Art des Saljukides d’Iran

Art des Saljukides d'Iran

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On appelle art des Saljukides d'Iran l'art produit dans tout l'est du monde islamique entre la prise de Bagdad (1055) et les invasions mongoles.

Nomades d'origine turque (c’est-à-dire de Mongolie actuelle), les Saljukides déferlèrent sur le monde Islamique vers la fin du Xe siècle par l'est de l'Iran (Transoxiane et Khwarezm). Ils s'emparèrent peu à peu du pouvoir en jouant sur les inimitiés entre les différentes micro-dynasties de la région et s'emparèrent de Bagdad en 1048, mettant fin au règne abbasside dans les faits, bien qu'ils aient conservé un calife-marionnette sur le trône de Bagdad. Les Saljukides, comme leurs prédécesseurs, virent leur pouvoir décroître au fil du temps et de nombreuses petites dynasties voir le jour dans les zones les plus reculées. On estime la fin de la période saljukide en Iran à 1194, bien que la production d'objet homonymes date de la fin du XIIe et du début du XIIIe siècle, et ait donc été réalisé pour des souverains indépendants, plus petits.

Sommaire

Architecture

Architecture religieuse

C'est sous les Saljukides qu'apparut pour la première fois le plan iranien, peut-être dans le remaniement de la Grande Mosquée d'Isfahan. Le plan iranien comporte quatre iwans disposés de manière cruciforme autour d'une cour, ainsi qu'une salle sous coupole servant de salle de prière. Dans la Grand Mosquée d'Isfahan telle qu'elle se présentait à l'époque, il semble (selon les travaux de Galdieri) que cette pièce se trouvait détachée du reste de la mosquée par un couloir à ciel ouvert qui l'excluait de l'ancienne salle de prière hypostyle. De nombreuses hypothèses circulent à propos de cet édifice extrêmement complexe, et il serait hasardeux d'en dire davantage étant donné les nombreuses études contradictoires. On sait simplement que ce bâtiment est contemporain de la construction de nombreuses autres mosquées à Ardistan, Zvareh, Qazvin, Qurva, etc. Celle de Saveh est un peu plus tardive (1136) et bien connue, avec un plan iranien modèle et une belle salle sous coupole qui jouxte l'iwan du sud-ouest.

Architecture funéraire

Un autre monument important de cette période est le mausolée de Sanjar à Merv (Turkménistan actuel), qui date de 1152 environ. Construit en briques, comme il est de tradition en Iran, il constitue l'un des monuments funéraires les plus imposants connus. Il est organisé en deux parties : une haute base carrée, ouverte d'arcades en partie supérieure, et un tambour circulaire soutenant une double coupole (hémisphérique à l'intérieur, et sans doute pointue à l'extérieur). Le décor ici est assez minimal, alors qu'il se développe sur d'autres monuments funéraires comme la tour de Masud à Ghazni (début du XIIe siècle). Le décor architectural à cette période est réalisé principalement grâce aux jeux sur la disposition des briques et à des motifs de plâtre.

Objets

Pour les objets, comme on l'a déjà fait remarquer, ceux que l'on appelle « Saljukides » sont en réalité plus tardifs.

Céramique

Coupe avec Barham Gûr et Azadeh, Iran, fin XIIe-deb XIIIe, Metropolitan museum of art

La céramique à cette période bénéficie d'une avancée considérable : l'invention de la pâte siliceuse. Il s'agit d'un type de pâte nouveau, qui comporte moins d'argile que celle utilisée précédemment, mais plus de quartz. La matière est beaucoup plus difficile à travailler du fait de sa dureté, mais aussi plus blanche et plus fine. Les potiers ne l'utilisaient sans doute que pour la vaisselle de luxe. Il est possible que les Iraniens ait été précédés par les Fatimides, cependant, d'autres spécialistes estiment qu'ils auraient pu redécouvrir une technique existant dans l'antiquité ou faire des recherches ciblées pour obtenir une pâte ressemblant à celle de la porcelaine chinoise, et ce malgré l'absence de kaolin en Iran.

Le décor de ces pièces peut tout d'abord jouer sur la qualité intrinsèque de l'objet, en mettant en relief sa transparence, sa blancheur par l'apposition d'une glaçure incolore et le percement de petits trous (décors en « grain de riz ») ou la gravure d'inscriptions dans la pâte. Le lustre est également employé, sans doute produit dans les ateliers de Kashan. Les historiens de l'art distinguent deux styles : le style monumental, avec des motifs peints en réserve et une influence égyptienne, et le style miniaturiste qui s'inspirait sans doute de peintures contemporaines, disparues.

Coupe à décor en grain de riz, pâte siliceuse, Iran, XIIe siècle, Louvre

Les Saljukides sont également à l'origine d'une technique dite minaï (« miniature ») ou haft rang (« sept couleurs »). Elle permet d'obtenir un décor extrêmement polychrome, avec sept couleurs de base : rouge, blanc noir, or, vert, brun et bleu. Deux cuissons au moins, à des températures différentes, sont nécessaires pour cuire les couleurs, qui ne résistent pas toutes à la haute température, et pour obtenir des nuances (notamment de vert, bleu et brun qui sont des pigments instables). Il s'agit donc d'une technique particulièrement délicate et coûteuse. Les décors ainsi réalisés s'inspirent largement de l'art du livre. Un suprême raffinement consiste à mélanger les deux techniques du lustre et du haft rang.

Il ne faut pas penser, pourtant, que les techniques plus anciennes sont abandonnées : on trouve encore de nombreuses pièces en pâte argileuse avec des glaçures colorées et des décors plus simples, comme le prouve la pièce en illustration, conservée au musée du Louvre.

Métal

Les métaux dits saljukides marquent un apogée dans cet art. Les métaux précieux semblent moins utilisés que le bronze et les autres alliages cuivreux. On a longtemps pensé que cela était dû à une pénurie de l'or et de l'argent, cependant, des chercheurs comme Mélikian-Chirvani remettent fortement en cause cette hypothèse, non attestée par les travaux des historiens. Beaucoup d'objets semblent avoir été faits pour le marché, et non pour un commanditaire particulier, ce qui s'expliquerait par la montée d'une bourgeoisie marchande.

C'est vers la fin du XIIe siècle qu'apparaissent les métaux incrustés, qui forment la plus importante et la plus riche production. Cependant, on connaît également des objets non incrustés, comme une série de brûle-parfums en forme de lions extrêmement stylisés, dont un exemplaire est conservé au Metropolitan Museum of Art et un autre au Louvre. Dans les métaux incrustés, on compte des chandeliers, des encriers de diverses formes (c'est à ce moment qu'apparaît le type de l'encrier en forme de mausolée, par exemple) des cruches, des plateaux, des aiguières, etc. Un objet particulièrement important est le seau Bobrinsky, conservé au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, qui porte une date (correspondant à 1163 de l'ère chrétienne), la mention du commanditaire, la signature de l'artiste et l'indication « fait à Hérat ». Dans ce même musée, on trouve un aquamanile en forme de zébu qui allaite son petit alors qu'un lion lui dévore la bosse. Son importance réside dans sa date : 1206, la plus avancée connue pour un objet dit saljukide.

Notons enfin une production très particulière : le bronze blanc, un alliage de cuivre et d'étain, mais avec une proportion d'étain si forte (plus de 15 %) que le métal prend une couleur pâle et devient extrêmement cassant, aussi fragile que du verre. Les rares pièces faites et conservées montrent que le métal était coulé, et non pas martelé comme pour les autres pièces.

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