Archetypal pedagogy

Archetypal pedagogy

L'archetypal pedagogy, ou la pédagogie archétypale, est une pédagogie basée sur la psychologie analytique développée par Carl Gustav Jung (1875 - 1961) et mise en théorie par de nombreux auteurs. Les pères fondateurs de cette théorie sont Clifford Mayes et Frederic Fappani. L'idée pointait dès 1956[1].

L'archetypal pedagogy repose sur quatre concepts clefs : le chemin, la rencontre des archétypes, le travail sur soi (recherche archétypale) et la réalisation du soi..

Sommaire

La théorie de l'archetypal pedagogy

L'archetypal pedagogy a été mise en théorie principalement par deux auteurs. Par Clifford Mayes, Docteur et Professeur en sciences de l'éducation à la Brigham Young University, département des sciences de l'éducation, et par Frederic Fappani, pédagogue jungien lui aussi chercheur en sciences de l'éducation.

Bien qu'il soit tenu pour être l'un des fondateur de l'archetypal pedagogy, Frederic Fappani [2] ne se réclame pas explicitement de Carl Gustav Jung. Il défend l'idée qu'il n'est pas besoin d'un système philosophique en éducation. [2]. Cependant, il indique l'importance d'une part de Carl Gustav Jung qui avait découvert des éléments majeurs en éducation et d'autre part du processus d'individuation dans l'accompagnement éducatif.[2]. Pour lui, la pédagogie des archétypes doit permettre de penser l'acte éducatif, de produire du sens sur l'acte éducatif, sur la relation, sur les activités entreprises, sur l'apprenant ou l'Educateur. C'est à l'"Educateur" de construire l'accompagnement de l'Educqué.

« (...) En ce sens, je partage ce point de vue avec Carl Gustav Jung qui dit : « Qui veut éduquer, doit être lui-même éduqué ». Au fond, qui ne s’est pas frotté pour de vrai au processus d’individualisation et d’individuation mis tant en lumière par Jung et n’y a pas réfléchi, ne ferait que piètre figure dans le face à face éducatif alors même que cela ne garantit déjà en rien totalement la réussite.Pour que l’on se comprenne, je parle de la réussite qui consiste à pouvoir mettre un sujet en route vers l’autonomie et à l’arrêt de sa recherche enfantine de jouissance dans l’autre ou/et en lui-même de l’autre. « Être junguien ou pas ? » Telle n’est pas la question. La vraie question, c’est d’être nous-mêmes, tant socialement qu’individuellement. Par contre, il serait imbécile de ne pas concevoir, de ne pas se rendre compte que ces processus là, ont été mis en évidence de manière brillante par Carl Gustav Jung. Vivre les processus, les découvrir pour soi même est plus important que la simple lecture de ses travaux mais, dans un second temps, pouvoir les nommer, pouvoir en parler avec d’autres et parfois en utilisant les concepts proposés par Jung est un plus, et même plus encore ( accordez moi cette répétition d’insistance) pour le pédagogue qui fait de cette mise en mot une technique, au moins celle de l’analyse[3]. »

La pédagogie des archétypes s'est développée à partir des idées de C.G.JUNG sur l'éducation.

« 

Notre problème éducatif souffre en somme de ne viser unilatéralement que l’enfant qu’il faut élever et de négliger aussi unilatéralement le fait que les éducateurs adultes n’ont pas été eux-mêmes éduqués. Après avoir terminé le cycle de ses études, chacun a l’impression d’en avoir fini avec l’éducation, d’être, en un mot, un adulte. Il ne peut certes en être autrement ; il faut qu’il soit fermement persuadé de sa compétence pour pouvoir affronter la lutte pour l’existence. Le doute et le sentiment d’incertitude le paralyseraient et l’entraveraient, ils enfouiraient la foi si nécessaire en sa propre autorité et le rendraient inapte à l’exercice de sa profession. On veut l’entendre dire qu’il connaît son affaire et qu’il en est sûr, et non qu’il doute de lui-même et de sa compétence. Le spécialiste est condamné de façon absolue à la compétence.

Personne ne peut développer la « personnalité » qui n’en a pas lui-même. Et ce n’est pas l’enfant, c’est uniquement l’adulte qui peut atteindre à la personnalité comme fruit mûr d’une activité de vie orientée vers ce but. Car dans l’accès à la personnalité, il n’y a rien moins que le déploiement le meilleur possible de la totalité d’un être unique et particulier. On ne saurait prévoir le nombre infini de conditions qu’il faut remplir pour cela. Toute une vie humaine avec ses aspects biologique, social et psychique y est nécessaire. La personnalité, c’est la suprême réalisation des caractéristiques innées de l’être vivant particulier. La personnalité, c’est l’action du plus grand courage de vivre, de l’affirmation absolue de l’existant individuel et de l’adaptation la plus parfaite au donné universel avec la plus grande liberté possible de décision personnelle. Élever quelqu’un en vue de cela me semble n’être pas une petite affaire. C’est sans doute la tâche la plus haute que se soit donnée le monde moderne de l’esprit. [4] »

Le chemin

Il s'agit de l'acte réalisé par le pédagogue de s'autoriser à se mettre en chemin pour lui-même, mais aussi de conduire sur le chemin celui dont il a la charge. Ce qui ne peut se résumer qu'au simple respect de l'obligation du cadre professionnel. Ce mouvement personnel se met en place ou pas. Des chercheurs se sont intéressés à ce qui faisait que ce processus existait ou pas chez les pédagogues. La pédagogie archétypale est le chemin suivi et à faire suivre. Elle est d'abord centrée sur l'éducateur. Cette idée prend sa source dans le terme de pédagogie dérivé du grec παιδαγωγία, de παιδός (/'paɪdɔs/) « l'enfant » et ἄγω (/'a.gɔ/)« conduire, mener, accompagner, élever ». En premier lieu, elle serait donc étymologiquement un chemin à faire prendre aux enfants. Cependant la spécificité de l'"archetypal pedagogy" réside dans le fait qu'elle nécessite pour l'éducateur d'avoir chercher à se connaître. En terme psychanalytique : une cure analytique, un travail sur soi, une psychanalyse.

