Anton Bruckner
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Anton Bruckner
Portrait de Bruckner par Hermann von Kaulbach
Portrait de Bruckner par Hermann von Kaulbach

Naissance 4 septembre 1824
Ansfelden, Drapeau: Empire d'Autriche Empire d’Autriche
Décès 11 octobre 1896
Vienne, Drapeau d'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Activité principale Compositeur
Formation Conservatoire de Vienne
Maîtres Simon Sechter, Otto Kitzler
Enseignement Conservatoire de Vienne
Élèves Hans Rott, Gustav Mahler

Anton Bruckner (4 septembre 1824 - 11 octobre 1896) est un organiste et compositeur autrichien. Figure éminente du post-romantisme allemand, sa rencontre avec Wagner laisse sur lui une empreinte ineffaçable. Sa musique théologique à l'orchestration par blocs différenciés à partir d'une cellule de base est mal accueillie par une critique intransigeante et un public viennois tout acquis à la musique de Brahms. Défendu par Gustav Mahler et d'autres grands chefs-d'orchestre, Bruckner longtemps musicien incompris, est aujourd'hui un pilier du répertoire symphonique des programmes de concert. Infatigable perfectionniste, il laisse de ses symphonies nombre de versions multiples et éditions différentes. Pédagogue de talent et brillant improvisateur, le maître de Saint Florian outre ses maladresses et sa naïveté rustiques, laisse à jamais de la grande forme symphonique une vision transcendante par ce que d'aucuns nommeront son parfum d'éternité.

Sommaire

Biographie

L'abbaye de Saint-Florian

Josef Anton Bruckner est né le 4 septembre 1824 à Ansfelden, petit village en Haute-Autriche, situé près de Linz. Il est le premier enfant d'Anton, maître d'école et de son épouse, née Thérèse Helm. Très vite ses parents détectent les dons musicaux de l'enfant. À 10 ans, il est en mesure de remplacer son père à l'orgue paroissial. Ses parents l'envoient compléter sa formation musicale auprès du cousin Weiss. Celui-ci l'initie pendant près de deux ans à la théorie musicale, l'harmonie, l'orgue. Bruckner s'essaye déjà à cette époque à l'improvisation sur son orgue. En 1837, son père décède et il est conduit par sa mère à l'Abbaye de Saint-Florian. Le jeune garçon passe trois ans dans ce havre de paix. Ces trois années le marquent toute sa vie et il en garde toujours beaucoup de piété et de modestie. Il y reçoit surtout une solide formation générale et musicale. Il prépare ensuite le concours d'entrée à l'École normale de Linz. Il y est admis et en 1841, il obtient le diplôme d'adjoint instituteur. En 1843, il est nommé près de l'Abbaye de Saint-Florian et peut ainsi approfondir ses connaissances auprès de Schläger pour les chœurs et de Zenetti pour les claviers. En 1845, il est instituteur titulaire.

La période de Saint-Florian

L'orgue de Saint-Florian

Dès cette nomination obtenue, il devient assistant à l'école paroissiale de Saint-Florian de 1845 à 1855 où il continue à parfaire ses connaissances musicales auprès de Schläger et de Zenetti. Il y compose une cinquantaine d'œuvres destinées aux célébrations liturgiques. En 1851, il remplace Kattinger comme organiste titulaire de St Florian. En 1855, il obtient le diplôme d'instituteur de l'enseignement primaire. Il se rend à Vienne et se présente à l'organiste de renommée Simon Sechter. Il réussit ensuite au concours d'admission au poste d'organiste à la cathédrale de Linz grâce à une improvisation géniale. Il vivra à Linz de 1855 à 1868.

Les années d'étude

Bruckner vers 1860

De 1855 à 1861 Bruckner est l'élève de Sechter, auprès duquel il approfondit sa connaissance du contrepoint. Durant cette période il termine la composition du magistral et trop peu connu Psaume 146, initiée plusieurs années auparavant[1]. Il ne reprendra sinon la composition qu'à la fin de l'année 1860 avec quelques œuvres vocales, dont un Ave Maria à sept voix et l'offertoire Afferentur regi. En 1861 il passe brillamment l'examen du Conservatoire de Vienne et obtient le diplôme de Professeur de musique.

De 1861 à 1863 Bruckner poursuit ses études avec le chef d’orchestre d’opéra Otto Kitzler, qui l'initie à la musique de Richard Wagner. En 1862 il compose la Cantate festive Preiset den Herrn pour la pose de la première pierre du Maria-Empfängnis Dom de Linz[2]. En 1862 Kitzler lui fait par ailleurs composer, en guise d'exercices de composition, le Quatuor à cordes, les quatre petites pièces pour orchestre et l'Ouverture en sol mineur, et en 1863 le Psaume 112 pour double chœur et orchestre.

