Meyrueis

44° 10′ 46″ N 3° 25′ 49″ E / 44.17944, 3.43028

Meyrueis
Image illustrative de l'article Meyrueis
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Languedoc-Roussillon
Département Lozère
Arrondissement Florac
Canton Meyrueis (chef-lieu)
Code commune 48096
Code postal 48150
Maire
Mandat en cours
Denis Bertrand[1]
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes de la Vallée de la Jonte
Démographie
Population 882 hab. (2008)
Densité 8,4 hab./km²
Gentilé Meyrueisien
Géographie
Coordonnées 44° 10′ 46″ Nord
       3° 25′ 49″ Est
/ 44.17944, 3.43028
Altitudes mini. 611 m — maxi. 1562 m
Superficie 104,68 km2

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Meyrueis, (en occitan Maruèis), est une commune française située dans le département de la Lozère et la région Languedoc-Roussillon.

Sommaire

Géographie

Situation

La Jonte à Meyrueis

Meyrueis est située entre les contreforts du mont Aigoual, au sud, et le causse Méjean, au nord. La ville marque ainsi la frontière entre la zone géographique des grands Causses (causses Noir et Méjean séparés par les gorges de la Jonte) et celle des Cévennes. La commune est à la périphérie du parc national des Cévennes, à proximité immédiate de sa zone centrale. Elle s'étire sur 25 km de long pour 10 km de large. Son altitude moyenne est de 706 mètres, avec un minimum de 611 mètres et un point culminant de 1 562 mètres.

Les communes lozériennes limitrophes sont Saint-Pierre-des-Tripiers et Hures-la-Parade, au nord, et Gatuzières, à l'est. Dans le Gard, ce sont Saint-Sauveur-Camprieu et Lanuéjols, toutes deux situées au sud. Enfin, à l'ouest, on retrouve la commune de Veyreau, dans l'Aveyron.

Climat

Géologie

Hydrologie

La commune est à la confluence de la Jonte avec la Brèze et le Béthuzon.

Histoire

De la préhistoire aux Gallo-romains

Les premières traces d'un habitat permanent dans le vallon de Meyrueis remontent à la fin de la préhistoire. La région est partagée entre différents peuples celtes : Gabales sur le causse Méjean, Rutènes vers le Rozier et sur le causse Noir, Volques Arécomiques entre Meyrueis, le mont Aigoual et Nemausus (Nîmes). L'agglomération meyrueisienne elle-même n'apparaît qu'au début de l'ère chrétienne sur une terrasse dominant le confluent de la Jonte avec la Brèze et le Béthuzon. Une campagne de fouilles, menée dans les années 1980 au quartier du Claouset, a permis d'identifier un groupe d'habitations situé autour d'un monument public (temple ou basilique civile ?). Cet ensemble gallo-romain est datable du Ier siècle. D'autres vestiges de la même époque jalonnent également la région. Les vallées de Meyrueis constituent ensuite la limite nord-ouest de la civitas (territoire administratif puis diocèse) de Nîmes[2].

La naissance d'une baronnie

À la chute de l'Empire romain, la région de Meyrueis est incluse dans le royaume des Wisigoths. Au VIIIe siècle, lors de l'invasion musulmane en Espagne, ce royaume disparaît ; sa partie gauloise, la Septimanie, un temps dominée par les Sarrasins, intègre l'empire carolingien. Au Xe siècle, la puissante famille cévenole d'Anduze, descendante des derniers comtes wisigoths de Nîmes, règne sur toute la région. Meyrueis marque alors les frontières entre le Languedoc, auquel elle appartient, face aux comtés voisins du Gévaudan et du Rouergue. Dominant la cité d'une cinquantaine de mètres, le Rocher porte la forteresse d'origine carolingienne des barons de Meyrueis, de la branche cadette de cette maison d'Anduze. Meyrueis est également le siège d'une viguerie représentant localement le pouvoir vicomtal nîmois et s'étendant du causse Méjean jusqu'à la haute vallée du fleuve Hérault. Au gré des mariages et des héritages, la baronnie et le château appartiennent ensuite successivement aux Roquefeuil-Anduze (1129), aux comtes de Rodez (1230), à ceux d'Armagnac (1298), aux ducs d'Alençon avant d'échoir en 1321 à la famille d'Albret.

Une ville médiévale commerçante

Située entre Causses et Cévennes, étape sur une importante voie de commerce et de transhumance entre Auvergne et Bas-Languedoc (le camin ferrat), la cité devient, dès le Xe siècle, un lieu d'échanges. Ses trois foires annuelles[3], dont celle de la « Saint-Michel » qui dure dix jours fin septembre[4], et son marché hebdomadaire attesté dès 1033 attirent les négociants des trois provinces[5]. Ces foules justifieraient l'existence de nombreuses auberges (dont la maison Portalier) ainsi que la présence d'un minuscule quartier juif (la Judarié)[6]. Le négoce porte sur les céréales, la laine, les bestiaux, les chevaux et mulets employés au transport des marchandises. L'importante foire de la « Saint-Michel » marque aussi localement le terme des paiements à crédit, des contrats d'embauche des bergers et autres salariés ainsi que celui des baux de fermage.

La présence religieuse au Moyen Âge

Le camin ferrat, qui débouche au Pied de Ville après avoir franchi la Jonte sur le Pont-Vieux à dos d'âne, voit aussi passer de nombreux pèlerins, descendant du Gévaudan et du causse Méjean par la costo roumivo en direction de la grande abbaye languedocienne de Gellone (Saint-Guilhem-le-Désert). C'est que le tombeau de saint Guilhem et la relique de la « sainte croix » attirent les foules. Au début du XIe siècle, les barons de Meyrueis fondent sur ce chemin un petit prieuré sub-castral, de style roman et dédié à saint Pierre (v. 1034 ?)[7]. En 1042, les moines bénédictins de l'abbaye de Gellone le reçoivent en donation de Bermont de Sauve et de son frère, Almérade (Almeradus) d'Anduze[8],[9]. En 1058, c'est au tour du puissant monastère Saint-Victor de Marseille de s'installer dans la vallée avec l'acquisition de Saint-Martin-des-Ayres1 km à l'est de la ville). Au XIIe siècle, les hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (aujourd'hui ordre de Malte) fondent un hôpital et une église, dédiés à saint Jean. Possesseurs de grands domaines sur le causse Noir, ils créent également un moulin dans la cité auquel est adjoint le logis du commandeur.

