Assemblée de la Polynésie française
Polynésie française
Coat of arms of French Polynesia.svg
Cet article fait partie de la série sur la
politique de la Polynésie française,
sous-série sur la politique.


v · Polynésie française. Elle a longtemps porté le nom d'« Assemblée territoriale ». Elle est présidée par Jacqui Drollet depuis le 14 avril 2011.

Le siège de l'Assemblée à Papeete

Sommaire

Compétences de l'Assemblée

Selon l'article 102 de loi organique n° 2004-192 modifiée du 27 février 2004, relatif au statut d'autonomie de cette collectivité d'outre-mer « l'assemblée de la Polynésie française règle par ses délibérations les affaires de la Polynésie française. Les compétences de la collectivité relevant du domaine de la loi sont exercées par l'assemblée de la Polynésie française. Toutes les matières qui sont de la compétence de la Polynésie française relèvent de l'assemblée de la Polynésie française, à l'exception de celles qui sont attribuées par la présente loi organique au conseil des ministres ou au président de la Polynésie française. L'assemblée vote le budget et les comptes de la Polynésie française. Elle contrôle l'action du président et du gouvernement de la Polynésie française ».

Élections de ses membres

L’assemblée est actuellement composée de cinquante-sept représentants élus pour cinq ans au suffrage universel direct (art. 104 de la loi organique).

Les candidatures sont déposées sur des listes composées alternativement d’un homme et d’une femme et dans le cadre de six circonscriptions (détail plus loin) qui se répartissent les sièges comme suit :

Sont éligibles les personnes âgées de dix-huit ans révolus, inscrites sur une liste électorale en Polynésie française.

Les représentants élus peuvent se constituer en groupes politiques. Ils ont pour fonction d’examiner et de voter des projets présentés par le gouvernement ou préparés par leurs soins.

Ils sont également appelés à donner une résolution concernant certains projets de lois soumis par l’État. Ils votent le budget, se prononcent sur les comptes du Territoire (appelé fenua).

Le français est la seule langue officielle de l'Assemblée[1].

Circonscriptions électorales

La Polynésie française est divisée en circonscriptions électorales. Chaque circonscription dispose d'un minimum de représentation, fixé à trois sièges. Les sièges sont répartis de la manière suivante dans les circonscriptions ci-après désignées :

  • 1° La circonscription des îles du Vent comprend les communes de : Arue, Faaa, Hitiaa O Te Ra, Mahina, Moorea-Maiao, Paea, Papara, Papeete, Pirae, Punaauia, Taiarapu-Est, Taiarapu-Ouest et Teva I Uta. Elle élit trente-sept représentants ;
  • 2° La circonscription des îles Sous-le-Vent comprend les communes de : Bora-Bora, Huahine, Maupiti, Tahaa, Taputapuatea, Tumaraa et Uturoa. Elle élit huit représentants ;
  • 3° La circonscription des îles Tuamotu de l'Ouest comprend les communes de : Arutua, Fakarava, Manihi, Rangiroa et Takaroa. Elle élit trois représentants ;
  • 4° La circonscription des îles Gambier et Tuamotu de l'Est comprend les communes de : Anaa, Fangatau, Gambier, Hao, Hikueru, Makemo, Napuka, Nukutavake, Pukapuka, Reao, Tatakoto et Tureia. Elle élit trois représentants ;
  • 5° La circonscription des îles Marquises comprend les communes de : Fatu-Hiva, Hiva-Oa, Nuku-Hiva, Tahuata, Ua-Huka et Ua-Pou. Elle élit trois représentants ;
  • 6° La circonscription des îles Australes comprend les communes de : Raivavae, Rapa, Rimatara, Rurutu et Tubuai. Elle élit trois représentants.

