Atikamekw (Amérindiens)

Attikameks

Attikameks
Atikamekw
Populations significatives par régions
Canada Canada
Population totale
6 163 (2004)
Langue(s)
Atikamekw, français
Religion(s)

Les Attikameks en français ou Atikamekw[1] en atikamekw sont les autochtones de l'aire qu'ils appellent eux-mêmes Nitaskinan (littéralement "notre terre", aski voulant dire terre), dans la partie supérieure de la vallée de la rivière Saint-Maurice (Québec). Leur nom, qui désigne aussi dans leur langue le Grand corégone (ou poisson blanc), est parfois mal écrit sous la forme Atikamek. La langue atikamekw, qui est une langue algonquienne très proche des dialectes cris, est toujours utilisée quotidiennement.


Ce territoire se situe dans les régions de Lanaudière, de la Mauricie et du Centre-du-Québec, entre les territoires innu, algonquin et cris.

Traditionnellement, ils pratiquent la pêche, la chasse et la cueillette. Ils auraient été les découvreurs du sirop d'érable. Les Atikamekw ont des liens traditionnels avec le peuple Innu, qui était leur allié historique contre les Inuit. Mais ils n'ont pas de lien de parenté : leurs langues et leurs cultures sont assez distinctes.

En 2001, leur population était estimée à 5 400 individus. Les Attikameks possèdent quatre réserves : Obedjiwan, Wemotaci, Manawan et Coucoucache (inhabitée et gérée par Wemotaci). On trouve des minorités à Roberval et La Tuque.

Sommaire

Le territoire atikamekw

Le territoire atikamekw[2] est divisé par les territoires familiaux. Chaque famille avait son propre territoire dont la superficie variait. Aujourd’hui, les territoires sont souvent déboisés à cause de la coupe forestière et des feux de forêt qui ont fait fuir beaucoup d’animaux. Les lacs y sont aussi souvent pollués par le mercure ce qui nuit à la consommation des poissons. Il s’y fait également une chasse intensive du canard, de l’orignal, de la perdrix… en toute saison. En 2006, il y eut des négociations menées par le CNA (Conseil de la nation atikamekw) pour obtenir plus de contrôle sur le territoire. Le CNA est un regroupement des trois communautés atikamekw[2].

  1. Conseil des Atikamekw de Wemotaci (Wemotaci / Coucoucache)
  2. Les Atikamekw de Manawan(Manawan)
  3. Attikamekw d’Opitciwan (Obedjiwan)

Population

Population des Attikameks du Québec en 2004[3]
Communautés Total résidants non-résidants
Manawan 2 271 1 981 290
Obedjiwan 2 392 2 003 389
Wemotaci 1 500 1 218 282
Attikameks (Total) 6 163 5 202 961

Wemotaci

Wemotaci signifie « La montagne d’où l’on observe ». Wemotaci était le lieu où les Atikamekw se retrouvaient durant la saison estivale. L’automne, ils allaient sur leurs territoires de chasse respectifs. Ce village se trouve entre ses deux voisins atikamekw qui sont Manawan (92 km au sud) et Opitciwan (140 km au nord). Le village indien de Wemotaci se situe en Haute-Mauricie, dans le comté de Laviolette, à 115 kilomètres au nord-ouest de La Tuque. Cette communauté s’étend le long de la rive du Saint-Maurice près de l’embouchure de la rivière Manouane. Son territoire est d’environ 34 kilomètres carrés. Wemotaci est formé, tout autour, de collines en une espèce d’amphithéâtre au creux duquel on trouve beaucoup de lacs, de rivières et d’îles. De l’autre côté de la rivière se trouve le village de Sanmaur. Autrefois, le village n’était pas accessible par l’automobile. En 1995, la construction d'un pont et d'une route forestière fut entrepris. La population de Wemotaci est composée aujourd’hui de 1500 personnes dont 1300 vivent dans la communauté. La majorité de la population est très jeune, 60% a moins de 35 ans. Les autres résident à l’extérieur comme à Shawinigan, Trois-Rivières, La Tuque et Québec. Certains étudient dans des CEGEP ou universités hors du territoire. Depuis 1974, l’électricité est présente au village avec l’aménagement des génératrices actuelles. Il y a un projet de construction (en construction) de barrages aux environs (Chute Allard et Rapide-des-cœurs). La communauté sera connectée au réseau provincial en 2008.

