Antisionistes

Antisionisme

L’antisionisme (ou anti-sionisme) désigne l'opposition au sionisme et, par extension, l'hostilité à la création, puis au maintien de l'État d'Israël en tant qu'État juif pour diverses raisons, tant idéologiques que politiques, morales, ou religieuses. L'antisionisme peut également désigner l'opposition à la politique d'Israël par ceux qui la considèrent colonialiste.

L'antisionisme s'oppose à l'idéologie politique qui affirme un droit à l'établissement d'un tel État juif et aux conséquences de cette idéologie dans les conflits du Proche-Orient. L'antisionisme apparaît en réaction aux mouvements sionistes lui-même apparu à la fin du XIXe siècle. L'affrontement sur cette terre du mouvement national juif moderne à la partie arabo-palestinienne remonte aux années 1880[1]. Outre l'antisionisme dans les pays arabes, l'antisionisme existe également dans les pays européens.

Pour plusieurs auteurs, dont le philosophe Vladimir Jankélévitch et le politologue Pierre-André Taguieff, l'antisionisme est une forme déguisée d'antisémitisme. Cette assimilation suscite controverse et polémique. En effet, d'autres auteurs la dénoncent comme un moyen de délégitimer par avance toute critique adressée à l'État d'Israël[2].

Alain Dieckhoff distingue quant à lui le non-sionisme de l'anti-sionisme pour désigner la non-adhésion de Juifs au projet sioniste[3].

Sommaire

Histoire

Avant la création de l'État d'Israël

Antisionisme juif d'origine religieuse

À la fin du XIXe siècle et au tout début du XXe siècle, une majorité des juifs n'adhère pas au sionisme voire lui est hostile[4].

La population juive de l'époque est composée en grande partie de Juifs attachés à la tradition, et très pieux. L'opposition au sionisme est alors plus importante à Jérusalem que dans le reste du pays, notamment dans le quartier de Méa Shéarim, quartier historique des religieux traditionalistes, les haredim de la ville sainte[5],[6].

En effet, les rabbins orthodoxes étaient hostiles au sionisme, d'une hostilité théologique : notamment parce qu'ils pensaient que si Dieu avait décidé de la dispersion du peuple juif, il ne fallait pas aller à l'encontre de cette tournure qu'avait pris l'histoire et depuis, la religion prescrivait uniquement l'attente du Messie[7].

Les nouvelles institutions juives sont alors mal perçues par les Juifs autochtones très pieux de Palestine, qui, rapporte Maurice Kriegel[8], appellent « à rompre toute relation, au prix même de déchirement des liens familiaux, avec quiconque appartient à la collectivité juive régie par les nouvelles institutions sionistes ».

L'antisionisme juif relève principalement de raisons religieuses : le caractère laïc, politique, moderne, du sionisme n'est pas partagé par les Juifs les plus religieux au sein de la population juive autochtone, qui conçoit Israël comme la « Terre Sainte » à l'instar des chrétiens pour Jérusalem et alentours, nommés la « Terre sainte ». Les contacts des Juifs religieux avec la première comme la deuxième vague d'immigration sont quasi inexistants. Le Yishouv historique parle alors de « lutte contre le sionisme lorsque celui-ci grandit jusqu'à envahir la Terre sainte »[9].

Les critiques sont parfois très violentes vis-à-vis du sionisme, accusé de « détourner les Juifs du judaïsme et de corrompre leur âme »[10].

Les tentatives des représentants de l'immigration sioniste, dont Haïm Weizmann, de représenter l'ensemble des Juifs de Palestine amènent alors des tensions. Les autorités rabbiniques des Juifs autochtones sont divisées sur les fonds apportés par l'Organisation sioniste mondiale aux yeshivoth. En 1921, une assemblée crée une structure rabbinique destinée à unifier celles résultant de la présence ottomane, sous la forme de deux postes de grands rabbins, un ashkénaze et un sépharade. Mais les tensions renaissent alors avec la nomination du premier grand rabbin ashkénaze, le rabbin Kook, plutôt favorable aux institutions sionistes. Le mouvement orthodoxe fondé en 1912, l'Agoudath Israel, refuse alors d'entretenir des rapports avec le Conseil national juif organisé par les représentants sionistes[11]. Selon l'Agoudath Israel, menée notamment par le rabbin Sonnenfeld, les Juifs pieux ne peuvent pas collaborer avec le Conseil qui aurait émis « une proclamation solennelle qui dépose Dieu et la Torah comme souverains de la nation juive »[12].

