Armée de la Corée du nord

Armée populaire de Corée

L'Armée populaire de Corée est la force armée de la Corée du Nord. Il s'agit de la cinquième plus importante armée du monde en effectifs avec 1 106 000 militaires d'active et 4 700 000 de réserve et la première en nombre de militaires pour 1 000 habitants (49,03).

Sommaire

Historique

T-34 nord-coréen à Suwon

Créée le 8 février 1948, l'armée populaire de Corée s'élança le 25 juin 1950 dans ce qui allait devenir la guerre de Corée avec 135 000 hommes à la conquête de la Corée du Sud bousculant dans un premier temps la faible armée sud-coréenne et s'emparant de la grande majorité de la péninsule.

Suite à l'intervention des Nations Unies essentiellement constitué des forces armées des États-Unis, elle fut refoulé ensuite vers l'extrême nord du pays ou l'intervention de l'armée populaire de libération permit une contre-offensive.

Le conflit s'enlisa ensuite jusqu'en 1953 sur une guerre de positions aux alentours de la frontière intercoréenne.

Depuis cette date, l'armée nord-coréenne reste mobilisée sur la zone coréenne démilitarisée et des accrochages parfois meurtriers ont lieu de temps en temps lors de batailles navales, incursions de commandos en Corée de Sud et missions de renseignement.

Après une décision prise en octobre 1967, des militaires intégré à 2 bataillons d'artillerie antiaérienne et environ 200 pilotes [1] ont participé à la guerre du Viet-Nam entre 1967 et 1968 [2]. La participation de ces militaires n'a été soulignée par la République populaire démocratique de Corée que plus de 20 ans après les faits, notamment à l'occasion d'une visite en 2001, au cimetière de Hanoï de Kim Yong-nam, président du præsidium de l'Assemblée populaire suprême, qui exerce les fonctions de chef de l'État [3], après une première visite au cimetière de Hanoï en 2000 d'une délégation nord-coréenne pour honorer 14 pilotes morts au combat en 1966-1967 [4]. Une aide logistique à également était apporté au Nord Viet Nam par la Corée du Nord.

Une trentaine pilotes nord-coréens ont participé à la guerre du Kippour dans les rangs des forces arabes [5].

L'effort de défense de la Corée du Nord par rapport à celui de la Corée du Sud

La CIA estime que le pays consacre entre 20% et 25% de son PIB à l'armée, soit des taux comparables aux pays les plus armés au monde, comme la Syrie. La Corée du Nord justifie l'importance de l'effort militaire par la volonté de maintenir une parité militaire avec la Corée du Sud et les forces américaines qui y sont stationnées. Les dépenses militaires sud-coréennes représentent ainsi une part nettement plus faible de l'économie sud-coréenne (2,5% du PIB).

Néanmoins, selon Selig Harrison, directeur du programme Asie au Center for International Policy et chercheur au Woodrow Wilson International Center for Scholars à Washington, « la présence américaine permet à la Corée du Sud de minimiser les sacrifices qui seraient autrement nécessaires afin de maintenir ses hauts niveaux actuels de dépenses pour la défense. De même, le retrait des forces américaines obligerait Séoul à décider s’il recherche le même niveau de sécurité que celui aujourd’hui fourni par la présence américaine en augmentant ses dépenses de défense, ou si, à la place, l’objectif d’un compromis et d’une réunification avec le Nord serait mieux servi par la négociation avec ce dernier d’une réduction mutuelle des forces. » (source : The Korea Policy Review, février 2006, repris sur le site Korea is One [2]).

Cependant, la contribution américaine n'est que de 22 500 hommes, alors que l'armée sud-coréenne compte environ 600 000 hommes sous les drapeaux. La Corée du Nord, quant à elle, consacre 25% de son PIB à l'armée et compte 49 militaires pour 1000 habitants[6], soit un niveau nettement supérieur à un pays comme Israël (33 pour 1000 habitants, source:http://factsofisrael.com/en/stats.shtml), bien moins peuplé, et qui, malgré un état de guerre latent, ne consacre que 7,7% de son PIB à l'armée.

La comparaison des seuls effectifs des troupes présentes au nord et au sud de la péninsule coréenne ne doit toutefois pas masquer les différences technologiques entre les deux camps ni le fait que la présence des forces américaines en Corée du Sud s'inscrit dans le « dispositif général de défense américain ». Ainsi, « en plus des coûts directs engendrés par leurs forces en Corée, 2 milliards de dollars par an en moyenne, les États-Unis dépensent plus de 40 milliards de dollars chaque année afin de maintenir le dispositif général de défense américain en Asie orientale et dans l’ouest du Pacifique, duquel dépend leur capacité à intervenir en Corée. » Et, toujours selon Selig Harrison : « Tout comme le complexe militaro-industriel s’oppose au Sud à des réductions mutuelles des forces, il y a aussi un complexe militaro-industriel au Nord, allié aux tenants de la ligne dure au sein du Parti du travail. Les réductions de forces ne sont pas appréciées par cette faction de la ligne dure à Pyongyang. » (source : The Korea Policy Review, février 2006, repris sur le site Korea is One [3]).