Ce procédé trouve sa source dans les œuvres de Carl Gustav Jung. Dans la préface à l’édition hébraïque de "Psychologie et éducation" de Jung, (1958) on pourra lire l'importance des apports de la psychologie analytique en ce qu'il y a d'original et de central : la place faite à l'éducateur qui doit apprendre à se connaître.

« La psychologie analytique a contribué à la connaissance : a) des adultes qui souffrent encore d’infantilisme perturbant ; b) des relations complexes entre parents et enfants ; c) des enfants eux-mêmes. Les désordres psychiques des enfants sont généralement liés à la psychologie et aux attitudes des parents et des éducateurs et on propose que la plus importante question après l’éducation de l’enfant soit celle de l’éducation même de l’éducateur. »

Dans le cadre de la pédagogie archétypale, le chemin est tout à la fois : un état d'esprit, une autorisation de soi-même et n'est pas une entrée en religion.

Le chemin : Un état d'esprit

Pour le fondateur de la pédagogie archétypale, Clifford Mayes, Éducateur et Apprenant, doivent être dans le même état d'esprit :

« L'éducation doit se faire avec esprit mais avec l'esprit de l'étudiant et du professeur. Ceux qui enseignent savent ceci instinctivement. »[5]

Faute de quoi, il y a quelques difficultés, liées à la compréhension, même de l'acte éducatif :

« Pourtant nombreux sont ceux qui ne connaissent pas, plusieurs des processus en jeux et exigés par la pratique éducative à tous les niveaux. Et ils ne considèrent pas cet état des plus fondamentaux à l'environnement d'Étude... »[5]

L'auteur n'hésite pas à dire que, parmi les approches possibles, l’approche jungienne est la plus adaptée, en ce qui concerne les approches qualitatives :

« La meilleure possibilité pour examiner les dimensions non-quantifiables dans la situation éducative est la Psychologie des profondeurs. Car elle est enracinée dans le travail de Carl Gustav Jung, et offre à l'éducateur une manière très humaine et humaniste d'envisager de manière pratique les interactions avec les étudiants... »[5]

Le chemin : Son chemin plus qu'un chemin ?

Dans son ouvrage, La cabane aux paysages, « voyage en archetypal pedagogy», Fappani Frederic, l'auteur, nous parle du chemin à prendre. Par contre il prend le lecteur a parti :

« Je ne prône pas l'entrée dans telle ou telle approche, ça c'est votre affaire avec vous même, je vous ai proposé une manière de penser, de ressentir, de voire, d'imaginer ... mais il existe beaucoup d'écoles. Et même à vous de vous interroger si le fait de choisir une école et si nécessaire ? Par contre faire l'économie de soi, de la découverte de soi pour de vrai, n'est pas possible pendant très longtemps ... c'est vous dire comment nous devons quelques peu nous nous ressembler ! Finalement, ce que j'espère c'est que pour certains ce livre soit « là, où votre aventure commença » et donc normalement si j'ai bien travailler, vous avez rajouté dans votre grande aventure un nouvelle aventure. sauf à tomber malade ou être tout le temps dans le mal être.

Je ne peux alors qu'inviter a consulter si vous en avez le besoin, le désir ou la nécessité. Certains parmi vous, découvrirons que je suis classé dans telle ou telle tendance. Si c'est votre cas, je vous invite à vous posez cette question «  Et alors ça change quoi ? ». En tout cas si j'ai « une paroisse » à défendre c'est la plus grande de toute et la plus belle, aussi naïvement que cela puisse paraître mais s'est aujourd'hui une vrai militance que de le prétendre encore, c'est celle de l'humanité. Si j'ai une voie a divulguer c'est celle qui consiste a suivre ce chemin qui va de votre naissance qui débuta le jour de naissance et qui finira le jour de votre mort : votre vie !

Chemin (voie) où vous penserez, ressentirez agirez, le meilleure comme le pire, le bien être comme le mal être. Et parfois dans ce chemin, la vie sera sans complaisance et sera même cruelle. Tout comme pourra l'être votre prochain et même les plus proches. Mais au moins se sera la voie de votre vie. Ce qui est déjà tout un programme et de nombreux bonheurs aussi en perspective. » [6]

Le chemin : Une autorisation noétique

L'autorisation noétique est un cheminement vers soi même. Il s'agit d'un concept proche du concept d'individuation développé par carl gustav jung dans le cadre de la psychologie analytique. Le concept a été démocratisé par Joëlle Macrez-Maurel dans le cadre des sciences de l'éducation.

« En étudiant la vie de Jung nous nous apercevons que l'autorisation noétique, c'est-à-dire ce qui permet à l'individu d'atteindre sa plus haute réalisation ne surgit pas d'un coup mais constitue un processus continu de transformation de soi, processus qui l'a accompagné tout au long de son existence et auquel il a été attentif. Il semble cependant y avoir eu des moments clés, des moments "flash" qui surgissaient d'un coup et dont Jung n'était pas responsable. Ces flashes provoquaient une compréhension entraînant une modification interne, une avancée du processus, ils semblent avoir été comme faisant partie du destin de l'individu. Les autres moments décisifs correspondent davantage à la résultante de choix successifs que l'on fait. Nous pouvons cependant nous interroger sur ce qui détermine nos choix, ce qui parfois nous pousse à faire un choix plutôt qu'un autre : est-ce la raison ou est-ce quelque chose de plus intuitif et qui correspond à un instinct auquel nous ne pouvons que nous soumettre ? [7] »
« L'autorisation noétique est un cheminement de connaissance de soi, un voyage intérieur (et/ou extérieur) durant lequel un processus interne et continu de transformation de Soi démarre lorsque l'individu s'ouvre (suite à un flash existentiel, une prise de conscience de son ignorance et de sa souffrance, ou à un questionnement sur le sens de la vie) à un profond désir de changement et se confronte à l'inconnu, rencontre des archétypes ou symboles numineux qui le touchent, l'ébranlent et lui dévoilent le réel derrière la réalité, l'esprit derrière la psyché, le monde ontologique derrière le monde des apparences, le monde de l'intelligence derrière le monde de la signification.[8] »

Les archétypes

L archetypal pedagogy, que l'on pourrait traduire par "pédagogie des archétypes", s'inspire d'une part de la psychologie analytique et d'autre part du concept d'archétype. Elle consiste en une méthode d'exploration des archetypes presents chez le pedagogue mais aussi chez la personne guidée, pendant le cheminement pédagogique dont la découverte entraine des dépassements et des investissements nouveaux et bénéfiques tant chez le pédagogue que chez l'apprenant.