La révélation du désir de composer de Bruckner intervient en 1863 lorsqu'il assiste à une représentation du Tannhäuser de Wagner. Ce choc lui fait composer, après une première symphonie en fa mineur datée de 1863, coup sur coup, les messes en ré mineur (1864) et en mi mineur (1866), la première symphonie en ut mineur (1866), la messe en fa mineur (1868) et la symphonie en ré mineur (1869), qu'il reniera ensuite l'estimant insuffisante et sur la page de garde de laquelle il notera annuliert (annulée) avec le sigle Ø sur sa page de garde – ce qui la fera ultérieurement appeler Die Nullte (« la Zéroïème Symphonie »).

La période viennoise

En octobre 1868, Bruckner sollicite un poste de professeur d'orgue, d'harmonie et de contrepoint au Conservatoire de Vienne où il remplace son ancien professeur Sechter décédé. Le jeune Hans Rott notamment, est son élève. En 1869, il est invité en France pour l'inauguration d'un orgue à Nancy et enchante les constructeurs de l'orgue qui l'invitent à jouer à Notre Dame. Il a alors dans son public des compositeurs tels que Franck, Saint-Saëns, Gounod... qu'il impressionne avec ses fugues improvisées. Deux ans plus tard, il a l'occasion de se faire entendre à Londres sur l'orgue géant du Royal Albert Hall. En 1872, il termine sa deuxième symphonie en ut mineur (en fait la troisième composée).

Bruckner vers la fin de sa vie

Bruckner est maintenant âgé de cinquante ans et est toujours totalement méconnu comme compositeur d'autant qu'à la suite de sa dédicace de sa troisième symphonie à Wagner, il doit faire face à l'opposition farouche d'Eduard Hanslick, célèbre critique musical viennois, opposé avec Brahms à l'école wagnérienne. En 1879, il compose un quintette à cordes, sa seule œuvre de musique de chambre avec le quatuor à cordes composé en 1862 et le bref Abendklänge pour violon et piano composé en 1866.

Plaque commémorative à la basilique de Saint-Florian

Bruckner connaît son premier triomphe viennois avec la quatrième symphonie « Romantique » en 1881, sous la direction de Hans Richter. La consécration internationale n'est obtenue qu'avec la septième symphonie, la seule avec la sixième qu'il n'a jamais remaniée ultérieurement. Elle est créée à Leipzig en 1884. En 1886, nouveau succès avec le Te Deum que même Hanslick admirera. En 1890, il est reçu par l'Empereur en remerciement de la dédicace de la huitième symphonie, l'une des plus longues du répertoire. Malheureusement l'état de santé du compositeur se détériore sérieusement et vient ternir son début de gloire.

En 1892, il va une nouvelle fois à Bayreuth se recueillir sur la tombe de Wagner. Il a encore l'occasion de se rendre à Berlin en 1894 pour des représentations de ses œuvres. Sa neuvième symphonie demeure inachevée. Le Maître s'éteint à Vienne le 11 octobre 1896. Il repose à l'entrée de la basilique de Saint-Florian, sous le grand-orgue. C'est au cours des travaux de terrassement entrepris pour construire la crypte que l'on a découvert 6.000 squelettes provenant, sans doute, d'un champ de bataille de l'époque des Huns. Ainsi, les crânes minutieusement alignés semblent admirer, dans un silence absolu et impressionnant, celui que l'on a surnommé le Ménestrel de Dieu.

Œuvres

Symphonies

Bruckner est à placer au rang des plus grands symphonistes. Ses symphonies sont caractérisées par l'ampleur, la sonorité cuivrée dominante, l'utilisation du choral instrumental et de motifs tirés du folklore autrichien. Dans les pays latins, on a longtemps considéré l'œuvre de Bruckner comme typiquement autrichienne et, par là-même, réservée aux oreilles germaniques ou anglo-saxonnes. L'originalité de Bruckner lui vaut aujourd'hui l'enthousiasme croissant de nombreux mélomanes et musiciens.

En outre, il ouvre la voie à Gustav Mahler (par ailleurs son élève à Vienne) par l'audace qu'il déploie en explorant les limites de la tonalité, notamment dans sa neuvième symphonie. À ce titre, Anton Bruckner mérite de figurer parmi les plus grands symphonistes de l'histoire de la musique. La profondeur spirituelle de son œuvre, notamment des divers mouvements lents de ses symphonies, ne laisse aucun mélomane insensible et la compréhension du langage brucknérien apporte une dimension supplémentaire aux connaissances du spectre musical.

