Pierre Henri Helene Tondu

Pierre Henri Hélène Tondu

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Pierre-Henri-Hélène-Marie Tondu, dit Lebrun-Tondu, né à Noyon le 27 août 1754 (baptème le 28 août paroisse Ste Madeleine de Noyon) la date du 6 mars 1754[1][2]parfois donnée est erronée, guillotiné à Paris le 27 décembre 1793, est un journaliste et un ministre français.

Sommaire

Avant la Révolution

Fils de Christophe-Pierre Tondu, marguillier, et d'Elisabeth-Rosalie Lebrun[3], il étudie au collège de Noyon grâce à une aide financière des chanoines de cette ville, avant d'être élève au collège Louis-le-Grand, à Paris. Entré en religion, il devient clerc tonsuré[1] sous le nom d'« abbé Tondu » et occupe un emploi à l'Observatoire, où il s'adonne aux mathématiques. Puis, pendant deux ans, il est militaire, avant d'obtenir sa congé. Installé dans la Principauté de Liège en 1781 sous le nom de « Pierre Lebrun »[4], il entre comme prote à l'atelier d'imprimerie de Jean-Jacques Tutot, où il devient bientôt rédacteur, et se marie à Liège le 28 juillet 1783 avec Marie-Jeanne-Adrienne Cherette, qui lui donne quatre enfants: Jean-Pierre-Louis (né le 21 juillet 1784), Marie-Berbe-Joséphine (née le 10 septembre 1786), Charles-Théodore-Gilbert-Joseph (né le 16 février 1788) et Marie-Françoise-Charlotte-Henriette (née le 11 août 1789)[3]. En juin 1785, il quitte Tutot et, avec Jacques-Joseph Smits, fonde à Liège le Journal général de l'Europe, périodique favorable aux idées nouvelles qui obtient un grand succès. De plus en plus critique à l'égard du Prince-Évêque, il doit, en juillet 1786, installer ses presses dans les Pays-Bas autrichiens, à Herve (Limbourg), non loin de Liège. Ayant acquis la nationalité liégeoise, il s'implique étroitement dans la vie politique et participe à la révolution liégeoise en 1789, rédigeant également le Journal patriotique de Liège du 18 mars au 4 juillet 1790.

Sous la Révolution

Contraint à l'exil lors de la restauration de 1791, il passe à Lille en janvier et élabore avec d'autres exilés un projet de constitution proclamant l'égalité de tous les citoyens, la liberté de la presse et la formation d'une assemblée nationale où les bourgeois compteraient une représentation deux fois plus nombreuse que celles du clergé et de la noblesse. Le 18 décembre, il se présente devant l'Assemblée législative à la tête d'une délégation liégeoise pour lui demander de décréter le recrutement d'une légion de volontaires belges et liégeois[5]. Engagé dans la politique belliciste de Jacques-Pierre Brissot, il entre, grâce à lui et à Charles François Dumouriez, comme premier commis du 1er bureau du Ministère des Affaires étrangères[6]. Après le 10 août 1792, il devient ministre des Affaires étrangères dans le Conseil exécutif provisoire (11 août 1792) et présente à la Convention nationale un tableau politique de l'Europe le 25 septembre. Partisan d'une paix immédiate avec la Prusse après la victoire de Valmy, il mène des négociations secrètes dans ce sens; puis, après l'échec des négociations, il se montre un partisan de la guerre de conquête et défend l'annexion de la Belgique et des Pays-Bas. Le 12 novembre, il fait baptiser sa fille, née la veille, Civilis-Victoire-Jemmapes-Dumouriez, le parrain étant Dumouriez.

Provisoirement chargé du ministère de la Guerre après la démission de Servan en octobre, il dépose, les 19 et 31 décembre, des rapports sur les projets de l'Angleterre contre la France dans lesquels il se prononce cependant pour une politique de paix à son égard, et révèle les protestations de l'Espagne en faveur de Louis XVI. Président de quinzaine du Conseil exécutif le 20 janvier 1793, c'est lui qui signe l'ordre d'exécution du souverain déchu.

Dans les premiers mois de 1793, il tente de renouer avec lord Grenville, afin d'éviter une rupture avec la Grande-Bretagne. Le 7 mars, il rend compte devant l'Assemblée de la rupture des relations diplomatiques avec l'Espagne et de l'imminence de son entrée en guerre. Le 2 février, Sémonville étant suspecté d'intelligence avec Louis XVI après la publication d'une lettre de Talon retrouvée fin novembre 1792 dans l'armoire de fer, il l'invite à venir se justifier à Paris et le suspend de ses fonctions[7].

