Politique de la polynésie française

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Politique de la Polynésie française

Polynésie française

Armoiries de la Polynésie française
Cet article fait partie de la série sur la
politique de la Polynésie française,
sous-série sur la politique.

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Sous protectorat français depuis 1842, sous le nom d'Établissements français de l'Océanie, la Polynésie est devenue territoire d'outre-mer (TOM) en 1946 puis collectivité d'outre-mer (COM) en 2003.

Sommaire

Evénements politiques

Au XXe siècle

En 1958, avec l'entrée en vigueur de la Ve République, cinq TOM choisissent, en raison de la faiblesse de leur population, de ne pas devenir des États autonomes, faisant partie de la Communauté française : ce sont, en plus de la Polynésie, Saint-Pierre-et-Miquelon, la Côte française des Somalis, l'archipel des Comores et la Nouvelle-Calédonie. Le statut de 1977 qui accorde au territoire l'autonomie interne est modifié en 1984 par le statut de la décentralisation (source Larousse 1986 grand dictionnaire encyclopédique)

Dans le prolongement des lois Defferre sur la décentralisation, la Polynésie bénéficie, en 1984, d'un premier statut d'autonomie interne. Vingt ans plus tard, celui-ci est révisé et renforcé pour la quatrième fois.

En 2004

En 2004, au travers de la loi organique n° 2004-192 du 27 février, le nouveau projet consacre un système de « discrimination positive » en matière d'emploi et de patrimoine foncier, en faveur des citoyens pouvant faire état d'une certaine durée de résidence dans le Pacifique. Sur le modèle calédonien, il introduit la notion de « loi du pays », mais celle-ci n'a pas la même valeur juridique qu'en Nouvelle-Calédonie. Sur le Caillou, les lois du pays sont soumises au Conseil constitutionnel et ont donc, après validation, force de loi. En Polynésie, ces « lois » seront transmises au Conseil d'État et ne constitueront que des actes administratifs à caractère particulier.

L'autonomie de la Polynésie franchit cependant un nouveau palier avec la possibilité qui lui est accordée de négocier des accords internationaux avec des États ou des organismes internationaux, et pas seulement ceux de la zone Pacifique. Autre changement significatif, le président du gouvernement de Polynésie française devient « président de la Polynésie française » et il est choisi parmi les rangs de l'Assemblée de la Polynésie française. (Article 69 du statut)

Enfin, sous couvert de statut, le texte propose une réforme tout à fait particulière du mode de scrutin pour les élections territoriales  : outre le découpage en deux de l'archipel des Tuamotu, il relève le seuil de 5 % à 10  % des suffrages exprimés pour la répartition des sièges et, par voie d'un amendement déposé directement par Gaston Flosse au Sénat, il attribue une prime majoritaire de 33 % à la liste arrivée en tête au premier tour. Par ce double mécanisme, les minorités politiques locales pourraient disparaître pour ne laisser place qu'à un affrontement entre le Tahoeraa huiraatira (Rassemblement du peuple, UMP locale) de M. Flosse et le Tavini Huiraatira (Serviteurs du peuple, indépendantistes de gauche, proches du PS).

Cependant, aux élections territoriales du 9 mai 2004, bien que l'UMP reçoive plus de suffrages que l'alliance des indépendantistes et des autonomistes (républicains) réunis dans une coalition dénommée UPLD (Union Pour La Démocratie), elle perd la majorité absolue. Le leader de la coalition Oscar Temaru est élu président de la Polynésie française le 14 juin 2004 par 29 voix contre 28. Le 9 octobre suivant, cependant, le gouvernement de Temaru est censuré par l'assemblée du territoire suite à l'adoption de deux motions de censure présentées par Gaston Flosse par 29 voix contre 28, l'un des élus indépendantistes ayant rallié l'autre camp. Le Tavini, soutenu par le PS, accuse alors les partisans de M. Flosse de « corruption » et dénonce un « coup d'état légal ». Le 16 octobre, 15 000 personnes, soit 10 % de la population de Tahiti, manifestent à Papeete pour exiger la dissolution de l'Assemblée Territoriale. Pour la première fois de l'histoire, des manifestations ont également lieu à Nuku Hiva et Rangiroa.