En février 1924, le rabbin Sonnenfeld soumet un mémorandum au roi Hussein, pour avoir les garanties que les Juifs orthodoxes autochtones seront légitimement consultés sur l'avenir de la Palestine. Des garanties de coexistence pacifique sont alors apportées dans le texte : « Nous assurons Sa Majesté que la population juive se rapporte à ses voisins avec une harmonie fraternelle partout où elle existe, et en Terre sainte également nous allons nous conformer à cette tradition et collaborer dans le futur avec tous les habitants dans la construction et la prospérité de la terre pour une bénédiction et une paix pour tous les groupes ethniques.[13] »

Cependant, à partir des années 1930, les difficultés à trouver une terre d'accueil, pour les Juifs d'Europe persécutés et contraints à l'exil, les amènent à revoir leur position critique vis à vis du sionisme et du projet d'édification de l'État juif. Ils entament alors des pourparlers avec les partis sionistes pour organiser l'immigration. Ainsi Isaac Breuer, l'un des principaux dirigeants du parti religieux Agoudat, jusqu'alors adversaire du projet sioniste, crée-t-il le mouvement Poalei Agoudat Israël, dont la plupart des membres part pour la Palestine. Mais certains refusent de partager le projet sioniste, politique, et créent un groupe à part, le Edah Aredit, littéralement les « Craignants Dieu » dont le centre est à Jérusalem[14].

À partir des années 1930, conséquence des persécutions des juifs en Europe, les mouvements orthodoxes se rallient aux thèses sionistes, même si, ça n’est pas le cas des ultras orthodoxes (haredim) : le mouvement orthodoxe Agoudath Israel connaît une scission en 1938, dont se détache la minorité antisioniste des haredim[15].

Antisionisme juif d'origine politique

Selon Michel Warschawski, « L’antisionisme a toujours été perçu comme une position politique parmi d’autres, qui plus est, hégémonique dans le monde juif pendant près d’un demi siècle »[16].

Parmi les organisations social-démocrates, socialistes et communistes du Yiddishland , beaucoup, comme le Bund (Union générale des travailleurs juifs), le Parti social-démocrate juif de Galicie, le Folksgrupe de Russie n'étaient pas sionistes, voire s'opposaient politiquement au sionisme[17],[18]. En Pologne, le Folkspartei (en yiddish: Yidishe folkspartay), tout en souhaitant une autonomie nationale et culturelle des Juifs, ne l'envisageait pas comme impliquant le déracinement d'un départ vers la Palestine. L'Alliance israélite universelle, organisation française, républicaine et patriote, est connue avant-guerre pour son antisionisme, positions qu'elle nuance après 1945 [19].

Antisionisme arabe

Manifestation antisioniste à Jérusalem, Porte de Damas, 8 mars 1920.

Il apparaît dès la fin du XIXe siècle dans la région de la Palestine, avec le développement de l'immigration juive. L'antisionisme est bien présent dans toutes les actions de résistance arabe aux Anglais, qui furent organisées par le grand Mufti de Jérusalem dès les années 1920, et qui sont également des actions de résistance au sionisme. Depuis les accords Sykes-Picot en effet, qui ont été signés entre la France et la Grande-Bretagne en 1920, et qui mettent fin au projet d'une grande Syrie incluant la province de Palestine, le grand mufti al-Husseini devient le principal chef du courant antisioniste dont il est l'initiateur. C'est lui qui durant toutes les années suivantes, et en particulier celles de la guerre, fera tout pour empêcher l'installation des juifs en Palestine, quand ceux-ci essayent de fuir le nazisme. L'antisionisme éclate encore plus ouvertement lors de la grande révolte de Palestine de 1936, qui fut suscitée et organisée par le Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, donnant à l'antisionisme des aspects religieux. En 1936, il s'agit d'une révolte contre les Anglais à l'époque où ils gouvernent la Palestine, depuis la fin de l'Empire Ottoman, dans la mesure où les Anglais, avec la Déclaration Balfour ont permis l'immigration juive. Révolte contre les Anglais, par conséquent, qui a caractère ouvertement antisioniste, car il s'agit d'empêcher la création d'un État juif.

À l'opposé des leaders arabes, le roi Abdallah de Jordanie, voit cependant positivement le projet sioniste et envisage même l'intégration de la communauté juive dans un État arabe sous son contrôle[20].

Antisionisme palestinien

Lors des débuts du mouvement sioniste en Palestine à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, certains mouvements et représentants arabes envisagent une alliance avec le mouvement sioniste.