La structure des symphonies de Bruckner

La structure des symphonies de Bruckner est en quelque sorte une extension de celle des symphonies de Beethoven.

  • Le premier mouvement, en 4/4 ou 2/2, est en forme sonate avec trois groupe thématiques. Le premier groupe thématique est généralement exposé en piano ou pianissimo sur un tremolo des cordes et est après un long crescendo réexposé en tutti. Le deuxième groupe, mélodique et en forme Lied A-B-A’, est généralement de structure contrapuntique. Le troisième groupe, généralement rythmique, est souvent exposé en unisson.
  • Le mouvement lent, généralement un Adagio en 4/4, est en forme Lied à trois parties (A-B-A’-B’-A’’). Le premier groupe thématique, parfois rythmique, est développé et magnifié dans les deuxièmes et troisième parties. Le second groupe est généralement une large cantilène. Font exception la symphonie d’études et la première symphonie, dont le mouvement lent a une structure de type A-B-C-A’-B’, et la sixième symphonie dont le mouvement lent est en forme sonate avec trois groupe thématiques. Le mouvement lent est placé en troisième position dans la version initiale de la deuxième symphonie et dans les huitième et neuvième symphonies.
  • Le scherzo en 3/4 (fait exception le « Scherzo de la Chasse » de la quatrième symphonie, qui est en 2/4) est souvent de caractère fougueux. Le Trio, parfois très bref, est plus mélodique et souvent en forme de Ländler. La reprise da capo du Scherzo est suivie dans quelques cas (première et deuxième symphonies, version 1877 de la troisième symphonie et version initiale de la quatrième symphonie) par une puissante coda. Le scherzo est placé en deuxième position dans la version initiale de la deuxième symphonie et dans les huitième et neuvième symphonies.
  • Le Finale, en 4/4 ou 2/2, est, comme le premier mouvement, en forme sonate avec trois groupe thématiques. Le premier groupe thématique, souvent à caractère d’introduction, est suivi par un deuxième groupe mélodique et souvent contrapuntique, et un troisième groupe généralement rythmique et souvent en unisson. Le développement, souvent à caractère dramatique, est suivi par une reprise moins formelle, parfois inversée (C’-B’-A’) comme dans la septième symphonie, et une coda dans laquelle, à partir de la deuxième symphonie, le motif initial du premier mouvement est magnifié. Dans la coda de la huitième symphonie, les motifs initiaux des quatre mouvements sont repris et magnifiés.

Le Problème Bruckner

Le Problème Bruckner est un terme initialement utilisé par le musicologue Deryck Cooke, qui fait référence aux difficultés qui résultent des nombreuses versions et éditions de la plupart des symphonies de Bruckner.

Les différentes versions et éditions
SYMPHONIES
Titre Surnom Tonalité Composition, Révisions Éditions Durée
Symphonie d'études « 00 » fa mineur 1863 Nowak [1973] 40-45 minutes
Symphonie n° 1 ut mineur 1866, 1877, 1891 1866 : Carragan [1998]
1877 : Haas [1935], Nowak [1953]
1891 : Doblinger [1893], Brosche [1980]
45-55 minutes
Symphonie n° 0 « Die Nullte » ré mineur 1869 Wöss [1924], Nowak [1968] 45-55 minutes
Symphonie n° 2 ut mineur 1872, 1873*, 1876*, 1877, 1892 1872 : Carragan [2005]
1873 : Carragan
1877 : Haas [1938]**, Nowak [1965], Carragan [1997]
1892 : Doblinger [1892]
65-75 minutes
Symphonie n° 3 « Wagnérienne » ré mineur 1873, 1876, 1877, 1878***, 1889 1873 : Nowak [1977]
1876 : Nowak [1980]
1877 : Nowak [1981]
1878 : Öser [1950]
1889 : Rättig [1890], Nowak [1959]
70-80 minutes
Symphonie n° 4 « Romantique » mi bémol majeur 1874, 1878****, 1880*****, 1881, 1886, 1888 1874 : Nowak [1975]
1878 : Haas [1936], Nowak [1981]
1881 (aka 1878/1980) : Haas [1936]
1886 (aka 1878/1880) : Nowak [1953]
1888 : Gutmann [1889], Korstvedt [2004]
65-80 minutes
Symphonie n° 5 si bémol majeur 1876-1878 Doblinger [1896], Haas [1935], Nowak [1951] 75-80 minutes
Symphonie n° 6 la majeur 1881 Doblinger [1899], Haas [1935], Nowak [1952] 55-65 minutes
Symphonie n° 7 mi majeur 1883 Gutmann [1885], Haas [1944], Nowak [1954] 60-75 minutes
Symphonie n° 8 ut mineur 1887, 1888******, 1890, 1892******* 1877 : Nowak [1972]
1890 : Haas [1939]*******, Nowak [1955]
1892 : Haslinger-Schlesinger-Lienau
75-90 minutes
Symphonie n° 9 (inachevée) ré mineur 1896 Doblinger [1903], Orel [1932], Nowak [1951], Cohrs [2000]
Esquisses du Finale : Orel [1934], Phillips [1994-2002]
55-65 minutes
~18 minutes