En 2005

Le 13 février 2005, des élections partielles ont lieu dans la circonscription des îles du Vent (37 sièges sur 57) suite à leur annulation par le Conseil d'État. L'Union pour la démocratie (UPLD) emporte 46 % des voix, contre 40 % au Tahoreaa et 10 % à l'Alliance pour une démocratie nouvelle (ADN, soutenue par l'UDF). L'ULPD dispose alors de 28 sièges, le Tahoera'a Huiraa'atira - UMP de 27 et l'ADN en a 2. Oscar Temaru est élu par 29 voix contre 27 à Gaston Flosse. Un élu du Tahoera'a ayant rejoint les sièges de l'UPLD.

Cette période de deux années, très troublée politiquement, a entrainé une sévère récession économique, marquée par la désorganisation de l'action politique, la perte de confiance des investisseurs, des licenciements et le dépôt de bilans de nombreuses PME.

En 2006

Le 13 décembre 2006, une motion de censure déposée par l'opposition (Tahoeraa + non-inscrits) est adoptée à l'assemblée de Polynésie grâce aux deux voix ADN renversant de ce fait le président Oscar Temaru. L'élection du nouveau président de la Polynésie française a eu lieu le 26 décembre, Gaston Tong Sang y a été élu.

En 2007

Les élections législatives françaises de juin 2007 en Polynésie française redonnent deux députés du Tahoeraa Huiraatira à l'Assemblée nationale : Michel Buillard (député sortant) et Bruno Sandras. Le Président du Tahoera'a, Gaston Flosse, pour qui cette victoire donne l'occasion d'un retour sur le devant de la scène politique polynésienne, annonce immédiatement dans une interview (La Dépêche de Tahiti du 17 juin 2007) : « La dissolution ? la question vraiment se pose sérieusement ».

En 2008

La dissolution ayant été prononcée, le vote du 27 janvier 2008 voit s’affronter principalement trois partis. C’est le parti autonomiste To Tatou Ai'a de Gaston Tong Sang qui arrive en tête avec 36,42 % des suffrages exprimés, cependant que l’UPLD indépendantiste d’Oscar Temaru et son allié depuis juillet 2007, le Tahoera’a Huiraatira’a de Gaston Flosse recueillent respectivement 32,90 % et 21 ,79 % des suffrages. Le 29 janvier, soit deux jours après le premier tour, Gaston Flosse lance un appel par voie de presse et sur les ondes (La Dépêche de Tahiti du 30 janvier 2008, page 24) et déclare : « Je le sais, certaines de mes décisions ont pu vous inquiéter ou vous heurter. Je tiens à vous exprimer mes regrets à ce sujet. Je tiens à vous rassurer. À l’issue du second tour, le 10 février, j’en prends l’engagement devant vous, le Tahoera’a Huiraatira’a ne conclura aucune alliance avec les indépendantistes […]. J'en fais le serment. »

Lors du second tour des élections territoriales, le 27 janvier, les électeurs composent la nouvelle Assemblée de la Polynésie française avec 27 élus autonomistes de To Tatou Ai'a, 10 élus du Tahoera'a de Gaston Flosse et 20 élus indépendantistes de l'UPLD d’Oscar Temaru .

Le 11 février, le président-délégué du Tahoera’a Huiraatira’a et ex-gendre de Gaston Flosse, Édouard Fritch, déclare dans La Dépêche de Tahiti, page 6 : « Le peuple veut un gouvernement autonomiste » et logiquement, son parti se rapproche du To Tatou Ai'a de Gaston Tong Sang pour aboutir à un accord verbal destiné à lui attribuer la Présidence de l’Assemblée cependant que Gaston Tong Sang sera élu à la Présidence du pays, comme le veut le résultat du scrutin.

Le 21 février 2008, les 27 élus du To Tatou Ai'a de Gaston Tong Sang unissent leurs voix à celles des 10 élus de leur nouvel allié autonomiste et Édouard Fritch devient Président de l’Assemblée avec 36 voix contre 21 au candidat indépendantiste Antony Géros.