L'archetypal pedagogy est née de la psychologie analytique et de ses travaux sur les archétypes.

La psychologie analytique est une théorie élaborée par le psychiatre Carl Gustav Jung (1875 - 1961). Cette théorie se propose de donner du sens à se qu'elle nomme l'âme (système psychique) et propose une forme de développement de soi menant à la découverte de notre propre âme. Les termes pour la nommer sont : psychologie jungienne, psychanalyse jungienne, psychologie analytique. Certains ouvrages pour désigner cette psychologie parlent d'une psychologie des complexes (car elle s'y intéresse), ou encore, d'une psychologie des profondeurs (puisqu'elle s'intéresse à la profondeur de la psyché mais aussi donne une profondeur à la psyché).

Le terme d'"archétype" est issue de la psychologie analytique pour désigner des processus psychiques inconscients, ayant une importance dans la vie psychique du sujet. Ces processus ont des répercussions dans sa vie consciente, et peuvent être ramenés à la conscience du sujet, pour lui permettre de dépasser ses conflits, et de devenir plus adulte. Chaque sujet est porteur de, tendance et de catégories, qui lui sont propre et qui n'ont de sens que dans son histoire propre. La psychologie analytique sous l'impulsion de Carl Gustav Jung, a toutefois identifiée, des tendances et des catégories, qui revenaient régulièrement dans les rêves ou les discours mais elle a pu aussi identifier l'expression de ces archétypes.

La rencontre avec les archétypes

Dans le cadre de cette théorie ils sont présentés sous la forme de personnages (enfant, homme, femme) et de catégories (tendance masculine, féminine, part d’ombre, etc.). On doit cette forme de présentation au fait que les archétypes, bien qu’ils n’apparaissent pas de manière consciente à la personne, sont présents sous la forme de personnages dans les rêves et tirent les ficelles dans la vie de la personne, tout au long de sa vie.

« Un archétype s'inscrit toujours dans une trame factice, avec des représentations à double emploi. L'archétype s'inscrit dans une trame de représentations apparentées entre elles, conduisant toujours à d'autres images archétypiques et se chevauchant constamment les unes les autres, et dont l'ensemble forme le singulier tapis de la vie. » in C.G. Jung, Sur l’Interprétation des rêves, Albin Michel, 1998 p. 220.

Certaines catégories de ces personnages, parce qu'elles reviennent souvent dans les rêves, ont pu être identifiées par les analystes. Elles sont utiles dans la compréhension de soi et jouent un rôle dans le processus d’individuation (réalisation de sa personnalité vraie).

Par exemple, les archétypes peuvent être aussi ce que l'on déteste de l'autre ou en l'autre, parce que l'on ne l'accepte pas de soi même par exemple. C'est une manière de designer ce que rencontre en lui, le pédagogue ou celui qui est accompagné sur le chemin qu'ils parcourent ensemble.

La rencontre

Dans le cadre de la pedagogy archetypal la recherche des archétypes est fondamentale car il possède une force importante sur le pedagogue et sur le "guidé". La rencontre avec les archétypes est de deux ordres : Soit auprès du pédagogue soit auprès du guidé.

D’une manière générale, dans la vie de tous les jours, la théorie dit que ces archétypes sont "une préforme vide".

En effet, l’archétype ne peut se représenter de lui-même. Il ne peut qu’organiser les comportements et processus psychiques dans le sens de son programme instinctuel, mais non se représenter a priori. Par exemple la femme sauvage ou le trickster ne se présentent pas de façon imaginaire et visible intérieurement pour le sujet.

« On doit toujours garder à la conscience que ce que nous voulons signifier par "archétype" est non représentable en soi, mais a des effets qui permettent des illustrations, lesquelles sont les représentations archétypiques. » (C.G. Jung, « Réflexions théoriques sur la nature du psychisme » (1946), in Les racines de la conscience, Buchet-Chastel, PARIS, 1971 p. 539)

Ainsi la mise à jour de tel ou tel personnage qui tire les ficelles en nous se fait par construction consciente, lente et graduelle. La théorie ne dit pas qu’une personne est un trickster ou une femme sauvage par exemple. Elle dit qu’il y a un processus dans cette personne dont la forme a l’apparence d’un trickster ou d’une femme primitive.

Dans le cadre de la clinique ou d’un travail sur soi, c’est d’ailleurs à la personne de trouver, chercher ses formes, ses personnages, la théorie ne dictant rien en la matière. Les personnages et les catégorisations sont dus au travail de Jung mais chacun est différent et il ne faut donc pas chercher à coller à la théorie.

« Ceux qui ne se rendent pas compte de la tonalité affective particulière de l'archétype ne se retrouveront qu'avec un amas de concepts mythologiques, que l'on peut sans doute assembler de façon à montrer que tout a un sens, mais aussi que rien n'en a. Les cadavres sont tous chimiquement identiques, mais les individus vivants ne le sont pas. Les archétypes ne se mettent à vivre que lorsqu'on s'efforce patiemment de découvrir pourquoi et comment ils ont un sens pour tel individu vivant. » in C.G. Jung L'homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964 p. 96.

La force des archétypes : un pattern of behaviour

Cette force est dites parfois de pattern of behaviour (motif comportemental) car elle organise non seulement les perceptions, représentations et processus psychiques, mais aussi l’activité et les comportements du sujet, son expérience du monde. Jung insiste à de nombreuses reprises sur la parenté entre son concept d’archétype et le concept biologique de pattern of behaviour, comme en témoigne ce qu’il écrit le 13 février 1954 au Pr. G.A. von den Bergh.