Manawan

Manawan est située à 140 kilomètres (à vol d’oiseau) à l’ouest de La Tuque et à 72 kilomètres (à vol d’oiseau) de Saint-Michel-des-Saints sur la rive sud du Lac Métabeska, dans la région de Lanaudière. Sa superficie est de 797,26 hectares et elle compte environ 1496 habitants. Tout comme les noms des autres communautés, le mot « manawan » a une significatiton, il veut dire : « là où l’on trouve des œufs ». Depuis le 29 août 1906, Manawan devint officiellement une réserve, le milieu économique a beaucoup évolué. Il existe maintenant des commerces et des industries dans l’alimentation, l’art et l’artisanat, la foresterie, le piégeage, la poste, la location de films, la machinerie, la pourvoirie, le plein air et le transport général. En 1850, la population du territoire de Manawan s’établit au bord du Lac Métabeska car il s’y trouvait un poste de traite pour le commerce de la fourrure et une compagnie forestière. Les hommes atikamekw commencèrent à travailler dans ce genre de métiers tandis que les femmes restaient à la maison pour s’occuper des enfants. C’est donc depuis cette date que cette partie de leur territoire est occupée. Aujourd’hui, la réserve de Manawan est divisée en deux parties : il y a une partie qui compte les services principaux comme le magasin ou la station-service et l’autre qui ne comporte que des maisons et l’école secondaire. Cette partie est située un peu plus haut que la partie principale.

Opitciwan ou Obedjiwan

La plus nordique et la plus isolée des trois communautés, Opitciwan est située sur la rive nord du réservoir Gouin. Son nom signifie le «courant du détroit».

Les arts traditionnels

Les Atikamekw fabriquaient de leurs propres mains des paniers d’écorce de toutes les formes dont ils se servaient pour mettre leurs aliments. Ce serait eux qui auraient découvert le sirop d’érable qu’ils mettaient dans ce genre de paniers. Ils étaient faits avec des racines et de l’écorce de bouleau. Aux mille et un usages, ils se servaient également de ce matériau pour fabriquer les légendaires canots, légers et profilés. Durant les hivers rigoureux, les femmes étaient expertes dans la confections des mitaines, des manteaux et des mocassins en peau d’orignal. C’est en observant la perdrix, un des rares oiseaux à marcher sur la neige, que les Amérindiens ont eu l’idée de fabriquer des raquettes qui leur permettaient ainsi d’en faire autant. Elles étaient faites de babiche de caribou ou d’orignal, et de bouleau. Tout était utile pour les Amérindiens. Aujourd’hui, on en fabrique également pour la vente.

L’histoire des Atikamekw

Les écrits commencent à parler des Atikamekw au début du XVIIe siècle, alors qu’ils vivaient en Haute-Mauricie dans la forêt boréale. Ils devaient former un groupe de 500 à 600 personnes et représenter ainsi « une des nations les plus considérables du nord ». Le nom Atikamekw s’écrivait alors « Atikamegouékhi ». Les Atikamekw ont leur propre culture traditionnelle, leur langue et leurs rituels. Les trois communautés ont la même langue mais différents accents. Les membres de la tribu atikamekw tout entière parlent leur langue maternelle, mais la majorité ne savent pas l’écrire. Autrefois, les Atikamekw avaient une entente avec les Européens, mais avaient un conflit avec les Inuits. À cause de leurs alliés, les Innus, ils attrapèrent des maladies dévastatrices qui provenaient des Européens. Le commerce des fourrures avec les Montagnais innus et les français finit par attirer les Atikamekw dans une guerre entre les Montagnais innus et les Iroquois serre dans laquelle les Innus ne réussirent pas bien. Encore à l’heure actuelle, les Atikamekw autant que les Innus souffrent d’empoisonnement au mercure à cause des centrales électriques qui contaminent leurs réserves d’eau. Malgré tous ces événements, le peuple Atikamekw n’a pas été déplacé de ses terres traditionnelles.

