Arts martiaux dravidiens
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Les arts martiaux dravidiens sont les arts martiaux indiens pratiqués par les peuples dravidiens de l'Inde du Sud. D'une grande ancienneté selon les mentions RV et puisqu'on en a des traces écrites dès le IIe siècle av. J.‑C. ou peut-être au IIIe siècle av. J.‑C., les arts martiaux dravidiens comprennent les combats dans l'arène (kalaripayat), faisant appel à toutes sortes d'armes blanches, mais aussi les marma ati et Varma Kalai, attaques sur les points vitaux proches des techniques enseignées à Shaolin.

Sommaire

Histoire

À la différence du Nord de l'Inde, l'Inde du sud n'a connu que peu d'invasions étrangères. Toute cette partie de l'Inde a donc pu développer — ou continuer à développer — une culture originale.

Des traces écrites des arts martiaux dravidiens remontent au IIe siècle av. J.‑C. ou peut-être au IIIe siècle av. J.‑C., lorsque différentes méthodes de combat ont été décrites dans la littérature sangam. L’Akananuru et le Purananuru décrivent l'usage de lances, d'épées, de boucliers, d'arcs et de silambam dans l'ancien Tamil Nadu. Le mot kalari apparait dans le Puram (vers 225, 237, 245, 356) et l’Akam (vers 34, 231, 293) pour décrire aussi bien un champ de bataille qu'une arène pour combattre. Le mot kalari tatt désigne une prouesse martiale, cependant que kalari kozhai désignait un couard au combat[1].

Chaque guerrier de l'ancien Tamilakkam, l'ancien Tamil Nadu, recevait un entrainement militaire régulier[2] pour le tir à la cible et l'équitation. Ils se spécialisaient dans un ou plusieurs des armes importantes de la période, en particulier le vel (la lance), le val (l'épée), le kedaham (le bouclier), et le vil ambu (l'arc et les flèches). Les techniques de combat de la période sangam furent les premiers précurseurs du kalaripayat[3].

Vers 630 ap. J.-C., le roi Narasimhavarman de la dynastie des Pallava commanda des douzaines de sculptures de granit montrant des guerriers désamés désarmant eux-mêmes des guerriers armés. Ceci peut avoir montré une forme précoce de varma adi[4], un art martial dravidien qui autorisait les coups de pied, les coups de genou, les coups de coude[5], et les coups frappés à la tête et à la poitrine, mais qui prohibait les coups portés sous la ceinture.

Ceci est à rapprocher du style décrit dans le Rig Veda et Agni Purana (VIIIe siècle environ)[4], qui contient plusieurs chapitres donnant des descriptions et des instructions sur le dhanur veda, avec une référence à un sutra précoce sur le dhanur veda remontant à plusieurs siècles auparavant[6].

Les arts martiaux n'étaient pas propres à la caste des guerriers, la caste des kshatriya. le texte du VIIIe siècle Kuvalaymala, de Udyotanasuri, note que des arts martiaux sont enseignés dans des institutions salad et ghatika où des étudiants brahmanes venus de tout le sous-continent (et en particulier d'Inde du Sud, du Rajasthan et du Bengale « apprenaient et pratiquaient le tir à l'arc, le combat avec l'épée et le bouclier, avec des poignards, des bâtons, des lances, à poings nus, et en duel (niuddham)[7]. »

Le kalaripayat (et le marma adi ou le varma ati)[4] se développèrent pour prendre leur forme moderne vers le XIe siècle, au cours d'une longue période de guerres entre les dynasties Chera et Chola[8].

Les arts martiaux indiens connurent une période de déclin après l'introduction des armes à feu, et en particulier après le plein établissement du British Raj au XIXe siècle[9].

Des méthodes plus européennes pour organiser la police, l'armée, et les institutions gouvernementales, l'augmentation de l'usage des armes à feu, érodèrent progressivement le besoin d'un enseignement traditionnel de l'entrainement au combat associé avec les devoirs spécifiques à chaque caste[10].