Une municipalité autonome (du XIIIe au XVe siècle)

En 1229, les bourgeois de la ville obtiennent une charte de franchise qui accorde une large autonomie à la cité : un sendic-majer (« syndic-mayeur »), assisté d'un conseil de 13 membres, dirige la cité. Sur une petite place, le planet, un bâtiment abrite alors la « maison commune » (puis maison des Consuls) et un four banal oblige tout citoyen à verser une taxe municipale à chaque cuisson de pain. Des remparts ceinturent la ville ; ils sont percés de portes (porte du Pied-de-ville, porte Méjeane, porte du prieuré, etc.). Une tour porte l'horloge communale au XIVe siècle. Économiquement, à côté de sa vocation de place d'échanges, Meyrueis devient un centre de travail de la laine à partir du XVe siècle. De nombreux cardeurs, tisserands et autres fileuses traitent les toisons des brebis caussenardes. À partir du milieu du XVe siècle[10], c'est par deux consuls que la municipalité est gérée. Malgré les soubresauts de la fin du Moyen Âge (croisade contre les cathares, guerre de Cent Ans au cours de laquelle les routiers qui écument la région attaquent le château, pestes et famines, etc.), Meyrueis réussit à poursuivre son essor.

Les chapelleries et la réforme protestante (XVIe siècle)

Au XVIe siècle, une nouvelle profession émerge parmi les artisans de Meyrueis : les chapeliers. Ils produisent des couvre-chefs à partir d'un feutre issu d'un mélange de laine fine et de « bourrette de soie » (déchets nobles du filage des cocons). En 1521, la paroisse est temporairement rattachée à l'évêché de Vabres ; elle reviendra rapidement à celui de Nîmes[11]. Dès le milieu du siècle, la ville languedocienne est acquise à la Réforme protestante. En 1559[12], les consuls décrètent l'adoption de la religion calviniste. Les conflits et convulsions religieuses dureront deux siècles. Au déclenchement des troubles, les communautés religieuses catholiques sont dissoutes et les églises ruinées (prieuré Saint-Pierre). La célébration du culte catholique est interrompue de 1560 à 1620. La population, qui dépasse alors les 2 000 habitants, est toute protestante. Un temple est construit dans la Grand'rue (avant 1580) : vaste édifice quadrangulaire entouré de deux étages de tribunes, il peut accueillir près d'un millier de fidèles. Les remparts médiévaux sont aussi renforcés (tour de l'Horloge reconstruite en 1568). La charge de viguier royal (gouverneur du château et premier juge du tribunal) est alors détenue par la famille Pagès de Pourcarès (qui détiendra par ailleurs la baronnie de Roquedols). Hérail de Pagès, surnommé le « capitaine Pourcarès », s'illustre comme chef de troupes protestantes aux cours des batailles locales. Il en est de même avec les Galtier opérant depuis le prieuré d'Ayres devenu un véritable château.

La reconquête catholique (XVIIe siècle)

En 1607, Henri IV, qui a hérité du château de Meyrueis de sa mère, Jeanne d'Albret, unit ses possessions au domaine de la Couronne de France[13]. Quelques années après, Jean Gély de Costelongue, lieutenant du viguier royal, réunit tous les titres et actes officiels de la baronnie de Meyrueis et les transcrit dans un registre : le Thalamus (1620)[14]. Avec la révolte des villes protestantes de l'Ouest et du Sud de la France contre le jeune roi Louis XIII, le château connaît son dernier siège en mai 1628. Le duc Henri de Rohan, chef militaire des révoltés, vient mettre le siège avec plusieurs milliers d'hommes devant le Rocher. Celui-ci, tenu par une garnison fidèle au roi, menace en effet l'insurrection de la ville. Au bout de trois semaines de blocus, les 130 soldats royaux du capitaine Régis capitulent, laissant le château aux mains du duc. Mais ce succès est de courte durée : le duc est défait en 1629. La paix d'Alès, si elle amnistie les rebelles, ordonne néanmoins la destruction de leurs fortifications. La démolition du château et des deux portes principales de la cité a lieu en 1632. Il faut cependant attendre le milieu du XVIIe siècle pour que la religion catholique se rétablisse définitivement. Vers 1655, l'évêque de Nîmes, Anthyme-Denis Cohon, dont dépendait alors la paroisse de Meyrueis, confie la restauration du culte catholique à une communauté de jésuites[15]. Trois prêtres sont chargés de ramener à la foi des protestants qui constituent 90% de la population. La vaste église Saint-Pierre, avec son couvent adjacent, est ainsi consacrée en 1663. Les pères jésuites créent également un collège dans l'ancien prieuré ; ils y reçoivent les fils de bonnes familles protestantes, placés là par les autorités en vue d'obtenir leur abjuration. La révocation de l'édit de Nantes en 1685, localement matérialisée par l'érection d'une croix de la « Révocation », voit la destruction du premier temple protestant édifié vers 1580. En 1694, pour mieux encadrer les huguenots cévenols nouvellement convertis, Louis XIV créé l'évêché d'Alès[16]. Meyrueis devient le siège d'un des archiprêtrés de ce nouveau diocèse.