Coup de théâtre le 23 février 2008, lorsque les membres de l’Assemblée de la Polynésie française se réunissent pour élire le Président du Pays. Jusqu’à la veille du vote, les deux seules candidatures sont celles de l’autonomiste Gaston Tong Sang et de l’indépendantiste Oscar Temaru. Cependant, à l’ouverture de la séance, on apprend qu’une autre candidature a été déposée la veille, à 23h23, soit quelques minutes avant l’heure limite de dépôt des candidatures, en l’occurrence celle de Gaston Flosse, en principe allié du To Tatou Ai'a de Gaston Tong Sang qui a donné la Présidence de l’Assemblée à Édouard Fritch. Quant à l’indépendantiste Oscar Temaru il retire la sienne, laissant ainsi le champ libre à l’élection de son ancien et nouvel allié, Gaston Flosse. Au premier tour, Gaston Flosse, dont le parti ne dispose que de 10 sièges et en reniement de son serment public du 29 janvier et de l’accord verbal passé avec le To Tatou Ai'a, est élu à la Présidence par 29 voix donc avec l’appui des indépendantistes, contre 27 voix pour l’autonomiste Gaston Tong Sang, et un bulletin blanc. Le lendemain 24 février, l’UMP rompt tout lien avec Gaston Flosse qui se prévalait encore de son appartenance à cette formation dans son serment du 29 janvier.

Second coup de théâtre le 29 février, lorsqu'Édouard Fritch démissionne de son poste de Président de l’Assemblée, officiellement pour ne pas trahir la parole donnée au To Tatou Ai'a mais en fait dans le but de faire procéder à une nouvelle élection destinée à mettre à sa place l’indépendantiste Oscar Temaru. Celui-ci est élu grâce aux voix des représentants Tahoera’a Huiraatira’a.

La Polynésie est donc gouvernée pendant deux mois par le représentant d’un parti qui n’a obtenu que 17,26 % des voix lors du scrutin du 10 février, alors que le parti de Gaston Tong Sang, avec ses 45,36 % des voix, est relégué dans l'opposition. La population, choquée par la trahison de Gaston Flosse et des élus de son parti, se regroupe en une marche pacifique le samedi 1er mars pour manifester son désarroi et sa colère de voir son vote confisqué par des manœuvres certes légales, mais dont la légitimité est contestable.

Le 16 mars, de nombreuses communes, dont celle de Pirae, fief historique du Tahoera’a Huiraatira’a, voient la victoire des candidats soutenus par le To Tatou Ai'a.

Une motion de censure cependant renverse le président en place le 15 avril 2008 et Gaston Tong Sang reprend sa place et doit désormais former le gouvernement dans les cinq jours. En effet, le maire de Bora Bora a été élu président de la Polynésie française, juste après l'adoption par l'Assemblée d'une motion de défiance. Cette motion avait été déposée la semaine précédente par 15 représentants, membres de To Tatou Ai'a, et du nouveau groupe dit « des îliens » Te Mana o te Mau Motu (la voix des archipels). Cette motion a été votée, en l'absence des représentants du Tahoera'a, des indépendantistes de l'UPLD et des membres du gouvernement, par 29 voix et un bulletin blanc, celui d'Armelle Merceron, traditionnellement fidèle du sénateur Gaston Flosse mais qui n'avait jamais accepté son alliance avec Oscar Temaru.

Pendant le débat sur la motion de défiance, Jean-Christophe Bouissou, vice-président du To Tatou Ai'a , a stigmatisé « le parjure » de M. Flosse qui avait fait le serment de ne jamais s'allier avec les indépendantistes. « Il existe désormais, a-t-il dit, une nouvelle génération de Polynésiens qui refuse le mensonge et qui attend de nous une politique ambitieuse de développement. »