* versions intermédaires reconstituées par Carragan, ** « version hybride » 1872-1877,
*** version identique à celle de 1877, Scherzo sans coda,
**** version avec nouveau Scherzo « La Chasse » et le « Volkfest Finale », ***** version 1878 avec un nouveau Finale, non publiée, révisée en 1881 et 1886,
****** Adagio intermédiaire édité par Gault and Kawasaki, ******* « version hybride » 1887-1890, ******** version revue par Joseph Schalk

Outre ces onze symphonies, il existe une esquisse d'un premier mouvement d'une symphonie en si bémol majeur, datant de 1869[3]. Quoiqu'en mode majeur elle préfigure en quelque sorte le début du premier mouvement de la deuxième symphonie.

Les premières versions des symphonies présentent souvent une complexité instrumentale, contrapuntique et rythmique (rythme brucknérien "2 + 3", usage de quintolets), dont l’originalité n’a pas été comprise par ses contemporains et qui a été considérée comme injouable par les musiciens de l’époque. Dans le but de les rendre « interprétables », les symphonies - à l'exception des 6e et 7e - ont été remaniées plusieurs fois au cours de la vie du compositeur car Bruckner était facilement influençable et doutait beaucoup de ses capacités.

Les partitions se présentent donc ainsi dans des versions et des éditions différentes, notamment les symphonies 3, 4 et 8 qui ont été profondément remaniées. Les versions « révisées » des symphonies ont ainsi été souvent « simplifiées » et souffrent par ailleurs de plus ou moins larges coupures. Ces changements ont été souvent faits par des amis ou des élèves de Bruckner et il n’est pas toujours possible de savoir si ces changements ont été oui ou non approuvés par Bruckner. Ces versions révisées, éditées par Theodor Rättig, Albert Gutmann et Ludwig Doblinger durant la vie du compositeur ou peu après son décès, sont celles qui ont été utilisée jusqu'au début des années 30 du siècle dernier.

À la recherche des versions authentiques

Robert Haas est le premier à publier les versions authentiques des symphonies 1 (version 1877), 2 (version 1877), 4 (version 1881 - aka 1878/1880), 5, 6, 7 et 8 (version 1890) au cours des années 30 du siècle dernier.

En 1934 Alfred Orel publie la première version authentique de la 9e symphonie et des esquisses de son Finale.
En 1950 Fritz Öser publie la première version authentique de la 3e symphonie (version 1878).

À partir des années 50 Leopold Nowak revoit et réédite les versions de Haas et de Orel. Dans le cas des 2e et 8e symphonies, il prétend que Haas a édité une « version hybride », qui introduit des élément de la première version dans la seconde version. Outre les versions 1876, 1877 et 1889 de la 3e symphonie, Nowak édite par ailleurs la première version, jusqu'alors « oubliée », des symphonies 3, 4 et 8.

William Carragan[4] s’emploie également à restituer l'œuvre du musicien sous son aspect authentique. Il reconstitue ainsi et édite en 1998 la version originale de 1866 de la 1e symphonie. Il reconstitue aussi et édite en 2005 la première version de 1872 de la 2e symphonie, en reconstitue les versions intermédiaires de 1873 et de 1876, et revoit la « version Haas » de 1877. Cette dernière révision, conforme aux souhaits initiaux de Bruckner, est enregistrée par Daniel Barenboim avec la Philharmonie de Berlin.

Quelques brucknériens convaincus, comme Eliahu Inbal, Georg Tintner et, plus récemment, Simone Young et Marcus Bosch, ont enregistré les premières versions peu connues des symphonies n° 1, 2, 3, 4 et 8. Lorsqu’on connaît ces premières versions, les versions ultérieures – en particulier celles des mouvements lents des 3e et 4e symphonies, fortement raccourcis – semblent en être des pâles imitations.

Benjamin-Cohrs réalise en 2000 une nouvelle édition de la 9e, dans laquelle il corrige quelques erreurs trouvées dans celle de Nowak. La première de cette édition et celle des esquisses du Finale éditées par John Allen Phillips sont enregistrées par Nikolaus Harnoncourt[5].
Benjamin Korstvedt édite en 2004 la version de 1888 de la 4e symphonie sous sa forme authentique. Cette version est ultérieurement enregistrée par Akira Naito[6].
Des tentatives ont été également effectuées pour restaurer les concepts initiaux de 1876-1877 de la 5e symphonie[7],[8].