Meyrueis au XVIIIe siècle

Tout au long du XVIIIe siècle, la communauté protestante de Meyrueis continue de mener une certaine résistance face aux persécutions royales (les dragonnades). De 1685 à 1791, des compagnies de dragons sont en garnison à Meyrueis où elles effectuent leurs manœuvres et exercices place du Champ de Mars (Pré Nouveau). D'ailleurs, la maison Joly de Morey rappelle l'histoire de cette famille de notables protestants issue d'un capitaine de Dragons ayant épousé Judith Vallat de Lisside qu'il était censé convertir au catholicisme. Subjugué par l'opiniâtre résistance de sa femme et de sa belle-famille, c'est finalement lui qui adopte la religion protestante : cela lui vaut la condamnation aux galères et l'exil à Genève. La guerre des Camisards affecte aussi la région entre 1702 et 1705 (prise du château d'Ayres). Une confrérie de pénitents blancs regroupe également quelques notables convertis de la cité. La prospérité économique de la ville se poursuit néanmoins grâce aux chapeliers, dont le nombre ne cesse de croître, et au négoce, notamment celui des bêtes de somme, très actif vers 1780. D'autres maisons de notables, négociants ou propriétaires terriens, marquent aussi les faubourgs de Meyrueis : la maison Maurin (ou Grande maison) de la fin du XVIIe siècle, la maison Cavalier, la maison de Thomassy, la maison Bragouse de Saint-Sauveur... En 1760, la paroisse ne compte encore que 400 catholiques sur une population de presque 4000 âmes (avec tous les hameaux des environs). Pourtant, la situation religieuse s'apaise un peu à la fin du siècle : un presbytère protestant est bâti en 1783.

La Révolution et la pacification religieuse (1789-1880)

La Révolution place Meyrueis-Ville – ainsi que l'éphémère municipalité de Meyrueis-Campagne (1793-1819)[17] – dans le nouveau département de la Lozère (correspondant à l'ancien Gévaudan), rompant ainsi des liens multi-séculaires avec la province du Languedoc. Elle en fait aussi un chef-lieu de district de 1790 à 1795. La paroisse dépend alors de l'évêque de Mende (Concordat de 1803). En 1791, Michel Papel, curé depuis 1784 en remplacement de M. Malgloire, refuse de prêter le serment constitutionnel. Il quitte son poste en juillet 1792 pour prendre le chemin de l'exil. Arrivé à Aigues-Mortes, il rebrousse chemin, faute d'argent ou avec le désir de revenir vers son troupeau, et revient se cacher avec d'autres proscrits dans une caverne des gorges du Tarn (la « grotte des proscrits », à la Malène). Dénoncé, il est conduit à Mende[18], condamné et fusillé sur la place d'Angiran (à Mende) le 1er novembre 1794[19],[20],[21]. La même année, Meyrueis assiste à l'exécution de l'abbé Géraud Arnal, curé réfractaire de Saint-Pierre-des-Tripiers, mais surtout un des introducteurs en France du steamboat (1781) et inventeur d'un moulin à vapeur (Nîmes, 1783). Après la fuite du curé Papel, en 1792, c'est François de Florit de la Tour qui, espérant devenir évêque, prête alors serment ; il abdique pourtant le 30 novembre 1793 afin de se marier. Sylvestre-Antoine Bragouse de Saint-Sauveur, né dans une famille meyrueisienne de nouveaux convertis, se réfugie dans sa ville natale lors des événements révolutionnaires ; il devient alors curé provisoire de la paroisse (1794). Nommé curé archiprêtre de la cathédrale de Mende en 1803, ce dernier est promis à un grand avenir épiscopal grâce à l'appui de Napoléon Ier. Jean Vernon, qui exerçait un ministère itinérant et clandestin déguisé en pelletier pendant la Terreur, lui succède à la cure de Meyrueis (1803-1805)[22].

La liberté de culte incite les protestants de la cité à reconstruire un temple dès 1797. Il est le siège d'une des cinq églises consistoriales de Lozère[23]. Mal bâti, il est cependant fermé en 1829, démoli en 1836, puis suivi par le temple octogonal actuel (de 1837 à 1842). Meyrueis donne également naissance au théologien catholique Henry Maret (1805). Professeur de théologie en Sorbonne (1841) puis évêque malgré l'opposition du Vatican (1860), il sera l'un des penseurs du courant progressiste qui amènera l'Église catholique à accepter le modernisme et la République. Tout au long du XIXe siècle, par les mécanismes de la démographie et grâce à l'arrivée massive d'ouvriers caussenards embauchés dans l'industrie chapelière, la communauté catholique s'accroît jusqu'à devenir numériquement majoritaire. En 1857, l'église Saint-Pierre est agrandie. Les derniers vestiges du château sont détruits en 1875 et remplacés par la chapelle Notre-Dame du Rocher.

La vie économique au XIXe siècle

Le XIXe siècle voit un apogée dans l'industrie, avec dix-sept chapelleries, quatre filatures de laine et de bourrette de soie, plusieurs tanneries (quai du Pont-Vieux), des moulins ainsi qu'un commerce actif et une multitude de petits métiers. Les chapeliers, notamment la chapellerie Veyrier[24], vendent leur production dans tout le Languedoc et en Provence (les gardians de Camargue affectionneront ce type de chapeaux, ainsi que le grand poète provençal Frédéric Mistral qui en portait toujours). La famille de Thomassy, qui a assis sa fortune sur le négoce de la laine et de la soie et sur l'exploitation de ses grands domaines agricoles (Causses, Montpellier), est une des plus riches et influentes de la contrée : elle exerce des pouvoirs municipaux[25]. Il en est de même pour le baron de Roquedols qui exploite sa forêt. Le commerce est prospère : les foires et marchés continuent d'amener des foules. On compte 25 auberges ou cafés au XIXe siècle à Meyrueis. La halle est reconstruite en 1897 et abrite les mesures officielles et le poids public, garants de la sincérité des transactions.

Le renouveau touristique après 1880

Pourtant, après 1880, l'isolement géographique aggravé par l'absence de voies de communication modernes (routes nationales ou chemin de fer) ainsi que le début de l'exode vers les grandes villes ont raison de ce dynamisme. Même les chapeliers sont vaincus par divers problèmes : raréfaction de la laine vers 1900 (les brebis laitières, en raison de l'essor de l'industrie du roquefort, supplantent les brebis lainières), concurrence de la casquette, absence de voies modernes... L'activité chapelière s'éteint en 1921. En 1932, avec la fermeture de la filature du moulin d'Ayres, dernière à produire des draps de cadis, des couvertures et du fil à tricoter, c'est la fin de l'industrie textile dans le vallon de Meyrueis. Mais à la même époque (vers 1880), naît le tourisme. Sous l'impulsion d'Édouard-Alfred Martel, explorateur de la région et père de la spéléologie moderne et du Club cévenol, est créé en 1893 le syndicat d'initiative, ancêtre de l'actuel office du tourisme. L'hôtellerie et les voies de communication se développent. Le percement d'une route carrossable vers Millau par les gorges de la Jonte, commencé en 1840, est enfin achevé en 1875. Le Pont-Vieux devient alors l'entrée principale de la ville et le pont du XVIIe siècle est remplacé par un ouvrage au tablier métallique (1920). Dans ce quartier, le Grand Garage Malafosse (1927) abrite durant deux hivers les préparatifs de la Croisière jaune de Citroën[26]. Les essais se déroulent sur les Causses qui présentent de nombreuses ressemblances avec les contrées d'Asie centrale, traversées par l'expédition.