Le rôle majeur des forces armées en Corée du Nord (Armée populaire de Corée, APC) reflète la politique de songun : selon les mots de Kim Jong-Il, "l'Armée d'abord".

Forces nord-coréennes

  • Actifs : 1 106 000 hommes (dont Forces terrestres : 950 000)
  • Réservistes : 4 700 000

(Sources : Military Balance IISS, repris par AFP)

Nota: Les informations qui suivent ont été rapportées suite aux références données par GlobalSecurity.org et la Jane's Weekly Defense Review. Par ailleurs une lecture du rapport North Korea Country Handbook - Marine Corps Intelligence Activity ainsi que de l'Encyclopédie du renseignement et des services secrets de Jacques Baud (1 volume) et l'Encyclopédie des forces spéciales de Jean-Pierre Husson (2 volumes), a permis de compléter ces informations.

Principaux organes de commandement

  • La Commission de Défense Nationale (CDN).
  • Le Ministère de la Défense Nationale (MDN).
  • Le Comité des Affaires Militaires du Parti des Travailleurs Nord-Coréen (CAMPTNC).
  • Le Département de la Défense Civile (DDC).
  • Le Département des Affaires Militaires (DAM).
  • Le Ministère des Forces Armées Populaires (MFAP).
  • Le Bureau Politique Général de l'Etat Major Général (BPG - EMG).

L'EMG est sous la juridiction du MFAP, la plus haute institution militaire nord-coréenne. Tout comme le Comité Militaire, l'EMG et le MFAP tombent sous le commandement direct de Kim Jong-Il. En effet, celui-ci est Commandant Suprême des Forces Armées Populaires (FAP) en tant que Président de la Commission de Défense Nationale, et est commandant de tous les organes tombant sous la juridiction du Comité Militaire car il en est également le Président.

Les Forces Armées Populaires

Militaire nord coréen en 2005.

Composition effective des Forces Armées Populaires=

Les Forces Armées Populaires comportent 12 corps d'armées principaux, soit environ 950 000 personnes. Elles se divisent en 4 échelons de défense. Les unités dites « de premier cercle ou de premier échelon » sont les unités les plus proches de la zone démilitarisée (DMZ). Elles sont mieux entrainées et équipées, car elles sont censées subir le premier choc en cas d'offensive.

La doctrine nord-coréenne s'appuie, comme celle du sud et des unités des États-Unis et des Nations unies, basées au delà du 38e parallèle, sur un emploi stratégique et tactique rappelant la Guerre froide avec déploiement de blindés en masse, soutien massif de l'artillerie et occupation du terrain par l'infanterie (à l'instar de la seconde Guerre du Golfe en 1991 ou de la première phase de la troisième en 2003).

  • Ier Corps d'Armée (Dont le QG est basé à Kumgang) - (1eréchelon sauf pour les unités rattachées directement à l'EMG).
  • IIe Corps d'Armée (Kumchan)- 1er.
  • IIIe Corps d'Armée (Pyongyang)- 3e.
  • IVe Corps d'Armée (Kumgang)- 1er.
  • Ve Corps d'Armée (Saepho)- 1er.
  • Il n'y a plus de VIe Corps suite à sa dissolution en 1951.
  • VIIe Corps d'Armée (Pyongan-namdo)- 3e.
  • VIIIe Corps d'Armée (Panghwon)- 4e.
  • IXe Corps d'Armée (Hamgyong-bukdo)- 4e.
  • Xe Corps d'Armée (Hamgyon-namdo)- 4e.
  • XIe Corps d'Armée (Pyongan-namdo)- 4e.
  • U/I Corps d'Armée [Chiffre non renseigné - NR] - 3e.

S'y ajoutent:

  • Corps d'Artillerie de Kangdong (Pyongan-namdo & Hwanghae-bukdo)- 3e.
  • 620e Corps d'Artillerie (Hwanghae-bukdo)- 1er.
  • 108e Corps Mécanisé (Hungnam)- 4e.
  • 425e Corps Mécanisé (Pyongan-bukdo)- 4e.
  • 806e Corps Mécanisé (H'ueyang)- 1er.
  • 815e Corps Mécanisé (Shinggye)- 1er.
  • 820e Corps Blindé (Koksan)- 1er.
  • Commandement de Défense de Pyongyang (Pyongyang-si & Pyongan-namdo)- 3e.
  • Commandement Anti-Aérien de Pyongyang (Pyongyang-si)- EMG.
  • Division de Renseignements Militaires rattachée à l'État-Major Général [NR]- EMG.

Équipement général des Forces Armées Populaires

L'équipement principal des forces nord-coréennes se compose comme suit:

  • 3 800 char de combat, incluant 2 750 T-54/55/59 (environ).
  • 800 modèles plus récent de T-62 et de chars légers de combat.
  • 250 T34 hors d'âge (environ).
  • 2 800 véhicules blindés (principalement des séries BTR russes et des Type M1973 chinois).
  • 8 300 affûts d'artillerie lourde de 76.2mm, 100mm, 122mm, 130mm, 152mm et des obusiers de 170mm (environ).
  • 2 700 lance-roquettes multiples de 107mm, 122mm, 132mm, 240mm (environ).
  • 12 500 affûts anti-aériens de calibres divers et variés allant de 12.7mm à 80mm (environ).

