Antonin Lecouteux
Antonin Lecouteux
Antonin Lecouteux
Antonin Lecouteux

Naissance 30 novembre 1899
Paris, France
Décès 17 mars 1938 (à 43 ans)
Barcelone, Espagne
Nationalité Flag of France.svg Française
Profession Premier vice-consul de France
Autres activités Officier
Distinctions Obsèques nationales
Citation à l’ordre de la nation
Compléments
Tué lors un bombardement franquiste


Antonin Lecouteux est né le 30 novembre 1899 à Paris et mort à Barcelone le 17 mars 1938.

Premier vice-consul de France à Barcelone, tué lors d’un bombardement italien le 17 mars 1938, pendant la guerre civile espagnole[1]. Il a le droit à des obsèques nationales.

Sommaire

Biographie

La guerre de 14-18

Pendant la guerre de 14, Antonin Lecouteux est un jeune officier de la Section photographique et cinématographique des armées (SPCA). Il est aussi un officier de renseignements à l’état-major des troupes françaises en Grèce et s’intéresse à tout ce qui touche à l’histoire et la culture de l’empire ottoman agonisant et la vie du peuple turc.

En poste à Istanbul

En mai 1919, il est diplomate à l’ambassade de France à İstanbul. La ville perd sa fonction de capitale le 1er octobre 1923, en faveur d'Ankara, la capitale de la République de Turquie. Il reste à son poste toutefois à Istanbul.

Vice-consul à Barcelone

En 1926, après un court séjour à Paris, il est nommé vice-consul à Barcelone, dans une Espagne dirigée par Miguel Primo de Rivera (1923-1930). Ce dictateur est chassé du pouvoir part en exil.

En 1932, après la chute du roi Alphonse XIII, la Catalogne obtient un statut d'autonomie politique au sein de la jeune Seconde République espagnole.

La guerre civile espagnole

Le 17 juillet 1936, lors du coup d'Etat militaire qui provoque la guerre civile espagnole, Antonin Lecouteux est responsable du bureau militaire au consulat français de Barcelone.

Outre les questions militaires, il se charge des réfugiés qui sont nombreux et d’origines variées :

  • Les Espagnols et Catalans, premiers réfugiés et exilés de la guerre d'Espagne. En Catalogne, ils sont plusieurs milliers de personnes neutres, méfiantes ou hostiles envers les républicains qui partent par bateau vers Marseille ou vers l'Algérie. Ces départs sont souvent clandestins. Les personnes traquées vont au consulat, Lecouteux leur fournit des uniformes de marins français avec lesquels ils vont au port et en partent sous de fausses identités.
  • Les Français vivant en Espagne, qui exigent ou supplient d’être rapatriés. Il faut parfois les faire sortir de prison, où ils sont détenus pour des raisons diverses, parfois de fausses accusations d’espionnage, mais la plupart du temps pour des trafics de conserves périmées.
  • Des membres des brigades internationales retournant en France, désargentés et attendant désespérément des papiers des autorités catalanes. Lecouteux ne voit en eux que des citoyens Français voulant rentrer dans leur pays, malgré la non-intervention de la France. Il les conseille, leur donne des papiers rapidement et surtout de l'argent pour pouvoir manger et dormir dans un hôtel.


Antonin Lecouteux se soucie aussi du sort des anciens volontaires espagnols qui ont combattu avec les troupes françaises contre les Allemands. Et il doit aussi se charger des immigrés retournés au pays, ou des parents d'espagnols, vivant en France ou en Afrique du Nord. Ils sont très nombreux à lui demander de l'aide. Certains d'entre eux sont ses amis, et le vice-consul aime tellement l'Espagne que lui et sa famille vivent comme leurs voisins espagnols. Il connaît lui-aussi les restrictions alimentaires après 1936.

Dès le début de la guerre, Antonin Lecouteux envoie clandestinement à la presse française des photos de la guerre civile en Catalogne.

Pour une photo de ruines autour de la capilla de la Dama negra, sans grand intérêt, Antonin Lecouteux est arrêté par la police spéciale, un groupe d’investigateurs et d’exécuteurs de la Fédération anarchiste ibérique. Il passe 24 heures en prison. Son appartement est fouillé.

Au courant des règlements de comptes qui ensanglantent la ville, il va toujours préférer sa voiture qui arbore le fanion français et son autoritso de la Generalitat de Catalunya à des escortes formées de miliciens de la police spéciale.

Sa mort

Situation en novembre 1938. En mars, les Franquistes n'ont pas percé jusqu'à la Méditerranée.

Le 22 février 1938, Teruel est prise par les franquistes. Les bombardements de Barcelone opérés par l'aviation italienne, les 17 mars-19 mars 1936, ont lieu un an jour pour jour après la défaite italienne lors de la bataille de Guadalajara. Mais elles correspondent aussi à la préparation d’une offensive des nationalistes et des fascistes italiens. Le 15 avril, les forces franquistes atteindront la Méditerranée et couperont l'Espagne républicaine en deux. Barcelone n’est donc pas la seule ville visée et les objectifs sont aussi militaires.

Le 13 mars 1938, la France a rouvert ses frontières au transit d'armes vers la zone républicaine. Donc, les médias de la France du Front populaire insistent sur les pertes réelles et symboliques subies par la France en particulier la destruction de l'École française, mais surtout le rapatriement du corps du vice-consul M. Lecouteux, tué lors de ces bombardements. Ils dénoncent l'œuvre du fascisme international pour susciter l'aide active de la population française.

Le corps d’Antonin Lecouteux est rapatrié en France, sur le contre-torpilleur Vauquelin, ce qui donne lieu à une cérémonie officielle à la gare maritime de Barcelone en présence d’une foule nombreuse et de membres du gouvernement catalan[2].

A son arrivée à Sète, le délégué du ministre des affaires étrangères préside à une cérémonie imposante à l’arrivée du Vauquelin, transportant le corps. Il l’accompagne jusqu’à Paris, où le premier vice-consul a le droit à des obsèques nationales en présence de nombreuses personnalités, dont Saint-John Perse, le poète qui est secrétaire général du ministère des affaires étrangères[3] et Joseph Paul-Boncour, ministre des Affaires étrangères. La cérémonie est filmée et le film est diffusé au niveau des actualités de la plupart des cinémas du monde libre et en U.R.S.S., pour montrer que tout le monde est menacé par le fascisme, même les catholiques et les pays membres du comité de non-intervention. Antonin Lecouteux est cité à l’ordre de la nation.

En 1939, sa veuve et sa fille unique fuiront Paris, les bombardements et les nazis et se réfugieront à Saignes, un village du Cantal, loin de la fureur des hommes.

Notes et références de l'article

  1. Revue de droit international et de législation comparée, par Institute of International Law, p.250
  2. Barcelona roja: dietario de la revolución (julio 1936-enero 1939), Tomás Caballé y Clos, Libería Argentina, 1939, p.74.
  3. À Munich, Hitler en colère après lui le qualifie à cette occasion de petit martiniquais sautillant !

Différents articles de journaux de l'époque.

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Liens et documents externes


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