Architecture khmere

Architecture khmère

Principaux sites khmers

L'architecture khmère est un style très spécifique de construction inspiré des édifices religieux hindouiste de l'Inde qui affirma le caractère sacré du pouvoir des rois khmers déifiés (devarāja) par des temples gigantesques. Le site le plus connu est celui d'Angkor au Cambodge.

Sommaire

Contexte historique

Elle accompagna la création, l'ascension et l'apogée de l'empire khmer entre les VIIIe siècle et le XIIe siècle et disparut dès le début de son déclin au XIIIe siècle. Les monuments en dur, pierre ou brique qui ont traversé les siècles sont tous à vocation religieuse; les édifices profanes, y compris les palais royaux, étant édifiés en matériaux périssables, principalement du bois.

Extension géographique

Les monuments khmers ont été érigés dans tout l'empire (actuels Cambodge, Laos, sud de la Thaïlande et du Viêt Nam) avec une particulière concentration sur la zone au nord du lac Tonlé Sap. Simultanément à ces édifices le pouvoir khmer fit établir des routes pour favoriser les échanges et mieux contrôler son empire et dut édifier de nombreux ponts à cet effet.

Au Cambodge

Angkor Vat, l'un des temples d'Angkor

En Thaïlande

Monuments khmers en Thaïlande[1]
Provinces Sites
Buriram Prasat Phnom Rung, Prasat Muang Tam, Prasat Hin Ku Suan Taeng, Prasat Nong Hong, Prasat Kok Ngiu, Prasat Bai Baek, Prasat Ban Bu, Kuti Reussi #1, Kuti Reussi #2, Prasat Dong Plong, Ban Muang Fai, Prasat Lalom Thom, Kuti Reussi Prang Ku, Prasat Nong Tha Pleng, Prasat Nong Plong, Prasat Pho Yoi, Prasat Nong Hong
Chaiyaphum Prang Ku
Kanchanaburi Prasat Muang Singh
Khon Kaen Ku Pueai Noi, Prasat Hin Thanon Hok
Lopburi Phra Prang Sam Yod, Prang Khaek, Wat Phra Sri Ratana Mahathat
Maha Sarakham Ku Santarat, Ku Ban Daeng
Nakhon Ratchasima Prasat Hin Phimai, Prasat Phanom Wan, Prasat Mueang Kaek, Prasat Non Ku, Prasat Mueang Kao, Prasat Ban Prasat, Muang Sema, Si Khiu, Prasat Nang Rang, Prang Pha Kho, Prasat Khorn Buri
Phetchabun Prang Song Phi Nong, Prang Si Thep, Prang Reussi
Phetchaburi Wat Kamphaeng Laeng
Roi Et Ku Ka Sing, Ku Phra Kona, Prang Ku, Ku Phon Rakan, Ku Kan Tanam
Sa Kaeo Sdok Kok Thom, Prasat Khao Noi, Prasat Ban Noi, Prasat Khao Lon, Prasat Muang Phai
Sakhon Nakhon Phra That Dum, Prasat Narai Cheng Weng
Sisaket / Cambodge Khao Phra Viharn, Prasat Sa Kamphaeng Yai, Prasat Ban Muang Chan, Prasat Ban Prasat, Prasat Sa Kamphaeng Noi, Prasat Prang Ku, Prasat Tam Nak Sai, Prasat Phu Fai, Prasat Ta Leng, Prasat Chong Don Tuan, Prasat Hin Ban Samo, Prasat Thap Than, Prasat Yer (ou Sathup Chedi Ban Prasat Yer)
Sukhothai Sam Ta Pha Daeng, Wat Si Sawai, Wat Phra Pai Luang
Wat Chao Chan, Wat Mahathat (Si Satchanalai)
Surin Prasat Sikhoraphum, Prasat Hin Chom Phra, Prasat Muang Thi, Prasat Ban Phluang, Ta Muen Thom, Ta Muen Toch, Ta Muen, Prasat Yai Ngao, Prasat Phum Pon, Prasat Tha Piang Tia, Prasat Sangkha, Prasat Ban Prasat (Surin), Prasat Muen Chai, Prasat Beng, Prasat Ban Phlai, Prasat tao Thong
Ubon Ratchathani Nong Thong Lang, Prasat Ban Ben
Yasothon Ku Ban Ngiu

Au Laos

Chronologie

Les constructions khmères et leur décoration sont classés en 3 époques et plusieurs styles successifs

Epoque pré-angkorienne

Trois styles successifs: de Sambor Prei Kuk (jusque vers 650), de Prei Kmeng (jusque vers 700) et de Kompong Preah (district de la province actuelle de Kompong Thom, Kompong signifiant "port ou quai", Thom signifiant "grand").

Époque angkorienne

Celle-ci démarre avec le style du Kulen avant de prendre son essor avec le style du Bakheng des temples-montagnes sur le site d'Yaśodharapura au Xe siècle sous Yaśovarman.

Après l'intermède du style de Koh Ker (jusque vers 945), se succèdent le style du Prè Rup puis, en parallèle celui du Banteay Srei et des Khléang à l'orée du XIe siècle.

Pendant tout ce XIe siècle le style du Baphuon va régner jusqu'à l'avènement de Suryavarman II et la construction d'Angkor Vat.

Le passage au bouddhisme s'accompagne du style du Bayon répandu par Jayavarman VII à partir de 1180.

Époque post-angkorienne

Le style dit "post-Bayon" n'a laissé que des sculptures, d'inspiration de plus en plus bouddhique avec le déclin de l'hindouisme. Il semble que l'influence du Bouddhisme Theravāda ait mis fin aux constructions somptuaires inspirées par l'hindouisme et portée à leur sommet par le bouddhisme Mahāyāna et que les sanctuaires se résument alors à des terrasses de pierre sur lesquelles sont construites des structures légères en bois et autres matériaux périssables.

