Operation Mains propres

Opération Mains propres

Italie

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Cet article fait partie de la série sur la
politique de l'Italie,
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Mani pulite (en italien, Mains propres) est le nom d'une opération judiciaire lancée en 1992 contre la corruption du monde politique italien et qui a abouti à la disparition de partis comme la Démocratie chrétienne (DC) et le Parti socialiste italien (PSI). Le système de corruption et de pots-de-vin ainsi découvert fut baptisé Tangentopoli (de tangente, pot-de-vin, et de poli, ville en grec).

Brève histoire

Tangentopoli débute le 17 février 1992 lorsque le juge Antonio Di Pietro fait arrêter Mario Chiesa, un membre du Parti socialiste italien. Bettino Craxi, le dirigeant du PSI, niant l'existence de la corruption politique, baptisa Mario Chiesa de mariuolo (filou), de scheggia impazzita (une écharde devenue folle), à l'intérieur d'un PSI intègre. Lors des élections de 1992, la DC perdit des voix tout en conservant une majorité relative mais le Parlement était fragile ce qui aboutit à des élections anticipées en 1994. Entre-temps, dès avril 1992, de nombreux hommes politiques et d'industriels, surtout ceux de la majorité gouvernementale furent arrêtés. Les enquêtes débutèrent à Milan mais s'étendirent rapidement à d'autres villes. Un responsable politique du PSI avoua à deux carabiniers venus simplement lui remettre une amende les crimes qu'il avait commis. Le 2 septembre 1992, le socialiste Sergio Moroni se suicida, en se déclarant coupable. Sa fille, Chiara Moroni a été élue députée avec l'appui de Silvio Berlusconi. Ces années sont aussi marquées par le double assassinat de Giovanni Falcone, un des membres de l'équipe de juges antimafia et par celui de son collègue Paolo Borsellino.

Lors des élections locales, la DC perdit la moitié des voix. Le lendemain Bettino Craxi fut accusé de corruption et finit par démissionner. Le 5 mars 1993, le gouvernement Giuliano Amato et son ministre de la Justice, Luigi Conso, essayèrent, au travers d'une loi sur le financement des partis, de provoquer une amnistie générale. Mais le président de la République Oscar Luigi Scalfaro refusa de signer cette loi. La semaine suivante, un scandale concernant l'ENI fut révélé, pour 250 millions de dollars.

Le 25 mars 1993, le Parlement italien modifia le mode de scrutin en scrutin majoritaire provoquant des référendums pour abroger cette loi. Carlo Azeglio Ciampi, ancien gouverneur de la Banque d'Italie fut alors nommé Président du Conseil, premier non-politique à ce poste. Lors des élections locales qui suivirent la DC et le PSI perdirent encore des voix. La Ligue du Nord devint la principale force politique dans le nord de l'Italie (mouvement de protestation xénophobe, favorable à l'indépendance de la plaine du Pô, alimenté par un dégoût de la chose politique).

Le 20 juillet 1993, l'ancien président de l'ENI, Gabriele Cagliari se suicida en prison. Son épouse rendit plus de 6 milliards de lires de fonds illégaux. Au même moment débuta le procès de Sergio Cusani. Ce dernier était accusé de crimes liés à une coentreprise entre ENI et Montedison, baptisée Enimont. Le procès fut diffusé à la télévision. Ce procès culmina avec un Je ne me rappelle pas (Non ricordo) d'Arnaldo Forlani tandis que Bettino Craxi admit que le PSI avait reçu 93 millions de dollars de fonds illégaux. Pour sa défense, tous faisaient ça. Même la Ligue du Nord fut concernée par ce procès : Umberto Bossi et son ancien trésorier furent condamnés pour avoir reçu 200 millions de lires de financements illégaux. Même le Parti communiste italien fut accusé de corruption sans qu'il fut possible de trouver un coupable. Comme conclut le procureur Antonio Di Pietro : la responsabilité pénale est personnelle, je ne peux accuser quelqu'un qui a pour prénom "Parti" et pour nom de famille "Communiste".

En 1994, Silvio Berlusconi entra en politique (selon ses propres mots, il descendit dans le champ) et gagna les élections. Nombreux sont ceux qui pensent que cette descente est provoquée par sa volonté de protéger ses entreprises des accusations de corruption. Son fils admit le 11 février des crimes de corruption. Dès le 13 juillet 1994, son gouvernement fit adopter une loi pour éviter la prison pour la plus grande partie des crimes de corruption (loi approuvée le même jour où l'équipe nationale d'Italie battait la Bulgarie en demi-finales de la Coupe du monde de football). Malgré ce tour de passe-passe, le décret fut retiré suite aux protestations, ni Roberto Maroni, ministre de l'Intérieur (Ligue du Nord), ni Alfredo Biondi, ministre de la Justice, prétendirent ne l'avoir jamais lu (on soupçonne qu'il ait été écrit par Cesare Previti). Le 28 juillet, le fils de Berlusconi fut arrêté et immédiatement relâché.

Débuta alors une bataille entre Silvio Berlusconi et Antonio Di Pietro. Le contrôle des médias de la part de Berlusconi, permit de créer les conditions du FUD (fear, uncertainty and doubt, peur, incertitude et doutes). Le 6 décembre 1994, Antonio Di Pietro démissionne et deux semaines après, c'est le tour du gouvernement Berlusconi (avant un vote de défiance certain au Parlement). En 1995, c'est au tour de Di Pietro d'être accusé (mais il fut absout) tandis que de nouvelles affaires touchèrent Berlusconi. Di Pietro finit par fonder un mouvement politique Italia dei Valori.

En 1998, Cesare Previti, ancien dirigeant de la Fininvest, évita la prison grâce à son immunité parlementaire. Bettino Craxi, condamné définitivement, s'enfuit en Tunisie où il demeura en exil jusqu'à sa mort le 19 janvier 2000.

Depuis semble s'être développée une stratégie de la prescription, ce qui rend les poursuites de plus en plus incertaines et improbables. La victoire de Silvio Berlusconi en mai 2001 et l'adoption de lois ad personam confirment cette tendance.


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