Organisation des élections (article 105)

Ancienne rédaction
  • I. - L'élection des représentants à l'assemblée de la Polynésie française a lieu, dans chaque circonscription, au scrutin de liste à un tour sans adjonction ni suppression de noms et sans modification de l'ordre de présentation. Il est attribué à la liste qui a recueilli la majorité des suffrages exprimés un nombre de sièges égal au tiers du nombre de sièges à pourvoir arrondi à l'entier supérieur. Cette attribution opérée, les autres sièges sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne. Si plusieurs listes ont la même moyenne pour l'attribution du dernier siège, celui-ci est attribué à la liste qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages. En cas d'égalité des suffrages, le siège est attribué au plus âgé des candidats susceptibles d'être proclamés élus.
  • II. - Sont seules admises à la répartition des sièges les listes ayant obtenu au moins 3 % des suffrages exprimés.

Les sièges sont attribués aux candidats selon l'ordre de présentation sur chaque liste.

Nouvelle rédaction (2007)

Article 105, modifié par la loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007, art. 8 (JORF 22 février 2007) :

  • I. - L'élection des représentants à l'assemblée de la Polynésie française a lieu, dans chaque circonscription, au scrutin de liste à un tour sans adjonction ni suppression de noms et sans modification de l'ordre de présentation.

Les sièges sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne.

Si plusieurs listes ont la même moyenne pour l'attribution du dernier siège, celui-ci est attribué à la liste qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages. En cas d'égalité des suffrages, le siège est attribué au plus âgé des candidats susceptibles d'être proclamés élus.

  • II. - Sont seules admises à la répartition des sièges les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.

Les sièges sont attribués aux candidats selon l'ordre de présentation sur chaque liste.

Nota : Loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007 art. 8 II : Le I entre en vigueur à compter du prochain renouvellement général de l'assemblée de la Polynésie française qui suit la promulgation de la présente loi organique.

Article 106. Chaque liste est composée alternativement d'un candidat de chaque sexe.

Chaque liste comporte un nombre de candidats égal au nombre de sièges à pourvoir, augmenté du même nombre que le nombre de sièges à pourvoir, dans la limite de dix.

Nul ne peut être candidat sur plus d'une liste.

L'ancien mode de scrutin était un scrutin de liste à un tour. La liste ayant recueilli la majorité des voix obtenait une prime conséquente, le tiers supplémentaire des sièges de l’assemblée. Seules les listes ayant recueilli 3 % des suffrages exprimés pouvaient participer à la répartition des sièges.

L’assemblée vote le budget et les comptes de la collectivité et contrôle l’action du président et du gouvernement. Elle règle les affaires de la Polynésie en adoptant des délibérations, mais aussi désormais des « lois du pays ». Celles-ci concernent les nouvelles compétences transférées à la Polynésie dans des domaines touchant au droit civil, au droit du travail et à la fiscalité, qui relèvent en principe du domaine de la loi. Elles sont contrôlées par le Conseil d'État.

La vie politique

Les groupes politiques

Suite aux résultats des élections territoriales de janvier-février 2008, 3 groupes ont pu être représentés à l'Assemblée :

Le 26 février 2008, les élus du Tahoeraa et de l'UPLD fusionnent leur liste et forment un groupe commun, l’UDSP : Union pour le développement, la stabilité et la paix. Seule une élue du Tahoeraa refuse d'intégrer l'UDSP et siège donc en tant que non-inscrite. L'UDSP compte alors 29 élus.

Le 8 avril 2008, 6 représentants des archipels ont démissionné de la formation To Tatou Ai'a afin de constituer le groupe Te Mana o te mau motu (le pouvoir des îles). Ils sont néanmoins unamimes pour dire qu'ils restent solidaires de To Tatou Ai'a.

Le 14 avril 2008, 2 représentants (Justine Teura et Michel Yip) quittent l'UDSP et l'UPLD pour adhérer à Te Mana o te mau motu, puis finalement à To Tatou Ai'a.