Technologie

Aménagements hydrauliques

Baray

Évolution du simple barrage, le système du baray apparaît vers le IXe siècle à Vat Phu et accompagnera l'essor de la puissance khmère jusqu'au déclin et à l'abandon de ce système d'irrigation à partir du XIIIe siècle.

Le Baray, gigantesque bassin généralement rectangulaire dont les dimensions varient (de 3,8 km pour l'Indratatāka de Roluos et jusqu'à 7 km pour les baray d'Angkor), est perpendiculaire à la pente du terrain. L'orientation du Baray respecte en général la disposition Est-Ouest des monuments religieux, mais peut être légèrement désaxée afin de tirer partie de la pente naturelle (comme par exemple à Koh Ker ou plus encore à Preah Khan de Kompong Svay. Ils sont établis par des digues, simples levées de terrain de 5 à 10 mètres de haut, constituées du remblai obtenu par le creusement de deux fossés (extérieur et intérieur).

Le principal inconvénient de ces structures était leur entretien difficile et pénible qui ne pouvait pallier durablement à leur ensablement qui limitait leur bon fonctionnement à quelques dizaines d'années. La plupart furent l'objet de surélévations successives avant d'être abandonnés pour un nouvel emplacement et un nouveau détournement des cours d'eau pour leur alimentation.

Il y eut ainsi au moins 3 baray successifs à Angkor: le baray oriental, le baray occidental qui fut surélevé à plusieurs reprises, et le baray du Neak Pean et à chaque fois les rivières étaient détournées afin de remplir ces réservoirs d'irrigation (rivières Siem Reap puis O Klok).

Srah

Bassin artificiel, habituellement plus petit qu'un baray (en thaï, 'sa')

Constructions

Les édifices profanes, y compris les palais, étaient construit en matériaux périssables, probablement en bois, souvent sur des plates-formes entourées de pierre.

Ponts

La construction des routes royales qui culminèrent avec Javayarman VII nécessitèrent la réalisation de nombreux ponts, presque tous suivant le modèle du Spean Thma: voûtes en encorbellement et donc piles plus larges (1,5 m) que les arches (environ 1 m). Les garde-corps sont des serpents nagā.

Le plus grand encore visible est le Spean Prap Tos sur la route à l'est du Tonlé Sap entre Siem Reap et Kompong Thom avec 64 mètres de long et 16 mètres de large.

Éléments des monuments, dénominations

Exemple d'antéfixe, Cambodge, palais royal, Angkor Thom, style des khleang, dernier quart du IXe siècle, premier quart du Xe siècle, grès. Musée Guimet, Paris
  • Antarala
Corridor reliant le garbhagrha au mandapa
motif placé sur les toits ou corniches d'un édifice à l'extrémité d'une rangée de tuiles ou d'une partie saillante d'une toiture, par exemple pour orner ou pour masquer.
  • Ardhamandapa
Court porche à l'entrée d'un mandapa
  • Arogayasala
Chapelle, habituellement en latérite, qui faisait partie d'un hôpital
  • Bannalai ou Bibliothèque
Bibliothèque d'Angkor Vat
C'est le nom convenu de bâtiments que l'on trouve dans presque toutes les enceintes extérieures des temples khmers. Souvent par paire, de part et d'autre du chemin d'accès Est à la seconde enceinte. Leur ouverture est vers l'Ouest, donc vers le sanctuaire central.
Leur plan est rectangulaire, souvent avec un faux étage, l'ouverture est précédée d'un avant-corps. Elles sont dépourvues de fenêtres et seules des ouvertures de petite taille ressemblant à des trous d'aération donnent un peu de lumière.
Il n'y a que peu d'éléments permettant de vérifier leur destination, seule une dénomination pustakâṣramah trouvée au Prasat Khna semble accréditer l'hypothèse de bibliothèque.
  • Banteay
Mot khmer pour désigner une citadelle, provenant probablement du sanscrit pandaya (forteresse)
  • Dharmasala ou Gîte d'étape
Dharmasala ou encore littéralement maison avec feu. Les routes de l'époque khmère, telle la voie royale entre Angkor et Phimai, étaient jalonnées de ces constructions qui étaient probablement accompagnées d'abri pour les pèlerins. Elles étaient vraisemblablement le sanctuaire de ces abris, dans lequel était entretenu un feu à l'usage des pélerins. Beaucoup sont isolées le long des anciennes voies, mais certaines sont construites dans l'enceinte extérieure d'un temple, comme au Preah Khan d'Angkor. Ces dharmasalas étaient distants d'environ quinze kilomètres les uns des autres, ce qui correspondait à une journée de marche.
  • Garbhagrha
Chambre intérieure d'un sanctuaire khmer; littéralement : "utérus"
Un gopura du temple de Ta Prohm
Pour pénétrer dans les enceintes successives des temples, on traverse des pavillons de plan généralement cruciforme surmontés de une ou trois tours, toujours situés au milieu d'un côté et orientés vers les points cardinaux, les gopura. Les enceintes des temples sont généralement orientées Est-Ouest, l'entrée étant pour la plupart des édifices, située à l'est. Toutefois, certains des temples sont orientés avec l'entrée à l'ouest, comme Angkor Vat ou Vat Athvéa, édifices vraisemblablement consacrés à Vishnou, l'ouest étant chez les Khmers, associé avec la mort.
  • Ku
petite tour partiellement évidée. (à rapprocher de prasat et de prang)
Antichambre, pavillon ou porche devant le sanctuaire principal
  • Phnom
en khmer, colline, mont. A donné phanom en thaï
  • Prali
Arête d'un toit
  • Prang
Mot thaï désignant une tour en forme de cône allongé ou d'épi de maïs, issue du sikhara de l'architecture indienne. Le prang central est construit au dessus du garbhaghra.
  • Prasat (tour sanctuaire)
C'est un des éléments distinctifs de l'architecture khmère, inspiré au départ de celle des sanctuaires de l'Inde. Le Prasat abrite la cella, petite salle carrée, où est située l'idole.
Dotés de quatre portes, orientées en général aux quatre points cardinaux, dont une seule vraie ouverture à l'est en général, ils sont couronnés par quatre faux étages reproduisant en miniature le premier niveau.
Les prasat peuvent être isolés (Prasat Neang Khmau à Koh Ker), par rang de trois (Banteay Srei), puis groupés par cinq en quinconce (Angkor Vat).
Exemple de somasutra; on peut voir dans le fond un Shiva Lingam
  • Preah
"sacré", en khmer, vient du sanskrit "brah", en thai "phra". Par exemple Preah Vihear (khmer), Prasat Phra Viharn (thaï)
  • Sala
Salle de repos
  • Salle aux danseuses
Certains temples (comme par exemple Preah Khan d'Angkor ou encore Beng Mealea) comportent des salles décorées de frises de danseuses sacrées ou Apsaras.
  • Somasutra
Conduit servant à drainer l'eau lustrale utilisée pour laver les statues à l'intérieur des bâtiments
Terme sanscrit pour désigner un temple, de plan rectangulaire, destiné à abriter une statue de Bouddha (viharn en thaï, vihear en khmer)

