Asif Ali Zardari
Asif Ali Zardari
آصف علی زرداری
Asif Ali Zardari - 2009.jpg
Asif Ali Zardari en septembre 2009, à New York.

Mandats
11e président de la République islamique du Pakistan
Actuellement en fonction
Depuis le 9 septembre 2008
Élection 6 septembre 2008
Premier ministre Youssouf Raza Gilani
Prédécesseur Pervez Musharraf
Mian Muhammad Soomro (intérim)
Biographie
Date de naissance 21 juillet 1955 (1955-07-21) (56 ans)
Nationalité pakistanaise
Parti politique Parti du peuple pakistanais
Conjoint Benazir Bhutto († 2007)
Enfants Bilawal Bhutto Zardari
Bakhtawar Bhutto Zardari
Asifa Bhutto Zardari
Profession Homme d'affaires
Religion Islam chiite
Résidence Islamabad, Pakistan

Coat of arms of Pakistan.svg
Présidents de la
République islamique du Pakistan

Asif Ali Zardari (en ourdou : آصف علی زرداری, en sindhi : آصف علي زرداري), né le 21 juillet 1955 à Nawabshah dans la province du Sind au Pakistan, est un homme d'affaires et homme d'État pakistanais.

Il est veuf de l'ancienne Premier ministre Benazir Bhutto, avec laquelle il s'est marié en 1987. Co-président du Parti du peuple pakistanais, affilié à l'Internationale socialiste, à partir du 30 décembre 2007, il devient président de la République le 9 septembre 2008. L'acte fort de son mandat est la promulgation d'une réforme constitutionnelle, le 19 avril 2010, qui vise à redonner au régime politique sa forme parlementaire originelle en privant le président de la plupart de ses pouvoirs discrétionnaires, transférés vers le Premier ministre surtout.

Sommaire

Famille et vie privée

Zardari est un musulman chiite issu d'une famille influente et riche de la province du Sind. Son père, Hakim Ali Zardari (1930-2011), a été le chef d'une tribu de la province et a ensuite choisit une vie urbaine. Il a commencé sa carrière politique en 1965 et a été élu député en 1970, 1988 et 1993 sous l'étiquette du Parti du peuple pakistanais[1].

Le 18 décembre 1987, il épouse à Karachi Benazir Bhutto, qui était aussi une musulmane chiite. Elle avait alors 34 ans et lui 31. Leur mariage était à l'époque qualifié par les observateurs de mariage « politique ». Benazir était alors la principale figure de l'opposition au régime du général Zia et elle était critiquée par certains pour son célibat. À l'époque, Zardari disait à propos de sa fiancée : « j'aime sa personnalité, le fait qu'une femme se batte seule contre le monde entier ». Le couple aura trois enfants : Bilawal (né en 1988), Bakhtawar (née en 1990) et Asifa (née en 1994).

La famille de Zardari possède un château en Normandie.

Carrière politique

Gouvernement Bhutto et accusations de corruption

Zardari accompagne sa femme Benazir Bhutto, Premier ministre, lors d'une visite officielle aux États-Unis en 1989.

Il siège comme membre de l'Assemblée nationale du Pakistan en tant que ministre de l'Environnement et de l'investissement au cours du second mandat de Premier ministre de son épouse. Son dernier poste est sénateur jusqu'en 1999, année où le Sénat et les Assemblées ont été dissoutes par Pervez Musharraf, qui a pris les rênes du gouvernement après un coup d'État contre le Premier ministre Nawaz Sharif.

En 1990, Zardari est arrêté sous l'accusation de chantage se fondant sur des allégations selon lesquelles il aurait reçu des commissions de deux hommes pakistanais possédant leur compte en banque en Suisse[2]. Cependant, les accusations sont retirées quand il est libéré de prison en 1993 et les chefs d'accusations sont effacés lorsque son épouse redevient Premier ministre. En 2008, la justice suisse ferme le dossier après que le ministère public a constaté le manque de preuve. C'est à ce moment-là qu'il gagne son surnom de « Monsieur 10 % », en référence aux commissions qu'il était accusé de percevoir.

Après que le gouvernement Bhutto a été de nouveau démis, Zardari est maintenu en détention de 1997 à 2004 sous inculpation de corruption et de meurtre. Il est libéré sous caution en novembre 2004 quand un juge déclare que toutes ces accusations ne sont pas fondées, alors que des allégations de pression sur le juge ont également été faites[3].

Exil et retour au pays

Après avoir été libéré de prison en novembre 2004, Zardari a vécu à Manhattan et Dubaï jusqu'en 2007.

Suite à l'assassinat de son épouse Benazir Bhutto, le 27 décembre 2007, Zardari rentre au Pakistan pour assister à son enterrement le 28 décembre. Il est élu co-président du Parti du peuple pakistanais, le 30 décembre 2007, au cours d'une assemblée extraordinaire, tandis que son fils Bilawal Bhutto Zardari en devient quant à lui président, selon le souhait de sa mère.

Président de la République

Élection

Composition de l'Assemblée nationale après les élections de 2008 et compte tenu des élections partielles.

Alors qu'il a été élu co-président du Parti du peuple pakistanais (PPP), ce dernier remporte les élections législatives du 18 février 2008, en remportant environ 30 % des voix et une majorité relative à l'Assemblée nationale. Youssouf Raza Gilani devient en mars 2008 Premier ministre, à la tête d'un fragile gouvernement de coalition qui comprenait alors notamment la Ligue musulmane du Pakistan (N) de Nawaz Sharif, arrivée deuxième aux élections. Youssouf Raza Gilani est un proche de Zardari et était également un proche de Benazir Bhutto.

