Potosi

Potosí

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Potosí
Potosí
Administration
Pays Bolivie Bolivie
Département Flag of potosi.svg Potosí
Province Tomás Frías
Maire René Joaquino
Géographie
Latitude 19° 35′ 00″ Sud
       65° 45′ 00″ Ouest
/ -19.5833, -65.75
Longitude
Altitude 3 976 – 4 070 m
Superficie 11 821,8 ha = 118,218 km²
Démographie
Population 164 480 hab. (2007)
Densité 1 391,3 hab./ km²
Localisation
Bolivia location map.svg
City locator 14.svg
Potosí

Potosí est une ville de Bolivie et la capitale du département de Potosí. Son nom vient du quechua Potojsi qui signifie « tonnerre ». Elle se trouve à une altitude de 4 070 m et comptait environ 164 480 habitants en 2007. C'est une des villes les plus hautes du monde, construite au pied du Cerro Rico (« Montagne riche »), une montagne de minerai d'argent qui domine la ville de ses 4 824 m.

La vieille ville fait partie de la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Sommaire

Histoire

Potosí est fondée en 1545 pour exploiter la mine proche. Durant près de 60 ans, l'Europe va énormément s'enrichir grâce aux richesses accumulées par l'Etat espagnol : l'argent extrait de la montagne dans des quantités colossales alimente les caisses de la couronne espagnole qui le dilapidra à son tour en faste et en dépenses de luxe aux profit des artisans européens au détriment de la production locale[1]. Paradoxalement l'Espagne sortit ruinée des dépenses fastueuses de la monarchie des Habsbourg, tandis que les conditions dans le reste de l'Europe furent propices au développement industriel[2]. Colbert écrit à cette époque : « Plus un Etat fait de commerce avec l'Espagne, plus il possède d'argent »[3].

Encore aujourd'hui, l'expression vale un Potosí (« cela vaut un Potosí » — citation du Don Quichotte) — s'emploie en espagnol à peu près avec le même sens que l'expression française « c'est le Pérou », dont l'origine historique est la même.

Le Cerro Rico, en exploitation depuis la fondation de Potosí
La Casa de la Moneda, où était frappé l'argent de Potosí
Pièces en argent d'une valeur de 8 reales, frappés à Potosí

L'argent était extrait par le travail forcé des Indiens, institué par Francisco de Toledo au travers d'une transformation de l'institution incaïque de la mita. La ville devient rapidement la ville la plus peuplée d'Amérique derrière Mexico, avec au moins 200 000 habitants. Cependant, des milliers, voire des millions d'Indiens meurent à cause de problèmes respiratoires dus à la poussière dans les mines ou encore lorsqu'ils restent bloqués dans celles-ci après un éboulement. On dit que la quantité d'argent extraite des mines de Potosi suffirait à construire un pont au-dessus de l'Atlantique pour relier Potosì à la péninsule ibérique, mais les ossements de mineurs morts dans des accidents y suffiraient également.

Après 1800, l'argent se fait rare, et l'étain devient la première ressource. La ville entame son déclin économique. Aujourd'hui, bien que déclarées épuisées, les mines sont toujours exploitées artisanalement par les habitants, dans des conditions de sécurité toujours désastreuses pour les mineurs.

Au cours de la Guerre d'indépendance, (1809-1825), Potosí est particulièrement convoitée et passe à plusieurs reprises des mains des Royalistes à celles des Patriotes. Les excès de la Première armée auxiliaire argentine, sous le commandement de Castelli, conduisent à un fort désir d'indépendance et focalisent de forts ressentiments à l'égard de l'Argentine. Au cours de cette occupation, il y a de nombreuses exactions et une grande anarchie, à tel point que Potosí en devient indéfendable.

Lorsque arrive la Seconde armée auxiliaire, celle-ci est chaleureusement reçue et son commandant, Belgrano, fait beaucoup pour remédier aux blessures occasionnées par Castelli. Quand son armée doit se retirer, Belgrano prend la décision calculée de détruire la Casa de Moneda. Comme les habitants refusent de l'évacuer, l'explosion devrait se traduire par une hécatombe. Cependant le désastre est évité, non pas par l'Argentine qui était déjà en fuite, mais par les habitants qui ont éteint la mèche.

Les relations tissées par Belgrano sont balayées d'un seul coup. Deux autres expéditions parties d'Argentine s'empareront de Potosí.

Panorama de la ville de Potosí, avec le Cerro Rico au centre droit.

Climat

Le climat est sec tout au long de l'année. Les précipitations ne sont pas abondantes. L'été, la température peut atteindre 22 °C, mais redescend à 12 °C dès le soir. L'hiver, les écarts thermiques sont plus grands, les maxima ne changent pas beaucoup, mais les minima peuvent passer en dessous de 0 °C.

Communication

Une route relie la ville à Sucre, capitale administrative du pays, en trois bonnes heures de trajet. Une autre route conduit vers La Paz ou Cochabamba, via Oruro — une bonne nuit de trajet. Un chemin de fer dont l'usage reste à confirmer rejoint le Chili ainsi que la capitale. L'aéroport n'est plus utilisé aux dernières nouvelles.

Tourisme

Entrée d'une mine sur le Cerro Rico
Église de San Lorenzo, sur la Plaza de Armas de Potosí

Potosi fut aux XVIe et XVIIe siècles la ville la plus peuplée au monde (si l'on prend en compte la population des mines), et est restée la seconde plus belle ville du pays, après Sucre.

La Casa de la Moneda, témoin des atrocités commises par les Espagnols durant les XVIe et XVIIe siècles siècles, est un édifice impressionnant au passé chargé. L'éprouvant travail du métal était assuré pour l'essentiel par des esclaves venus d'Afrique, tandis que les mines étaient exploitées par des autochtones, peut-être encore plus à plaindre tant leur espérance de vie était réduite.

Les rues piétonnes, les maisons coloniales aux couleurs vives, les balcons en bois, tout ici montre un riche passé. La cathédrale, située en plein centre-ville, est magnifique. La place principale invite au repos, au farniente.

Potosí et le Cerro Rico

On peut difficilement faire l'impasse sur la visite des mines du Cerro Rico, pourtant fortement à déconseiller aux personnes claustrophobes ou facilement épuisées par la raréfaction de l'oxygène. En raison de l'activité tellurique, la température à l'intérieur atteint allègrement 30 °C, et l'atmosphère y est difficilement respirable.

Voir aussi

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Liens externes

Références

  1. Eduardo Galueno, Les veines ouvertes de l'Amérique latine, Pocket, 1971, p. 41.
  2. Eduardo Galueno, Les veines ouvertes de l'Amérique latine, Pocket, 1971, p. 37.
  3. cité in Eduardo Galueno, Les veines ouvertes de l'Amérique latine, Pocket, 1971, p. 38.
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