Matériaux

Les constructions en "dur" ont d'abord (jusqu'à la fin du IXe siècle) utilisé la brique, assemblée avec un mortier de chaux coloré. Elle sera d'abord parée d'enduit permettant de colorer ou de réaliser des fresques puis, généralement tardivement, recouvert d'un parement épais permettant de réaliser des reliefs. Les encadrements des ouvertures et notamment les linteaux étaient dès cette époque en blocs de grès permettant de fines sculptures.

A partir du Xe siècle, la pierre devient le matériau privilégié avec la mise en œuvre de la latérite pour les fondations et le remplissage et de grès pour les portées et les parties sculptées. Différentes carrières (souvent dans la région de Kulên) et veines en ont fourni une grande variété de coloris: blanc, gris, gris-jaune (Angkor Vat), gris-bleu (Ta Kéo) et rose (notamment Banteay Srei).

Le bois était utilisé principalement à titre décoratif pour les portes monumentales dont étaient munis les accès mais également dans des faux-plafonds et lambris. Il resta également employé dans quelques utilisations structurales, certains linteaux intérieurs et des charpentes.

La tuile constituait la toiture des bâtiments annexes, sur une charpente en bois.

Techniques de construction

Voûte en encorbellement, appareillage approximatif

Les Khmers étaient d'extraordinaires artistes, mais les moyens de construction peuvent surprendre. Ils avaient une grande expérience des constructions en bois et ont essayé de la transposer dans leurs premiers monuments de pierre (notamment les assemblages à tenon et mortaise ou à onglet). De même, ils privilégiaient l'ajustage en place (par rodage des briques et des blocs de pierre) plutôt qu'une fabrication de précision.

Il semble que seul le résultat et le caractère imposant comptaient pour les bâtisseurs khmers. Par exemple, aucun effort ne semble avoir été fait pour assurer la cohésion des bâtiments par appareillage à joints croisés et accrochage entre les façades et les murs de refend, sans parler de chaînage; les blocs de pierre, de taille aléatoire sont simplement empilés. Ces méthodes de construction sont la cause de bien des éboulements dans de nombreux monuments.

Les monuments khmers n'utiliseront jamais l'arc pour leurs voûtes mais uniquement l'encorbellement. Cette technique avait le mérite de combiner voûte et toiture imperméable, mais limitait les audaces (2 mètres de portée en général, les réalisations plus ambitieuses n'ont pas résisté à l'épreuve du temps). La raison de cet emploi exclusif de la voûte encorbellée semble d'ordre religieux, "les voûtes appareillées n'ayant pas de repos, seules les voûtes encorbellées dorment".

Les traits communs

Pendant toute la période d'influence hindouiste, les temples vont évoluer d'une imitation de l'architecture hindoue de l'époque vers un style original dont l'archétype est le temple-montagne : pyramide à cinq gradins surmontée de 5 tours en quinconce évoquant les 5 pics du mythique Mont Meru.

Le plus souvent, le temple-montagne lui-même est entouré de cinq enceintes (et de douves ou bassins) dont seule la plus externe pouvait avoir une utilité militaire de par ses hauteur et épaisseur. Le grand espace entre l'enceinte extérieure et la deuxième avait une utilité temporelle puisque abritant de nombreux édifices pour la cour royale, les prêtres et autres habitants de cette cité. Il avait également l'objectif d'augmenter la majesté du temple, comme on peut le ressentir aujourd'hui en franchissant la gopura ouest d'Angkor Vat et en découvrant le temple au bout de la chaussée.

Perspective et trompe-l'œil, notamment dans les escaliers d'accès dont les largeur et hauteur des marches diminuent à chaque niveau tandis que la hauteur des niveaux décroît.

  • Escaliers
Escaliers impraticables: hors le renforcement de l'impression de hauteur, une explication a été donnée qui serait que ces escaliers sont destinés à être empruntés de côté, de façon à ne jamais faire face à l'idole du sanctuaire central et donc au dieu.
  • Galeries ouvertes
  • Sanctuaires à fausses portes: prasat
Chaque sanctuaire abritant la cella, minuscule lieu de cérémonie, a une seule ouverture, une porte, généralement à l'Est, autrefois munie de battants en bois, tandis qu'aux 3 autres points cardinaux, il comporte par symétrie des fausses-portes en pierre, probablement à l'identique de celle en bois. Ce premier niveau est surmonté de 3 à 4 faux étages pyramidaux comportant des fausses portes ou, du moins, des frontons.
  • Fenêtre à balustres
Rappel des constructions en bois, de nombreuses fenêtres et fausses fenêtres sont obscurcies par des balustres en grès qui paraissent comme fabriquées au tour.

