Arme de siège

Engin de siège

Réplique d’un bélier au Château des Baux, en France.

Un engin de siège est un dispositif qui est conçu pour ouvrir des brèches dans les murailles ou contourner les fortifications au cours d’une guerre de siège, afin d'envahir une place forte.

Sommaire

Engins de siège dans l’Antiquité

Les différents engins

  • Le premier engin de siège a été le bélier, développé par les Assyriens. Il fut d'abord utilisé pour enfoncer les portes, puis l’on construisit des engins plus lourds suspendus à un bâti protégé par un toit, capables de s’attaquer aux murs. Les spartiates ont utilisé les béliers au cours du siège de Platée en 429 avant J.-C..
  • La catapulte, est apparue plus tard en Grèce antique, inventée par Denys de Syracuse en 399 av.J.-C, elle fut d'abord utilisée contre les troupes (du grec:katapeltes, kata: transpercer, peltes: bouclier). Cet engin à tir courbe capable de tirer au-dessus des défenses fut utilisé, par la suite, pour lancer des pierres contre les fortifications, mais aussi des produits inflammables et même des cadavres porteurs de maladies sur les cités.
  • L'onagre, sorte d'arbalète géante, fut inventé plus tardivement par les Romains.
  • Le scorpion, souvent utilisé au flanc des montagnes ou des collines, était une arbalète géante pouvant atteindre une portée de 400 mètres en tir courbe.
  • Les Grecs utilisaient également des échelles d'assaut et les forces du Péloponnèse se seraient servies d’un engin qui ressemblait au lance-flammes.
  • Les Romains firent un usage massif d'outils plus sommaires et moins impressionnants, mais très efficaces : la pelle et la pioche, la hache et le marteau. Prenant tout le temps nécessaire, ils creusaient sous les murs (par exemple, lors de l'invasion de Veies, au tout début de leur expansion), comblaient les fossés et remblayaient les murs (par exemple, lors du siège de Massada) et se protégeaient eux-mêmes des assiégés par des fortifications d'enfermement (par exemple, lors du Siège d'Alésia).
  • Citons l'utilisation célèbre, mais très ponctuelle (lors du siège de Syracuse par les romains), de miroirs incendiaires.

Chronologie

Parmi les peuples méditerranéens, Les premiers à faire un large usage des machines de siège ont été les carthaginois qui se sont servi de la tour de siège et des béliers contre les colonies grecques de Sicile. Ces engins ont joué un rôle sous le règne de Denys, le tyran de Syracuse.

Engins de siège romains.

Les deux chefs de guerre qui ont été les premiers à faire largement usage de machines de siège, sont Philippe II de Macédoine et Alexandre le Grand. Leurs engins de grande dimension ont donné la première impulsion à une évolution qui a abouti à des machines impressionnantes, comme l’helepolis(ou "preneur de villes»), de Démétrios Ier Poliorcète en 304 av.J.-C. : une tour de neuf étages bardée de fer, de 40 m (125 pieds) de haut et 21 m (60 pieds) de large, pesant 180 tonnes. Les engins les plus utilisés étaient de simples béliers, ou tortues, déplacés au moyen de plusieurs techniques ingénieuses permettant aux assaillants d'atteindre les murs ou les fossés dans une relative sécurité. Pour les batailles navales ou les blocus maritimes, on a utilisé des engins comme les passerelles basculantes (sambykē ou Sambuca). Il s’agissait d’échelles géantes, montées sur un mécanisme pivotant et utilisées pour le transfert des marins sur les bateaux ou les murs des villes côtières. Ils étaient normalement montés sur deux ou plusieurs navires reliés les uns aux autres et certains sambykē étaient surmontés d’un bouclier pour protéger les assaillants des tirs de flèches. D’autres engins basculants ont été utilisés pour capturer les navires ennemis ou encore permettre l’abordage des soldats par des dispositifs annexes qui sont probablement les ancêtres du corbeau romain, ou pour lancer contre eux des projectiles.