Le terme d'"Archétype" est pratiquement synonyme du concept biologique de pattern of behaviour. Mais comme ce concept renvoie avant tout à des phénomènes extérieurs, j’ai choisi pour le pattern of behaviour le terme d’"archétype". Nous ne savons pas si le tisserin a la vision d’une image intérieure lorsqu’il se conforme, en construisant son nid, à une structure formelle reçue d’une antique hérédité, mais tout ce que nous avons d’expérience nous assure qu’aucun tisserin n’a jamais inventé lui-même son nid. Tout se passe comme si l’image du nid à construire naissait avec l’oiseau. » in C.G. Jung, Correspondance 1950-1954, Paris, Albin Michel, 1994, pp.219-220.

C’est en effet l’expérience qui prime sur la représentation — l’expérience, c’est-à-dire l’ensemble complexe des éprouvés vécus par le sujet dans une situation elle-même complexe.

« Les archétypes sont donc doués d'une initiative propre et d'une énergie spécifique. Ils peuvent aussi, à la fois, fournir dans la forme symbolique qui leur est propre, une interprétation chargée de sens, et intervenir dans une situation donnée avec leurs propres impulsions et leurs propres pensées. À cet égard, ils fonctionnent comme des complexes. Ils vont et viennent à leur guise, et souvent, ils s'opposent à nos intentions conscientes ou les modifient de la façon la plus embarrassante. On peut percevoir l'énergie spécifique des archétypes lorsque l'on a l'occasion d'apprécier la fascination qu'ils exercent. Ils semblent jeter un sort. » in C.G. Jung, L'homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964 p. 78/79.

On comprends dès lors pourquoi en pédagogie, tel ou tel archétype peut être un moteur ou un frein, dans la réalisation de soi même ou d'activité.

La recherche archétypale

La recherche archétypale est le travail que fait le pédagogue pour se comprendre en identifiant des tendances en lui. Il peut alors les dépasser et peut s'autoriser aussi a les envisager chez l'apprenant.

Définition

Si elle est travail sur soi, il faut la distinguer de la recherche sur les archétypes faite par les analystes et n'a rien avoir non plus, avec l'idée d'une sorte d'héritage culturel qui serait transmis génétiquement.

Si la psychologie analytique, sous l'impulsion de Carl Gustav Jung, a pu identifier l'expression de ces archétypes dans la culture et en a fait des catégories, cela ne signifie pas que les archétypes sont des motifs mythologiques présents en nous dont nous serions les héritiers :

« On croit souvent que le terme "archétype" désigne des images ou des motifs mythologiques définis. Mais ceux-ci ne sont rien d'autre que des représentations conscientes : il serait absurde de supposer que des représentations aussi variables puissent être transmises en héritage » . in C.G. Jung L'homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964 p 67.

Il s'agit de catégorisations, de tendances en nous qui, si on en prend conscience, nous permettent de mieux nous connaître, de nous comprendre et d'agir :

« L'archétype réside dans la tendance à nous représenter de tels motifs, représentation qui peut varier considérablement dans les détails, sans perdre son schème fondamental. » in C.G. Jung, L'homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964 p 67.

Ce n'est qu'un fois cela fait, que le pédagogue peut s'autoriser a chercher sur le "guidé" puisqu'il sait de quoi il s'agit.

Le travail du pédagogue à se connaître se déroule en clinique auprès d'un confrère ou auprès d'une supervision. Avec le temps de nombreux archétypes sont connus et appréhendés par le pédagogue qui agit alors avec de plus en plus d'expérience. On ne peut s'en tenir a la simple lecture d'ouvrage théorique pour mettre en place cette technique puisque la rencontre avec un archetype se déroule en soi et sur le plan psychique et non pas sur le simple plan intellectuel.

Les archétypes rencontrables

  • L'ombre :

Dans le cadre de la psychologie jungienne, il est envisagé que les individus sont porteurs en eux-mêmes d’une part d’eux-mêmes qui se nomme l’ombre. Si l’on devait en donner une définition courte on pourrait dire que « l'ombre est un des principaux archétypes décrits par Carl Gustav Jung dans le cadre de sa psychologie analytique. Elle est un « Éternel antagoniste », qui est à l'origine de nombreux conflits psychiques, tant interne qu’externe, en même temps qu'il impose au sujet de se confronter à ce qu'il veut ignorer de lui-même, et que de cette confrontation peut naître une forme d'éveil. ». « L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais. » « Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension. » [9]

Dans son ouvrage, La cabane aux paysages, « voyage en archetypal pedagogy», Fappani Frederic, nous parle de la part d'Ombre. Afin de resituer le propos, il faut comprendre, ici, que l'image de l'arbre renvoie comme le précise l'auteur dans son ouvrage, au systéme psychique, à l'âme et ce qui se passe dans l'arbre à la vie intérieure. Dans ce passage l'auteur nous parle du conflict avec l'Omnre. Il nomme l'ombre, tout simplement : le personnage Ombre.

« Le conflit avec l'Ombre peut prendre parfois l'aspect d'une terrible guerre intérieure, où tout parait en flamme ... Et nous sommes là parfois gisant à même le sol ... comme prisonniers de nos propres armes de guerre dirigées contre nous-mêmes. L’ombre pouvait faire donc la guerre ! Que devais faire l’arbre ? Face à la guerre de la part d’ombre ? Face à cette emprise de l’ombre sur sa propre maitrise et sa vie ? Face à ce pouvoir de l’ombre ? Face à ce danger potentiel de l’ombre ? Mais aussi que faire face à ses ennemis de l’extérieur qui ressemblaient a l’ombre comme deux gouttes d’eau ? Mais aussi face à lui-même et à son apparente fragilité dans le face à face à l’Ombre ? L’arbre avait compris que face a un conflit on ne peut s’en sortir que par le haut, il décida donc d’une part de s’avouer les choses qui lui était ou avait été désagréables, il décida donc de parfois entrer dans la lutte face à l’ombre en surenchérissant le plus qu’il le pouvait a chaque chose que l’ombre apparut et qu’elle fit quelque chose ou qu’elle fit apparaitre quelque chose au sein de l’arbre. Il prit le parti pris de se dire que le processus d’une lutte peut être paradoxalement quelques peu humanisant. Parfois cela prenait une forme de dialogue avec l’ombre ... lui qui n’aurait pas voulu ne serait ce même que lui dire qu’un mot quelques temps auparavant. Pour gagner quelques parties, il devrait se montrait souple avec ses principes sans y perdre trop de plumes. À propos de plume, il prit même la plume un peu comme en cachette, pour écrire les stratégies de l’ombre afin de mieux lutter. Il compris bientôt que le conflit ne s’arrêterait jamais tant qu’il serait vivant, mais que par contre il pourrait se servir de ce conflit comme d’une source d’enseignement pour se poursuivre à être en paix avec lui-même, les autres et a s’autoriser a des activités créatrices. »[10].