Éléments décoratifs[2]

Éléments décoratifs représentant les mythes et légendes de l'hindouisme

Vishnou est le dieu suprême du Vaishnava, le sauveur, celui qui concentre en lui même la Trimūrti dont Brahma et Shiva ne sont que des aspects. Le Vishnouisme et le Vaishnavisme étaient connus dans l'empire khmer dès le 1er siècle de l'ère chrétienne. Pendant la période pré-angkorienne, Vishnou est représenté avec huit bras, alors que dans de nombreux bas-reliefs de la période angkorienne, il a quatre bras et apparait sous la forme d'un simple vacher. Krishna, son plus proche avatar, est souvent assimilé à Vishnou et vice-versa. Voici quelques représentations ou illustrations des mythes du Vaishnava, que l'on peut retrouver dans l'art khmer, sans être exhaustif:
Matsya le poisson (avatar de Vishnou), Kurma la tortue (avatar), Varaha le sanglier (avatar), Narasimha l'être mi-humain, mi-lion (avatar), Vamana le nain (avatar), Rama (avatar), qui tue Ravana, Parashurâma (Rama à la hache, avatar), Vishnou en tant que dieu suprême, à huit bras, Vishnou Asanamurti, c'est à dire assis, ses jambes pouvant prendre diverses positions, ou montant Garuda (très fréquent), Vishnou endormi sur le serpent Ananta et la naissance de Brahma d'un bouton de lotus sorti du nombril de Vishnou, Vishnou tuant Madhu et Kaitabha, deux asuras sortis de l'oreille de Vishnou pendant son sommeil, l'invitation faite à Vishnou de descendre sur terre, le barattage de la mer de lait, Vishnou sous les traits de Mohini, récupérant l'Amrita (élixir de longue vie), Vishnou dans la bataille des devas et apsaras pour la possession de l'Amrita, Vishnou Trivikrama sous la forme du géant qui effectue les trois pas (Trivikrama) et récupère ainsi la plus grande partie du monde, abandonnant les enfers, Vishnou Gajendramoksha, délivrant Gajendra, le seigneur des éléphants, Lakshmi, la shakti de Vishnou.
Krishna, "le sombre" est le huitième avatar de Vishnou et le frère de Balarama, septième avatar. Voici quelques mythes dont on peut trouver la représentation sur des bas reliefs khmers :
- la jeunesse de Krishna et son adolescence: le massacre des jeunes garçons, la préparation de la fuite et l'échange de Krishna et de la Yoga Mâyâr, fille de Yashoda, destruction du chariot et de Trivanarta, le rite de purification de Krishna et de son frère Balarâma, Krishna déracinant deux arbres avec Arjuna, tuant l'asura Vatsa et Balarâma tuant Denuka, Krishan tuant les asuras Baka et Agha, Krishna soumettant le Nâga Kaliya, la mise à mort du démon Pralamba, Krishna maitrisant le feu de la forêt de Dandakha, Krishan arrêtant le sacrifice d'Indra, Krishna soulevant le mont Govardhana
- l'âge adulte : la danse de Râsa-Krida ou Râsa-mandala, Krishna tuant Arishta, Krishna tuant Kesin, Krishna et la vision d'Akrura, la fête de l'arc où Krishna put utiliser l'arc que même Indra n'avait pu soulever, Krishna tuant l'éléphant Kuvalayapida, Krishna tuant les lutteurs, Krishna tuant Kamsa, la légende de Pradyumna, la victoire de Krishna sur l'asura Naraka[3], Krishan retournant le mont Maniparvata[4], Aniruddha prisonnier du nagapasha[5], la victoire de Krishna sur l'asura Bana, la descente de Krishna et Balarama aux enfers.
Cette épopée comporte des centaines d'évènements et complots antre les Pândavas et les Kauravas dont certains sont représentés sous formes de bas-reliefs narratifs sur certains temples khmers. Citons :
l'histoire de Tilottama créée pour séduire les deux frères asuras inséparables Sunda et Upasunda, l'incendie de la forêt de Khandava, le svayamvara[6] de Draupadi, la mise à mort de Shishupala, Brishma sur un lit de flèches, Bhima fendant le prince Duhshasana en deux, le duel entre Bhima et Duryodhana, la bataille de Kurukshetra.

Parmi les diverses scènes du Râmâyana illustrées sous formes de bas-reliefs, les plus fréquentes sont les scènes de bataille. Entre autres le combat de Rama, Ravana et leurs armées est largement représenté et comprend des guerriers, des cavaliers, des archers, des singes et des chariots. Le premier livre du Râmâyana est peu représenté: seul l'épisode où il tue Tataka[7], soulève et bande le Shiva Dhanush[8] (durant le swayamvara[9] de Sita). Le dernier livre est complètement ignoré dans les bas-reliefs khmers.