Le 11 février 2009, un nouveau groupe, baptisé Ia ora Te Fenua, est créé par six dissidents de To Tatou Ai'a qui s'allient avec l'UDSP : les trois élus Rautahi de Jean-Claude Bouissou, les deux du Tiatau-Mouvement citoyen de Béatrice Vernaudon et Armelle Merceron. Le même jour, pour l'élection du nouveau président, Oscar Temaru reçoit 24 voix (les 18 UDLP, ainsi que les 6 Ia ora Te Fenua), Gaston Tong Sang 20 (soit 14 sur les 17 membres qui lui restaient et les 6 voix de Te Mana o te Mau Motu), Édouard Fritch 12 (en plus des 9 bulletins du Tahoeraa, il obtient celle de trois de To Tatou Ai'a, à savoir les deux dissidents UPLD d'avril 2008 ainsi que l'élue de l'Ai'a Api Heifara Izal, compagne d'Émile Vernaudon) et une pour la seule non inscrite.

Suite à ce scrutin, les groupes To Tatou Ai'a et Te Mana o te Mau Motu passent dans l'opposition, et le groupe Tahoeraa huiraatira est recréé, tout en restant solidaire de l'UDSP et de la nouvelle majorité soutenant Oscar Temaru, avec les 12 élus ayant voté pour Édouard Fritch. Une autre membre de To Tatou Ai'a, Joëlle Frébault, rejoint quant-à-elle à son tour Ia ora Te Fenua, mais ce groupe perd Armelle Merceron, nommée au gouvernement et remplacée à l'Assemblée par le suivant de la liste sur laquelle elle a été élue en 2008 et donc un membre du Tahoeraa dont le groupe est donc porté à 13.

Un nouveau retournement de situation a lieu lorsque, suite à une série de tensions s'accumulant tout au long du mois de mars 2009 entre Gaston Flosse et Oscar Temaru, ce dernier se rapproche de Gaston Tong Sang et du To Tatou Ai'a à partir du 3 avril 2009. Rapidement, les 10 élus Tahoeraa huiraatira rejoignent l'opposition (les deux anciens dissidents UPLD d'avril 2008, Justine Teura et Michel Yip, décident quant-à-eux le 7 avril de quitter le groupe Tahoeraa pour rejoindre leur famille politique d'origine et rester dans la majorité[2]). Toutefois, cinq des vingt élus de l'UPLD ne votent pas pour le candidat de la nouvelle majorité à la présidence de l'Assemblée, Philip Schyle (de To Tatou Ai'a, il obtient 40 voix, soit 15 UPLD, les 13 de son propre groupe, les 6 de Te Mana o te Mau Motu et les 6 Ia ora Te Fenua) : un absent, deux bulletins blancs et deux votent pour le président sortant et candidat du Tahoeraa huiraatira, Édouard Fritch.

Signe de l'instabilité persistante de la situation politique en Polynésie française, une nouvelle motion de censure contre le gouvernement d'Oscar Temaru, couplée à la candidature pour lui succéder de Gaston Tong Sang, est votée le 24 novembre 2009 par 29 voix sur 56 votants (l'absent étant Gaston Flosse, en détention provisoire au centre pénitencier de Nuutania), soit les 13 de To Tatou Ai'a, les 6 îliens de Te Mana o te Mau Motu et 10 sur les 11 du Tahoeraa huiraatira[3]. Le 30 novembre 2009, Te Mana o te Mau Motu est forcé de se dissoudre dans To Tatou Ai'a suite aux départs de Michel Yip (qui avait entretemps de nouveau quitté l'UDSP) et Benoît Kautai pour les non inscrits[4]. Le 11 décembre suivant, un nouveau groupe est créé, Te Natira'a, par trois non inscrits (dont Michel Yip et Benoît Kautai ainsi que l'ex-To Tatou Ai'a Sandra Lévy-Agami), deux élues îliennes de To Tatou Ai'a et un du Tahoeraa. Il s'inscrit dans la majorité soutenant Gaston Tong Sang[5].