Les pensionnats amérindiens

Les pensionnats sont apparus vers 1932. On y enseignait l’histoire du Canada, la géographie, le français, l’arithmétique (les mathématiques) et la religion. Il y avait six niveaux et trois catégories d’âge : les petits (7 à 9 ans), les moyens (10 à 11 ans) et les grands (12 à 16 ans). Les jeunes n’avaient aucun contact avec les autres groupes. On y montrait la discipline et les autochtones n’avaient pas le droit de parler leur langue maternelle, sinon on les punissait sévèrement. Tous les jeunes autochtones étaient obligés d’aller au pensionnat. Ils étaient environ 125 à 150 garçons et environ 150 filles atikamekw. Ils allaient dans le pensionnat de Pointe Bleue car on voulait qu’ils soient éloignés de Wemotaci pour ne pas qu’ils s’enfuient. En septembre, ils quittaient leurs familles et demeuraient 10 mois sans la voir et ne revenaient qu’au mois de juin. Leur seul moyen de transport était le train, sauf qu’au lieu de les faire monter dans les wagons passagers on les faisait monter dans les wagons des animaux. Quand ils arrivaient au pensionnat on les lavait et on coupait les cheveux des filles. Souvent, on frottait leur peau pour qu’elle soit plus pâle. Les jeunes étaient maltraités s’ils ne suivaient pas les règles ou faisaient des bévues. Les jeunes étaient loin de leurs parents et de leur culture. C’était une assimilation pour faire perdre la culture indienne. Aujourd’hui encore, ces pensionnaires des années 30 ont des séquelles des traumatismes dus aux sévices qu’ils ont subis.

Les saisons et la division de l'année

Chez les Atikamekw, l’année est divisée en six. Dans chaque saison, il y a une activité principale. L’ordre des saisons commence par Sikon qui est une sorte de pré-printemps et, dans cette saison, les Atikamekw fabriquent des paniers d’écorce qui peuvent contenir l’eau d’érable cueilli dans cette période de l’année. Celle qui vient ensuite, c’est Miroskamin, équivalente au printemps. Dans cette saison, les Atikamekw vont pêcher et chasser des perdrix. Ensuite, la saison qui suit dans l’ordre, c’est Nipin qui est comme l’été et on y fait la même chose qu’à la saison précédente. C’est durant l’automne, ou Takwakin, que commence la chasse à l’orignal. On enlève alors la peau de l’orignal avec soin, les abats sont apprêtés et consommés immédiatement et la viande est fumée afin d’être conservée. C’est durant le début de l’hiver, ou Pitcipipon, qu’ils s’en vont trapper des castors et que les femmes font des manteaux avec leurs fourrures. Durant l’hiver, ou Pipon, ils pêchent sous la glace avec des filets fabriqués par des hommes et où d’autres fabriquent des paires de raquettes. Les femmes enlèvent le poil des peaux d’orignal, puis elles les lavent, les grattent, les découpent en babiche pour tresser les raquettes.

L’année, chez autochtones modernes, est également divisée en 12 mois. Par contre, les anciens atikamekw les ont traduits en leur langue. Le début de chaque mois est le même que dans le calendrier que l’on connaît aujourd’hui. Chez les atikamekw, les mois de l’année sont étalés comme suit :

→ Janvier est dit « Kenositc Pisim » car c’est le mois le plus long
→ Février « Akokatcic Pisim » car c’était le mois ou tous les siffleux sortent
→ Mars « Nikikw Pisim » c’est le mois de la loutre
→ Avril « Ka Wasikatotc Pisim » le mois ou la lune se reflète sur la glace
→ Mai « Wapikon Pisim » le mois de la floraison
→ Juin « Otehimin Pisim » le mois des fraises
→ Juillet « Mikomin Pisim » le mois des framboises
→ Août « Otatokon Pisim » le mois où les jeunes oiseaux apprennent a voler
→ Septembre « Kakone Pisim »car c’est le mois ou le porc-épic se reproduit
→ Octobre « Namekosa Pisim » le mois où la truite fraie
→ Novembre « Atikamekw Pisim » le mois ou la corrégone (poisson blanc = atikamekw) fraie
→ Décembre « Pitcipipon Pisim » le mois des temps longs.

Pour la transformation de ces mois, les anciens examinèrent les activités qui se reproduisaient année après année lors des mois qui passaient. C’est ainsi que furent adaptés les noms des mois et des saisons afin de correspondre à la réalité propre à la culture atikamekw. Ceux-ci sont toujours en usage dans ces communautés.

Notes et références

  1. Atikamekw est toujours invaraible (OQLF). Voir Guide terminologique autochtone au Québec
  2. a  et b Annexe 3 sur les noms officiel des bandes au Québec sur le guide terminologique autochtone
  3. Affaires indiennes et du Nord Canada (Région du Québec) http://www.ainc-inac.gc.ca/qc/aqc/pop_f.html

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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