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Éléments décoratifs représentant les Dieux et déesses mineurs de l'hindouisme

  • Agni : l'un des principaux dieux védiques, seigneur du feu sacrificiel et du foyer. (voir aussi "les neufs devas")
  • Brahma : dieu créateur de l'hindouisme, le premier membre de la Trimurti, la trinité des déités hindoues majeures (toutes écloses d'un œuf), les autres membres étant Vishnou et Shiva.
  • Ganesh : dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir dans l’hindouisme. C’est le dieu qui lève les obstacles. Il est le fils de Shiva et Pârvatî, l’époux de Siddhî, le succès et de Riddhî, la richesse.
  • Garuda, fils de Kashyapa et Vinata, né d'un œuf géant, il a le torse et les membres d'un être humain et le bec d'un vautour ou d'un aigle. C'est la monture de Vishnou. Il est très populaire chez les khmers, et a un rôle important dans les mythologies hindouistes et bouddhistes. C'est l'ennemi des nagas. On le trouve représenté des milliers de fois sur les éléments décoratifs khmers: balustrades, antéfixes, linteaux, frontons.
  • Indra, qui est au premier rang des dieux védiques, a vu son importance décliner avec le temps. De roi des dieux, il évolua vers le rôle de seigneur de l'atmosphère gouvernant la météorologie, dispensant la pluie, envoyant le tonnerre et les éclairs. Son arme est le vajra, la foudre, qu'il porte dans la main droite, mais il utilise également des flèches et un filet pour capturer ses ennemis. Sa monture ou véhicule est l'éléphant Airavata, né du Barattage de la mer de lait et souvent représenté avec trois têtes. (voir aussi "les neufs devas")
  • Kâma (ou Kamadeva), dieu de l'amour, est un personnage populaire et l'une de ses épithètes est "celui qui est né de lui-même". Il est souvent représenté comme un adolescent vigoureux doté de deux ou quatre bras, tenant un arc fait d'une canne à sucre, la corde étant faite d'une chaine d'abeilles et cinq flèches faites de fleurs. Son vâhana ou monture est un perroquet et celui de son épouse, Ratî, un pigeon.
  • Karttikeya ou Skanda: d'après le Mahâbhârata, quand Agni fut séduit par la beauté des Krittikas[10], il répandit sa semence dans les mains de l'une d'entre elles, Swaha, qui la déversa dans le lac dont sortit Kartikeya (Skanda).
  • Ketu : ce dieu peut se confondre aisément avec Vayu, car tous deux ont le lion comme monture. En Inde du sud, il est connu représenté comme un homme avec un corps de serpent sur un chariot tiré par des chevaux. Il est le frère jumeau de Rahu et l'un comme l'autre sont de mauvais augure. (voir aussi "les neufs devas")
  • Kubera faisait, à l'origine, partie des Asuras; il a trois demis frères, Ravana, Kumbhakarna et Vibhishana et une demie sœur, Shuparnaka. En tant que dieu des richesses et chef des Yakshas, il est bien connu dans le Mahâbhârata et le Râmâyana. Il régna à Lanka,mais son frère Ravana et le dépouilla du chariot Pushpaka que lui avait donné Brahma. Dans la mythologie khmère, sa monture est un cheval, mais on l'associe également à la mangouste. Comme réceptacle de toutes les richesses, il est parfois représenté régurgitant des joyaux et des pierres précieuses. (voir aussi "les neufs devas")
  • Nirritî (ou Nirti ou Nirrti) est la déesse de la misère, de la maladie et de la mort (Nirti est parfois un homme). Elle protège les handicapés et les familles des voleurs et des malfaisants. Elle est représentée sur les épaules d'un homme, sur un lion ou sur un chien, une lance dans une main et un lotus dans l'autre.
  • Rahu est un géant qui, déguisé, assista au Barattage de la mer de lait afin de voler et boire une goutte de l'élixir d'immortalité. Le soleil et la lune le repérèrent et mirent au coourant Vishnou qui, avec son disque, lui coupa la tête. Rahu qui avait néanmoins acquis l'immortalité, fut transformé en planète et placé dans la sphère céleste où il provoque éclipses de lune et de soleil. (voir aussi "les neufs devas")
  • Sona ou Chandra est le dieu de la lune. Il est représenté sur un chariot à trois roues tiré par dix chevaux et portant une couronne avec un croissant. Il est souvent accompagné par Surya, le soleil. (voir aussi "les neufs devas")
  • Surya est le dieu du soleil. Il peut prendre la forme d'un cheval. Pour ne pas aveugler sa femme, il dota Vishnou d'un disque, Shiva d'un trident, Karttikeya d'un trident et Kubera d'armes. On le représente aussi avec une couronne entourée d'un halo, sur un chariot tiré par sept chevaux ou par un cheval à sept têtes, conduit par Aruna, le frère de Garuda. (voir aussi "les neufs devas")
  • Varuna préside aux relations entre les hommes et les dieux. En tant que dirigeant de l'invisible, c'est un dieu dangereux et un puissant magicien. Il capture les êtres malfaisants et les attache avec son nœud coulant. Avec Mitra, il partage une mission divine: Mitra règne sur le jour et Varuna sur la nuit. Il règne aussi sur les eaux souterraines, le royaume des nagas. Dans l'iconographie khmère, il monte habituellement une ou trois Hamsas, comme Brahma (les seules façons de le distinguer de Brahma est le fait que Varuna fait face à l'ouest et que Brahma a quatre têtes) ou un Naga. (voir aussi "les neufs devas")
  • Vayu est le dieu du vent, souvent associé à Indra. Il est le roi des Gandharvas et le gardien du Nord-ouest. (voir aussi "les neufs devas")
  • Vishvakarma est l'architecte des dieux et de l'univers; il aiguise la hache de fer d'Agni et forge les éclairs d'Indra. Son attribut est le bâton de commandemant, le danda, et parfois une règle qui lui sert à mesurer.
  • Yama est le dieu des morts. Toux ceux qui trépassent doivent passer devant lui et Chitragupta, en charge de tenir le compte de toutes leurs actions; les vertueux vont à Swarga, le paradis, tandis que les autres sont dirigés vers Naraka, l'enfer. (voir aussi "les neufs devas")
  • Les 9 dieux ou devas (Navagrahâ): dans l'iconographie khmère, il s'agit de Surya (le soleil) sur un char tiré par deux chevaux, Chandra (la lune) sur un piédestal, Yama (juge des morts, gardien du sud) sur le buffle, Varuna (dieu des eaux, gardien de l'ouest) (ou Skanda ou Brahma) sur l'oie Hamsa, Indra (roi des dieux, gardien de l'est) sur l'éléphant Airavata, Kubera (dieu des richesses, gardien du nord) (ou Vayu) sur le cheval, Agni (dieu du feu, gardien du sud-est) sur le bélier, Rahu (démon de l'éclipse) dans un tourbillon de nuages et Ketu (la comète) sur le lion. Parfois un dixième dieu, Nirritî, est représenté.
  • Hanuman est le fils de Vayu et d'Anjana. Il peut, à volonté se faire minuscule ou énorme. Dans cette dernière forme, il franchit de grandes distances en sautant à travers les airs, en tant que fils de Vayu. Il peut transporter une montagne sur son dos ou passer par un trou de souris. C'est une figure très importante du Râmâyana, où il est le général en chef du roi des singes.
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Éléments décoratifs représentant des figures et évènements mythologiques