En 2009

Gaston Tong Sang démissionne en février 2009 afin d'éviter une motion de défiance dans laquelle Gaston Flosse (autonomistes), Oscar Temaru (indépendantistes) et le Rautahi se sont alliés. Cette démission devrait empêcher le déroulement du vote dans le délai légal du dépôt de la motion de défiance, car il n'y a plus de président en exercice. Le 7 février, Gaston Tong Sang annonce « sa démission immédiate » et que son gouvernement reste en place « pour assurer les affaires courantes ». Il demande donc au président de l'Assemblée de Polynésie française, Oscar Temaru d'acter sa démission pour qu'il regagne les bancs de l'Assemblée. Ce dernier refusant, Gaston Tong Sang dépose en référé un recours pour valider sa démission. Se déclarant incompétent, le tribunal administratif rejette ce recours et le dirige vers le conseil d'Etat. A la grande suprise de tous, Oscar Temaru acte la démission de Gaston Tong Sang. [1] Ce qui permet donc d'élire un nouveau président. La motion de défiance n'a plus lieu d'être. Depuis la Guadeloupe, Yves Jégo, le ministre de tutelle, déclare à ce sujet : « Désormais, il n'est plus question de motion de défiance : elle est tombée. Nous devons parler maintenant de l'élection d'un nouveau président pour la Polynésie ».

Le 12 février 2009, Oscar Temaru est élu pour la 4ème fois président de la Polynésie Française. Ceci après avoir obtenu l'alliance d'anciens membres du To Tatou Ai'a dont Jean Christophe Bouissou pour qui cette fois ci l'alliance avec le mouvement indépendantiste n'était plus ni parjure ni mensonge.

Députés élus en Polynésie française

  • 2007, 2 circonscriptions, Michel Buillard (Tahoera'a Huiraatira) — Bruno Sandras (Tahoera'a Huiraatira)
  • 2002, 2 circonscriptions, Michel Buillard (Tahoera'a Huiraatira) — Béatrice Vernaudon (Tahoera'a Huiraatira)
  • 1997, 2 circonscriptions, Michel Buillard (Tahoeraa Huiraatira) — Émile Vernaudon (Ai'a Api)
  • 1993, 2 circonscriptions, Jean Juventin (Here ai'a) — Gaston Flosse (Tahoera'a Huiraatira)
  • 1988, 2 circonscriptions, Alexandre Léontieff (Tahoera'a Huiraatira) — Émile Vernaudon (Ai'a Api)
  • 1986, 1 circonscription - 2 sièges, Alexandre Leontieff (Tahoera'a Huiraatira) — Gaston Flosse (³) (Tahoera'a Huiraatira)
  • 1981, 2 circonscriptions, Jean Juventin (Here Ai'a) — Gaston Flosse (²) (Tahoera'a Huiraatira)
  • 1978, 2 circonscriptions, Jean Juventin (Here Ai'a) — Gaston Flosse (Tahoera'a Huiraatira)
  • 1973, 1 circonscription - 1 siège, Francis Sanford (E'a Api)
  • 1968, 1 circonscription - 1 siège, Francis Sanford (E'a Api)
  • 1967, 1 circonscription - 1 siège, Francis Sanford (E'a Api)
  • 1962, 1 circonscription - 1 siège, John Teariki (RDPT)
  • 1958, 1 circonscription - 1 siège, Pouvana'a Oopa (¹) (RDPT) (élu en 1947 et réélu en 1951).

(¹) : Pouvana'a Oopa a été déchu de son mandat le 12 février 1960 - Marcel Pouvanaa Oopa l'a remplacé, suite à une élection partielle du 26 juin 1960, due à l'entrée en vigueur sur le TOM de la Ve République. Ce dernier décède (14/07/61) et est remplacé par John Teariki à compter du lendemain ; (²) Tutaha Salmon à partir du 29/08/1982 (démission de Gaston Flosse) ; (³) Édouard Fritch à partir du 02/04/1986 (nomination de Gaston Flosse au gouvernement).

Bibliographie

  • Henri Hiro (1944-1991), "pehepehe i tau nunaa", "message poetique", Tahiti, edition Haero po, 2004
  • Sémir Al Wardi, Tahiti et la France : le partage du pouvoir, Paris, L'Harmattan, 1998
  • Marc Joyau, Le Juriste et la Tortue. Plongée dans les eaux troubles du droit polynésien, Tahiti, Les Éditions de Tahiti, 2005.

Voir aussi

Lien externe


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