Le 25 janvier 2010, Clarenntz Vernaudon démissionne de l'UDSP[6], et est suivi le 10 mars par Justine Teura : tous deux siègent comme non inscrits tout en soutenant désormais la majorité[7]. Le 3 avril 2010, les deux élus du Fetia Api, Philip Schyle et Thilda Fuller, quittent To Tatou Ai'a pour siéger comme non-inscrits, protestant contre la volonté du groupe d'élire un nouveau président de l'Assemblée[8]. Lors de la nouvelle élection au perchoir le 9 avril suivant, un rapprochement a lieu entre To Tatou Ai'a et Ia ora Te Fenua autour d'une candidature commune (le président de Ia ora Te Fenua, Jean-Claude Bouissou), tandis que le groupe Te Natira'a se divise : les deux anciens de To Tatou Ai'a qui l'avaient rejoint (Léonie Mataoa et Liliane Mairoto) soutiennent Jean-Christophe Bouissou avant de rejoindre leur groupe d'origine, et les quatre autres apportent leurs voix aux deux premiers tours à Gaston Flosse et s'inscrivent ensuite au groupe Tahoeraa. Les trois non-inscrits qui jusqu'ici faisaient partie de la majorité (Clarenntz Vernaudon, Justine Teura et Chantal Galenon) ont pourtant voté pour Oscar Temaru aux trois tours (sauf Chantal Galenon au deuxième tour, étant alors candidate et récoltant son seul bulletin) tandis qu'au troisième tour, Gaston Flosse appelle à voter « tout sauf Bouissou », soit Temaru ou le vote blanc[9]. Clarenntz Vernaudon et Justine Teura rejoignent finalement le groupe d'Oscar Temaru qu'ils avaient quitté quelques mois plus tôt, et qui a repris le nom d'UPLD à la place d'UDSP.

La répartition s'établit à cette époque ainsi :

  • Majorité : 32 élus sur 57 mais divisés entre :
    • alliance depuis 2009 au gouvernement mais pas pour l'élection du président de l'Assemblée : 26 élus sur 57 :
    • ont soutenu un candidat commun avec le To Tatou Ai'a mais sans le Tahoeraa aux élections du président de l'Assemblée : 20 élus sur 57 :
      • Ia ora Te Fenua : 6 élus ;
  • Opposition : 25 élus sur 57 (contre le gouvernement) ou 37 élus anti-Bouissou à l'élection du président de l'Assemblée :
    • pro-Temaru : 23 élus sur 57 :
      • UDSP (uniquement l'UPLD désormais) : 22 élus ;
      • non inscrite : 1 élue ;
    • anti-Temaru, anti-Bouissou (Fetia Api) : 2 élus non inscrits.

Les changements politiques persistent par la suite :

  • le groupe Te Mana o te Mau Motu, peut se reformer une fois de plus le 27 janvier 2011, grâce au regroupement des 5 îliens qui avaient été forcé de rejoindre en 2009 To Tatou Ai'a (qui est réduit ainsi à 9 membres), et Benoît Kautai, apparenté au Tahoeraa (qui ne dispose donc plus suite à cela que de 11 élus) depuis 2010, qui revient ainsi dans sa famille d'origine après un an et demi de dissidence. Le groupe affirme toutefois ne pas vouloir voter de motion de censure contre le gouvernement Tong Sang[10].
  • Michel Yip, apparenté Tahoeraa depuis 2010, est déclaré démissionnaire d'office le 29 janvier 2011 par le Conseil d'État au vu de l’incompatibilité entre ses activités dans le milieu de la perle et sa participation au vote d’une loi du Pays suspendant la taxation des perles exportées, et est remplacé à l'Assemblée par sa suivante de liste de 2008, Thérèse Tane, qui rejoint le groupe UPLD (qui passe alors à 23 membres, tandis que le parti de Gaston Flosse passe à 10 élus)[11].
  • Sandra Lévy-Agami, également apparentée Tahoeraa depuis 2010, en désaccord sur le vote du budget, quitte ce groupe (désormais réduit à 9 membres) le 11 février 2011 pour retourner parmi les non-inscrits (dont le nombre est ainsi porté à quatre, avec Chantal Galenon et les deux du Fetia Api)[12].