La reconstruction du finale de la 9e symphonie

À partir des esquisses qui ont été retrouvées du dernier mouvement de la 9e symphonie, Carragan a effectué une première tentative de reconstruction de ce mouvement en 1983, qu’il a revue et complétée en 2003, 2006 et 2010. Deux autres musicologues (Nicola Samale et Giuseppe Mazzuca) ont également effectué une tentative de reconstruction en 1984-1985 - projet qu’ils ont ensuite abandonné. Il se sont ensuite associés à John Alan Philips et Benjamin-Gunnar Cohrs, avec lesquels ils ont effectué une première tentative de reconstruction en 1992, qu’ils ont revue et complétée en 2005, 2008 et 2011. Quelques autres tentatives de reconstruction ont été effectuées notamment par Ernst Märzendorfer (1969), Hein s'Gravesande (1969), Marshall Fine (1979) et Nors S. Josephson (1992), ainsi que par Sébastien Letocart (2008). On n'a cependant jamais la garantie que les additions effectuées au cours de ces tentatives de reconstruction, en particulier en ce qui concerne la coda dont seules quelques courtes esquisses ont été retrouvées, correspondent effectivement aux intentions du compositeur.

Autres œuvres orchestrales

  • Marche en ré mineur, WAB 96 (1862)
  • Trois petites pièces en mi bémol majeur, mi mineur et fa majeur, WAB 97 (1862)
  • Ouverture en sol mineur, WAB 98 (1862, révision en 1863)
  • Prélude symphonique en do mineur (1875-1876). Cette œuvre, qui a été aussi attribuée à Gustav Mahler et à l'élève de Bruckner Rudolf Krzyzanowski, est selon Cohrs de la plume de Bruckner. Il ressort, en effet, clairement de son analyse stylistique que le matériel musical de ce mouvement symphonique en forme d'ouverture est bien de Bruckner, notamment car certaines de ses idées anticipent même des idées de la 9e Symphonie, que personne ne pouvait déjà connaître en 1876[9].

Autres œuvres instrumentales

  • Deux Aequale en do mineur pour trois trombones, WAB 114 & 149 (1847)
  • Marche militaire en mi bémol majeur, WAB 116 (1865)

L’Apollomarsch en mi bémol majeur, WAB (1857), qui a été originellement attribuée à Bruckner, est en réalité de Béla Kéler, un autre élève de Sechter. L’Apollomarsch a servi comme modèle pour la Marche militaire de 1865[10].

Musique de chambre

  • Quatuor en ut mineur, WAB 111 (œuvre d'étudiant, 1862)
  • Abendklänge en mi mineur pour violon et piano, WAB 110 (1866)
  • Quintette à deux altos en fa majeur, WAB 112 (1879)
  • Intermezzo pour remplacer le Scherzo du quintette, WAB 113 (1879)

Musique religieuse

Une cinquantaine de compositions dont

  • Sept messes :
    • Windhaager Messe en do majeur pour soliste alto, deux cors et orgue, WAB 25 (1842)
    • Choral-Messe (Gründonnerstagsmesse), Messe chorale pour le Jeudi saint en fa majeur pour chœur a cappella, WAB 9 (1844)
    • Kronstorfer Messe en ré mineur, WAB 146 (vers 1844)
    • Missa Solemnis en si bémol mineur pour chœur, solistes, orchestre et orgue, WAB 29 (1854)
    • Messe n° 1 en ré mineur pour chœur, solistes, orchestre et orgue, WAB 26 (1864)
    • Messe n° 2 en en mi mineur pour chœur et instruments à vent, WAB 27 (1866)
    • Messe n° 3 en fa mineur pour chœur, solistes, orchestre et orgue, WAB 28 (1868)
  • Deux requiems :
    • Requiem pour chœur d'hommes et orgue (1845), dont la partition est perdue
    • Requiem en ré mineur pour chœur, solistes, orchestre et orgue, WAB 39 (1849)
  • Cinq psaumes :
    • Psaume 22 en mi bémol majeur pour chœur, solistes et piano, WAB 34 (vers 1852)
    • Psaume 114 en sol majeur pour chœur et trois trombones, WAB 36 (1852)
    • Psaume 146 en la majeur pour double chœur, solistes et grand orchestre, WAB 37 (vers 1856)
    • Psaume 112 en si bémol majeur pour double chœur et grand orchestre, WAB 35 (1863)
    • Psaume 150 en do majeur pour chœur, soliste soprano et grand orchestre, WAB 38 (1892)
  • Magnificat en si bémol majeur pour pour chœur, solistes, orchestre et orgue, WAB 24 (1852)
  • Libera me en fa mineur pour chœur mixte à cinq voix, trombones et basse continue, WAB 22 (1854)
  • Cantate festive Preiset den Herrn en ré majeur pour chœur d'hommes, solistes, instruments à vent et timbales, WAB 16 (1862)
  • Te Deum en do majeur pour chœur, solistes et grand orchestre, et orgue ad libitum, WAB 45 (1885)
  • Une quarantaine de motets, dont
    • Ave Maria pour chœur mixte à sept voix, WAB 6 (1861)
    • Offeroire Afferentur regi pour chœur mixte et trois trombones ad libitum, WAB 1 (1861)
    • Graduale Locus iste pour chœur mixte, WAB 23 (1869)
    • Graduale Os justi en mode lydien pour chœur à huit voix, WAB 30 (1879)
    • Graduale Christus factus est pour chœur mixte, WAB 11 (1884)

