Aqueduc d'Appius

Aqueduc de l'Aqua Appia

SPQRomani.svg Aqua Appia SPQRomani.svg
Plan du Latium antique (G. Droysens Allgemeiner Historischer Handatlas, 1886) avec l'Aqua Appia en rouge.
Date de construction
312 av. J.-C.
Ordonné par
Appius Claudius Caecus
Caius Plautius Venox
Date(s) de rénovation
vers -140 (Q. Marcius Rex)
-33 (Agrippa)
entre -11 et -4 (Auguste)
Longueur
16,6 km
Débit entrant (Frontin)
76 000 m³/jour
Débit reçu (règlements)
35 000 m³/jour
Débit constaté (Frontin)
29 000 m³/jour
Altitude de départ
~20 mètres
Altitude d'arrivée
8,37 mètres
Plan de la Rome antique avec l'Aqua Appia en rouge.
Listes des aqueducs romains et des monuments de Rome

« Aux masses si nombreuses et si nécessaires de tant
d'aqueducs, allez donc comparer les pyramides qui ne
servent évidemment à rien ou encore les ouvrages des
Grecs inutiles, mais célébrés partout ! [1] »
- Frontin

Série Rome antique

L’aqueduc de l'Aqua Appia ou aqueduc d'Appius ou aqueduc Appien (Aqua Appia) est le premier aqueduc romain, construit en 312 av. J.-C.

Il est édifié par les censeurs Appius Claudius Caecus (qui a aussi fait tracer la Voie Appienne de la porte Capène à Capoue) et Caius Plautius Venox[2],[3], qui reçoit son cognomen « pour avoir recherché les veines de cette eau[3] », c'est-à-dire découvert la source.

Jusqu'en 312 av. J.-C., les Romains se contentent des eaux du Tibre, de puits et de sources, qui sont des objets de vénérations et de culte pour eux, car l'on croyait que cela rendait la santé aux malades[4]. C'est sous le premier consulat de Marcus Valerius Maximus Corvinus et Publius Decius Mus, que les deux censeurs lancent la construction de l'aqueduc[3].

Caius Plautius Venox abdique de la censure au bout de 18 mois que le veut la tradition croyant que son collègue en ferait autant, mais Appius Claudius Caecus se maintient et a seul l'honneur de donner son nom à l'aqueduc[2],[3].

Il capte l'eau près de la voie Prénestine, depuis les collines de la Sabine, des sources situées entre le septième et huitième mille (~10 km) de la route de Préneste[3], ou de Gabies. Le canal est presque entièrement souterrain (11 130 pas), seuls 90 mètres (60 pas) sur arcades[3], ce qui est nécessaire car la différence d'altitude entre la source et la destination n'est que de 10 mètres en 16,6 km (11 190 pas)[3], édification remarquable de technologie pour le IVe siècle av. J.-C.

Lors de sa construction, il atteint Rome au niveau de la Porte Capène où il sort de terre[3], du mur Servien. Plus tard, il atteint la Rome impériale au niveau de la Porte Majeure, passe sous 30 mètres de terre sous le Caelius puis passe sur la Porte Capène vers l’Aventin mineur et majeur[5], sous lequel il passe pour atteindre le Vélabre, plus précisément le Forum Boarium, près de la porte Trigémine, au bord du Tibre. Il est un des moins élevés de Rome (8,37 m), seul l'Aqueduc Alsietina est plus bas (5 m), car pris dans les champs voisins de Rome[6], à l'époque de Frontin, donc sans compter l'Aqueduc Traiana et l'Aqueduc Alexandriana. Il n'a pas de réservoirs[5].

Il est restauré par Quintus Marcius Rex entre 144 et 140 av. J.-C.[7],[8], par Agrippa en 33 av. J.-C.[9] et Auguste suite à un rapport des consuls Quintus Aelius Tubero et Paullus Fabius Maximus en 11 av. J.-C[10].

L'eau est inscrite dans les règlements à l'époque de Frontin pour 841 quinaires (35 000 m³/j), quantité qui n'a pu être constatée à la tête de l'aqueduc, mais l'administrateur principal des eaux de Rome a calculé 1 825 quinaires (76 000 m³/j), et ne fournit que 704 quinaires (29 000 m³/j) au Ier siècle. Frontin a trouvé nombre de déviations non autorisées dans la ville de Rome, mais aucun siphonnage hors des murs de Rome, l'aqueduc étant souterrain[11]. D'ailleurs, seul 5 quinaires (200 m³/j) sont donnés hors de la ville, les 699 autres (29 000 m³/j) étant fournis dans la ville, dans les régions II, VIII, IX, XIII et XIV au moyen de 20 châteaux d'eau[12] :

Martial, un poète contemporain de Frontin, laisse entendre que la Porte Capène, qui supporte l'aqueduc, n'est guère étanche[13] :

« A la porte Capène, à l’endroit où la route
Est humide des pleurs que distille la voûte »

— Martial, Épigrammes, Livre III, 47 (trad. Constant Dubos)

Sources

Notes

Références

Voir aussi

  • Portail de la Rome antique Portail de la Rome antique
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