Une nouvelle motion de censure est déposée par l'UPLD le 24 mars 2011, avec Oscar Temaru comme candidat à la présidence de la Polynésie française. Elle est adoptée le 1er avril suivant par 29 voix sur 57, soit exactement la majorité absolue : les 23 de l'UPLD, 5 sur 6 du Te Mana o te Mau Motu (Eleanor Parker, « prêtée » par To Tatou Ai'a dans un premier temps pour maintenir l'existence de Te Mana o te Mau Motu et qui s'est depuis attachée à ce groupe lorsqu'il a été reformé en janvier 2011, s'est abstenue) et la non inscrite Chantal Galenon, en l'absence des trois groupes qui formaient la majorité sortante et désormais dans l'opposition (To Tatou Ai'a, Tahoeraa et Ia Ora Te Fenua) et des deux élus du Fetia Api (Philip Schyle et Thilda Fuller)[13]. Le 14 avril, le candidat officiel de l'UPLD est élu dès le premier tour avec 29 voix sur 47 votants, soit 22 des membres de son groupe et cette fois la totalité des 6 élus de Te Mana o te Mau Motu ainsi que Chantal Galenon, et malgré la candidature surprise face à lui d'un des membres de sa formation (qui reste toutefois par la suite membre du groupe et de la majorité), Georges Henderson, soutenu par 3 élus du Tahoeraa. Gaston Flosse, également candidat, a pour sa part obtenu 11 voix (5 sur 9 de son parti, et les 6 de Ia Ora Te Fenua qui, après avoir hésité à présenter Jean-Christophe Bouissou, a décidé de soutenir une candidature unique des autonomistes), tandis que 3 ont voté blancs (les non inscrits du Fetia Api et Sandra Levy-Agami) et 10 se sont abstenus (les 9 de To Totou Ai'a et Heifara Izal, apparentée Tahoeraa)[14]. Avec la nomination de membre de l'Assemblée au nouveau gouvernement et leur remplacement par leur suivant de liste de 2008, le groupe UPLD perd officiellement un membre : en effet, Sabrina Levy Birk, qui avait quitté en septembre 2010 le Tavini Huiraatira et après avoir un temps envisagé de renoncer à son mandat de représentante, décide finalement de siéger comme non inscrite mais en soutenant la majorité[15]. De même, le retour à l'Assemblée des membres du précédent exécutif, comme Gaston Tong Sang, provoque alors le départ de Thilda Fuller et redonne donc 10 membres au groupe To Tatou Ai'a.

Au 10 juillet 2011, la composition de l'Assemblée de la Polynésie française s'établit donc ainsi :

La présidence

Le 29 février 2008, Oscar Temaru est élu président de l'Assemblée de la Polynésie française avec 28 voix contre 27 pour le candidat de To Tatou Ai'a Hirohiti Tefaarere, et deux bulletins blancs[16]. Il a bénéficié d'une coalition entre UPLD et Tahoera'a.

Étant élu Président de la Polynésie française le 11 février 2009, Oscar Temaru quitte le perchoir de l'Assemblée polynésienne. Son successeur est élu le 12 février : il s'agit d'Édouard Fritch, du Tahoeraa huiraatira, par 38 voix sur 57, contre 16 bulletins blancs, deux bulletins nuls et un absent[17]. Il est à son tour remplacé, le 9 avril 2009, après la rupture entre le Tahoeraa huiraatira et l'UPLD et le rapprochement de ce dernier avec To Tatou Ai'a, par Philip Schyle (To Tatou Ai'a-Fetia Api) qui obtient une large majorité de 40 voix contre 14 à Édouard Fritch et 2 bulletins blancs[18].

Après la dissidence de Philip Schyle du To Tatou Ai'a et les divisions du camp autonomiste, Oscar Temaru retrouve le « perchoir » le 9 avril 2010 en étant élu au 3e tour de scrutin par 30 voix contre 20 à Jean-Christophe Bouissou. En réaction, le président du gouvernement, Gaston Tong Sang, a demandé au président de la République Nicolas Sarkozy de dissoudre l'Assemblée de la Polynésie française[19]. Après le vote d'une nouvelle motion de censure faisant chuter le gouvernement Tong Sang le 1er avril 2011, et le retour d'Oscar Temaru à cette occasion à la présidence de la Polynésie française, Jacqui Drollet est élu pour le remplacer à la présidence de l'Assemblée le 14 avril suivant.