La liste de ces quelque quarante motets et leur discographie peuvent être consultées sur le site de Hans Roelofs[11].

Musique vocale profane

Une quarantaine de compositions dont

  • Helgoland, cantate pour chœur d'hommes et grand orchestre (1893)

La liste complète de ces compositions et leur discographie peuvent être consultées sur le site de Hans Roelofs[12].

Pièces pour orgue et pour piano

Alors que l'instrument de prédilection de Bruckner était l'orgue, il n'a que peu composé pour cet instrument.
La liste de ces compositions et leur discographie peuvent être consultées sur le site de Hans Roelofs[13].
Certaines de ces compositions, à savoir les préludes classés WAB 127 et WAB 128 et quelques autres pièces non classées, ne sont vraisemblablement pas de la plume de Bruckner.

Pour le piano, ont subsisté quelques pièces d'études pour ses élèves principalement.
La liste de ces quelques compositions et leur discographie peuvent être consultées sur le site de Hans Roelofs[14].

Discographie

« Pour l'homme normal, le temps c'est ce qui vient après le début ; le temps de Bruckner, c'est ce qui vient après la Fin. [...] Je suis heureux de pouvoir encore aujourd'hui lire les lignes qu'il nous a laissées.[15] »

— Sergiu Celibidache

«  Bruckner ne travaillait pas pour le présent ; dans sa créativité artistique, il ne pensait qu'à l'éternité et il œuvrait pour l'éternité.[16] »

— Wilhelm Furtwängler

Il est loin le temps où Paul-Gilbert Langevin, dans sa biographie de Bruckner, parlait d'un « petit noyau de fervents » qui aimaient « se réunir autour de quelque précieuse gravure obtenue à grand-peine d'Allemagne ou des États-Unis ! » Dans les années 1950 encore, la longueur des symphonies, leur difficulté technique, leur langage mal compris constituaient autant d'obstacles à leur diffusion.

La quasi totalité des œuvres de Bruckner est aujourd'hui disponible. Une discographie complète est régulièrement mise à jour par John F. Berky pour les compositions orchestrales, et Hans Roelofs pour les autres compositions.

Les symphonies

Silhouettes en ombres chinoises de Wagner et de Bruckner, par Otto Böhler

Wilhelm Furtwängler effectua en 1906 ses débuts avec la 9e symphonie et fut un fidèle de Bruckner durant toute sa carrière. Otto Klemperer effectua un des tout premiers enregistrements de Bruckner, à savoir l’adagio de la 8e Symphonie en 1924. Bruno Walter, qui fut en quelque sorte l’"ambassadeur" de Bruckner aux États-Unis, réalisa à la fin de sa carrière de célèbres enregistrements des symphonies 4, 7 et 9. Walter a par ailleurs rédigé un essai "Bruckner and Mahler"[17].

Le pionnier, Volkmar Andreae, a, au début des des années 50, enregistré un cycle complet des symphonies numérotées avec l’Orchestre symphonique de Vienne basé essentiellement sur l’édition de Haas. L’autre pionnier, Eugen Jochum, a enregistré plusieurs fois les symphonies de Bruckner. Son cycle complet des symphonies numérotées, réalisé au cours des années 70 avec la Staatskapelle de Dresde, est par contre basé avant tout sur l’édition Nowak.

À la fin des années 80, Eliahu Inbal a réalisé un cycle complet des onze symphonies avec l'Orchestre symphonique de la Radio de Francfort. Ce cycle comprend notamment les premiers enregistrements de la première version des symphonie 3 et 4, ainsi que de la complétion du finale de la 9e par Samale and Mazzuca. Guennadi Rojdestvensky a également enregistré avec l'Orchestre symphonique du Ministère de la Culture de l'URSS un cycle complet des symphonies, certaines même sous plusieurs versions. À la fin des années 90, Georg Tintner a enregistré un cycle complet des symphonies sous le label Naxos, qui comprend notamment le premier enregistrement de la version initiale de de 1866 de la première symphonie.