Démons et êtres semi-divins

  • Les asuras: à l'origine les asuras étaient justes et bons, mais ils finirent par contester la loi de Brahma, détrônèrent Indra et mirent Bali à sa place. En voici la liste Hiranyakashipu (tué par Narasimha; il est le père de Virochana), Hiranyakasha (frère d'Hiranyakashipu, tué par un sanglier), Virochana (l'ancêtre de nombreux asuras), Bali (fils de Virochana, tué par le nain Vamana -un avatar de Vishnou-), Bana (fils de Bali, blessé lors d'une bataille avec Krishna, sauvé par Shiva), Kalanemi (fils de Virochana, petit fils de Hiranyakashipu, synonyme de Kalachakra, la roue du temps), Mahisa (tué par Durga), Kesin (tué par Krishna), Madhu et Upasunda (tués par Vishnou), Naraka (qui jalousait la place d'Indra, tué par Vishnou), Nikumbba (Tué lors de la bataille de Lanka).
  • Les rakshasas: ce sont des ogres qui peuvent prendre des formes très diverses, humaines, animales ou monstrueuses. Ils sont extrêmement fréquents dans la mythologie khmère, et plus particulièrement dans le Mahâbhârata, le Râmâyana et les Puranas. Dans le bouddhisme, les rakshasas ont un rôle bienveillant, similaire à celui des yakshas. En voici la liste: Ravana (roi des rakshasas dans le Râmâyana, fils de Kaikasi), Indrajit (fils de Ravana, tué par Balarama), Shuparnanakha (soeur de Ravana, qui offensa Rama et Lakshmana et fut mutilée par eux, débutant le drame du Ramayana), Kumbhakarma (frère de Ravana, tué lors de la bataille de Lanka), Vibhishana (frère de Ravana, allié de Rama), Maricha (tué par Rama), Shambara (qui voulait tuer Pradyumna), Kamsa (fils de Ugrasena et cousin de Devaki, la mère de Krishna).
  • Les yakshas sont de mystérieuses créatures mi-divines vivant aux frontières du monde avec les rakshasas qu'ils ont supplantés dans leur rôle bienveillant. Leurs contreparties femelles, les yakshis ou yakshinis, ont gardé leur aspect démoniaque. Les yakshas peuvent prendre la forme qu'ils veulent et vivent dans les forêts, les arbres, les grottes, etc. Ils sont en général trappus, ont des yeux globuleux et parfois des crocs.
  • Les apsaras et devatas sont les danseuses et chanteuses divines. Elles ont des yeux en pétale de lotus, la taille mince et des lèvres pulpeuses. Elles sont capables de séduire les ascètes sur demande des dieux. Elles sont nées du Barattage de la mer de lait. Elles vivent dans le paradis d'Indra.
  • Les gandharvas sont d'origine démoniaque mais se sont transformés en personnages bienveillants, au contact des dieux. Ces sont des danseurs et chanteurs au service d'Indra et qui vient dans son paradis avec les apsaras. Ils se divertissent en jeux érotiques avec des jeunes femmes célibataires. Ils ont un corps de jeune homme, ou bien une tête humaine avec un corps d'oiseau ou de cheval. Ils sont proches en cela des kinnaras. Dans les bas reliefs khmers, ils sont représentés sous forme d'êtres humains descendant des cieux et tenant des guirlandes de fleurs enroulées autour d'une représentation d'un dieu.
  • Les kinnaras et kinnaris (contrepartie femelle du kinnara) sont des être mythologiques avec soit un corps humain et une tête de cheval, soit une tête humaine et un corps d'oiseau. En tant que memebres des choeurs et musiciens célestes, ils appartiennent au même groupe que les gandharvas.
  • Les dvarapalas sont des gardiens sculptés de part et d'autre des portes principales des sanctuaires. Selon la tradition shivaïte, la résidence de Shiva était gardée par deux êtres puissants, représentant deux aspects du dieu lui même, l'un bienveillant et l'autre terrible. Dans l'empire khmer, la même tradition a été adoptée que ce soit pour les sanctuaires hindouistes ou les sanctuaires bouddhistes.
  • Les ganas sont des créatures dotées d'un corps humain et d'une tête d'animal tel le singe, le perroquet, l'éléphant le lion, le cheval. Ce sont des serviteurs de Shiva qui vivent sur le mont Kailash et reconnaissant Ganesh comme leur seigneur.
  • Les dikpâlas, ou lokapâlas sont les dieux gardant les points cardinaux et inter-cardinaux. Ils sont représentés sur les temples hindous à partir de l'époque médiévale. On les rencontre aussi dans le bouddhisme. Ce sont: Indra (est), Agni (sud-est), Yama (sud), Nirritî (sud-ouest), Varuna (ouest), Vayu (nord-ouest), Kubera (nord) et Îshâna (un aspect de Shiva, gardien du nord-est).
  • Les atlas ou cariatides supportent des plateformes ou des bâtiments.
  • Les dynasties mythologiques: dans la mythologie hindoue, certains dieux et personnages épiques ont été attribués à des dynasties solaires ou lunaires. Quelques dynasties royales ont comme origine des rishis, dont le plus connu est Budha, fils de Soma ou Chandra, qui fonda la dynastie lunaire par son mariage avec Ila.
  • Le bossu est un homme trapu avec une nette déformation du dos et du sternum, fréquent dans la statuaire khmère. Il est habituellement représenté assis, la jambe gauche repliée sous le corps et le pied pointant en arrière, sa jambe droite repliée également, sa main droite reposant sur le genou semble tenir quelque chose qui ressemble à une balance, sa main gauche tenant une balle ou un joyau rond.
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Animaux mythologiques