Les XXe et XXIe siècles

Les guerres du XXe siècle laissent quelques souvenirs à Meyrueis : monument aux mort du sculpteur Auguste Verdier (de Millau)[27] érigé en commun avec Gatuzières au Quai (1920) ; place Jean-Séquier, un résistant meyrueisien mort en déportation ; plaque sur la maison de Claude Noguès, membre du maquis Bir-Hakeim tombé sous les balles allemandes. On signalera l'héroïsme du pasteur Franck Robert qui accueillait avec la complicité de ses paroissiens de nombreux proscrits et celle d'un autre homme du village, Jackie Fages, lui aussi membre du maquis Bir-Hakeim et un des rares rescapés du combat de la Parade (28 mai 1944). Par ailleurs, de 1940 à 1944, Meyrueis accueille le chantier de jeunesse n°19. Des jeunes y sont affectés pour un service de huit mois (en substitution au service militaire) et employés dans des travaux forestiers devant leur donner une éducation basée sur les principes pétainistes de la « Révolution nationale ». Dans le même temps, le château de Roquedols abrite des collections de musées nationaux ainsi que les services forestiers repliés depuis l'est du pays.

Aujourd'hui, le secteur d'activité touristique constitue la ressource principale de la cité, qui est devenue la première station du département de la Lozère en termes de capacité d'accueil. Après un déclin démographique marqué, les années 1990 connaissent une relative stabilisation. Quelques entreprises, plusieurs structures d'accueil (3e âge, handicapés) et deux collèges (collège public André-Chamson et collège privé Sainte-Marie) procurent un volant d'emplois qui permettent à Meyrueis d'envisager l'avenir sous un jour plus serein.

Toponymie

L'étymologie la plus probable de Meyrueis provient certainement de la situation de la ville au confluent de plusieurs cours d'eau : la Jonte, le Béthuzon et la Brèze. En occitan, Meyrueis signifierait ainsi « mélange de cours d'eau », de mesclar (mélanger) + rius (cours d'eau). On trouve aussi parfois la variante latine Midiis riviis, « au milieu des ruisseaux ». D'autres versions, moins fréquentes, évoquent la nature de ses sols (Marogium, « lieu marécageux ») ou un ancien propriétaire gallo-romain (Maurus).

Héraldique

Meyrueis

D'azur au lion d'or, lampassé et armé de gueules, tenant de sa patte senestre une lettre M onciale d'argent.

Citées pour la première fois en 1402[réf. nécessaire], les armes de la ville de Meyrueis sont confirmées par un certificat d'authentification signé de Charles d'Hozier, garde général de l'Armorial de France en septembre 1697[28].

Administration

Les communes de Meyrueis-Ville et Meyrueis-Campagne, municipalité regroupant des hameaux environnants l'ancienne cité[17], toutes deux créées en 1793, appartinrent d'abord au district de Meyrueis (1793-1800) avant de dépendre de l'arrondissement de Florac (depuis 1801). En 1819, ces deux municipalités sont réunies en une seule commune : Meyrueis. Au niveau cantonal, cette ville est chef-lieu du canton de Meyrueis (depuis 1793).


Liste des maires de Meyrueis
Période Identité Étiquette Qualité
1996 2001 Jean-Paul Pottier UMP Notaire
2001 - Denis Bertrand PS Conseiller général[1]


Jumelage

Démographie

Gentilé

Les habitants de Meyrueis se nomment officiellement les Meyrueisiens et les Meyrueisiennes.

Évolution démographique

Évolution démographique
(Source : INSEE[29]& Cassini[30],[31])

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 032
(1 410 à Meyrueis-Ville et 622 à Meyrueis-campagne)
2 148
(dont 1 224 à Meyrueis-Ville)
2 379
(1 411 à Meyrueis-Ville et 968 à Meyrueis-campagne)
1 993 2 092 2 199 2 005 2 045 2 186
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 074 1 995 1 949 1 977 1 874 1 790 1 894 1 632 1 526
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 487 1 614 1 526 1 164 1 119 1 040 1 081 1 045 1 033
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007  
1 110 1 007 924 908 907 851 904 910[32]  

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes


Graphique de l’évolution de la population de Meyrueis (1793-2006) et Meyrueis-Campagne (1793-1806)

Lieux et monuments

Panoramique de Meyrueis (depuis le Rocher)

Ancien château et Notre-Dame du Rocher

La tour de l'Horloge dominée par la chapelle N.-D. du Rocher (site de l'ancien château)

Ancien château de Meyrueis

L'ancien château médiéval de Meyrueis, d'origine carolingienne, était situé sur le rocher dominant de 70 mètres la ville. Siège d'une viguerie qui s'étendait du causse Méjean jusqu'à la haute vallée du fleuve Hérault, ce château appartenait dès le Xe siècle à une famille de ce nom. La châtellenie fut ensuite possédée par une branche de la famille de Roquefeuil jusqu'en en 1230 où elle passa par mariage aux comtes de Rodez, puis en 1283 à ceux d'Armagnac, aux ducs d'Alençon, avant d'échoir en 1321 à la famille d'Albret. Jeanne d'Albret, reine de Navarre, légua le château à son fils Henri de Bourbon, qui, devenu Henri IV, unit ses possessions au domaine de la Couronne de France (1607).