Auparavant élu pour un an, le Président de l'Assemblée de Polynésie française est élu pour cinq ans (une mandature). Le bureau de l'Assemblée de Polynésie française est élu pour un an (renouvelable chaque année) à la proportionnelle des groupes politiques représentés dans l'hémicycle.

Historique de l'Assemblée

Les Présidents

De Joseph Quesnot, premier président d'une assemblée représentative, élu le 11 mars 1946, à Jacqui Drollet qui accède à cette fonction le 14 avril 2011, 23 élus se sont succédé à la tête de la seule institution de Polynésie française élue au suffrage universel. Jacques Tauraa détient le record de huit mandats au perchoir, suivi de Frantz Vanizette, sept fois président. Une femme a également présidé l'assemblée, Lucette Taero, de 2001 à 2004. Son successeur, Antony Géros, a été le premier président indépendantiste élu à cette fonction, le 3 juin 2004. Hirohiti Tefaarere est le deuxième président du même mouvement politique, le Tavini Huiraatira no te Ao Maohi.

  • Les présidents sont par ordre chronologique (date d'entrée en fonction) :
  1. 11 mars 1946 : Joseph Quesnot
  2. 28 avril 1947 : Joseph Quesnot
  3. 16 mars 1948 Joseph Quesnot
  4. 30 mai 1949 : Jean Millaud
  5. 17 avril 1950 : Jean Millaud
  6. 13 juin 1951 : Jean Millaud
  7. 4 octobre 1951 : Albert Leboucher
  8. 21 décembre 1952 : Albert Leboucher
  9. 14 mars 1953 : Jean-Baptiste Céran-Jérusalémy
  10. 18 octobre 1953 : Noël Ilari
  11. 12 mars 1954 : Noël Ilari
  12. 10 juin 1955 : Walter Grand
  13. 6 mars 1956 : Walter Grand
  14. 11 juin 1957 : Walter Grand
  15. 23 avril 1958 : Jean-Baptiste Céran-Jérusalémy
  16. 27 mai 1958 : Georges Leboucher
  17. 20 mai 1959 : Jacques Tauraa
  18. 15 septembre 1960 : Jacques Tauraa
  19. 2 mars 1961 : Frantz Vanizette
  20. 3 avril 1962 : Frantz Vanizette
  21. 6 novembre 1962 : Jacques Tauraa
  22. 23 avril 1963 : Jacques Tauraa
  23. 26 mai 1964 : Jacques Tauraa
  24. 11 mai 1965 : Jacques Tauraa
  25. 3 mai 1966 : Jacques Tauraa
  26. 9 mai 1967 : Jacques Tauraa
  27. 17 mai 1968 : Jean Millaud
  28. 17 juin 1969 : John Teariki
  29. 14 mai 1970 : Jean Millaud
  30. 13 mai 1971 : John Teariki
  31. 25 mai 1972 : Jean Millaud
  32. 5 octobre 1972 : Gaston Flosse
  33. 29 mai 1973 : Gaston Flosse
  34. 5 juin 1974 : Frantz Vanizette
  35. 29 mai 1975 : Frantz Vanizette
  36. 10 juin 1976 : Gaston Flosse
  37. 7 juin 1977 : Frantz Vanizette
  38. 28 avril 1978 : John Teariki
  39. 29 mai 1979 : Frantz Vanizette
  40. 30 mai 1980 : John Teariki
  41. 29 mai 1981 : Frantz Vanizette
  42. 1er juin 1982 : Emile Vernaudon
  43. 5 avril 1983 : Jacques Teuira
  44. 12 avril 1985 : Jacques Teuira
  45. 27 mars 1986 : Jacques Teuira
  46. 12 mars 1987 : Roger Doom
  47. 10 mai 1988 : Jean Juventin
  48. 3 mai 1989 : Jean Juventin
  49. 4 mai 1990 : Jean Juventin
  50. 28 mars 1991 : Emile Vernaudon
  51. 2 avril 1992 : Jean Juventin
  52. 22 avril 1993 : Jean Juventin
  53. 14 avril 1994 : Jean Juventin
  54. 6 avril 1995 : Tinomana Ebb
  55. 23 mai 1996 : Justin Arapari
  56. 10 avril 1997 : Justin Arapari
  57. 9 avril 1998 : Justin Arapari
  58. 8 avril 1999 : Justin Arapari
  59. 13 avril 2000 : Justin Arapari
  60. 17 mai 2001 : Lucette Taero
  61. 11 avril 2002 : Lucette Taero
  62. 10 avril 2003 : Lucette Taero
  63. 3 juin 2004 : Antony Géros
  64. 16 novembre 2004 : Hirohiti Tefaarere
  65. 14 avril 2005 : Antony Géros
  66. 13 avril 2006 : Philip Schyle
  67. 13 avril 2007 : Édouard Fritch
  68. 29 février 2008 : Oscar Temaru
  69. 12 février 2009 : Édouard Fritch
  70. 9 avril 2009 : Philip Schyle
  71. 9 avril 2010 : Oscar Temaru
  72. 14 avril 2011 : Jacqui Drollet