  • Le kala ou kirtimukha est un animal mythologique très fréquent sur les bas-reliefs khmers: c'est un monstre léonin, avec de gros yeux globuleux et des crocs visibles. Il est en général représenté au milieu de guirlandes florales et crachant ou avalant ces guirlandes. Dans la mythologie hindoue, il représente Shiva dans son aspect menaçant. Étant un être protecteur par nature, il est en général représenté sur des linteaux ou frontons au dessus des portes des sanctuaires pour repousser les ennemis ou les esprits malins. En Inde, cette tête est plus connue sous le nom de kirtimukha, au Cambodge on l'identifie parfois sous le nom de Rahu en rapport avec le monstre affamé du même nom. Le kala est parfois représenté la bouche ouverte et la langue tirée. Une particularité unique est qu'il est représenté sans mâchoire inférieure, et chose encore plus surprenante, avec deux avant-bras, parfois réduits aux deux mains qui tiennent les guirlandes sortant de sa bouche ou qu'il dévore.
  • Le makara est un hybride de reptile, de lion et d'éléphant, fréquent sur les bas-reliefs khmers. Ils sont habituellement représentés de profil sur le bord des linteaux ou des frontons. La plupart du temps, seule la tête est visible avec de grands yeux, mais parfois le corps et la queue sont également présents, en rouleaux décoratifs. On peut fréquemment voir un makara régurgitant un naga (par exemple sous forme d'antéfixe.
  • Le gajasimha a un corps de lion et une tête d'éléphant. Dans le style du Bayon, la trompe décroit en taille, et finit par ne plus être qu'une protubérance nasale, seule différence d'avec le lion. Dans certaines scènes, cet animal mythique sert d'attelage aux chariots de personnages importants dans les scènes de bataille. La plupart du temps, c'est un gardien de temple.
  • Le reachisey est un animal à tête de lion, avec une minuscule trompe d'éléphant (comme le gajasimha), une barbichette, un corps allongé, un ventre couvert d'écailles comme un dragon et quatre courtes pattes. Il sert souvent de support à Vishnou allongé.
  • Le nâga est un dieu serpent des eaux, vivant dans le monde sous terre ou dans l'eau, doté d'un capuchon comme les cobras et de plusieurs têtes (5, 7 ou 9). D'après la mythologie khmère, un brahmine indien épousa une princesse naga du nom de Soma, et fonda ainsi la première dynastie royale locale. Le plus grand ennemi du nâga est Garuda. Dans l'art khmer, le nâga est l'animal mythologique le plus répandu. Un naga fameux est Ananta, qui servit de couche à Vishnou.
  • Les reptiles tels que crocodiles et tortues sont fréquents dans l'iconographie khmère.
  • Les animaux imaginaires dérivés de lions, taureaux, chevaux, éléphants mais aussi de gazelles, crabes, poissons et reptiles sont parfois représentés. On trouve rarement des représentations de dragons, signe d'une influence chinoise.
  • Les lions-gardiens apparaissent rarement sur les bas-reliefs, mais plus souvent sous formes de statues à l'entrée des sanctuaires, sur les côtés des escaliers; au cour des siècles, la tête de ces lions gardiens se trouve de plus au plus haute, par allongement des pattes avant.
  • Les éléphants : le plus connu est Airavata (ou Erawan en thaï), la monture d'Indra, né du barattage de la mer de lait. Bien que supposé avoir quatre défense, il est en général représenté dans l'iconographie khmère avec deux défenses seulement mais trois têtes.
  • Autres animaux communs : sangliers, écureuils, cochons, buffles, lapins, rats, tigres, lions, gazelles.
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Batailles mythologiques

Sur les bas-reliefs khmers, les scènes de bataille sont très fréquentes: les adversaires sont face à face, leurs chefs habituellement debout sur des chariots tirés par de puissants chevaux ou des animaux mythiques (gajasimha, dragons, lions à plusieurs têtes, etc.) ou juchés sur des éléphants de combat. En ce qui concerne Vishnou / Krishna, il est monté sur les épaules de Garuda. Si l'on peut parfois identifier les dieux, il est néanmoins impossible de déterminer de quel texte ces bas-reliefs sont l'illustration. On a l'habitude de dire que les scènes de bataille figurant des singes sont issues du Râmâyana. Dans d'autres cas, il n'est même pas possible de déterminer s'il s'agit d'une bataille historique ou mythologique, les protagonistes n'ayant pas de signe distinctif.

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Légendes

D'après une légende locale, le prince Kaundinya était un illustre brahmane qui arriva au Cambodge par voie de mer. A son arrivée, il soutint l'assaut d'une armée uniquement composée de femmes et planta sa lance dans le sol, indiquant le lieu où il fonderait la capitale de son royaume futur. Il épousa la princesse Soma, une sirène ou nagi et donna naissance à une dynastie royale. Le père de Soma fit don d'une riche dot, créant un territoire en buvant toutes les eaux qui couvraient la région khmère, et transformant le sol boueux en terres fertiles.