Plusieurs fois attaqué pendant la guerre de Cent Ans par les routiers qui écumaient la région, le château de Meyrueis, ville protestante d'un Languedoc en conflit avec le jeune roi Louis XIII, vécut son dernier siège en 1628. Le duc Henri de Rohan, chef militaire des révoltés, vint mettre le siège avec plusieurs milliers d'hommes devant le château en mai 1628. Celui-ci, tenu par une garnison fidèle au roi, menaçait la ville en révolte. Au bout de trois semaines de blocus, les 130 soldats royaux du capitaine Régis capitulèrent, laissant le château aux mains du duc. Mais ce succès fut de courte durée. En 1629, Rohan fut défait et le roi put sceller la paix par la « Grâce d'Alès ». Cet édit, donné en 1630, amnistiait les rebelles mais ordonnait la destruction de leurs fortifications. La démolition du château et des deux portes principales de la cité eut lieu en 1632.

Chapelle Notre-Dame du Rocher

Statue Notre-Dame du Rocher
Statue Notre-Dame du Rocher

Les derniers vestiges importants du château furent détruits en 1875, lors de la construction de la chapelle Notre-Dame du Rocher qui occupe aujourd'hui l'emplacement du fort. Cette chapelle est l'objet de deux pèlerinages annuels, le dernier dimanche de mai et le 15 août.

Vestiges des fortifications et tour de l'Horloge

La ville de Meyrueis conserve des vestiges de ses fortifications. Deux portes des remparts ont subsisté à la destruction de 1632. La porte Méjeane (du milieu) et le portail du Prieirou (prieuré) donnent toujours accès au quartier médiéval, appelé « la Ville », et qui contient quelques traces du quartier juif (Judarié) ou du premier temple protestant (XVIe siècle) ainsi que la maison des Consuls sur le planet.

La tour de l'Horloge, reconstruite en 1568 sur des bases médiévales, cantonne l'enceinte au confluent de la Jonte et du Béthuzon. Restaurée après un incendie en 1897, cette tour porte l'horloge communale depuis le XIVe siècle. Un campanile de ferronnerie la surmonte. Il renferme une cloche de belles proportions, datée de 1634. Achetée à mi-frais par la municipalité et l'église protestante, elle servait à marquer les heures, convoquer le conseil communal, donner l'alerte et, jusqu'en 1685, appeler les gens au culte. Elle rythme toujours les heures de la ville et abrite dorénavant l'office de tourisme.

Église Saint-Pierre

Temple protestant et église Saint-Pierre

L'église Saint-Pierre fut édifiée en 1663 par l'ordre des jésuites à la demande de Cohon, évêque de Nîmes, qui cherchait à rétablir le culte catholique à Meyrueis. Elle est bâti sur l'emplacement d'une autre église de style roman, détruite pendant les guerres de religion du XVIe siècle. Certaines des pierres du vieux château détruit en 1632 auraient été utilisées pour sa construction. Ce sanctuaire est typique des églises de la Contre-Réforme catholique : vaste nef propice à la prédication, chapelles latérales (N.-D. du Rosaire et Saint-Joseph) donnant directement sur la nef centrale (et donc l'assemblée), chœur surélevé et aussi large que la nef de façon à être vu de tous les coins de l'église et à assurer la solennité des cérémonies. Saint-Pierre fut agrandie en 1857 par l'adjonction d'un chevet pentagonal de vastes proportions, de deux chapelles latérales supplémentaires (chapelles Saint-Roch et N.-D. de Bon Secours) et d'une tribune. À l'extérieur, la façade présente pour tout décor, un grand portail à pilastres sommé d'un tympan en courbe, surmonté d'un simple occulus. Un fronton triangulaire couronne l'ensemble, conférant à cette façade une austère beauté typique des jésuites. Un haut clocher, affublé en 1848 d'une flèche pyramidale en ardoise disproportionnée, en remplacement d'un toit en terrasse à balustrade, est accolé au sud de l'édifice. Il sert de transition avec l'ancien prieuré jouxtant le sanctuaire.

Temple protestant

Temple de Meyrueis
Temple protestant

Description Le temple protestant, édifié entre 1837 et 1842, se présente comme une vaste rotonde octogonale, couverte d'un toit de lauzes à huit pans, précédée d'un parvis couvert et surmontée d'un petit clocher en arcade. À l'intérieur, l'espace pouvant accueillir 500 fidèles se répartit en un octogone couvert d'une coupole côtelée en lambris, circonscrit par une galerie à deux étages superposés, ajourée de larges fenêtres en plein centre. De puissants piliers en bois soutiennent la coupole qui culmine à 18 mètres de hauteur. Les lignes sobres et élancées, les proportions équilibrées des volumes confèrent à l'ensemble une impression de belle harmonie. L'utilisation massive du bois procure à ce temple une excellente acoustique, qui est d'ailleurs recherchée par les artistes qui s'y produisent chaque année lors de concerts estivaux.

Comme dans tous les lieux de culte protestants, l'intérieur est très sobre. L'espace s'organise en hémicycle, centré sur une chaire monumentale en bois de noyer, fixée sur l'un des murs face à l'entrée principale et dominant le pupitre du chantre. Sur la « table sainte » sont déposées une bible ouverte tournée vers l'assemblée et une croix de bois. De part et d'autre de la chaire, des panneaux numérotés indiquent les cantiques chantés au cours du culte. Au-dessous, des bancs en demi-cercle accueillaient autrefois les « anciens » et les « diacres » siégeant au « consistoire », conseil élu par les fidèles pour administrer la communauté.

Historique

Dès 1797, la communauté protestante de Meyrueis entreprit au lieu-dit « la Glacière » l'édification d'un temple sur un terrain qui servait depuis le XVIe siècle de cimetière aux huguenots. Construit à l'économie, sans aide de l'État, ce lieu de culte ne donna jamais entière satisfaction. Sa rapide dégradation entraîna sa fermeture (1829) puis sa démolition (1836). À son emplacement, les entrepreneurs Martin et Pellet érigèrent un nouvel édifice suivant les plans de l'architecte Meynadier. Commencée en 1837, menée avec beaucoup de difficultés techniques, financières et administratives, la construction traîna jusqu'en 1842. Pendant cette période, pour célébrer le culte en hiver, la paroisse dut louer un local petit et insalubre. À la belle saison, les cérémonies avaient lieu en plein air, dans le cimetière attenant au chantier. Enfin, en octobre 1842, le nouveau temple fut dédicacé. Il fallut encore quelques années pour les finitions : grilles et clôture du terrain (1847), achat de la cloche (1853)... Le coût total de la construction dépassa les 30 000 francs de l'époque. Le cimetière fut désaffecté et transféré au cimetière communal en 1897.

