Arnoul De Metz

Arnoul de Metz

Saint Arnoul
Saint Arnould.jpg

Saint Arnoul, chapelle Sainte-Glossinde à Metz
évêque de Metz
Naissance v. 582
Lay-Saint-Christophe
Décès 18 juillet 640 
Saint-Mont, Saint-Amé
Nationalité franque
Fête le 18 juillet
Saint patron des brasseurs lorrains
Serviteur de Dieu • Vénérable • Bienheureux • Saint
Arnulfiens et Pépinides

Maires du Palais

Carolingiens

Arnoul de Metz, Arnould, Arnoulf ou encore Arnulf, dit saint Arnoul, né vers 582 à Lay-Saint-Christophe et mort probablement en 640 au Saint-Mont de Saint-Amé, était le 29e évêque de Metz. Il gouverna dans les faits avec Pépin de Landen le royaume d'Austrasie, puis devint moine au Saint-Mont.

C’est le fondateur de la dynastie des Arnulfiens, alliée des Pépinides. Père d’Ansegisel, aïeul de Pépin de Herstal, quadrisaïeul de l’empereur Charlemagne, il est l'ancêtre de la dynastie carolingienne.

Sommaire

Biographie

L’ascendance de saint Arnoul fait débat depuis le IXe siècle. Les documents contemporains du saint le disent de la plus haute noblesse franque, tandis que des généalogies ultérieures lui attribuent pour père soit Arnoald évêque de Metz, soit Bodegisel ambassadeur franc à Constantinople.

Article détaillé : Origine des Arnulfiens.

Il appartient donc à une grande famille de la noblesse franque située dans la Woëvre et dont les biens s'étendaient entre Metz et Verdun. On possède sur le saint, deux Vita Arnulfi, la première écrite peu de temps après sa mort par un moine, la seconde par un certain Ummo au Xe siècle. D'après ce second texte, il est né sous Maurice Ier, dans la villa Layum probablement Lay-Saint-Christophe près de Nancy. Sa naissance remonterait donc entre 582 et 590. Il reçut l'enseignement qui était alors en vigueur dans les familles aisées[1].

Il travaille ensuite au palais d’Austrasie auprès de Gundulf, son grand-oncle, qui exerçait au poste de chef du palais et de conseiller du roi[2]. Puis il entre, pendant une douzaine d’années, au service du roi Théodebert II dont il est un temps intendant des domaines royaux[1],[3],[4].

Il songe à se retirer pour mener une vie ascétique mais sa famille parvient à le marier vers 610 à Dode avec qui il aura deux fils Chlodulf († 697) et Ansegisel († av.679)[3],[4].

Par sa position de leude à la cour, il entre dans l’opposition contre Brunehilde et, associé à Pépin de Landen, fait appel au roi de Neustrie Clotaire II, qui vainc et fait exécuter la vieille reine. Arnoul et Pépin marient ensemble leur enfant respectif Ansegisel et Begga, donnant ainsi naissance à la dynastie carolingienne[4].

En 613, Clotaire II devient maître de tout le royaume et récompense ses fidèles. Le roi Clothaire II l’invite expressément à accepter le siège épiscopal de l’évêché de Metz qui est la capitale du royaume d’Austrasie. Il est ainsi le 29e évêque de Metz de 613 à 628, et fait preuve d’un dévouement dans l’accomplissement de ses attributs. Il est pour cela très apprécié et Clotaire II continue à l’associer au gouvernement de l’Austrasie. Il a donc tenu un rôle très important, tant dans la vie de l’église que dans la gestion du royaume d’Austrasie[4].

Clotaire II le nomme précepteur de son fils Dagobert Ier, dernier grand roi mérovingien. Il est domesticus, c’est-à-dire conseiller de celui-ci. Lorsque Clotaire II nomma Arnoul évêque de Metz, son épouse sainte Doda entra au couvent puisqu'un évêque ne peut être marié[4].

Selon l’historiographie en 629, lorsque meurt Clotaire II, il se retire et entrer dans les ordres, malgré la détermination de Dagobert Ier qui menaçait de faire tuer ses fils pour le forcer à rester à son poste. Quand on saint que Dagobert écarte Pépin de Landen de la mairie du palais, les menaces de Dagobert avaient plus probablement pour objet de faire partir saint Arnulf de ses charges, afin d'éloigner des deux principaux chefs de l'aristocratie austrasienne[3]. Il rejoint son ami saint Romary, fondateur du monastère de Remiremont (Romaryci Mons) selon la règle de saint Colomban[4].

Arnoul meurt au Saint-Mont, près de Remiremont un 18 juillet, probablement en 640. Ses restes sont transférés à Metz dans l'église des Saints-Apôtres, qui prit le nom de Saint-Arnoul en 717.

Légende et culte

Son nom reste associé à un trésor de la cathédrale de Metz qui a miraculeusement échappé à la rapacité révolutionnaire ; un anneau, en or fin massif, d'un travail assez grossier, comportant une agate onyx sur laquelle est gravée un poisson engagé dans une nasse autour de laquelle se noient deux autres poissons.

Cette scène n'est pas sans rappeler le fait historique ou anecdotique lié à cet anneau et rapporté par l'écrivain Paul Diacre lui-même le tenant de la bouche même de Charlemagne. Selon cet auteur, saint Arnoul passant sur un pont de la Moselle jeta dans le fleuve ledit anneau en priant Dieu de le lui rendre en témoignage du pardon de ses fautes. Quelques temps après, on retrouva dans les entrailles d'un poisson l'anneau épiscopal.

