Architecture contemporaine

L'architecture contemporaine est par définition l'architecture produite maintenant, mais cette acception recouvre aussi les courants architecturaux de ces dernières décennies, voire plus généralement du XX siècle.

L'architecture contemporaine est variée, elle associe des arts plastiques aux savoirs de la construction[1]. Elle sert un but pratique durable ou éphémère sur du bâti ancien ou nouveau. Elle se sert au XXIe siècle de nouvelles technologies électroniques ou informatiques parfois jusqu'à l'extrême (virtualité) parfois dans des visions écologiques de la société.

Sommaire

Une re-définition de ce qu'est l'architecture contemporaine

On serait passé de l’addition de membres de corps d’ouvrage tangibles à l’addition - accumulation de l’histoire, du temps présent, de l’activité de la structure, des mœurs des utilisateurs eux mêmes capables de produire l'abstraction (comme tout homme).

Faire une définition cartésienne de l’architecture comme celle qui a prévalu jusqu'à l'époque moderne (définition classique) est déclaré dépassé par une partie de la critique actuelle[2].

Dans la définition classique, dans les relations que l’on porte à l’ouvrage, en plus de l’espace (couvert-découvert) et l’air et la lumière, avaient été ajoutés les forces de la physique de construction par les architectes classiques (en symboles [3] traduisant la puissance humaine, divine et naturelle). Il s’y additionne dans les faits le temps et la durée étudiés dans toutes les époques, (l’objet bâti étant dans un rapport avec la postérité).

Et dernièrement ces facteurs se complètent du facteur vitesse.

Dans les relations entre l’objet et l’homme on insiste actuellement sur l’acte d’habiter qui fait passer d’une relation de spectateur à une relation d’acteur. (Le rapport ludique avec l'espace habité qui apporte le plaisir est autant le fait de certains concepteurs qui suggèrent le jeu que celui de l'habitant qui en fait un jeu).
Et la nouvelle définition apparaît alors : l’auteur de l’architecture portée par l'objet qui se présente à l’individu peut être le consommateur.

La motivation distinguant ordinairement l’architecture de la construction simple et utile se retrouve donc dans une interactivité sociale qui a été autant projetée humainement par le concepteur que prévue en aménagement par les fabricants[4]. Le mouvement que la structure bâtie peut avoir provient de cette relation de l'acteur qui la déclenche sur l'objet architectural. D’une façon précisée sur l’ouvrage bâti à un moment donné, le mouvement affiché ou réel (en tout cas perçu) est utile (récupération du plaisir) et/ou plaisant et gratuit[5]. Le minéral et le vivant (végétal essentiellement) sont intégrés comme une constante ou comme un cycle dans ce qui s'offre à la vue.

Mouvement de l’air, mouvement de température, mouvement de l'eau en suspension dans l'air (nuages parfois créés), mouvement de l’eau jaillissante et descendante, mouvement de la lumière, mouvement des espaces construits qui sont assemblés, séparés.
Décors reproduisant la Nature, décors d'entités sonores en ambiance, décors dépaysant se servant d’images projetées, d’images composées d’éléments éclairants, cloisonnement par traitement sonore (reproduction de son ou amortissement anti-son par la « contre-onde »).
Ces éléments architecturaux sont fabriquées dans l’espace particularisé à l’aide de composants électroniques et la technique informatique qui dispense d’utiliser des opérateurs humains. La terre est aussi à nouveau utilisée. La « réalité est augmentée » selon les intentions de ses créateurs, les Architectes-artistes induisant une plus-value à l’acte de bâtir. L’image devient ici un lieu. Elle offre une flexibilité symbolique suggérée ou une flexibilité réelle par la dématérialisation de la frontière entre « ombre » et « lumière », entre espaces sans limites matérielles données. Dans l’abondance des moyens mis à disposition, cette frontière ne marque plus l’ordinaire indispensable (l'utile) et le spectaculaire (l’extraordinaire). Ici la symbolique de la modernité reste appliquée par ses fabricants sur l’objet bâti (et reste opposée à « quelconque » comme jugement de valeur).