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

Références

  1. Le tahitien reste interdit à l'assemblée de Polynésie, RFO, 06/10/2010
  2. Y.R., « MAJORITÉ - En fin de journée, Temaru a reçu Gaston Tong Sang avant Édouard Fritch », Les Nouvelles de Tahiti, 07/04/2009
  3. Y.R., « Le retour de la majorité à 29 voix… : POLITIQUE - Temaru renversé par une très courte majorité », La Dépêche de Tahiti, 25/11/2009
  4. B. PRÉVOST, « Le gouvernement cherche une majorité », La Dépêche de Tahiti, 01/12/2009
  5. YT, « Le coup du nouveau groupe », La Dépêche de Tahiti, 12/12/2009
  6. J.-M. Monnier, « POLITIQUE - Le conseiller territorial quitte l’UDSP », La Dépêche de Tahiti, 26/01/2010
  7. ATP, « Justine Teura vient renforcer la majorité », Tahiti presse, 11/03/2010
  8. C. T., « Philip Schyle et Thilda Fuller démissionnent du groupe To Tatou Ai’a », La Dépêche de Tahiti, 04/04/2010
  9. ASF, « “Il faut se rencontrer,tout peut arriver” », Les Nouvelles de Tahiti, 10/04/2010
  10. ATP, « Assemblée : Le groupe Te Mana o te Mau Motu se reforme », Tahiti Presse, 27/01/2011
  11. APF, « Michel Yip démissionnaire d’office », Les Nouvelles de Tahiti, 29/01/2011
  12. « Sandra Lévy-Agami quitte le groupe Tahoeraa », Les Nouvelles de Tahiti, 11/02/2011
  13. ATP, « Motion de défiance adoptée, chute du gouvernement Tong Sang », site de la délégation de la Polynésie française à Paris, 01/04/2011
  14. ATP, « Jacqui Drollet élu président de l'Assemblée de Polynésie », Tahiti Presse, 14/04/2011
  15. G. MARCHETTI, « Indécents ... », Blog Le Presquilien, 26/05/2011
  16. Oscar Temaru élu président de l'Assemblée de Polynésie française, 29 février 2008
  17. SD, « Édouard Fritch élu au perchoir de l'assemblée avec 38 voix », Tahiti Presse, 12/02/2009
  18. SD, « Assemblée : Élection de Philip Schyle sous tension », Tahiti Presse, 09/04/2009
  19. Xinhua, « Oscar Temaru élu président de l'assemblée de la Polynésie française », Le Quotidien du Peuple, 12/04/2010

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