérarchie tonale. Le musicien atonal ne considère plus la tonique comme devant être le pôle d'attraction particulier autour de laquelle l'œuvre devrait se construire. La musique atonale par ailleurs privilégie les dissonances, pour éviter justement les relations qui rappelleraient l’organisation tonale.

La musique atonale de par sa dissonance et son absence de centre tonal tend souvent pour cette raison à évoquer pour les auditeurs des ambiances inquiétantes ou morbides.

L'emploi de l'atonalité

Par « musique atonale », on fait souvent référence en premier lieu à une des tendances de musique classique moderne du début vingtième siècle ayant recours à cette technique : la seconde école de Vienne. Mais dans la pratique, n'importe quel genre est susceptible d'adopter cette technique. Aussi d'une façon générale le terme de « La musique atonale » peut-il désigner l'ensemble des compositions écrites de 1907 (à peu près) jusqu’à nos jours dans lesquelles le principe tonal ne constitue pas une fondation première de l'œuvre.

L'emploi de l'atonalité est liée historiquement à la seconde école de Vienne de Arnold Schoenberg, Alban Berg, et Anton Webern. Cependant, de nombreux compositeurs tel George Antheil, Béla Bartók, John Cage, Carlos Chávez, Aaron Copland, Roberto Gerhard, Alberto Ginastera, Alois Haba, Josef Matthias Hauer, Carl Ruggles, Luigi Russolo, Roger Sessions, Nikos Skalkottas, Toru Takemitsu, Edgard Varèse, Frank Zappa et d’autres, ce qui comprend aussi de nombreux artistes de jazz tels que Anthony Braxton, Ornette Coleman et Cecil Taylor ont eu recours à l'atonalisme, et aussi beaucoup d’autres compositeurs ont flirté avec l'atonalisme pour reprendre les mots de Leonard Bernstein

Histoire de l'atonalité

Un des premiers exemples précoces d'atonalité est sans doute la fameuse Bagatelle sans tonalité de Franz Liszt (1885). Mais si des exemples précoces ont existé, ce n'est qu'à partir du début du XXe siècle que le terme atonalité a commencé à être utilisé pour décrire des morceaux, tout particulièrement ceux écrits par Arnold Schönberg et la seconde école de Vienne.

L'émergence de cette musique se situe dans ce qui était décrit comme la crise de la tonalité à la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle dans la musique classique. Crise qui selon Busoni résultait de la « lassitude du système majeur/mineur » et par Schönberg comme « l'illégitimité d'un accord tonal à prétendre dominer tous les autres ». Historiquement cette situation avait conduit à un accroissement de l'usage durant le XIXe siècle d'accords ambigus, d'inflexions harmoniques moins probables, et des inflexions mélodiques et rythmiques inhabituelles au sein de styles ayant recours au langage tonal.

La première phase est souvent décrite comme "atonalité libre" ou "chromatisme libre" impliquant une tendance consciente à éviter l'harmonie diatonique traditionnelle. Les œuvres de cette période comprennent entre autres l'opéra Wozzeck (1917-1922) d'Alban Berg ou Pierrot lunaire (1912) de Schönberg.

La seconde phase débute après la Première Guerre mondiale et se caractérise par une volonté de créer un moyen de composition systémique sans tonalité, la fameuse technique dodécaphonique. Parmi les œuvres de cette période Lulu et la suite lyrique de Berg, le concerto pour piano de Schönberg, son oratorio l'Échelle de Jacob et de nombreuses petites pièces, ainsi que ses derniers quatuors à cordes. Schönberg était un des innovateurs majeurs du système, mais son élève Anton Webern, commença à lier les dynamiques les timbres aux séries aussi. Ceci combiné avec le paramétrage de Olivier Messiaen, inspirera le sérialisme.

L'atonalité a été employée à certains moments comme un terme péjoratif pour condamner la musique dont les accords semblaient ne pas être organisés avec cohérence. Dans le régime Nazi, la musique atonale fut attaquée et taxée d'art "Bolchevik" et fut cataloguée comme « art dégénéré » au même titre que les musiques produites par les pays ennemis du régime nazi. Beaucoup de compositeurs virent leur œuvres bannies du régime et n'être jouées qu'après sa chute à la fin de la seconde guerre mondiale.

Dans les années qui suivirent, atonalité représentait un défi pour beaucoup de compositeurs- même ceux qui écrivaient de la musique orientée vers la tonalité furent influencés par elle. La seconde école de Vienne, et particulièrement le dodécaphonisme, furent considéré par les compositeurs avant-gardistes dans les années 1950 comme les fondements de la nouvelle musique qui conduisit au sérialisme et à d'autre formes d'innovation musical.

Bon nombre de compositeurs ont écrit de la musique atonale après la guerre, notamment Elliot Carter et Witold Lutosławski. Après la mort de Schoenberg, Igor Stravinsky alors qu'il avait rejeté pendant toute sa carrière le dodécaphonisme, se mit lui aussi à écrire une musique ayant recours à des éléments sériels associés avec des éléments de musique tonale. (Du Noyer 2003,p.271)

Au cours de cette époque, les progressions d'accords ou les successions permettant d'éviter un centre tonal furent explorés.

(en cours de traduction)

Références

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Voir aussi

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