Prison de Fleury-Merogis

Maison d'arrêt de Fleury-Mérogis

48°38′16″N 2°22′31″E / 48.63778, 2.37528 La prison de Fleury-Mérogis est une maison d'arrêt située dans la banlieue sud de Paris, sur la commune de Fleury-Mérogis. C'est le plus grand centre pénitentiaire d'Europe.

Sommaire

Présentation

Le complexe pénitentiaire de Fleury-Mérogis, édifié entre 1964 et 1968, comprend :

  • une maison d'arrêt pour homme ;
  • une maison d'arrêt pour femmes ;
  • une maison d'arrêt pour jeunes détenus ;
  • une caserne de gendarmerie et les logements du personnel.

Le projet, conçu par l'architecte Guillaume Gillet, prend la forme d'un bâtiment central polygonal d'où rayonnent 5 blocs (ou tripales) de détention eux-mêmes composés de 3 ailes de quatre niveaux et un autre bâtiment polygonal abritant les installations techniques et les ateliers entourant l'ensemble. Chaque tripale peut accueillir entre 700 et 900 détenus. Le centre compte officiellement 3 110 places. Présentée comme un modèle à son ouverture, maintenant considérée comme un échec, l'architecture de la prison de Fleury-Mérogis est directement inspirée du panopticon de Jeremy Bentham.

Avec la prison de Fresnes et la prison de la Santé, c'est l'un des trois principaux établissements pénitentiaires de la région parisienne, et le plus grand centre pénitentiaire d'Europe. Le centre pour jeunes détenus et le centre pour femmes se trouvent à part de l'ensemble, mais sont rattachés administrativement au centre pénitentiaire.

Détenus célèbres

Parmi les détenus, en détention provisoire ou condamnés à des peines plus ou moins longues ou récurrentes :

L'association « Lire c'est vivre »

L'association « Lire c'est vivre », de statut loi 1901, a été fondée en 1987 par une équipe de bibliothécaires de la lecture publique, de l'Essonne. L'objectif était de structurer la création de bibliothèques et le développement de la lecture dans la maison d'arrêt. Les premières bibliothèques avaient été créées à partir de 1984 par deux bibliothécaires, Geneviève Guilhem (qui a initié la création de la première bibliothèque) et Edith Bargès, dans le cadre du Protocole signé, en 1983 par Robert Badinter, ministre de la Justice, et Jack Lang, ministre de la Culture. Une première convention fut alors signée par le directeur de la maison d'arrêt avec la présidente de l'association, Edith Bargès.

En 2008, l'association comprend :

  • une « bibliothèque centrale »
  • des bibliothèques dans chaque bâtiment, au nombre total de neuf, construites sur le modèle de petites bibliothèques municipales.

Chaque bibliothèque est gérée quotidiennement par des « auxiliaires bibliothécaires détenus », responsables de l'accueil, du prêt et du rangement. Il existe au total dix bibliothèques (de 60 m2 chacune) sur le site de Fleury-Mérogis : cinq chez les hommes, deux chez les isolés, une chez les femmes, une chez les mineurs et une chez les adultes du Centre des jeunes détenus. Les bibliothèques sont dotées de 5 000 livres en prêt et d'une trentaine de revues et d'abonnements (30 titres de revues, soit 134 abonnements en 2007). Cette gestion est dirigée par une équipe de bibliothécaires professionnelles bénévoles. Deux salariés assurent le secrétariat. Un directeur coordinateur fut recruté pour assurer l'activité grandissante de l'association.

L'objectif de « Lire c'est vivre » est la gestion des bibliothèques de la prison. Cela comprend le développement dynamique des collections, l'organisation de la fréquentation des bibliothèques, une animation liée à la lecture tout au long de l'année et une formation et un accompagnement quotidien des bibliothécaires détenus. Ceux-ci sont recrutés par l'association en accord avec le personnel pénitentiaire, et rémunérés par l'administration pénitentiaire. Les tâches des détenus bibliothécaires vont du prêt à l'organisation de la bibliothèque (rayonnages), à la tenue des listes des détenus ayant demandé à fréquenter la bibliothèque (public potentiel d'environ 4 000 détenus – 55 % sont inscrits en 2007), au suivi de la fréquentation enfin. De plus, ils accueillent et orientent les lecteurs et veillent au respect des personnes et du lieu. Ils recueillent les demandes spécifiques de livres ou de revues et transmettent ces informations à l'équipe de « Lire c'est vivre ». Enfin, ils ont un rôle d'incitation à la lecture et d'animation au sein de chaque bibliothèque (environ 3 600 ouvrages empruntés dans chaque bibliothèque sur un an en 2007).