  • L'enfant intérieur :

Le terme d'enfant intérieur est un terme à l'origine issu de la psychanalyse jungienne, mieux nommée psychologie analytique. On le nomme parfois de son nom latin : puer aeternus, mais il connaît en fait de nombreuses dénominations : l'enfant intérieur, le puer aeternus, l'enfant éternel, l'éternel enfant, le fripon divin et même Trickster, chacune de ces dénominations rendant alors raison à l'une de ses caractéristiques. l'enfant intérieur est à une articulation : l'homme y trouvera de son Anima et de son Ombre un peu aussi de Trickster. La femme y trouvera de son Animus, elle aussi de son Ombre et un peu aussi de Trickster.

  • Les figures féminines :

Les figures féminines de la catégorie Anima se révèlent en général aux hommes. C’est pourquoi on la nomme la part féminine de l’homme. Dans le cadre de la clinique, ou simplement en suivant ses rêves, jour après jour, sur une longue période, et en prenant conscience de cette part féminine, ces personnages qu’il a en lui, le masculin réel de l’homme se met à se développer. Ce processus se nomme l’individuation.

L’aboutissement de cette réalisation se fait en général, par la rencontre avec la figure de la femme sage vers la fin du processus. Les personnages masculins (bien que relevant en général de la psyché féminine) apparaissant parfois dans l’homme au cours de ce processus.

Constituant l'anima, la part féminine, de l'homme on peut trouver :

Chaque niveau correspond a un niveau de maturité psycho-affective. "L'anima du quatrième niveau, stade le plus élevé correspond à une sagesse transcendante, sous l'image d'Athena, la sophia des gnostiques, les initiatrice et les muses. La dimension féminine entre en étroite relation avec la dimension masculine[11]." « Les éléments du monde intérieur nous influencent subjectivement de façon d'autant plus puissante qu'ils sont inconscients ; aussi, pour quiconque est désireux d'accomplir un progrès dans sa propre culture (et n'est-ce pas chez l'individu isolé que la culture commence ?), est-il indispensable d'objectiver en lui les efficacités de l'anima, afin de tenter de découvrir quels sont les contenus psychiques à l'origine des efficiences mystérieuses de l'âme. De la sorte, le sujet acquerra adaptation et protection contre les puissances invisibles qui vivent en lui[12]. »

Dans son ouvrage, La cabane aux paysages, « voyage en archetypal pedagogy», Fappani Frederic, non sans une certaine ironie, l'auteur, nous parle de l'anima de l'Homme ( il lui a donné ici, le nom de Fémina) :

« Par exemple persuadée d'être belle, forte avec une certaine hauteur, il n'est pas rare de la voire vociférée, être agressive, manipulatrice, froide et dure, c'est-à-dire qu'elle ne comporte ni avec classe ni avec réelle hauteur et elle n'est finalement que dans un narcissisme lourd et malsain pour elle-même et envers les autres sans le savoir. Du coup elle ne s'aime pas vraiment ni même les autres sans savoir pourquoi !

Elle se comporte alors comme la pire des viragos ou à la manière des « mauvais » taverniers d'autrefois ... un peu comme la mère Thénardiére de notre bon vieux Hugo, face à la pauvre cosette. A ces moments là ( parfois cela peut durer des années ) il ne vaut mieux pas l'approcher pour notre propre équilibre et notre tranquillité de vie. D'après les informations que j'ai ... en ce moment cela va plutôt bien pour fémina ! Ouf ! Nous n'avons pas a y faire face ... sur son versant « virago » ou « mégère » ... restons tout de même sur nos gardes cependant. Mais attention cette influence du personnage Ombre dans son enfance n'est pas la seule comme je vous le disais et autant elle peut être virago autant elle peut être sublime si l'influence du personnage lumière voie le jour en elle.

A ces moments elle devient lumineuse, se comporte avec hauteur, beigne dans les idées les plus humanistes, les plus créatrices et les partages avec les autres, elle se montre alors créative, aimante, bienfaisante et attire le bonheur tout autant qu'elle sait le dispensé autour d'elle. Elle peut sous cette forme nous apporté beaucoup quand nous la croisons mais là aussi attention. En effet la perfection n'étant ni de ce monde ni du monde l'arbre, cette sublime fémina, sublimante et sublimeuse ( je vous laisse réfléchir a cette hauteur et cette profondeur de sublima ) qui pour être ainsi s'est comme donné entièrement au personnage lumière comporte alors, en elle-même, une part d'inachevé et de non elle-même, puisqu’il s'agit d'un autre personnage. Donc un manque d'avènement d'elle-même qui pourrait vous en couter de suivre ... sauf a faire comme elle et à ne pas advenir vous même et de vous aliéner a elle !» [6]

  • Les figures masculines :

Les figures masculines de la catégorie de l’animus jouent le même rôle chez la femme que celle de l'anima chez l'homme. C’est pourquoi on la nomme la part masculine de la femme. Le processus d’individuation et l’acceptation de cet état de fait, aussi difficile pour la femme que pour l’homme, conduit aussi a un aboutissement de réalisation de soi par le processus d’individuation. De la même manière une rencontre à lieu au final, mais avec l'homme sage.

Comme le dit Elysabeth Leblanc dans son "psychanalyse jungienne" :

«  Constituant l'animus, la part masculine de la femme, on peut trouver :

Chaque niveau correspond à un niveau de maturité psycho-affective.

Dans son ouvrage, La cabane aux paysages, « voyage en archetypal pedagogy», Fappani Frederic, non sans une certaine ironie, l'auteur, nous parle de l'animus de la femme ( il lui a donné ici, le nom de Masculinus) :

« Masculinus est un être fier et cette fierté contient en elle-même à la fois sa force et sa faiblesse. En effet celui-ci aime très très fortement cet attribut que l'on nomme la « fierté». Cet amour qu'il donne à la fierté est inconditionnel et total. Cet amour pour sa fierté naturelle le rends fragile et fort à la fois.