Par exemple Fayçal ibn Hussein, le fils de Hussein ibn Ali, chérif de la Mecque, qui avait aidé la révolte arabe contre les Ottomans, signe un accord avec Chaim Weizmann lors de la conférence de paix à Paris en 1919. L'accord, soulignant les liens unissant les peuples juif et arabe, soutient leur plus étroite collaboration dans le développement des États arabes et de la Palestine. L'accord appuie également la déclaration Balfour et veut encourager l'émigration des Juifs vers la Palestine sur une large échelle, leur permettant d'établir des colonies et leur offrant des moyens pour cultiver la terre.

Pour un certain nombre de raisons, l'accord ne se réalise pas. D'une part, Fayçal avait mis pour condition à son soutien à la déclaration Balfour la réalisation des promesses britanniques sur l'indépendance des nations arabes, promesses qui ne furent pas tenues. De plus, il n'a que de faibles soutiens sur cette position. Les dirigeants arabes palestiniens, parmi lesquels le Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, rejettent cet accord fait en leur nom. La population arabe de Palestine rejette également tout ce qui séparerait la Palestine du monde arabo-musulman. Tandis qu'une minorité juive existe dans la région depuis plusieurs siècles, les arabes palestiniens sont fortement opposés à l'établissement en Palestine d'un État juif créé par l'immigration, et de fait à toute immigration qui remettrait en cause la majorité arabe en Palestine. Ainsi, l'immigration juive sur une petite échelle, telle la première aliyah des années 1880, est acceptée et est vue favorablement pour des raisons économiques, mais les mouvements d'immigration à plus grande échelle ont été dénoncés et combattus.

Une fois que la déclaration Balfour pose clairement le projet de foyer national juif en Palestine plus qu'un simple encouragement à l'immigration juive, l'opposition arabe se renforce. Des affrontements se déroulent dans les années 1920 (émeutes de 1920 et de 1929) et 1930 (activités de Izz al-Din al-Qassam, mouvement al-Qaff al-Aswad ou encore la Grande Révolte arabe de 1936-1939).

En Europe

À l'origine, le sionisme, mouvement politique laïc, ne fait pas l'unanimité chez les Juifs, car il rencontre une opposition forte de la part d'une partie des Juifs religieux. L'antisionisme religieux ne concerne néanmoins pas tout le judaïsme : une partie des religieux sont également sionistes[21].

Pendant le mandat britannique en Palestine, certains milieux britanniques restent hostiles au projet sioniste, en particulier par crainte d'une opposition croissante du nationalisme arabe à la Grande-Bretagne. Après la « grande révolte arabe » en Palestine (fin 1935-1939), ce courant devient majoritaire au sein du cabinet britannique. Il mènera à l'adoption du Livre Blanc de 1939. Celui-ci prévoit un État unitaire judéo-arabe en 1949. Il prévoit aussi une forte limitation de l'immigration juive. L'État qui doit être créé en 1949 sera donc à majorité arabe.

Avant la montée du fascisme en Europe dans les années 1930 et la Seconde Guerre mondiale qui voit le triomphe du nazisme et sa politique raciale, une majorité des Juifs n'adhère pas à l'idée d'un État juif. En effet, les Juifs d'Europe, avant le nazisme, se répartissent approximativement en quatre catégories :

  • les communistes et socialistes [on dit encore à l'époque sociaux-démocrates dans nombre de pays] qui attendent le dépassement du problème des persécutions envers les Juifs de la réalisation d'une égalité entre tous les peuples par le dépassement des nations réalisé par l'internationalisme communiste ou le socialisme à venir. Mouvement politique qui en Pologne fonde le Bund où se retrouvent principalement les socialistes avec aussi des communistes [22]. Ce sont aussi les Juifs qui dans les autres pays européens rejoignent les rangs des divers partis communistes.
  • les Juifs libéraux, qui croient à une viabilité de la solution politique au sein des nations démocratiques, soit l'assimilation du fait de la citoyenneté accordée aux Juifs, qui serait susceptible de mettre fin à l'antisémitisme historique. On peut compter parmi eux l'Alliance israélite universelle, groupe à l'origine français, républicain et patriote, connu avant-guerre pour son « antisionisme farouche » (Nicault, 2001 [19]).
  • les Juifs religieux qui attendent la rédemption et le salut avec la venue du Messie à la fin des temps, qui sont représentés par le judaïsme traditionnel : la réunion de tous les peuples à Jérusalem telle qu'annoncée avec la paix messianique. Une partie, les plus orthodoxes, ne sont pas sionistes, voire antisionistes, cependant qu'une partie des Juifs religieux, sont également sionistes, du fait du lien historique des Juifs à la terre d'Israël (que décrivent les historiens : Walter Laqueur, Georges Bensoussan, Elie Barnavi, A. Gruynberg, etc.).
  • les sionistes proprement dit, dont le pôle majoritaire est socialiste[réf. nécessaire]