Cet édifice, constituant un élément important de l'architecture protestante en Languedoc-Roussillon, est inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis le 24 septembre 2008[33].

Maisons et hôtels particuliers

Meyrueis abrite quelques hôtels particuliers édifiés du XVIe au XVIIIe siècle grâce au florissant commerce de la laine :

  • l'hôtel Pagès de Pourcarès-Belon, dit la « maison du Viguier », (XVIe siècle) avec plusieurs fenêtres à meneaux remarquables[34],
  • l'hôtel Bragouse de Saint-Sauveur, gouvernorat militaire,
  • l'hôtel de Thomassy,
  • l'hôtel de Valat,
  • l'hôtel Cavalier,
  • l'hôtel Gély de Costelongue,
  • l'hôtel Michel du Bedos,
  • l'hôtel Maurin de Carnac, dit la Grande Maison,
  • l'hôtel Joly de Morey.

Patrimoine industriel

  • Filature Vincens (filature de déchets de soie et de laine)[35].

Bâtiment construit par Pierre Cabanel avec une clef de porte datée de 1833, il est vendu en 1843 à Pierre Vincens. Agrandi en 1844 et déclaré comme carderie de bourres de soie (1847), son activité est réduite en 1855 et il subit une reconversion au moins partielle vers la laine. Une partie de l'activité est alors transférée au moulin de Montblanc. L'exploitation, confiée à Florent Malzac, ne subsiste qu'au niveau artisanal jusque vers 1866. Vingt ans plus tard, l'édifice est transformé en maison par Louis Vincens, préfet de l'Hérault (1886). En 1902, un petit bâtiment est ajouté du côté est, en remplacement de l'ancienne chaufferie.
La partie principale du bâtiment à quatre niveaux, dont un de soubassement et un en surcroît, possède un toit à longs pans et des baies rectangulaires. La partie orientale (1902) est formée d'un bâtiment adossé, sans étage carré libre, mais avec seulement deux étages de soubassement, un toit en terrasse, une porte cochère et des fenêtres géminées au rez-de-chaussée en arc segmentaire. La surface du bâti est de 338 m². Dans le détail, on rencontre dans cette ancienne filature une machine à vapeur de 6 chevaux datant de 1851 (rez-de-chaussée), deux salles de presses (6 et 16) et quatre baquets laveurs. Au premier étage, sont situées une salle avec 8 métiers mécaniques, une salle de 16 presses et un bureau. Au deuxième étage, se trouvent une chambre de contremaître, deux salles d'entrepôt industriel, une salle de magasin industriel. Enfin, un séchoir, ou étendage de frisons, est situé à l'étage de comble.

  • Clouterie Malzac puis filature Malzac, aussi appelée scierie Laporte ou scierie Saurin (clouterie, puis filature de déchets de soie, puis scierie)[36].

Sur l'emplacement d'un établissement plus ancien ayant été abandonné, une maison et une fabrique de pointes sont construites en 1844 par Florent Malzac. En 1847, le bâtiment est agrandi et transformé en carderie de bourres de soie (avec 4 assortiments de 2 métiers à carder). Le logement, la remise et le stockage sont situés au rez-de-chaussée ; l'atelier à l' étage carré ; le comble sert de séchoir. L'ensemble est vendu en 1857 à Félix Laporte, négociant au Vigan et dont Malzac devient le fermier. Eugène Saurin, négociant à Marseille, rachète les bâtiments en 1866 et les transforme en scierie mécanique. L'énergie était alors fournie par une chute d'eau de 2 mètres de haut pour une puissance de 6 chevaux environ. Tout cet ensemble est ensuite déclassé en maison et bâtiment rural (1889) ; il est actuellement en ruine.
Situé au lieu-dit « Lucalous », sur le chemin de Roquedols, l'ensemble bâti sur 360 m2, comprend un bâtiment principal à un étage carré et un étage de comble, avec des élévations principales ordonnancées à 3 travées, une pièce à usage de remise (ou d'écurie) avec porte cochère en plein-cintre. Un bâtiment est annexé en rez-de-chaussée. Le toit est en tuiles creuses.

  • Moulin Berger, puis filature Fulcrand, aussi appelée scierie Maurin (moulin à farine, puis filature de laine cardée, puis scierie)[37].

Le moulin, attesté à l'Oustal de Jupiter (rue du Barry) lors de la réalisation du cadastre (1841), a certainement des origines plus anciennes. Il appartient alors à Jean-Baptiste Berger. Il passe ensuite à M. Maurin puis, par mariage, à M. Saurin. En 1869, ce moulin est transformé en filature de laine cardée (avec 4 assortiments de cardes et 144 broches de filature) dirigée successivement par Joseph Fulcrand, M. Bayle (1874) puis David Saumade (à partir de 1884, avec un seul assortiment de cardes). Le fils Saurin transforme la filature en scierie en 1902. L'activité cesse avant la Seconde Guerre mondiale ; le bâtiment est alors transformé en maison. La roue hydraulique verticale avec une chute de 2 mètres (150 litres par seconde), construite en 1869, est détruite vers 1965. Les différents remaniements font que l'ensemble, bâti sur 275 m², présente des mélanges de différents types de construction : baies diverses, toiture en tuiles mécaniques ou en lauzes de micaschiste...

  • Moulin de Montblanc (moulin à farine et filature de laine cardée)[38].