« Saint Arnoul décida un beau jour de jeter son anneau dans la Moselle. Son geste est une preuve d'humilité. En le jetant, il dit : « Je croirai que Dieu m'a pardonné mes péchés quand je retrouverai cet anneau ». De là est née cette fameuse légende qui laisse penser qu'un poisson avala l'anneau et fut servi peu de temps après à la table épiscopale. À en croire la légende, Dieu est entré indirectement en contact avec Arnoul qui fut lavé de ses péchés et fit de lui un représentant légitime de Dieu sur terre. »

C'est en souvenir de ce fait que depuis on le portait en procession à l'église de Saint-Arnoul le jour de la fête du saint évêque. Enlevé en 1793 avec les vases sacrés de la cathédrale, il fut racheté par un des officiers de la monnaie. ll fut rendu au trésor en 1846.

Sa vie, où il a laissé le souvenir d'un grand d'Austrasie, malgré son opposition à Brunehilde, mais aussi surtout sa légende, dite Légende de saint Arnoul a marqué profondément la mémoire des régions de l'est de la France.

Saint Arnoul est le saint patron des brasseurs lorrains. Peu de temps après sa mort, ses reliques furent rapportées de Remiremont à Metz. Arrivées près de Champigneulles (ou de Nossoncourt selon d'autres versions de la légende[5]), les personnes qui les rapportaient manquèrent de bière et prièrent saint Arnoul afin d’avoir de quoi se restaurer. Leurs prières furent exaucées lorsqu’ils retrouvèrent miraculeusement de la bière dans leurs tonneaux vides[6]. Ce sujet rare a été représenté par Jean-Baptiste de Champaigne.

Généalogie

 
Bodogisel
ambassadeur à Byzance
(† 589)
 
Chrodoare
abbesse d’Amay
(† 611 ?)
 
Arnoald
év. de Metz
(† 601)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Arnulf
évêque de Metz
(† 641)
 
 
 
Dode
 
Pépin l'Ancien
maire du palais
(† 640)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Clodulf
évêque de Metz
(† 697)
 
 
 
 
Ansegisel
domestique
(† 662)
 
Begga
(† 693)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Aunulf
(† 697/714)
 
Martin
comte
(† 680)
 
Clotilde Dode
x Thierry III
roi des Francs
 
 
Pépin de Herstal
maire du palais
(† 714)

Le nom de Doda n'apparaît qu'au Xe siècle, mentionné par Ummo dans la seconde Vita Arnulfi[7].

Des généalogies présentent parfois un troisième fils Walchisus qui est le père de Wandregisil, connu par la postérité sous le nom de Saint Wandrille[8]. C’est en contradiction avec plusieurs autres textes, la première Vita Arnulfi, Paul Diacre, qui précise que saint Arnoul ne laisse que deux fils. En fait, cet ajout généalogique est le résultat d’une mauvaise interprétation de la Vita Ansberti qui nomme « princeps Pipinus Ansegisili filius » comme « consobrinus…beati patris Wandragisili » (« le prince Pépin fils d'Ansegisel est le cousin du saint père Wandrille »). consobrinus a été pris au sens de « cousin germain » et les historiens on déduit une fraternité entre Ansegisel et Waldegisel, le père de saint Wandrille. En fait, le cousinage, un peu plus éloigné, s'explique autrement : saint Wandrille est petit-fils de Waldrade, sœur de Pépin l'ancien[9].

Notes et références

  1. a  et b Fustel de Coulanges, Histoire des institutions politiques de l’ancienne France, vol. 6, livre II, Hachette, Paris, 1907, p. 149 
  2. Vita Gundulfi (Settipani 2000, p. 203).
  3. a , b  et c Settipani 1993, p. 148-7.
  4. a , b , c , d , e  et f Riché 1983, p. 25-27.
  5. Daniel Bigerel, Saint Goëric, Cercle d’études locales de Houdemont 
  6. Le miracle brassicole de saint Arnould
  7. .Settipani 1993, p. 47
  8. Foundation for Medieval Genealogy.
  9. Toujours d'après Ummo et sa seconde Vita Arnulfi (Settipani 1993, p. 47).

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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Bibliographie

  • Pierre Riché, Les Carolingiens, une famille qui fit l'Europe, Hachette, coll. « Pluriel », Paris, 1983 (réimpr. 1997), 490 p. (ISBN 2-01-278851-3) 
  • Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens (Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 1), éd. Patrick van Kerrebrouck, 1993 (ISBN 2-9501509-3-4) 
  • Christian Settipani, « L'apport de l'onomastique dans l'étude des généalogies carolingiennes », dans Christian Settipani et Katharine S. B. Keats-Rohan, Onomastique et Parenté dans l'Occident médiéval, Prosopographica et genealogica, Oxford, 2000, 310 p. (ISBN 1-900934-01-9), p. 185-229 
  • Jean-Charles Volkmann, Bien connaître les généalogies des rois de France, Éditions Gisserot, 1999 (ISBN 2-877472086) 
  • Michel Mourre, Le Petit Mourre. Dictionnaire d'Histoire universelle, Éditions Bordas, avril 2007 (ISBN 978-2-04-732194-2) 
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