Antoine perrenot de granvelle

Antoine Perrenot de Granvelle

Cardinal
Berretta cardinalizia.png
Antoine Perrenot de Granvelle
de l'Église catholique romaine
Image de Antoine Perrenot de Granvelle
Portrait du Cardinal Granvelle par Antonio Moro (1549)
Premier ministre des Pays-Bas espagnols
Vice-roi de Naples
Cardinal-évêque de Sabina
[[Image:|120px|Blason de Antoine Perrenot de Granvelle]]
Naissance 20 août 1517
à Ornans (France)
Ordination
sacerdotale
1540
Consécration
épiscopale
21 mai 1542 par le
card. Juan Pardo Tavera
Évêque Évêque d'Arras (France)
Archevêque de Malines (Belgique)
Archevêque de Besançon (France)
Créé
cardinal
26 février 1561 par le
pape Pie IV
Décès 21 septembre 1586
à Madrid (Espagne)
 
Cardinal
Titre cardinalice
Collège cardinalice · Consistoire
Tous les cardinaux
(en) Fiche

Portail du catholicisme · Instructions

Antoine Perrenot de Granvelle (20 août 1517 à Ornans - 21 septembre 1586 à Madrid) fut évêque d'Arras, archevêque de Malines puis cardinal, diplomate, conseiller d'État de l'empereur germanique Charles Quint, puis de son fils le roi Philippe II d'Espagne (dont il fut le seul Comtois proche de confiance). Il fut en outre conseiller de Marguerite de Parme, premier ministre des Pays-Bas espagnols (du Cercle de Bourgogne), vice-roi de Naples et président du conseil suprême d'Italie et de Castille.

Sommaire

Biographie

Antoine était le fils de Nicolas Perrenot de Granvelle (1484-1550), proche conseiller de l'empereur germanique Charles Quint puis chancelier du Saint-Empire germanique[1]. Antoine de Granvelle étudia le droit à l'université de Padoue, puis la théologie à l'université de Louvain, avant de de venir chanoine à Besançon. En 1540, âgé seulement de vingt-trois ans, il fut nommé évêque d'Arras grâce à une dispense. Le 10 mars 1561 il accéda à la dignité d'archevêque de Malines, un diocèse nouvellement créé. Cependant il n'obtint l'archevêché de Besançon que peu avant sa mort, le 14 novembre 1584.

En tant qu’archevêque, il assista à plusieurs diètes d'Empire, ainsi qu'aux pourparlers préalables au Concile de Trente, qu'il convoqua au nom de Charles Quint. Grâce à l'influence de son père, devenu chancelier, il se vit confier plusieurs missions politiques aussi délicates qu'importantes, qui lui permirent de développer des compétences diplomatiques, tout en le familiarisant avec les grands courants de la politique européenne. Il prit part aux négociations de paix qui suivirent la défaite de la Ligue de Smalkalde à la Bataille de Muehlberg en 1547, négociations où il fit preuve d'une grande finesse. En 1550, il succédait à son père en tant que secrétaire d'état ; à ce poste, il conseilla Charles Quint au cours de la guerre contre Maurice de Saxe, l'accompagna lors de la fuite d'Innsbruck, puis obtint la paix de Passau (août 1552).

L'année suivante, il arrangea les détails du mariage de Marie Ire d'Angleterre et de Philippe II d'Espagne, à qui il offrit ses services en 1555, l'année de l'abdication de l'empereur. Philippe II l'envoya en mission aux Pays-Bas espagnols. Là, en avril 1559, Granvelle fut l'un des émissaires espagnols qui négocièrent les traités du Cateau-Cambrésis, et lorsque Philippe quitta les Pays-Bas cette même année, il fut nommé premier ministre de Marguerite de Parme, la régente des Pays-Bas espagnols. La politique répressive qu'il mena dans les provinces au cours de ses cinq années d'exercice lui acquirent des bénéfices tangibles : en 1560 il obtenait l'archevêché de Malines, et en 1562 était fait cardinal au titre cardinalice San Silvestro in Capite ; mais l'hostilité croissante de la population interdisait son maintien en poste ; aussi, en mars 1564, sur la demande du roi il se retira en Franche-Comté (Comté de Bourgogne).