Dans les années 90, l'association initie une formation pour les auxiliaires bibliothécaires détenus en partenariat avec le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). Celui-ci crée ensuite, sous la direction de Jean-Pierre Chrétien-Goni, une formation qualifiante aboutissant à un diplôme, le Certificat de compétences en médiation culturelle du CNAM, qui implique pour chaque auxi-bibliothécaire de mener son propre projet d'action culturelle au sein de la détention.

Outre l'organisation d'un accès direct aux collections pour l'ensemble des détenus, l'association organise et coordonne des animations culturelles autour du livre : cercles de lecture (un par bibliothèque, une fois par semaine et toute l'année, animés par des bénévoles), ateliers d'écriture et de lecture à voix haute, cercles de philosophie, ateliers de théâtre et de contes, ateliers de bandes dessinées, ateliers de culture scientifique… Des rencontres avec des personnalités du monde de la culture (telles Simone Veil, Peter Brook, Nancy Huston…) sont par ailleurs organisées. L'association a édité la revue Liralombre[1] entre 1991 et 2002, en co-édition avec les éditions Panormitis, avec des écrits des détenus et d'auteurs lus pendant les « cercles de lecture ». Elle édite ensuite, en co-édition avec les éditions AAEL de Toulouse, un livre réalisé sous la direction de Geneviève Guilhem, Dans ma cellule j'ai fait le tour du soleil publié début 2009.

Documentaires

La prison de Fleury-Mérogis a fait l'objet de plusieurs films documentaires :

  • 1989 : Les Combats du jour et de la nuit à la prison de Fleury-Mérogis de Stéphane Gatti : montre comment Armand Gatti met en scène une pièce de théâtre célébrant le bicentenaire de la Révolution avec les détenus[2]
  • 1993 : Galères de femmes de Jean-Michel Carré[3]
  • 2001 : Dans le secret de la prison de Fleury-Mérogis de Jacques Cotta et Pascal Martin, diffusé sur France 2[4]
  • 2009 : Prison de Fleury, les images interdites d'Omar Dawson, Karim Bellazaar, Agnès Vahramian (narration) et Sylvie Millet, diffusé sur France 2 (Envoyé spécial du 2 avril 2009, 20h35)[5]

Références

Pour approfondir

Bibliographie

  • Angel Perez, Fleury-Mérogis, La Pensée universelle, Paris, 1982, 156 p. (ISBN 2-214-04666-6) 
  • Serge Coutel, L'Envolée, Lieu commun, Paris, 1985, 240 p. (ISBN 2-86705-035-9)  : sur l'évasion en hélicoptère de 1981
  • Collectif d'auteurs, Le Spectateur anonyme, Ramsay, coll. « Libertines », Paris, 1986, 124 p. (ISBN 2-85956-504-3) 
  • Jean-Louis Daumas et Pierre Mezinski, La Zonzon de Fleury, Calmann-Lévy, Paris, 1995, 204 p. (ISBN 2-7021-2377-5)  : sur le centre des jeunes détenus, par son ancien directeur
  • Élisabeth Cons, La Boîte à oubli : Dix ans à Fleury-Mérogis, Jean-Claude Lattes, Paris, 2000, 265 p. (ISBN 2-7096-2199-1) 
  • Martine Schachtel, Femmes en prison : Dans les coulisses de Fleury-Mérogis, Albin Michel, Paris, 2000, 176 p. (ISBN 2-226-12071-8) 
  • Fabienne Maestracci, Les Murs de vos prisons, Albiana, Ajaccio, 2001, 163 p. (ISBN 2-905124-82-2) 
  • Christian Giudicelli, Parloir, Seuil, Paris, 2002, 167 p. (ISBN 2-02-032614-0)  ; rééd. Points, 2007 (ISBN 978-2-7578-0360-8)
  • Isabelle Le Bourgeois, Derrière les barreaux des hommes : Femme et aumônier à Fleury-Mérogis, Desclée de Brouwer, Paris, 2003, 150 p. (ISBN 2-220-05230-3) 
  • Augustin Rosenstiehl et Pierre Sartoux, Construire l'abolition, École d'architecture Paris-Malaquais et Urbsédition, coll. « Carnets de Malaquais », Paris, 223 p. (ISBN 2-9521733-1-1), chap. 2 (« Fleury-Mérogis ») 
  • Léonore Le Caisne, Avoir 16 ans à Fleury : Ethnographie d'un centre de jeunes détenus, Seuil, Paris, 2008, 341 p. (ISBN 978-2-02-091468-0) 

Liens externes

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