Moulin avec un étage de soubassement, un rez-de-chaussée et un étage en surcroît, construit en pierre avec des galets dominants et un enduit, il appartient à l'origine du cadastre (1841) à Philippe Manoël de Nogaret, du château d'Ayres. Implanté au bord de la Jonte, au lieu-dit la Plaine, il est cependant alimenté par un canal dérivant son affluent, la Brèze. Un moteur hydraulique de 5 chevaux est installé en 1855. Un métier à carder et à dégrossir de la fabrique Vincens est établi à côté du moulin la même année (1855). Selon une tradition orale, une filature est exploitée par Jean-Antoine Veygalier dans le bâtiment à un étage carré, bâti, lui, en galets avec des encadrements de calcaire. Il est situé de l'autre côté du chemin de la Brèze. En 1866, avec la fin de l'activité textile, le moulin ne fonctionne plus que pour la farine jusque vers 1940. Actuellement, ce moulin est restauré en maison. Au XXe siècle, le bâtiment de filature sert d'infirmerie vétérinaire, puis d'écuries et de remise. L'ensemble du moulin de Montblanc occupe 438 m².

  • Moulin d'Ayres, aussi appelé filature Laget ou filature Saumade (moulin à foulon, filature de bourres de soie et filature de laine cardée)[39],[40]

Ce moulin, probablement à farine, est attesté au XVIIIe siècle. Il appartenait aux Manoël d'Ayres dont le château est à 700 mètres au sud. Lors de l'établissement du cadastre (1841), c'est un moulin à foulon appartenant à Louis Laget. En 1849, il est transformé en carderie de bourre de soie, puis est progressivement reconverti en carderie de laine. La filature est alors dirigée par Benjamin Avesque, qui fait faillite en 1855, puis par David Saumade. Son fils rachète les bâtiments en 1860 puis les revend en 1892 à Louis Couderc qui assure le fonctionnement de la carderie de laine jusqu'en 1926.
La partie nord a un étage carré qui correspond, dans la partie est, à l'étage en surcroît (asymétrie du toit). L'ensemble, d'une superficie de 345 m2 est flanqué d'une tour ovale tronquée. Le moulin possède une roue hydraulique verticale à augets de 2 mètres de rayon avec chute d'eau de 2,30 mètres, trois métiers à dégrossir, quatre métiers de finissage et vingt presses à bras (1851). De 1881, il possède quatre cardes, un métier à 108 broches et un pot à fouler. Il existe également un fonds d'archives privées.

  • Chapellerie Veyrier (usine de chapellerie de feutre)[24].

Hippolyte Veyrier, fabricant de chapeaux, construit son logement patronal en 1884, puis l'agrandit en 1887. L'usine de chapellerie est construite en face en 1904 pour remplacer l'ancien atelier situé dans le village. Les ateliers sont en pierre avec encadrement de brique. En 1929, l'ensemble (de 595 m²) passe à Henri Veyrier, industriel à Bruyères, dans les Vosges. La machine à vapeur est supprimée en 1943. Actuellement, le bâtiment d'atelier sert de gendarmerie et le logement patronal est une maison particulière.

Château de Roquedols

Le château de Roquedols, situé à 2 km au sud de la ville, dans la vallée du Béthuzon, date de la première moitié du XVIe siècle. Il abrite un centre d'information du parc national des Cévennes[41] ainsi qu'un sentier forestier éducatif.

Article détaillé : Château de Roquedols.

Château d'Ayres

L'ancien prieuré Saint-Martin des Ayres, situé près de la Jonte, à 1 km au nord-est de la cité, est transformé en château au XVIe siècle par la famille Galtier. Après avoir connu les vicissitudes des conflits religieux, l'édifice est reconstruit par la famille Nogaret au XVIIIe siècle puis transformé en hôtel-restaurant de luxe au XXe siècle.

Article détaillé : Château d'Ayres.

Personnalités liées à la commune

Sylvestre-Antoine Bragouse de Saint-Sauveur

Né à Meyrueis le 22 février 1748[42] dans un couple issu de deux familles nouvellement converties, Louis Sylvestre-Antoine Bragouse de Saint-Sauveur est le fils de Pierre Bragouse de Saint-Sauveur, ancien capitaine d'infanterie, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, commandant de Meyrueis et seigneur de Camprieu, où il exploite un filon de galène argentifère (entre 1776 et 1789), lui-même fils de François Bragouse (1687-1753) qui a acheté la seigneurie de Saint-Sauveur (des Pourcils) en 1732[43], et de Madeleine-Suzanne de Thomassy, fille du seigneur de Gatuzières[44]. Grand vicaire de Mgr Dillon, le dernier archevêque de Narbonne, en 1789, Sylvestre-Antoine Bragouse de Saint-Sauveur se réfugie dans sa ville natale lors des événements révolutionnaires. Il devient curé provisoire de la paroisse de Meyrueis en 1794. Nommé curé archiprêtre de la cathédrale de Mende (1803), il en devient vicaire général en 1805. Le 31 mars 1809, Napoléon Ier le nomme évêque de Poitiers. Le pape Pie VII refuse motu proprio de le confirmer car cette nomination n'est pas régulière. Il administre néanmoins ce diocèse jusqu'à la Restauration puis se retire ensuite à Paris où il meurt peu de temps après[45].

Son frère, François Guillaume Bragouse de Saint-Sauveur, premier lieutenant-colonel du régiment de Navarre, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, est seigneur de Saint-Sauveur. Émigré à la Révolution, il est condamné à mort et son hôtel particulier meyrueisien du XVIIe siècle est vendu comme bien national en 1794. À son retour en France, il tente de reprendre l'entreprise d'extraction d'argent de Camprieu en 1804 mais décède l'année suivante (1805). En 1808, la famille Bragouse obtient une concession de cinquante ans pour cette mine mais y renonce dès 1822 sans l'avoir exploitée[46].

Autres personnalités

  • Guillaume Ademar (Guilhem Ademar en occitan) (1190/1195–1217), fils d'un chevalier noble mais pauvre de Meyrueis, était un troubadour du Gévaudan.
  • Henry Maret (1805-1884), ecclésiastique et théologien catholique.
  • Jean Séquier, résistant meyrueisien mort en déportation ; une place de Meyrueis porte son nom.
  • Robert Verdier (1910-2009), résistant et homme politique français.

