Antoine-Augustin Parmentier

Antoine Parmentier

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Antoine Parmentier
Antoine Parmentier
Antoine Parmentier

Naissance 12 août 1737
Montdidier
Décès 17 décembre 1813 (à 76 ans)
Paris
Pays d'accueil France France
Profession(s) pharmacien
Activité(s) principale(s) agronome, nutritionniste et hygiéniste

Antoine Augustin Parmentier est un pharmacien, agronome, nutritionniste et hygiéniste français (Montdidier, 12 août 1737[1] - Paris, 17 décembre 1813).

Sommaire

Biographie

Il fait son apprentissage de la pharmacie Frison chez un apothicaire de sa ville natale, puis à Paris. À l'âge de 20 ans, il est pharmacien aux armées pendant la guerre de Sept Ans, contre la Grande-Bretagne et la Prusse. Au cours de son incarcération en Allemagne, il découvre la qualité nutritive d’une plante de la famille des solanacées, la pomme de terre.

Les travaux sur la pomme de terre

À son retour en France, en 1771, il est apothicaire-major de l’Hôtel royal des Invalides. La même année, il participe à un concours ouvert par l’académie de Besançon sur le remplacement du blé dans la fabrication du pain[2] et rédige un mémoire sur la pomme de terre, qui le rend célèbre[3]. À l’issue de la publication de son mémoire, l’Académie des Sciences, des Belles-Lettres et des Arts le récompense, malgré une interdiction du Parlement de cultiver la pomme de terre datant de 1748. [4]

En 1772, les membres de la Faculté de médecine de Paris planchent pendant de longues semaines sur le sujet et finissent par déclarer que la consommation de la pomme de terre ne présente pas de danger. Mais le terrain sur lequel il avait installé ses plantations près des Invalides appartenant à des religieuses, il dut bientôt renoncer à les cultiver. Ne baissant pas les bras pour autant, Parmentier, va promouvoir la pomme de terre en organisant des dîners où seront conviés des hôtes prestigieux tels que Benjamin Franklin ou Lavoisier.

Il essaie, avec l’appui du roi Louis XVI, de développer la culture de la pomme de terre en créant une plantation de ce tubercule dans la plaine des Sablons, à Neuilly, en 1785. En août 1786, il apporte même au roi un bouquet de fleurs de pomme de terre. Louis XVI en glisse une à sa boutonnière et une autre sur la perruque de Marie-Antoinette.

Grâce à lui plusieurs famines ont été évitées[réf. nécessaire].

Autres travaux

Pour remédier à la pénurie de sucre de canne, il préconise l’emploi de sucres de raisins et d’autres végétaux sucrés. Il s’intéresse à la conservation des farines, du vin et des produits laitiers.

Il travaille aussi sur le maïs, l’opium et l’ergot de seigle. Il préconise la conservation des viandes par le froid. Il travaille également sur l’amélioration de la technique des conserves alimentaires par ébullition découverte par Nicolas Appert, en 1795 et publiée en 1810.

En 1772, en compagnie de Cadet de Vaux (ancien pharmacien des Invalides), il va tenter d’améliorer la qualité du pain distribué dans les hôpitaux et les prisons en imaginant une nouvelle méthode de panification. Il sera du reste un des fondateurs d’une école de boulangerie.

En 1793, il donne même les techniques à employer. C’est ainsi, que grâce à lui la première raffinerie de sucre de betterave mise en service par Delessert voit le jour en 1801.

La Révolution et les honneurs

L'accueil que Louis XVI avait réservé à l'agronome philanthrope le rend pendant la période révolutionnaire d'abord suspect au nouveau régime. Mais très rapidement on lui confia la surveillance des salaisons destinées à la Marine. Le Directoire, le Consulat et le Premier Empire utilisèrent également ses compétences. Inspecteur général du service de santé de 1796 à 1813, il fait adopter la vaccination antivariolique par l’armée et s’occupe des conditions d’hygiène sur les bateaux. Il est l’un des créateurs de l’École de boulangerie en France en 1800. Il est pharmacien en chef de l'Armée des Côtes de l'Océan en 1803. Il devient le premier président de la Société de pharmacie de Paris, dès sa fondation en 1803. Sous le Premier Empire, il est élu président du Conseil de salubrité de Paris en 1807.