  • La légende du roi lépreux[12]:

"Autrefois le roi du Cambodge était violent et emporté. Un de ses ministres lui ayant manqué de respect, il le frappa avec l'épée sacrée du royaume mais une goutte de sang rejaillit sur le corps du roi où apparurent rapidement les symptômes de la lèpre. Un vieux sage, par compassion, envoya un de ses jeunes disciples soigner le souverain: le traitement prescrit comportait un bain dans une cuve d'eau bouillante dans laquelle il fallait introduire successivement différentes substances médicinales, le résultat annoncé étant une guérison complète et un rajeunissement. Le roi, méfiant cependant, demanda une démonstration préalable au jeune disciple qui se plongea dans la cuve, mais la précipitation du roi ayant empêché de suivre au pied de la lettre les prescriptions, le corps du disciple se transforma en blocs de pierre qu'il fallut disperser. Outragé, le vieux sage lança une malédiction contre le roi, et la lèpre devint incurable." (D'après Bruno Dagens, op.cit.)
C'est une statue du roi lépreux qui fut la première statue khmère connue en occident dès 1863. En fait c'était une représentation du dieu Yama[13] mais les lichens blanchâtres dont la statue était recouverte ont fait penser à la légende khmère décrite ci dessus.
On connait des reliefs représentant un personnage princier à la main difforme identifiée avec la griffe cubitale[14] et dont on est en train de frictionner la jambe avec le suc d'un fruit arrondi, qu'on a reconnu comme le fruit du chaulmoogra[15]. On a proposé d'identifier ce malade princier à Jayavarman VII, et sa maladie serait à l'origine de la construction des nombreux hôpitaux (arogayasala) construit par ce souverain khmer. Les reliefs mentionnés se trouve pour l'un, au Bayon, temple d'État de Jayavarman VII, et pour l'autre sur le fronton d'une chapelle d'un des hôpitaux établis à Angkor par le même Jayavarman VII.

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Éléments décoratifs caractéristiques du Bouddhisme

  • Bouddha et légendes bouddhistes: on trouve des représentations de différents épisodes historiques ou légendaires de la vie de Bouddha tels que sa naissance, le grand départ, le moment où il coupe ses cheveux, sa rencontre avec un brahmane coupant de l'herbe, la défaite de Mara (Bouddha dans la posture de la prise de la terre à témoin), la méditation et l'éveil sous l'arbre de la Bodhi, le Bouddha protégé par le serpent Muchalinda, le premier sermon dans le parc aux biches, le grand miracle de Sarasvati, le séjour dans le paradis d'Indra, et la grande totale extinction ( Mahaparinirvana).
  • Les Bodhisattvas: ce sont des bouddhas qui ont choisi de continuer à se perfectionner pendant d’innombrables cycles pour devenir un samyaksambuddha[16], seul être capable de remettre en marche la roue du dharma, et donc de contribuer plus que qui que ce soit au salut universel.
  • Avalokiteshvara: le bodhisattva de la compassion
  • Rishi: sage qui "a entendu" les hymnes du Veda de l'être suprême Brahman tandis qu'il était dans la méditation profonde. Un rishi peut être considéré comme une combinaison d'un patriarche, d'un saint, d'un prêtre, d'un précepteur, d'un auteur des hymnes védiques, d'un sage, d'un ascète, d'un prophète et d'un ermite.
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Liens externes

Les travaux hydrauliques

Notes et références

  1. D'après Michael Freeman et (en)www.kanjanee.com
  2. D'après Vittorio ROVEDA
  3. le fils de la terre
  4. Le sommet du mont Mandara
  5. un serpent
  6. compétition organisée pour trouver un mari
  7. Femme Yaksha qui pouvait changer de forme, égalment grand-mère de Ravana
  8. Le grand arc de Shiva
  9. Pratique de l'inde ancienne consistant à choisir son partenaire pour la vie
  10. Les Pléiades
  11. gardien
  12. Voir aussi Le Roi lépreux et la Terrasse du Roi lépreux
  13. Le Seigneur de la Mort dans l'hindouisme
  14. La griffe cubitale correspond à un aspect inhabituel de la main qui s'observe au cours de la paralysie du nerf cubital; c'est une des conséquences de la lèpre
  15. L’huile de chaulmoogra (Hydnocarpus kurzii ou Taraktogenos kurzii) provient des graines d’un arbre poussant en Malaisie et en Inde. Cette huile a longtemps été utilisée dans le traitement de la lèpre, mais son utilisation par voie topique était inefficace, son ingestion provoquait des nausées et l’injection, voie d’administration retenue, occasionnait de grandes douleurs. Aussi son usage a été abandonné lors du développement des traitements modernes par les sulfones.
  16. Bouddha pur et parfait
  • Michael Freeman, A guide to Khmer temples in Thailand & Laos, Rivers Books, 1996 (ISBN 974-8900-76-2)
  • Michael Freeman, Palaces of the Gods: Khmer Art & Architecture in Thailand, River Books, 2001 (ISBN 974-8303-19-5)
  • Yoshiaki Ishizawa, Along The Royal Roads To Angkor, Weatherhill, 1999 (ISBN 083-4804-72-7)
  • Claude Jacques and Philippe Lafond, The Khmer Empire, River Books, 2007 (ISBN 974-9863-30-5)
  • Vittorio Roveda, Images of the gods: khmer mythology in Cambodia, Thailand and Laos, River Books, 2005 (ISBN 974-9863-03-8)
  • Betty Gosling, Origins of thai art, River Books, 2004 (ISBN 0-8348-0541-3)
  • Bruno Dagens, Les Khmers, Société d'Edition Les belles lettres, 2003 (ISBN 2-251-41020-1)
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