Le gouvernement colonial britannique bannit le kalaripayat en 1804 en réponse à une série de révoltes[11]Modèle:Verify source La résurgence de l'intérêt public pour le kalaripayat a commencé dans les années 1920 à Tellicherry dans le cadre d'une redécouverte des arts traditionnels à travers toute l'Inde du Sud, qui a caractérisé la réaction croissante contre l'administration coloniale britannique[10].

Arts martiaux du Kerala

Article détaillé : Kalaripayat.

Types d'arts martiaux

  • Kalaripayat, combat en arène
  • Marma ati, attaque sur les points vitaux

Armes utilisées

Localisation du Kerala en Inde
  • Urumi (fouet d'acier en spirale)
  • Kurunthadi (bâton court)
  • Otta (bâton courbe)
  • Gadha (gourdin, massue)
  • Kattari (poignard)
  • Vettukathi (kukri)
  • Churika/Kadhara (courte épée)
  • Val (Épée longue)
  • Paricha (bouclier rond)
  • Churika/Kadhara (épée courte)
  • Kuntham (lance)
  • Kettukari (long bâton)
  • Ambum Villum (arc et flèches)
  • Trisool (trident)

Arts martiaux du Tamil Nadu

Types d'arts martiaux

  • Adithada (sorte de kickboxing)
  • Kuttu varisai (combat aux pieds et aux mains)
  • Varma Kalai (attaque sur les points vitaux)
  • Malyutham (lutte et prises)

Armes utilisées

Localisation du Tamil Nadu en Inde
  • Silambam (bâton long)
  • Muchaan (bâton court)
  • Iretthai Mulonggol (bâton double)
  • Iretthai Vaal (doubles épées)
  • Vaal (épée simple)
  • Vaal/Kedeyam (épée/bouclier)
  • Vettarival (machette)
  • Kattari (petit poignard)
  • Peetchuva (kris à double tranchant)
  • Surul Pattai (fouet d'acier en spirale)
  • Suulam (trident)
  • Maduvu (bois de cerf)
  • Surul Kombu (cornes spiralées)
  • Valari (boumerang)
  • Vel or Etty (lance)
  • Vill Ambu (arc et flèches)

Annexes

Notes

Références

  1. P. R. Suresh, 2005 Kalari Payatte - The martial art of Kerala. sur palmlandtours.net
  2. Subramanian, N. (1966). Sangam polity. Bombay: Asian Publishing House.
  3. Phillip B. Zarrilli, A South Indian Martial art and the Yoga and Ayurvedic Paradigms sur spa.ex.ac.uk University of Exeter
  4. a, b et c Svinth, J. R. (2002). A Chronological History of the Martial arts and Combative Sports, Electronic Journals of Martial arts and Sciences.
  5. Phillip B. Zarrilli, Les points vitaux (Marmmam/Varmam) dans deux traditions martiales du Sud de l'Inde, Paradigms of Practice and Power in a South Indian Martial art. University of Exeter
  6. P. C. Chakravarti, The art of warfare in ancient India. Delhi, 1972
  7. D. H. Luijendijk, (2005) Kalarippayat: India's Ancient Martial Art, Paladin Press, 2005, (ISBN 1-58160-480-7)
  8. Phillip B. Zarrilli, (1998) When the Body Becomes All Eyes: Paradigms, Discourses and Practices of Power in Kalarippayattu, a South Indian Martial art, Oxford: Oxford University Press, 1998
  9. Phillip B. Zarrilli, « To Heal and/or To Harm: The Vital Spots (Marmmam/Varmam) in Two South Indian Martial Traditions Part I: Focus on Kerala's Kalarippayattu », dans Journal of Asian Martial Arts, vol. 1, no 1, 1992 
  10. a et b Phillip B. Zarrilli, When the Body Becomes All Eyes: Paradigms, Discourses and Practices of Power in Kalarippayattu, a South Indian Martial Art, Oxford University Press, 1998 
  11. D. H. Luijendijk, Kalarippayat: India's Ancient Martial Art, Boulder, Paladin Press, 2005 (ISBN 1581604807) [lire en ligne] 

Bibliographie

(en)  

Articles connexes

Liens externes


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