Scientifique à l’œuvre remarquable par sa diversité, il participe, en outre, à la vie sociale en collaborant aux textes sur la réforme agraire proposés par l’Assemblée nationale. Il entre à l’Académie des sciences en 1795 dans la section d’économie rurale.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris dans le caveau familial.

Hommages

  • Une avenue et une station de métro ont été nommées en son honneur à Paris, la station Parmentier, sur la ligne (3) dans le 11e arrondissement.
  • Une statue est érigée en son honneur dans la cour de la faculté de pharmacie à Paris.
  • À Saint-Fons (Rhône), une école publique porte le nom de Parmentier.
  • À Montdidier, sa statue en bronze domine la place Parmentier et constitue avec son socle le monument en l'honneur du personnage. La face antérieure de ce monument montre un Parmentier distribuant des tubercules à un paysan reconnaissant.
  • Le collège de Montdidier porte également son nom.
  • À Neuilly-sur-Seine, une statue représentant Parmentier, sculptée par Adrien Étienne Gaudez se trouve en face de l'entrée de la mairie.
  • Il existe une école maternelle à Vierzon village qui porte son nom.
  • Le nom de hachis parmentier, ainsi que d'autres mets aux pommes de terre (omelette parmentier, etc), lui sont dédiés.
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Œuvres (liste non exhaustive)

  • Avis aux bonnes ménagères des villes et des campagnes, sur la meilleure manière de faire leur pain (1777), consultable et téléchargeable sur Gallica.
  • Examen critique de la pomme de terre (1779).
  • Recherche sur les végétaux nourrissants qui, dans tous les temps de disette, peuvent remplacer les aliments ordinaires (1781).
  • Économie rurale et domestique. Bibliothèque Universelle des Dames, rue et hotel Serpente, 1788-1797 ; 8 volumes. Cette encyclopédie pour dames a vu sa publication se poursuivre pendant toute la période révolutionnaire, ce qui ne fut pas de tout repos pour le père de la pomme de terre. Il y enseigne aux femmes de la campagne tout ce qu'elles doivent connaître pour tenir maison rustique. Le tome I traite des devoirs généraux envers les fermiers et les pauvres. Le tome II concerne la boulangerie, la laiterie, la fromagerie, l'office, la cuisine, le cellier, la cave ; le tome III s'occupe de basse-cour et le suivant du gros bétail. Le tome V du jardin d'agrément, du potager. de la pépinière et du fruitier, le tome VI des labours et travaux des champs ; le tome VII des prés, foins, plantes fourragères et de la vigne, des bois, des étangs et des viviers. Le dernier tome décrit les végétaux à application artisanale : chanvre, lin, garance, plantes à huiles, tabac, osier, houblon, safran, rhubarbe ; végétaux utiles aux cordiers, tanneurs, relieurs, etc.
  • Traité sur la culture et les usages des pommes de terre, de la patate et des topinambours (1789).
  • Traité théorique et pratique sur la culture de la vigne, avec l'art de faire le vin, les eaux-de-vie, esprit de vin, vinaigres simples et composés (2 vol., 1801) en collaboration avec Jean-Antoine Chaptal, l'abbé Rozier, et Dussieux
  • Traité sur l'art de fabriquer les sirops et conserves de raisin (publication 1810).

Bibliographie

  • Anne Muratori-Philip, Parmentier, Plon, Paris, 2e éd., 2006 [1e éd., 1994], 398 p.

Notes

  1. Ludovic Baillet, « Antoine Augustin Parmentier ». Consulté le 17 août 2008
  2. L'intitulé exacte en est « Quels sont les végétaux qui pourraient-être substitués en cas de disette à ceux que l’on emploie communément et quelle en devrait être la préparation ? »
  3. Dans ce mémoire, il fait la constatation suivante : « Nos soldats ont considérablement mangé de pommes de terre dans la dernière guerre ; ils en ont même fait excès, sans avoir été incommodés ; elles ont été ma seule ressource pendant plus de quinze jours et je n’en fus ni fatigué, ni indisposé. »
  4. Il faut savoir que ce légume était rendu coupable de tous les maux, et plus particulièrement on l’accusait de transmettre la lèpre.

Voir aussi

Liens externes


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