Les Forces Aériennes Populaires

Composition effective des Forces Aériennes Populaires

Peu de chiffres précis sont disponibles sur les effectifs de cette arme car elle est très peu utilisée du fait du manque de pièces disponibles, de main d'œuvre qualifiée et de fournisseurs de carburant depuis la chute de l'Union soviétique et de la tiédeur croissante de la République Populaire de Chine à suivre aveuglément la politique des dirigeants nord-coréens. On estime à environ 110 000 personnels actifs dans les Forces Aériennes Populaires. Ceci inclut les personnels navigants, les personnels de maintenance et de logistique, les personnels administratifs et de commandement.

Équipement général des Forces Aériennes Populaires

L'équipement des Forces Aériennes nord-coréennes est souvent hors d'âge, peu entretenu et totalement obsolète pour la plupart. La suprématie aérienne (déjà effective durant la Guerre de Corée) des États-Unis, et l'absence de nouvelles technologies accessibles, ne laissent que peu de place au développement de l'arme aérienne nord-coréenne. Par ailleurs l'essentiel des crédits alloués à la Défense est redirigé vers la Défense du Territoire (ce qui passe par les Forces terrestres et la Marine) ainsi que vers la recherche en matière balistico-nucléaire.

On peut tout de même lister approximativement le matériel aérien nord-coréen (à noter que l'essentiel du matériel listé ci-dessous est d'origine soviétique ou chinois, datant des années 80-90 pour les aéronefs les plus récents...) (Les noms apparaissant suivant les types de matériel correspondent au code OTAN ou généralisés) :

Division des Missiles Balistiques

Dotation matérielle générale

Article détaillé : Missiles balistiques nord-coréens.

Problèmes liés au développement du Programme Nucléaire Nord-coréen

Tout d'abord, le principal problème de développement du programme balistique militaire nord-coréen vient de l'usage du carburant UDMH+IRFNa. En effet, celui-ci est liquide, corrosif, hautement toxique et très instable. Au contact de l'oxygène il explose, et sa manipulation nécessite des protocoles très longs et complexes, ce qui rend tout entrepôt, transport ou chargement sur des missiles, détectables par satellite, et permettrait aux services de renseignements occidentaux et orientaux, de prévoir une possible mise à feu et prendre les contre-mesures qui s'imposent. Son extrême instabilité et son chargement plus que hasardeux, signifierait, que tout mouvement de préparation de tir équivaudrait à une menace directe et irrévocable, voire à une déclaration de guerre si la menace est avérée. Les recherches, en lien avec les services pakistanais ou iraniens, visent la mise au point de carburant solide utilisés par les lanceurs occidentaux depuis plusieurs années. La capacité de développement d'un missile à longue portée type Taepodong-2-C nécessite l'acquisition de ce carburant solide.

Par ailleurs, les protocoles de mise à feu sont très longs et fastidieux. Leur annulation est très complexe, hasardeuse et sans résultat probant. Le début de séquençage de mise à feu signifierait donc une décision sans retour possible.

Également, la taille de la bombe nucléaire nord-coréenne est, en 2008, trop importante pour être chargée sur un vecteur. Son poids casserait la structure du missile au cours du lancement et sa détonation, une fois arrivée sur la cible, serait trop aléatoire pour être utilisée. Les recherches nord-coréennes visent à la réduction de la bombe, et à une mise à feu plus sûre et plus rapide qu'elle ne l'est actuellement.

Installations nucléaires

  • Pyongyang : un réacteur de recherche.
  • Pyongsan : une usine de combustible nucléaire.
  • Sunchon : une usine de combustible nucléaire.
  • Yongbyon : deux réacteurs nucléaires, un réacteur de recherche, deux usines de combustible nucléaire.
  • Pakchon : une usine de combustible nucléaire.
  • Taechon : un réacteur nucléaire.
  • Shinpo : deux réacteurs nucléaires en construction.

Coopérations militaires internationales

Le traité sino-nord-coréen de 1961 prévoit un soutien de la République populaire de Chine en cas d'attaque militaire contre la Corée du Nord.

La République populaire démocratique de Corée entretient des coopérations militaires avec d'autres pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Le 2 juin 2007, Kim Il-chol, ministre nord-coréen de la défense, a ainsi rencontré à Pyongyang une délégation conduite par son homologie angolais Kundi Paihama[7].

Références

  1. (en)«  »
  2. (fr) Les Coréens au Vietnam, 30 novembre 2008, Association d'amitié franco-coréenne - Comité Bourgogne
  3. (en) [1]
  4. North Korea fought in Vietnam War, 31 mars 2000, BBC
  5. Le fanatique de l'aviation, n° 447, janvier 2007
  6. Source : la wikipedia anglophone
  7. "N. Korean, Angolan defense ministers meet: report", dépêche de l'agence sud-coréenne Yonhap, 2 juin 2007

Voir aussi


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