Fragile car que l'on se présente devant lui, que l'on tiennent des propos dévalorisant contre sa fierté, que l'on s'exerce à la critique strictement négative, ou que l'on en rigole, que l'on ne lui attribut pas ses vraies capacités sous prétexte qu'il serait fier et cet amour peu alors être blessé. On pourrait même dire, qu'en un sens les imbéciles lui sont douloureux. En effet les imbéciles qui ne verraient ici, que du négatif en lui à être fier pour être fier et qui n'y verrait pas de force seraient dans la dénégation même de ce qui fonde l' humanité de masculinus et les imbéciles ( c'est dans leur nature ) se fermeraient ainsi à une réalité.

D'ailleurs et pour la petite histoire masculinus a aussi grande peine pour ceux qui son aliénés de la sorte a ne pas être ouvert à la réalité car il sait pertinemment qu'une fermeture au réel c'est toujours un peu une aliénation et même quand elle est fortement répandue. Cette fermeture des imbéciles est douloureux à masculinus et en cela sa fierté est source de fragilité. Mais à l'inverse sa fierté comporte une très grande force.

Chargé d'amour et de fierté, il peut accomplir de grandes choses, au sens où il accomplie des activités pleine d'humanité et comportant de fortes valeurs humaines ajoutées : l'amour, l'élévation, la création, la sublimation etc. et il est capable grâce a sa fierté, d'en faire profiter les autres.Dans cette partie du paysage, masculinus et ses ancêtres ont battis toutes les routes, toutes les maisons, pas un mètres carrées qui vous entoure ici et même chaque mètres carrées du sol a été travaillés depuis les temps anciens par lui et ses ancêtres. » [6]

La Réalisation du soi

Le Soi

Le Soi signifie dans l'acceptation courante la personne, ou l'individu qui se désigne lui-même.

Carl Gustav Jung utilise le mot soi pour distinguer une personne au delà de ce qu'elle en perçoit (cette perception étant le moi).

Ce concept du soi est utilisé en psychologie et en psychanalyse avec des nuances d'acceptions en fonction des courants de pensée. C'est en particulier un des piliers de la psychologie analytique et de la psychologie sociale. En psychanalyse post-freudienne, c'est notamment Heinz Kohut qui en a théorisé et développé le concept.

Aux sens des auteurs junguiens, dont Fappani frederic, il est un archétype symbole du renouveau psychique.

« le soi est la donnée existant a priori dont naît le moi. Il préforme en quelque sorte le moi. Ce n'est pas moi qui me crée moi-même : j'adviens plutôt à moi-même.  »[14]

Le Soi est un concept limite qui regroupe en un même ensemble le conscient et l'inconscient : inconscient personnel et inconscient collectif. Il traduit l'expérience de la totalité, la capacité de représentation de la totalité, autant que le processus psychique qui va dans le sens d'une conscience englobant de plus en plus d'éléments inconscients. Le Soi intervient dans le processus d'individuation : il en est le moteur, l'organisateur et, dans une certaine mesure, le but.

Le Soi est ainsi l'archétype de la conscience et du moi. Le rapport du Moi au Soi est décrit par Jung soit comme celui de la terre tournant autour du soleil, soit comme celui d'un cercle inclus dans un autre cercle de plus grand diamètre, soit encore comme le fils par rapport au père. Dans ce dernier cas, l'image n'est complète que lorsque l'on considère que le Soi n'advient à la conscience que par un travail de confrontation du Moi avec ses autres archétypes (animus et anima, persona, etc.), un travail de « décantation » du Moi : le Soi est donc aussi, à la fin du processus d'individuation, d'une certaine manière, le fils du Moi (“Filius Philosophorum”).

En tant que totalité, le Soi est nécessairement paradoxal : toute qualité qui lui est attribuée s'y voit accompagnée de son opposé : seule la capacité de direction de la conscience du Moi permet la différenciation entre les contraires, et révèle donc cet aspect paradoxal du Soi, plus précisément de la conscience que l'on peut en avoir.

La réalisation du soi : l'individuation

Les auteurs de l'archetypal pedagogy s'appuie sur le concept d'individualisation pour parler de la réalisation du soi.

Dans l'ouvrage, Ma vie, Carl Gustav Jung, définit le concept d'individuation ainsi:« J'emploie l'expression d' individuation pour désigner le processus par lequel un être devient un in-dividu psychologique, c'est-à-dire une unité autonome et indivisible, une totalité »,

«  (...) l'inconscient est un processus et les rapports du moi à l'égard de l'inconscient et de ses contenus déclenchent une évolution, voire une métamorphose véritable de la psyché. Dans les cas individuels on peut suivre ce processus à travers les rêves et les phantasmes.Dans le monde collectif, ce processus s'est trouvé inscrit dans les différents systèmes religieux et dans les métamorphoses de leurs symboles.C'est à travers l'étude des évolutions individuelles et collectives et à travers la compréhension de la symbolique alchimique que je parvins à la notion clé de toute ma psychologie, à la notion du processus d'individuation [15]. »

Ce terme est aussi nommé autorisation noétique :

« L'autorisation noétique est un cheminement de connaissance de soi, un voyage intérieur (et/ou extérieur) durant lequel un processus interne et continu de transformation de Soi démarre lorsque l'individu s'ouvre (suite à un flash existentiel, une prise de conscience de son ignorance et de sa souffrance, ou à un questionnement sur le sens de la vie) à un profond désir de changement et se confronte à l'inconnu, rencontre des archétypes ou symboles numineux qui le touchent, l'ébranlent et lui dévoilent le réel derrière la réalité, l'esprit derrière la psyché, le monde ontologique derrière le monde des apparences, le monde de l'intelligence derrière le monde de la signification.[16] »

La réalisation du soi : le dépassement des conflicts et la création

La réalisation du soi se deroule grâce a une maturation ( en général dans un face à face clinique ou psychoeducatif ) suite a un trauma, traumatisme, une prise de conscience ou lors de situation de conflict ou de douleur a dépasser.