Dénoncé dès la fin de 1792 par les Montagnards pour ses liaisons étroites avec les Girondins, soupçonné de complicité avec le général Charles François Dumouriez, il est décrété d'arrestation le 2 juin 1793 avec 29 députés girondins et son collègue Étienne Clavière. D'abord maintenu provisoirement en fonctions, il est renvoyé par décret avec Clavière devant le tribunal révolutionnaire le 5 septembre, mais parvient à s'évader le 9; il rejoint la Bretagne, où il participe à la révolte contre la Convention. De retour à Paris, où il se dissimule sous le nom d'un brasseur liégeois, il est arrêté, le 2 nivôse an II (22 décembre 1793), par François Héron, agent du comité de sûreté générale. Traduit devant le tribunal révolutionnaire, il est condamné à mort le 7 nivôse (27 décembre) « comme ayant été appelé au ministère par Roland, Brissot, Dumouriez, et ayant à cette époque été l'âme du parti d'Orléans et appuyé de tous ses efforts, avec Clavière et Roland, la proposition de Kersaint de fuir au delà de la Loire avec l'Assemblée législative, le conseil exécutif et Capet », et guillotiné le jour même.

Sa défense, rédigée par ses soins, a été publiée en l'an IV sous le titre: Mémoires historiques et justificatifs de mon ministère.

Jugement de Madame Roland

Dans ses Mémoires, Madame Roland le décrit ainsi: « Il passait pour un esprit sage, parce qu'il n'avait d'élans d'aucune espèce, et pour habile homme, parce qu'il était un assez bon commis, mais il ni activité, ni esprit, ni caractère. »

Source partielle

Notes et références

  1. a  et b Marcel Dorigny, « Lebrun-Tondu », dans Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989 (rééd. Quadrige, 2005, pp. 657-658.
  2. Le 27 août 1754 selon Jean François Eugène Robinet, Adolphe Robert, Julien Le Chaplain, Dictionnaire historique et biographique de la révolution et de l'empire, 1789-1815, Librairie historique de la révolution et de l'empire, 1899, tome II, p. 364.
  3. a  et b François Moureau, Anne-Marie Chouillet, Jean Balcou, Dictionnaire des journalistes (1600-1789): supplément, Centre de recherche sur les sensibilités, Université des langues et lettres de Grenoble, 1984, 212 pages, pp. 106-107 (ISBN 290270934X).
  4. Daniel Droixhe, Livres et lumières au pays de Liège: 1730-1830, Desoer Éditions, 1980, 401 pages, p. 276.
  5. Jo Gérard, « Édouard de Walckiers, le La Fayette belge », La Revue générale, Éditions Duculot, juin-juillet 1989: « Au temps des révolutions », p. 91.
  6. L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1998, n° 552-562, p. 927.
  7. Fernand Beaucour, Un fidèle de l'empereur en son époque, Jean Mathieu Alexandre Sari (1792-1862), Société de Sauvegarde du Château impérial de Pont-de-Briques, 1972, vol. 1, pp. 97-98.

Bibliographie

  • Eugène Muller, Lebrun-Tondu, de Noyon, ministre des affaires étrangères en 1793, Andrieux, 1877.
  • Bernadette Vanderschuren:
  • « Les Premières années du Journal Général de l'Europe », La Vie Wallonne, 1960, tome 34, pp. 245-282.
  • « Pierre Lebrun et la Révolution brabançonne » et « Pierre Lebrun et la Révolution liégeoise », La Vie wallonne, 1961, tome 35, pp. 114-138 et 243-267.
  • Pierre Lebrun et le « Journal général de l'Europe », 1962, 92 pages.
Précédé par Pierre Henri Hélène Tondu Suivi par
Claude Bigot de Sainte-Croix
Ministre français des affaires étrangères
11 août 1792-21 juin 1793
François Louis Deforgues
Joseph Servan de Gerbey
Ministre français de la Guerre
7-18 octobre 1792
Jean-Nicolas Pache
Pierre Riel de Beurnonville
Ministre français de la Guerre
30 mars-3 avril 1793
Jean-Baptiste Bouchotte
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