Arbogast (general romain)

Arbogast (général romain)

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Arbogast ( ? – 394) fut un officier des armées romaines sous Théodose Ier et Valentinien II. Il est d’origine franque, neveu de Richomer, consul en 384, également franc et tous deux intégrés dans l’Empire romain.

Sommaire

Biographie

D'après Gilles Constable et Michel Rouche (Auctoritas), qui reprennent les travaux de Zöllner et Heinzelmann, Arbogast ou Arogast, pourrait être un exilé barbare franc de race transrhénane, otage de Julien, et fils de Nebigast roi des Chamaves. Il serait devenu ensuite comte militaire et lieutenant de son parent Flavius Bauto, maître de la milice en 380 et consul en 385, à qui il succéda en 388-394. Il aurait commencé à résider à Bodegem , sur le domaine de Bauto son protecteur, une des 3 préfectures létiques de Belgique dont Bauto avait la tenure fiscale, et qui porte son nom comme c'était l'usage.

En 388, Richomer et Arbogast commandent l’armée de Théodose Ier qui affronte l'usurpateur Maxime. Envoyé en Gaule après la défaite de Maxime, Arbogast capture et exécute son fils Victor.

Théodose met le jeune Valentinien, âgé alors d'à peine vingt ans, sous la protection d’Arbogast, tandis que lui-même séjourne à Milan de 388 à 391, puis repart à Constantinople.

En 392, Arbogast doit passer en Gaule avec Valentinien, pour une expédition punitive afin de contrer les attaques de pillards francs. En mai 392, Valentinien reçoit à Vienne l’appel à l’aide d’Ambroise de Milan, car l’Italie est sous la menace d'une invasion venue de Pannonie. Valentinien veut intervenir mais Arbogast s’oppose à toute sortie de Gaule. Les deux personnalités s’opposent totalement, entre le militaire aguerri, barbare et païen, et le jeune empereur, dévot ascétique. Le 14 mai 392, Valentinien présente une lettre de renvoi à Arbogast, qui furieux la déchire, déclarant « tu ne m’as pas donné mon commandement, tu ne pourras pas non plus me l’enlever »[1]. Le lendemain 15 mai de cette altercation, l’empereur est trouvé mort.

Deux versions circulent sur la raison de sa mort : ou bien il aurait été tué par un assassin d’Arbogast lors d’une séance d’exercice devant les mur de Vienne, ou bien, il se serait pendu, thèse accréditée par Théodose lorsqu’il en est informé à Constantinople.

Plusieurs mois s’écoulent, pendant lesquels Théodose et son fils Arcadius règnent sur tout l’Empire, tandis que Arbogast observe ses adversaires politiques à Constantinople. Lorsque le préfet du prétoire Tatianos, païen comme lui est remplacé par son adversaire le chrétien Rufin, Arbogast se décide à usurper le titre impérial en août 392. Comme son origine barbare lui interdit l’accès au trône, il proclame empereur Eugène, un haut fonctionnaire recommandé par Richomer.

Après de vaines tentatives de conciliation avec Théodose, Arbogast s’organise pour le conflit. Il assure la paix sur le limes du Rhin, et passe en Italie avec des contingents de fédérés francs et alamans. Si l’évêque Ambroise de Milan manifeste une neutralité plus que distante, l’aristocratie romaine païenne est enthousiaste, car elle préfère un chrétien modéré comme Eugène à Théodose, qui a multiplié les mesures et les confiscations anti-païennes. Le sénateur Nicomaque Flavien anime à Rome une violente réaction païenne, les cérémonies en l’honneur des dieux antiques reprennent.

La bataille décisive avec l’armée réunie par Théodose Ier a lieu près d'Aquilée, à la Rivière froide. Arbogast est vainqueur le premier jour, mais la trahison de groupes francs entraîne sa défaite le lendemain, et le réduit à se donner la mort (394).

Comme il fut autoritaire, païen, germain, usurpateur, et battu, les chroniqueurs antiques et les historiens qui les relayèrent en font un personnage négatif.

Voir aussi

Sources

  • Roger Remondon, La crise de l’Empire romain, PUF, collection Nouvelle Clio – l’histoire et ses problèmes, Paris, 1964, 2e édition 1970
  • Paul Petit, Histoire générale de l’Empire romain, Seuil, 1974, (ISBN 2020026775)
  • François Zosso et Christian Zingg, Les Empereurs romains, édition Errance, 1995, (ISBN 2877722260)

Notes et références

  1. Zosime, Histoire nouvelle, IV, LIII, 2-3

Liens internes

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