a) Le dépassement des conflicts est possible
Exemple 1

Marlène Frich, psychologue clinicienne, in "Violences conjugales, comment en sortir ?", ed. Lien social, 2003 :

« ...Pour le sujet violent, l’autre idéalisé doit être totalement bon. Aucune défaillance n’est permise. Lorsque cette image idéalisée de l’autre est ternie (ce qui ne peut manquer d’être), il devient totalement mauvais et la violence vient justifier et rétablir de gré ou de force l’image antérieure. Pour l’autre, la « victime », le schéma est identique. Le partenaire est idéalisé et bon. Lorsque la violence surgit, il devient mauvais et, en même temps, la « victime » se vit comme mauvaise puisqu’elle n’a pas pu ou su être à la hauteur des attentes de l’autre. La problématique des partenaires est commune mais l’un des deux est chargé de l’exprimer (est-elle plus difficilement contrôlable chez lui ?) dans le passage à l’acte. Les pulsions sont agies par l’un mais présentes chez l’autre, bien que combattues et réprimées. Celui qui agit réalise son désir, même réprouvé, et satisfait ses tendances masochistes par la punition et l’opprobre. Celui qui subit obtient des satisfactions fantasmatiques en s’identifiant à l’agresseur (dans le passage à l’acte) en lui faisant agir ses propres fantasmes. La violence conjugale recouvre un conflit psychique vie-mort. Ce qui peut aider ces couples ou ces sujets à sortir de cette problématique est un travail psychique qui leur permettra de quitter la violence fusionnelle qui annihile, détruit, tue, pour accéder au conflit positif, à une forme d’agressivité créatrice et génératrice de la pensée de l’individualisation et de l'individuation.» [17] »

.

Exemple 2

Cet exemple traite de la violence des femmes, a titre d'illustration mais pourrait tout aussi bien traiter de la violence des hommes.

Eliane Jung-Fliegans, psychologue clinicienne, par exemple, au travers d'une approche de psychologie analytique, s'est intéressée aux comportements récurrents des femmes violentes, dans une perspective essentialiste « car envisager une féminité épanouie et libérée où chaque sexe manifeste son originalité en respectant l’autre est révolutionnaire. Pour ne pas bouger nos croyances sommes-nous condamnés à la « guerre des sexes » réponse automatique à l’inacceptable différence ?" - Eliane Jung-Fliegans in "Violence au féminin et sexualité »

Pour cela, explique-t-elle, il faut se connaitre et se prendre en charge in Eliane Jung-Fliegans dans "Violence au féminin et sexualité" :

« ... La femme doit veiller sur son animus, sur sa nature. Si elle prend conscience de ses aspects négatifs et de l’influence qu’il exerce sur elle, elle peut affronter sa réalité au lieu d’ en être possédée. L’animus devient alors un compagnon intérieur qui transmet les qualités masculines d’initiative, de courage, d’objectivité et de sagesse spirituelle. Il exprime 4 stades de développement psychique :
  • comme personnification de la simple force physique,
  • comme esprit d’initiative, capacité d’agir et d’organiser,
  • sous les traits de l’enseignant ou du prêtre, où il témoigne de l’enseignement verbal,
  • comme pensée métaphysique médiatrice de l’expérience religieuse qui donne un sens nouveau à la vie.  »

Annick de Souzenelle, elle aussi psychologue jungien, souligne que

« ... si la rigueur féminine n’épouse pas la miséricorde masculine, elle est dureté et peut devenir cruauté"" »

Il faut aller se découvrir pour dépasser le conflict.

Eléments de compréhension des exemples

Cette vision essentialiste de l'âme des femmes, l'animus et son versant agressif ont été définis par Jung. Cette part masculine de la femme qui est insupportable chez la femme blessée, sous emprise, dans un cercle de la violence est l'équivalent de la féminité que certains hommes n'arrivent pas à assumer. Jung le nomme Animus pour la femme et Anima pour l'homme. L’anima et l'animus sont des concepts propres à la psychanalyse jungienne, mieux nommée psychologie analytique.

In C.G. Jung " Dialectique du moi et de l'inconscient ", Idées / Gallimard, 1973 p. 179 et 181, on peut lire :

« ... L'anima est féminine ; elle est uniquement une formation de la psyché masculine et elle est une figure qui compense le conscient masculin. Chez la femme, à l'inverse, l'élément de compensation revêt un caractère masculin, et c'est pourquoi je l'ai appelé l'animus. Si, déjà, décrire ce qu'il faut entendre par anima ne constitue pas précisément une tâche aisée, il est certain que les difficultés augmentent quand il s'agit de décrire la psychologie de l'animus (...) Le fait qu'un homme attribue naïvement à son Moi les réactions de son anima, sans même être effleuré par l'idée qu'il est impossible pour quiconque de s'identifier valablement à un complexe autonome, ce fait qui est un malentendu se retrouve dans la psychologie féminine dans une mesure, si faire se peut, plus grande encore. (...) Pour décrire en bref ce qui fait la différence entre l'homme et la femme à ce point de vue, ce qui caractérise l'animus en face de l'anima est : alors que l'anima est la source d'humeurs et de caprices, l'animus, lui, est la source d'opinions ; et de même que les sautes d'humeur de l'homme procèdent d'arrière-plans obscurs, les opinions acerbes et magistrales de la femme reposent tout autant sur des préjugés inconscients et des a priori. [18] »
b) La création

Marlène Frich, psychologue clinicienne

« ..Ce qui peut aider (...) ces sujets à sortir de cette problématique est un travail psychique qui leur permettra de quitter la violence fusionnelle qui annihile, détruit, tue, pour accéder au conflit positif, à une forme d’agressivité créatrice et génératrice de la pensée de l’individualisation et de l'individuation.» [17] »

.