Sur le papier, cette retraite n'était que temporaire, mais dans les faits elle fut définitive. Les six années qui suivirent furent paisibles, interrompues seulement par une visite qu'il fit à Rome en 1565 ; mais en 1570, Granvelle, à la demande de Philippe II, revint aux affaires avec une mission diplomatique à Rome. Il négocia l'alliance entre les États pontificaux, la république de Venise et la couronne d'Espagne contre les Turcs, alliance qui devait se conclure par la victoire de la bataille de Lépante. La même année il fut nommé vice-roi de Naples, un poste difficile et dangereux, qu'il occupa cinq années durant avec habileté. Philippe II l'appela en 1575 à Madrid comme président du conseil des affaires d'Italie. Parmi les plus délicates négociations de ces dernières années, celles assurées en 1580, qui furent conclues par l'union des couronnes d'Espagne et de Portugal, et celles de 1584, où la France fut tenue en échec grâce au mariage de l'infante Catherine avec Charles-Emmanuel Ier de Savoie, occupent une place particulière. Ces succès lui valurent cette même année l'archevêché de Besançon, mais il fut frappé de paralysie ; il ne fut jamais intronisé, et mourut à Madrid en 1586. Son corps fut transporté à Besançon, et inhumé comme son père Nicolas Perrenot de Granvelle dans le caveau familial de la chapelle familiale de l'église des Carmes voisine du Palais Granvelle.

Le mécène et le collectionneur

La nain du cardinal Granvelle et son mastiff.
Portrait par Antonio Moro (v. 1560).
Musée du Louvre.

Granvelle avait une collection d'art célèbre, qui a en partie comporté les artistes préférés des Habsbourg, tels que Titien et Leone Leoni, mais aussi un certain nombre de travaux de Pieter Bruegel l'Ancien, ainsi qu'une collection significative héritée de son père. L'ami de Brueghel, le sculpteur Jacques Jonghelinck (le frère du plus grand mécène de Brueghel) avait un studio au palais de Granvelle à Bruxelles. Tandis qu'aux Pays Bas, il rencontra Antonio Moro et le présenta à la cour de Madrid, il sponsorisa également Giambologna et se charga de sa première visite en Italie. À sa mort sa collection fut héritée par son neveu, sur qui Rodolphe II de Habsbourg , l'empereur autrichien très thésauriseur, fit pression pour lui vendre les plus belles pièces, ce qu'il fit en 1597 contre sa volonté, protestant que le prix offert pour trente-trois travaux n'était pas assez même pour six, et moins que ce lui avait récemment proposé le cardinal Farnèse pour Le martyre des dix milles d'Albrecht Dürer. Les négociations furent menées par Hans von Aachen. La plupart de ces tableaux sont maintenant à Vienne ou à Madrid, y compris la Vénus avec un organe-joueur d'orgue de Titien, la copie de la statue équestre de Marc Aurèle de Giambologna , des tapisseries de Jérôme Bosch et un buste de Charles Quint par Leoni.[2]

Bien qu'il ait été peint par Titien (Nelson-Atkins Museum of Art, Kansas City)[3] et Antonio Moro, plus célèbre que n'importe quel portrait de Granvelle lui-même est le portrait de son nain et de son mastiff par Antonio Moro, qui a peut-être lancé la tradition espagnole des portraits des nains de cour. L'humaniste flamand Juste Lipse était le secrétaire de Granvelle pour un temps à Rome. Il a également correspondu avec les compositeurs Roland de Lassus et Adrian Willaert. [4] Il avait une bibliothèque magnifique, dont certains ouvrages sont encore à Besançon.

Protecteur de l'imprimeur français d'Anvers Christophe Plantin, il lui assura le monopole de la publication des ouvrages de piété pour l'Espagne. Il lui fit aussi publier des ouvrages d'érudition, en particulier des éditions d'auteurs antiques menées à bien par son protégé romain Fulvio Orsini. Grâce à lui, Plantin publia des textes rares et des editiones principes.

Notes et références

  1. dont le Comté de Bourgogne est vassal depuis le mariage en 1477 de la duchesse Marie de Bourgogne (État bourguignon) avec le futur empereur Maximilien Ier du Saint Empire)
  2. Trevor-Roper, Hugh; Princes and Artists, Patronage and Ideology at Four Habsburg Courts 1517-1633, Thames & Hudson, London, 1976, p.112
  3. Antoine Perrenot de Granvelle, 1548, par Titien
  4. (en)Trusted archives for scholarship

Voir aussi

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