Les romains préféraient donner l'assaut aux murs ennemis en construisant des rampes en terre (Agger) ou tout simplement en escaladant les murs, comme au cours du premier siège de la ville samnite de Silvium (306 av.J.-C.). Des soldats travaillant à la construction des rampes étaient protégés par des abris appelés vineae, qui étaient disposés de façon à former un long couloir. Des boucliers en osier (plutei) étaient utilisés pour protéger l'avant du couloir lors de sa construction. On utilisait parfois un autre engin de siège romain, ressemblant à la tortue grecque pour le remplissage des fossés, appelée musculus ( «petite souris»). Les béliers étaient également très répandus. Les légions romaines ont utilisé pour la première fois les tours de siège vers 200 av. J.-C.

La plus ancienne pièce d’artillerie de siège antique dont l’utilisation ait été documentée en Europe est le gastraphetes ( «arc à ventre»), une sorte de lanceur de flèches n’utilisant pas de mécanisme de torsion. Il était monté sur un châssis en bois. Des machines plus grandes ont imposé la mise en place, pour le chargement des projectiles, d’un système de poulies qui a été modifié pour permettre de lancer également des pierres. Les systèmes à torsion fonctionnant grâce à des ressorts de tendons semblent d’apparition plus tardive. L’onagre a été la principale invention romaine dans ce domaine.

La plus ancienne pièce d’artillerie de siège antique dont l’utilisation soit documentée en Chine est une catapulte fonctionnant selon le principe du levier de traction et une arbalète de siège de 8 pieds de haut, mentionnée dans un texte Mohiste écrit aux environs du IVe ‑ IIIe siècles av. J.-C. par les adeptes de Mo Zi(Mo Jing) qui ont fondé l'école de pensée Mohiste au cours de la période des Printemps et des Automnes, et au début de la période des royaumes combattants. La plupart des connaissances que nous possédons actuellement sur les techniques de siège de l'époque proviennent des livres 14 et 15 (chapitres 52 à 71) sur la guerre de siège de Lu Jing. Ecrit et conservé sur des bandes de bambou, une grande partie du texte est malheureusement illisible. Toutefois, en dépit de ce degré élevé de fragmentation, l’intérêt et l'attention que les mohistes portaient aux détails décrits dans l’œuvre de Mo Zi permettent de le distinguer de tous autres travaux, par la minutie de la description du fonctionnement des appareils mécaniques, comme les échelles célestes, les Arcuballista tournantes et les catapultes à traction, les techniques de siège et celle des armes de siège, qu’on peut encore trouver aujourd'hui. [1]

Engins de siège médiévaux

Un ensemble de machines de jet servant à défendre une porte, dans une fresque de Simone Martini au Guidoriccio da Fogliano (XIVe siècle).
Réplique d'un trébuchet.

Contrairement à ce que l'on voit dans de nombreuses reconstitutions, la catapulte n'est plus utilisée au Moyen Âge. Inutilisable par temps humide (le ressort se détend), elle est de plus moins efficace qu'un mangonneau ou un trébuchet ce qui explique son abandon au haut Moyen Âge. Au XIXe siècle, l'architecte Viollet-le-Duc, se fondant sur des ouvrages de la Renaissance représentant des catapultes antiques, croit qu'elle est encore utilisée au Moyen Âge. Depuis cette erreur se perpétue. La baliste antique, destinée à projeter des pierres, ainsi que l’onagresont également abandonnées au haut Moyen Âge pour les mêmes raisons.

Le trébuchet à traction (d'abord conçu en Chine au IIIe siècle av. J.-C. et qui a été amené en Europe au IVe siècle après J.-C.), et le trébuchet à contrepoids (décrit pour la première fois par Mardi bin Ali al-Tarsusi au XIIe siècle). Ces machines utilisaient l'énergie mécanique pour lancer des projectiles de grande dimension destinés à abattre des murs en pierre. On utilisait également le bélier et la tour de siège, une tour en bois montée sur roues qui permettait aux assaillants d’escalader les murs d’un château, tout en étant quelque peu protégés des flèches de l'ennemi.

Une confrontation militaire typique des périodes médiévales consistait à mettre le siège devant le Château fort de l’adversaire.Tant qu'elles étaient correctement défendues, ces fortifications murées élevées étaient pratiquement impénétrables à l'infanterie ou à la cavalerie, ce qui rendait périlleuse toute tentative d’assaut direct. Les attaquants avaient alors le choix entre, tenter d’affamer les assiégés en bloquant les approvisionnements en nourriture, ou employer des méthodes de guerre plus actives avec des machines spécialement conçues pour détruire ou contourner les défenses du château.