Herbert von Karajan a également enregistré plusieurs fois les symphonies de Bruckner. Günter Wand a, en plus d’enregistrements audio, réalisé aussi des enregistrements vidéo de ses concerts. Bernard Haitink a enregistré les symphonies numérotées avec l’Orchestre royal du Concertgebouw et a réenregistré plusieurs d’entre elles avec l’Orchestre philharmonique de Vienne et l’Orchestre symphonique de Chicago.

Daniel Barenboim a enregistré deux cycles complets des symphonies, l’un avec l’Orchestre symphonique de Chicago, l’autre avec la Philharmonie de Berlin. Sir Georg Solti a également enregistré un cycle complet des symphonies avec l’Orchestre symphonique de Chicago. Stanislaw Skrowaczewski a enregistré un cycle complet des symphonies avec l’Orchestre symphonique de la Radio de la Sarre. Takashi Asahina a également enregistré plusieurs fois l’ensemble des symphonies, notamment avec la Philharmonie d’Osaka et l’Orchestre symphonique de Tokyo. Giuseppe Sinopoli avait initié l’enregistrement d’un cycle complet des symphonies peu avant son décès.

Quoique le chef roumain Sergiu Celibidache n’ait pas fait d’enregistrements à titre commercial durant sa vie, des enregistrements de ses concerts ont été édités après son décès. Ses exécutions étaient de longue haleine. C’est en particulier le cas pour la 8e symphonie, dont l’enregistrement dure plus de 100 minutes !

Riccardo Chailly, Carlo Maria Giulini, Nikolaus Harnoncourt, Philippe Herreweghe, Mariss Jansons, Christian Thielemann, Christoph von Dohnányi, Simone Young et Benjamin Zander ont enregistré également plusieurs symphonies de Bruckner.

Hans Knappertsbusch fait bande à part, dans le sens qu’il a continué à utiliser les premières éditions des symphonies même après que les éditions critiques avaient été publiées. Plus récemment, Leon Botstein a aussi enregistré des versions inauthentiques des symphonies, notamment la version de Ferdinand Löwe de la 4e symphonie et la version de Franz Schalk de la 5e symphonie.

Les autres œuvres orchestrales

Il existe quelques enregistrements des trois petites pièces pour orchestre et de la Marche en ré mineur de 1862, ainsi que de l’Ouverture en sol mineur de 1862-1863, qui sont généralement couplés à celui d’une des symphonies[18]. Plusieurs de ces enregistrements (dont le seul existant de la version originale de 1862 de l’Ouverture[19]) peuvent être téléchargés du site de John Berky[20].

Il n'existe actuellement qu'un seul enregistrement du Prélude symphonique en do mineur (avec la 6e symphonie de Mahler) par Neeme Järvi[21].

Les autres œuvres instrumentales

La Marche militaire de 1865, rarement enregistrée, peut être téléchargée du site de John Berky[22].

Les enregistrement des Aequale pour trombones de 1847 sont plus nombreux (citons notamment ceux de Matthew Best et de Philippe Herreweghe)[23].

Musique de chambre

Le Quintette à cordes de 1879 a été enregistré une soixantaine de fois. Hans Roelofs retient surtout les enregistrements du Koeckert Quartett (1952), de l’Amadeus Quartett (1964), du Melos Quartett (1992), de L'Archibudelli (1994) et du Fine Arts Quartet (2007)[24]. Ces derniers ont par ailleurs également enregistré l’Intermezzo destiné à remplacer le Scherzo jugé injouable par les premiers exécutants[25].

Le Quatuor à cordes de 1862 a été également enregistré par le Koeckert Quartett (1974), L'Archibudelli (1994) et le Fine Arts Quartet (2007)[26], ces derniers ayant par ailleurs aussi enregistré le Rondo de remplacement que Kitzler avait demandé à Bruckner de composer[27].

Il n'existe actuellement qu'un seul enregistrement de l'Abendklänge pour violon et piano de 1866 par Josef Sabaini et Thomas Kerbl[28].

Musique religieuses

Parmi les œuvres religieuses de la période mature, il existe une centaine d’enregistrements de la Messe n° 2 de 1866 et du Te Deum de 1881, ainsi qu’une cinquantaine d’enregistrements de la Messe n° 3 de 1868. La Messe n° 1 de 1864, ainsi que le Psaume 112 de 1863 et le Psaume 150 de 1892, ont été moins souvent enregistrés (une dizaine d’enregistrements). Hans Roelofs retient surtout les enregistrements d’Eugen Jochum avec le chœur et l’orchestre symphonique de la radio bavaroise et ceux de Matthew Best avec les Corydon Singers.