En août 2008, après la démission du président Pervez Musharraf, Zardari devient candidat à l'élection présidentielle. Ce choix est contesté par la Ligue musulmane du Pakistan (N) qui quitte la coalition et présente son propre candidat. La coalition parlementaire dominée par le Parti du peuple pakistanais conserve toutefois sa majorité absolue.

Le 6 septembre 2008, Asif Ali Zardari est élu Président de la République en recueillant 481 suffrages des 702 grands électeurs du collège électoral[4] (composé de l'Assemblée nationale, du Sénat, et des quatre assemblées provinciales). Il est assez impopulaire au sein de l'opinion publique pakistanaise dès son accession à la présidence du fait de ses accusations de corruptions, et profite grâce à sa position d'une immunité pénale.

Réforme constitutionnelle

Le président Zardari et Hillary Cliton en mai 2009.

Alors que son impopularité augmente, Zardari consent finalement à une réforme constitutionnelle qui le privera de ses pouvoirs discrétionnaires les plus importants, transférés vers le Premier ministre et le Parlement. Cette réforme, déposée devant le Parlement par le Premier ministre Gilani et votée en avril 2010, vise à redonner au régime politique pakistanais sa valeur originelle de la Constitution de 1973, à renforcer le rôle du Parlement et à accélérer la décentralisation du pouvoir au profit des provinces. Zardari aurait pu empêcher la réforme puisqu'il disposait du pouvoir de révoquer le Premier ministre et de dissoudre l'Assemblée nationale. Il ne dispose désormais plus de ces derniers pouvoirs. La réforme lui retire également le pouvoir de nommer les juges de la Cour suprême ainsi que les hauts postes militaires.

Zardari signe l'amendement constitutionnel le 19 avril 2010 lors d'une cérémonie officielle. Le principal chef de l'opposition, Nawaz Sharif, a accepté l'invitation du président et a assisté à la cérémonie.

Malgré le vote de la réforme, il garde de fait un rôle important, notamment grâce à sa position au sein du Parti du peuple pakistanais.

Insécurité et relations avec les militaires

Zardari fait face à une insurrection islamiste provenant du Nord-Ouest du pays. Son mandat correspond à une reprise des offensives de l'armée contre les insurgés après de vaines tentatives de paix début 2009.

Zardari entretiendrait des relations difficiles avec les militaires, et notamment avec le chef de l'armée Ashfaq Kayani (depuis 1977, deux chefs de l'armée ont pris le pouvoir par des coups d'État contre le pouvoir civil). Selon les communications de diplomates américains divulguées par Wikileaks, Zardari aurait choisi sa sœur Faryal Talpur, députée à l'Assemblée nationale, pour lui succéder s'il devait quitter brutalement le pouvoir. Selon ces mêmes informations, Ashfaq Kayani aurait une très faible considération envers Zardari et préférerait voir Faryal Talpur présidente.

Critiques

Zardari est impopulaire dès son accession au pouvoir parmi l'opinion pakistanaise. Il pâtit alors des accusations de corruption formulées à son encontre après le second mandant de Premier ministre de son épouse, et est largement considéré comme un homme corrompu. Il est aussi accusé d'être éloigné des préoccupations de la population pakistanaise. De plus, il apparait peu durant les moments de crises et s'adresse rarement à la Nation. Ses opposants l'accusent souvent de faiblesse ou d'incompétence. Début 2010, la popularité de Zardari au sein de l'opinion pakistanaise n'est que de 20 %[5].

Durant les inondations de 2010 au Pakistan, le président était en tournée européenne, en France et au Royaume-Uni. Malgré la gravité des évènements et la proportion importante de la population touchée, il refuse alors d'annuler son voyage, ce qui provoque la colère de nombreux Pakistanais[6]. Il rentre finalement le 9 août puis se rend dans les zones sinistrées. Il défend son attitude qu'il a jugé utile afin d'attirer l'attention de la communauté internationale sur la catastrophe.

Relations internationales

C'est en Chine qu'il effectue son premier voyage officiel en septembre 2008. Le 25 septembre 2008, il rencontre notamment Sarah Palin aux États-Unis, et alors que celle-ci portait une jupe, il lui dit « je pourrais vous faire un câlin ». Ses paroles ont notamment provoqué une fatwa (non violente) déclarant que les jupes courtes étaient « anti-islamique » mais aussi des critiques de la part de féministes et d'éditorialistes pakistanais, fustigeant le comportement sexiste et le manque de diplomatie de leur dirigeant[7].

En mai 2009, Zardari rencontre Barack Obama et Hamid Karzai à Washington afin de discuter des problèmes de sécurité entre le Pakistan et l'Afghanistan.

En octobre 2009, il rencontre le pape Benoît XVI en vue de discuter des problèmes de la minorité chrétienne au Pakistan.

À l'occasion d'une tournée européenne, en août 2010, il rencontre le président français Nicolas Sarkozy, puis le Premier ministre David Cameron, à Londres, où il reste cinq jours, dans le but d'établir un partenariat renforcé avec le Royaume-Uni. Sa tournée a lieu alors que le Pakistan doit faire face aux plus grandes inondations de son histoire, qui provoquent de nombreux morts et des millions de réfugiés.

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Références

Voir aussi

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