Antoine-François Momoro
Antoine François Momoro,
« Premier imprimeur de la liberté nationale »
Signature de Momoro

Antoine-François Momoro, né à Besançon en 1756 et mort guillotiné à Paris le 24 mars 1794, est un imprimeur, libraire et homme politique et révolutionnaire français.

Figure importante du club des Cordeliers et de l'hébertisme, on lui attribue la paternité de la devise de la République française, « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Sommaire

« Premier imprimeur de la Liberté »

Issu d’une famille d'origine espagnole, ancienne mais peu aisée, installée en Franche-Comté, Antoine-François Momoro fit de bonnes études dans sa ville natale, s’installa à Paris, fort jeune, dans les années 1780, et y fut reçu en 1787 dans la communauté des imprimeurs-libraires. Il fit preuve d’un certain talent comme typographe. Avant que n’éclate la Révolution française, Momoro est un libraire comme il en existe beaucoup dans la capitale. Il a néanmoins déjà publié différents ouvrages dont un Traité élémentaire de l’imprimerie, ou le manuel de l’imprimeur, publié en 1787, ouvrage de vulgarisation qui sera longtemps une référence en imprimerie. Le déclenchement de la Révolution française et la déclaration de liberté de la presse en août 1789, qui voit exploser les publications, va changer son destin.

Adversaire déclaré de la royauté, même constitutionnelle, et de la religion catholique, il se jeta avec ardeur dans la cause révolutionnaire. Dès le début de la Révolution, Momoro achète plusieurs presses, ouvre une imprimerie au n° 171 de la rue de la Harpe et se lance dans la politique mettant ses compétences au service des idées nouvelles. Il demeure pourtant circonspect dans ses premiers engagements comme en témoigne, en juin 1789, son refus de publier La France Libre de Camille Desmoulins dans un premier temps[1]. Il obtient la concession exclusive des travaux de typographie et d’imprimerie de la Commune de Paris et devient secrétaire de la Société des droits de l’homme, qui devient par après le Club des Cordeliers, dont il publie le journal et devient un des orateurs les plus écoutés.

On trouve ainsi Momoro parmi les meneurs des signataires de la pétition antimonarchique qui donne lieu à la fusillade du Champ-de-Mars, évènement qui achève de consommer la scission entre modérés et extrémistes. À la suite de cette affaire qui lui vaut d’être incarcéré jusqu’en septembre 1791, Momoro reprend son activité d’imprimeur sous le titre autoproclamé de « premier imprimeur de la Liberté nationale », publiant notamment Le Père Duchesne d’Hébert.

Radicalisation

Fête de la Raison à Notre-Dame
eau-forte, 1793, Paris, BNF, Estampes

Membre de la section du Théâtre-Français, il rédige et signe en juin 1792, avec Danton et Chaumette, une déclaration qui supprime la distinction entre citoyens passifs et actifs dans la section puis prend part ensuite activement à l’insurrection du 10 août 1792. Il se range progressivement du côté des enragés plutôt que des plus modérés indulgents. Il est élu par sa section au Directoire du département de Paris et c’est alors qu’il fait inscrire avec le maire Pache la devise Liberté, Égalité, Fraternité sur les façades des édifices publics. Après une mission de recrutement dans le Calvados et l’Eure, il retourne à Paris où il est nommé à la présidence de la section du Théâtre-Français.

Il prend une part active à la déchristianisation et c’est son épouse, Sophie Momoro (née Fournier), qui incarne la déesse de la Raison lors de la première Fête de la Liberté et de la Raison du 20 brumaire de l’an II à l’issue de laquelle la Commune décrète la fermeture de toutes les églises.

Il est envoyé en Vendée, en mai 1793 où il seconde Charles Philippe Ronsin au siège de l’état-major à Saumur, dans une mission pour assurer la fourniture aux armées. De retour à Paris, dans un long « Rapport sur la politique de la Vendée fait au comité de Salut Public », il explique les raisons de l’échec de la stratégie de Ronsin en Vendée et défend le général Rossignol, contribuant à sa réhabilitation.

Lorsque Marat est assassiné en juillet 1793, Momoro aspire à lui succéder comme champion de la cause du peuple. Il persuade les Cordeliers de poursuivre la publication de l'Ami du Peuple sous sa houlette.

La chute

Après avoir œuvré à la chute des Girondins dans la lutte qui oppose la Commune à la Convention, il participe aux attaques contre Danton, Robespierre, qu’il accuse de modérantisme[2], et le Comité de Salut Public. Le comité poussé par un rapport de Saint-Just à la Convention dénonçant le « complot de l’étranger » ourdi par les Indulgents et Exagérés, décide l’arrestation des Hébertistes le 13 mars 1794. Le 24 mars, lors de sa condamnation par le tribunal révolutionnaire, Momoro s’écrie : « On m’accuse, moi qui ai tout donné pour la Révolution ! ». Il est guillotiné le lendemain, 4 germinal de l’an II à six heures du soir en compagnie des autres hébertistes.

Notes et références

Liens internes

Sources


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