Le dépassement
La création

Références

Notes

  1. James L. Henderson, Jung's analytical psychology and its significance for education in the light of recent literature, Article published by Ed. pringer Netherlands, in International Review of Education/Internationale Zeitschrift für Erziehungswissenschaft/Revue internationale l'éducation, Volume 2, Number 3 / septembre 1956.
  2. a , b  et c Jacques Louys & Bernard Robinet, «L'accompagnement éducatif & Carl Gustav Jung.» : Frederic Fappani, éd.Psy désir du 27.04.2009. Article en ligne à [1]
  3. Jacques Louys & Bernard Robinet, «L'accompagnement éducatif & Carl Gustav Jung.» : Frederic Fappani, éd.Psy désir du 27.04.2009. Article en ligne à [2]
  4. C.G.Jung, PSYCHOLOGIE ET EDUCATION, Buchet Chastel, Paris 1963
  5. a , b  et c Clifford Mayes, Jung and education : elements of an archetypal pedagogy, Rowman & Littlefield, 2005
  6. a , b  et c Frederic Fappani,La cabane aux paysages, «voyage en archetypal pedagogy», Paris, Janvier 2009.
  7. in l'autorisation noetique, Par quels cheminements peut-on entrer dans un processus d'évolution conduisant vers un plus être ?, Joëlle Macrez-Maurel
  8. Joëlle Macrez-Maurel, S'autoriser à cheminer vers soi. Aurobindo, Jung, Krishnamurti, Paris éditions Vega, 2004, 327 pages
  9. in C.G. Jung « L'Âme et la vie », LGF - Livre de Poche, 1995 (ISBN 2-253-06434-3). L'ouvrage L'Âme et la vie est constitué de textes essentiels de Carl Gustav Jung, réunis et présentés par Jolande Jacobi, introduits par Michel Cazenave.
  10. in Fappani Frederic,La cabane aux paysages, «voyage en archetypal pedagogy», Paris, Janvier 2009.
  11. La psychanalyse jungienne, Collection Essentialis, ED. Bernet-Danilot, Avril 2002
  12. C.G. Jung " Dialectique du moi et de l'inconscient ", Idées / Gallimard, 1973 p 178.
  13. Elysabeth Leblanc, La psychanalyse jungienne, Collection Essentialis, ED. Bernet-Danilot, Avril 2002
  14. C. G. Jung, « Le symbole de la transsubstantiation dans la messe » dans Les racines de la conscience, Paris, Buchet Chastel, 1971, p. 281
  15. Ma Vie, p.243-44
  16. Joëlle Macrez-Maurel, S'autoriser à cheminer vers soi. Aurobindo, Jung, Krishnamurti, Paris éditions Vega, 2004, 327 pages
  17. a  et b Marlène Frich, psychologue clinicienne,in "Violences conjugales, comment en sortir ?", ed. Lien social, 2003
  18. C.G. Jung " Dialectique du moi et de l'inconscient ", Idées / Gallimard, 1973 p 179 et 181

Auteurs

  1. Clifford Mayes, Psychologue a posé les éléments théoriques pour une pédagogie archétypale. Ouvrage : Jung and education : elements of an archetypal pedagogy, éd. Rowman & Littlefield, 2005
  2. Frederic Fappani est un pédagogue jungien et chercheur en sciences de l'éducation. Ouvrage en français : La cabane aux paysages, « voyage en archetypal pedagogy», Paris, janvier 2009.
  3. René Barbier, Universitaire et chercheur en sciences de l'éducation
  4. Patrick Estrade est psychologue et pédagogue jungien . Il s'est connaître dans les années 1980, pour avoir développé une approche autour du concept d'école de la vie et d'être aller jusqu'à envisager la réalisation d'une structure expérimentale.
  5. Carole Sédillot est pédagogue jungienne. Fondatrice d'un centre de recherche sur le symbolisme.
  6. Jean-Daniel Rohart est professeur dans l'enseignement public français et pédagogue jungien. Il a produit de nombreux écrits sur les approches jungiennes possibles au sein de l'éducation nationale.

Articles connexes

Bibliographie

Education selon Carl Gustav Jung

  • Carl Gustav Jung, Le développement de la personnalité. Préface à l’édition hébraÏque de "Psychologie et éducation" de Jung (1958) in Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.18.Princeton University Press, 1976. 904 p. (p. 822), (§1822-1824).)
  • Carl Gustav Jung, Psychologie et éducation, Éditeur : Buchet Chastel (1er avril 1994), Langue : Français, (ISBN 2-70201-348-1) et (ISBN 978-2-70201-348-9)
  • Carl Gustav Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.18.Princeton University Press, 1976. 904 p. (p. 822), (§1822-1824).

Péres fondateurs de l' archetypal pedagogy

  • Clifford Mayes, Jung and education; elements of an archetypal pedagogy, , Rowman & Littlefield, 2005
  • Clifford Mayes, Inside Education: Depth Psychology in Teaching and Learning (Paperback)
  • Frederic Fappani, La cabane aux paysages, « voyage en archetypal pedagogy», Paris, janvier 2009.
  • Frederic Fappani, Education and Archetypal Psychology, Ed.Cursus, 2008, Paris.
  • Frederic Fappani, L’acte éducatif pour quoi et pour qui ?, éd.Lien social., Numéro 572, 12 avril 2001
  • Frederic Fappani, Les dossiers de l’éducation, Violence à l’école, Les objets sociomédiatiques ", éd. Cursus (2002)

Autres auteurs

  • David Lucas, « Carl Gustav Jung et la révolution copernicienne de la pédagogie », Le Portique, Numéro 18 - 2006.
  • Carole Sédillot, " La quête du soi : les 12 travaux d'Hercule", Éditeur Dervy, 11 juin 2007.
  • Carole Sédillot, "Abc du symbole", Éditeur Grancher, 1er février 2007
  • Carole Sédillot, "Abc de la psychologie jungienne", Éditeur Grancher, 7 mai 2003
  • Jean-Daniel Rohart, Action éducative et éthique. Pour un compagnonnage des acteurs de la relation éducative. L’Harmattan, 2001.
  • Jean-Daniel Rohart, La vie et l’éducation. Suivi de Comment réenchanter l’école ? L’Harmattan, décembre 2005. L'Harmattan, 2005
  • Patrick Estrade, Comment je me suis débarrassé de moi-même, éditions Robert Laffont(2004)
  • Patrick Estrade, Ces souvenirs qui nous gouvernent, éditions Robert Laffont(2006).

Liens externes

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