Une alternative survint ensuite avec l’utilisation des premières armes à feu contre les remparts du château, dans le but de désagréger le ciment qui assurait la cohésion des pierres pour que les murs puissent être facilement abattus.

Une autre tactique était la pratique de la sape : des tunnels étaient creusés sous les murs pour affaiblir leurs fondations et les faire tomber. Un autre moyen indirect était d'utiliser la sape pour mettre le feu sous les murs du château afin d'essayer de fragiliser le mortier liant les pierres, et donc abattre les murs plus facilement. Plus tard on utilisa la mine, un engin explosif conçu spécifiquement pour ouvrir des brèches dans les portes et les murs. La mine devait être placé directement contre les murs de la forteresse.

Une dernière tactique consistait à catapulter des animaux malades ou des cadavres humains par-dessus les murs afin de transmettre des maladies, qui forceraient les défenseurs à se rendre, une forme primitive de guerre bactériologique.

Engins de siège modernes

Représentation d'un canon de siège du XVe siècle au royaume de Grenade extraite du traité des Inventions de l'Islam médiéval d’Al-izz wal rifa'a.
Grande bombarde turque en bronze, utilisée par les Turcs ottomans au cours du siège de Constantinople en 1453.

L'arrivée de la poudre, des armes à feu telles que l'arquebuse et le canon, et par la suite du mortier et de l'artillerie a marqué la fin des fortifications des villes, tellement ces armes se sont avérées efficaces.

L'arrivée de la poudre à canon, les armes à feu comme l’arquebuse et le canon, et par la suite le mortier et l’artillerie a marqué la fin des fortifications des villes. Ces armes, comme la grande bombarde turque durant le siège de Constantinople,se sont révélées tellement efficaces, que les fortifications, comme les murailles, ont dû être construites avec des murs plus bas et plus épais, comme l’illustrent les dessins de Vauban.

Le développement d'une artillerie spécialisée pour le siège a atteint son point culminant au cours de la première Guerre mondiale et de la seconde Guerre mondiale. Pendant la Première Guerre mondiale, d'énormes canons de siège, tels que la grosse Bertha ont été conçues pour être utilisés contre les forteresses modernes de l’époque. L’apogée de l'artillerie de siège a été atteinte avec le canon allemand Dora, un énorme canon sur rail au calibre de 800 mm, construit au début de la Seconde Guerre mondiale. Dora était initialement destiné à être utilisé pour détruire les fortifications de la ligne Maginot, mais sa construction n'a pas été terminée à temps, et (comme un signe des temps), la ligne Maginot a été contournée par un rapide mouvement des forces mécanisées et non perforée par un assaut frontal. Le délai excessivement long, nécessaire au déploiement et au déplacement des canons de siège modernes, les a rendus vulnérables à une attaque aérienne et les a également rendu inadaptés à la rapidité des mouvements de troupes de la guerre moderne.

Les armes de siège sont désormais considérées comme obsolètes en raison de l'efficacité des bombes larguées par avion et des missiles de croisière, qui ont rendu obsolètes les fortifications de défense. Les seules structures défensives statiques qui existent encore sont maintenant des bunkers profondément enfouis, utilisés pour les centres de commandement et de contrôle militaires. Même ces installations sont de valeur discutable, car il semble que la plupart des centres de commandement et de contrôle des forces de défense mobiles (tels que les aéronefs des forces tactiques et stratégiques modernes, de la cavalerie et de l’infanterie mécanisée)soient décentralisés par le biais de la commande et l'utilisation de centres de commandement mobiles pour moins de vulnérabilité.

Notes

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « 267818002 Siege engine ».
  1. Liang, Jieming (2006). Chinese Siege Warfare: Mechanical Artillery & Siege Weapons of Antiquity, pp. Appendix D

Sources

  • (en) Duncan B. Campbell, Greek and Roman Siege Machinery 399 BC - AD 363, Osprey Publishing, 2003 
  • (en) Liang, Jieming, Chinese Siege Warfare: Mechanical Artillery & Siege Weapons of Antiquity, 2006 (ISBN 981-05-5380-3) 

Voir aussi

Liens internes

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