L’émergence de la « relative » architecture à partir de la construction aboutirait à une redéfinition qui n’est plus la définition cartésienne classique de la pensée qui commande le geste qui commande la matière mais comprend la somme des relations des parties prenantes. Si construire est le savoir de l’ingénieur, donner du sens social et patrimonial reste selon cette vision, cette critique, celui de l’architecte. Selon cette organisation, l’architecte est autonome de l’ingénieur (même si l’individu peut avoir plusieurs casquettes[6]), car la question « l’architecture peut-elle être courante, peut-elle être un lieu commun sans l’action de ses habitants acteurs » a été posée[7].

La critique théorique en déduit que l’utopie n’est pas « ce que l’on croit impossible » (sens détourné de son sens initial) mais « l’utopie est ce vers quoi devrait tendre l’architecte pour obtenir le plaisir de l’habitant » et délaisser le « ne déplaire à personne », délaisser le réalisme économique et social réducteur de l’imagination.

Entre projets mégalomanes inhumains et cacophonie (chaos) des petits projets personnels, (des bâtiments sculptures sans liaison urbaine (sans rue, sans cité)) cette architecture nouvelle trouverait la voie moderne. Elle semble permettre de s’abstraire de la rupture – protestation -provocation et de l’immobilisme de la continuation harmonique par rapport au contraste contextuel à la suite du modernisme.

Une partie de la critique estime actuellement possible une dématérialisation totale où la limite du corps humain et ses besoins induits sont laissés de côté et projette une désolidarisation matérielle, une structure uniquement de réseau d’informations intangibles où l'individu est en communication seulement avec des individus choisis, structure où le méta-individu, le groupe, le rassemblement, au sens initial de la cité n'existe plus.

Courants dans l'architecture contemporaine

(Courants pouvant être des continuations de courants d'assimilation moderne débutés au XXe siècle - hors Modernisme -.)

Voir aussi

Notes et références

  1. « Est-ce de l'art ou de l'architecture? » est la première phrase de la préface de Philip Jodidio de Architecture Now!, Ed Taschen. 2002.
  2. in L’architecture contre-attaque. Art-press HS. Mai 2005. La proposition « l’auteur de l’architecture fait l’architecture » ne se comprend plus dans un lien de causalité Architecture faite par architecte mais dans une constatation phénoménologique de l’émergence de l’architecture en plus de la construction. Il s’agit de ce que dans les relations intriquées construction-architecture, les caractéristiques identifiantes de l’architecture constituent un ensemble concernant surtout l’objet construit et de façon importante les rôles sociaux impliqués, de façon moindre l’acte de construire, et de façon éloignée les métiers de la construction et de l’aménagement. Voir aussi sur ce sujet La fabrication de la ville, métiers et organisations, s-dir. Véronique Biau, Guy Tapie, Ed parenthèses. 2009.
  3. L’équilibre statique cosmique a été établi à l’époque classique par le langage de la physique : « torsion », « tension », « flexion » qui affectent les éléments de construction des corps architecturaux et les volumes élémentaires produits géométriquement. Ils deviennent des membres par le langage des architectes l’utilisant de la même façon que pour tous les éléments de l’espace Newtonien. Par l’information donnée à l’œil, une dynamique supposée est mise en symbole pour les volumes, la traduction de ce code donne un mouvement virtuel aux composants de l’ouvrage.
  4. Dans la critique artistique architecturale actuelle on ressent les effets de la non-sublimation de la matière suivant le mode religieux dépassé. « Pour Platon le Temps est immobile. Le Temps est passé au mouvement avec Aristote. » (Hans Poser, philosophe, université de Berlin Allemagne in Xénius Arte-tv 2009). Avec la vitesse le Temps est devenu plus une durée. Cela influe sur la substance de la réalité parce qu'on est au constat que « C'est l'observation qui produit en partie la réalité » (Anton Zeilinger, physicien de la Théorie des quanta, Université de Vienne Autriche, sur la nouvelle conception du temps et de la réalité qui peut être déformée par la connaissance. in Xénius Arte-tv 2009.)
  5. cf Qu’est-ce que le beau, Jean Lacoste, Ed Bordas, 2003.
  6. La fusion-absorption de ces deux métiers a été crédible à plusieurs époques dont le XXe siècle pour respecter la démarche de production du bâti utilisant la méthode et la série nécessaire à l’économie
  7. Question posée entre autres par C. Le Gac « Quand (et où) y a-t-il architecture » (in L’architecture contre-attaque. Art-press HS. Mai 2005), à la suite du « Quand y a-t-il art » de Nelson Goodman. 1977.

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Architecture contemporaine de Wikipédia en français (auteurs)

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