Notes et références

  1. a et b Le canton de Meyrueis sur le site du conseil général de la Lozère
  2. Gilbert Fages, « Meyrueis » in Jean-Luc Fiches (dir), Les Agglomérations gallo-romaines en Languedoc-Roussillon. Projet collectif de recherche (1993-1999), Lattes, 2002 (tome II, p. 905-909).
  3. La brochure touristique réalisée par la communauté de communes de la vallée de la Jonte (texte de M. Philippe Chambon, cf. bibliographie) parle de 13 foires annuelles au lieu de 3 ! À vérifier...
  4. Cette foire de la « Saint-Michel » existe toujours aujourd'hui. Elle est fixée au dernier dimanche de septembre.
  5. Ces foires et ce marché hebdomadaire se déroulaient sur l'emplacement de l'actuelle place Sully, aménagée au XVIIIe siècle.
  6. Le seul témoignage tangible de l'existence de cette communauté israélite serait un antique four de pierre, toujours utilisé de nos jours par un restaurant, alors que les archives ne délivrent que d'infimes indices.
  7. Laurent Schneider, « Cité, castrum et « pays » : espaces et territoires en Gaule méditerranéenne durant le haut Moyen Âge. L'exemple de la cité de Nîmes et du pagus de Maguelone (Ve-XIe siècle) », in Patrice Cressier, Le Château et la ville, espaces et réseaux (VIe-XIIIe siècle), Castrum 8, Casa de Velázquez (vol. 108) & École française de Rome (n°105/8), 2008, p. 53 sur Google Livres
  8. L. Cassan & E. Meynial, Cartulaires des abbayes d'Aniane et de Gellone, n°152, p. 130.
  9. Une trentaine d'années plus tard, les deux fils de Bermont de Sauve, Pierre et Bernard Bermont, abandonnent définitivement leur part sur ce sanctuaire (cf. L. Schneider, op. cité).
  10. Philippe Chambon (op. cité) cite la date de 1432, copie d'une lettre dans le Thalamus.
  11. Depuis 798 et la disparition du diocèse d'Arlat, Meyrueis était rattachée à ce diocèse de Nîmes. Excepté l'expérience de Vabres au XVIe siècle, la paroisse sera à nouveau distraite en 1694 pour aider à la constitution de l'évêché d'Alès. En 1877, le diocèse nîmois intègre celui d'Alès.
  12. On trouve aussi la trace d'une adoption à main levée de la religion réformée en 1580 (Lien).
  13. Les derniers droits des porteurs du titre de baron de Meyrueis seront abandonnés à la Couronne le 29 novembre 1774.
  14. Le Thalamus de la ville de Meyrueis sera poursuivi par son fils.
  15. Jusqu'aux années 1720, les actes de la ville sont signés par des missionnaires jésuites.
  16. Ce diocèse d'Alès a depuis été réintégré à celui de Nîmes (1877).
  17. a et b Fiche de Meyrueis-Campagne sur le site Cassini
  18. D'abord enfermé dans la maison Monginoux, à Cauquenas, avec les autres proscrits qui l'avaient accueilli, on lui proposa une nuit de s'évader. Il refusa pour ne pas nuire à ses hôtes. (Abbé Achille Foulquier, op. cité)
  19. Abbé Félix Remize, Lozériens connus ou à connaître...
  20. Abbé Achille Foulquier, Notes historiques sur les paroisses des Cévennes comprises dans le diocèse de Mende...
  21. L'abbé Delon, dans Révolution en Lozère (Mende, 1922) prétend qu'un certain Michel, Jean Michel, né à Drigas sur la commune d'Hures et surnommé « Ferratou », s'était d'abord engagé comme volontaire dans l'armée républicaine avant de déserter pour rejoindre son ami d'enfance, J.-B. Fages. Partageant ses idées politiques, il devient alors le lieutenant de ce brigand. Arrêté une première fois à La Malène, évadé, Ferratou est finalement repris en 1794 après le meurtre d'un paysan d'Hauterives. Condamné, il est exécuté au Pré Nouveau de Meyrueis. L'interrogatoire de Jean Michel conservé aux archives départementales de la Lozère ne donne pas sa filiation (série II L), mais le surnom « Ferratou » est attesté dans un acte d'état-civil de la famille Michel de Drigas (Registre EC 4E 74001). Source : Marie-Pascale Vincent, Les Grandes Affaires criminelles de la Lozère, éd. De Borée, 2006 (pages 217-219).
  22. Les curés suivants de Meyrueis, au début du XIXe siècle, sont Barthélemy Saint-Léger (1805-1812) et Étienne Blanquet de Rouville (1812-1822).
  23. Cette église consistoriale regroupe, en 1804, les communes de Meyrueis, Fraissinet-de-Fourques, Gatuzières, Saint-Laurent-de-Trèves, Rousses et Vébron.
  24. a et b Chapellerie Veyrier, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  25. Généalogie de la famille de Thomassy
  26. Site évoquant le Grand Garage Malafosse et les préparatifs de la Croisière Jaune à Meyrueis
  27. Monuments aux morts 1914-1918, sur la base Palissy, ministère de la Culture
  28. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 686
  29. Meyrueis sur le site de l'Insee
  30. Population de Meyrueis avant 1962 (résultats publiés au journal officiel ou conservés aux archives départementales)
  31. Population de Meyrueis-campagne entre 1793 et 1806 (résultats publiés au journal officiel ou conservés aux archives départementales)
  32. INSEE
  33. Temple protestant, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  34. Maison du XVIe siècle, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  35. Filature Vincens, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  36. Clouterie Malzac, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  37. Moulin Berger, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  38. Moulin de Montblanc, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  39. Moulin d'Ayres, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  40. Lien vers les photographies du moulin d'Ayres, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  41. Ce centre d'information est provisoirement fermé depuis 2006 dans l'attente de travaux.
  42. Fiche généalogique de Sylvestre-Antoine Bragouse de Saint-Sauveur
  43. Généalogie de la famille Bragouse de Saint-Sauveur
  44. Fiche généalogique de Madeleine-Suzanne de Thomassy
  45. En 1816 ou 1825 ?
  46. Notice no IA00128667, sur la base Mérimée, ministère de la Culture

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Philippe Chambon, Meyrueis, de rues en places, parcours historique balisé (brochure d'information touristique éditée par la communauté de communes de la vallée de la Jonte)
  • [PDF] Publication de l'association « Lozère histoire et généalogie », 2008.




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