Quelques-uns des quelque quarante motets (entre autres l’Ave Maria de 1861, le Locus iste, l’Os justi et le Christus factus est de 1884) ont été également fréquemment enregistrés[11].

Parmi les œuvres religieuses de la période de St Florian, il existe une vingtaine d’enregistrements du Requiem de 1849, dont Hans Roelofs retient surtout ceux de Hans-Hubert Schönzeler avec l'Alexandra Choir et l'orchestre philarmonique de Londres (1970), celui de Matthew Best avec les Corydon Singers (1987) et, parmi les enregistrements plus récents, celui de Guy Janssens avec le Laudantes Consort (2006).

Les autres œuvres de la période de St Florian, le Magnificat de 1852, le Libera me de 1854, les Psaumes 22 et 114 de 1852, la Missa solemnis de 1854, la Cantate festive de 1855 et le Psaume 146 de 1856, n’ont été que très peu enregistrées.

Musique vocale profane

Les quelque quarante œuvres vocales profanes n’ont été que rarement enregistrées[12].

Il n’existe que trois enregistrements de la cantate Helgoland de 1893, dont deux par Daniel Barenboim.

Pièces pour orgue et pour piano

Il existe un petit nombre d’enregistrement des œuvres pour orgue[13] (notamment par Erwin Horn[29]) et des œuvres pour piano[14] (notamment par Wolfgang Brunner[30]).

Notes

  1. John Williamson, The Cambridge Companion to Bruckner, pp. 47-48
  2. Cantate festive Preiset den Herrn
  3. Symphonie en si bémol majeur (esquisses)
  4. William Carragan - The Bruckner versions, once more (en)
  5. Symphonie n° 9 (édition Cohrs, 2000) et esquisses du Finale par Nikolaus Harnoncourt
  6. Symphonie n° 4 (Version 1888) par Akira Naito
  7. Symphony No. 5 in B Flat Major, 1876 Version
  8. Symphonie n° 5 (Concepts originaux) par Akira Naito
  9. Benjamin-Gunnar Cohrs: Symphonisches Präludium – Composed by Anton Bruckner?, 2006/rev.2010 (en)
  10. P. Hawkshaw: Anton Bruckner and the Apollo-March for band (en)
  11. a et b Liste et discographie des motets par Hans Roelofs
  12. a et b Liste et discographie des compositions vocales profanes par Hans Roelofs
  13. a et b Liste et discographie des compositions pour orgue par Hans Roelofs
  14. a et b Liste et discographie des compositions pour piano par Hans Roelofs
  15. Cité par Pascal Collomb, juillet 2007, extrait du film documentaire Le Jardin de Celibidache (1996)
  16. FurtwänglerMusique et Verbe, Albin Michel/Hachette 1979
  17. Bruno Walter, Essai sur Bruckner et Mahler(en)
  18. Discographie des autres compositions orchestrales
  19. Version 1862 de l'Ouverture par Shunsaki Tsutsumi
  20. Enregistrements qui peuvent être téléchargés du site de John Berky
  21. Discographie du Prélude symphonique en do mineur
  22. Marche militaire par Desiré Dondeyne
  23. Discographie des Aequale pour trombones
  24. Discographie commentée du Quintette à cordes par Hans Roelofs
  25. Discographie de l'Intermezzo par Hans Roelofs
  26. Discographie commentée du Quatuor à cordes par Hans Roelofs
  27. Discographie du Rondo de remplacement pour le Quatuor à cordes par Hans Roelofs
  28. Discographie de de l'Abendklänge par Hans Roelofs
  29. Erwin Horn, Bruckner – Orgelwerke, Klais-Orgel Frauenkirche Nürnberg, CD: Novalis 150 071-2, 1990
  30. Wolfgang Brunner & Michael Schopper, Anton Bruckner – Piano works, CD: CPO 999 256-2, 1994

Bibliographie

  • Paul-Gilbert Langevin, Anton Bruckner - apogée de la symphonie, l'Age d'Homme, Lausanne, 1977 – ISBN 2-8251-0880-4
  • John Williamson, The Cambridge Companion to Bruckner, Cambridge University Press, 2004 - ISBN 0-521-80404-3
  • Philippe Herreweghe (sous la direction de), Anton Bruckner, Actes sud, 2008.
  • Maxence Caron, Le Te Deum de Bruckner, et La Septième Symphonie de Bruckner, in Pages - Le Sens, la musique et les mots, Séguier, 2009.

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