Enfin, l'antisionisme est un thème présent dans les cercles d'extrême-droite et de la droite catholique ultra, comme conséquence de l'antisémitisme, quoique l'antisionisme soit aussi connu dans des milieux laïques ou religieux, non antisémites…[réf. nécessaire]

Antisionisme chrétien

Georges Bensoussan rapporte[23] que la première forme d'antisionisme est contemporaine de la naissance du sionisme et du premier Congrès sioniste organisé par Theodor Herzl :

« Les Jésuites, les premiers, lancent [le] thème [du complot sioniste] en février 1898 dans leur organe la Civiltà Cattolica. Du "complot juif", les Jésuites passent vite au « complot sioniste mondial », et ouvrent, ce faisant, la voie à la carrière fabuleuse d'un faux dont ils ne sont pourtant pas les auteurs. »

Les Jésuites préparent le terrain pour les Protocoles des Sages de Sion, faux document composé par l'Okhrana, la police secrète du tsar. Ensuite la « conspiration » sioniste sera assimilée à une révolution juive, identifiée à la révolution bolchevique, dans le cadre de la propagande anticommuniste qui use à la fois des Protocoles et recourt à la vision conspirationniste de l'histoire.

Ce thème du « complot sioniste mondial » prend forme à l'occasion du premier congrès sionisteBâle en 1897), au moment où l'affaire Dreyfus vient de commencer en France.

Antisionisme soviétique

À partir de la fin des années 1920, le sionisme est comparé en Union soviétique à un « nationalisme bourgeois » et en faire l'éloge parmi les Juifs est interdit. Durant les années de pouvoir de Joseph Staline de 1927 à 1953, les Juifs sont fréquemment dénoncés comme sionistes, bien que la majorité d'entre eux à cette époque ne l'étaient pas.

De la guerre de 1948 à celle de 1967

Dans les pays arabes

Les pays arabes présentent toujours une hostilité au maintien de l'État d'Israël.

L'antisionisme plus contemporain dans le monde arabe possède différents fondements idéologiques : le nationalisme local, le pan-arabisme, l'islamisme, le socialisme, ou encore l'anti-colonialisme. Les principales objections au sionisme, communes aux différents antisionismes arabes sont que la terre palestinienne leur fut prise de façon illégale par l'Empire britannique (par l'intermédiaire de la déclaration Balfour) et en conséquence par Israël, d'abord en 1948 puis en 1967, processus qui s'est prolongé par l'occupation de la bande de Gaza et de la Cisjordanie.

Dans les pays occidentaux

L'historien Maxime Rodinson développe un antisionisme à caractère universaliste, basé sur deux reproches : le sionisme impose aux juifs du monde entier une identité et une idéologie nationaliste d'une part, et le sionisme judaïse des territoires au prix de l'expulsion et de la domination des palestiniens d'autre part. En 1972, il rédige l’article « Sionisme » pour l’Encyclopaedia universalis. Il conclut sur un « jugement éthique » :

Le sionisme est un cas très particulier de nationalisme. Si une critique de type purement nationaliste est désarmée devant lui, par contre une critique universaliste est intellectuellement plus fondée. Par définition, elle ne peut se borner à mettre en balance les avantages et les inconvénients du sionisme pour les Juifs. Elle soulignerait surtout, en dehors des conséquences générales de la définition nationaliste de l’ensemble juif, le tort considérable fait au monde arabe par le projet réalisé du sionisme politique centré sur la Palestine : aliénation d’un territoire arabe, cycle de conséquences conduisant à la subordination et à l’expulsion d’une partie très importante de la population palestinienne[24].

En parallèle à la montée d'un sentiment antisioniste dans les pays occidentaux, monte une hostilité à Israël sur la scène internationale. Durant les années 1950 et 1960, Israël fait d'importants efforts pour entretenir de bonnes relations avec les tous nouveaux États d'Afrique et d'Asie, et l'hostilité à Israël reste confinée au monde arabo-musulman et au bloc communiste. Cette situation change radicalement pendant les années 1970.

En URSS

L'Union Soviétique reconnait de jure Israël à sa naissance, et lui livre des armes de même que la Tchécoslovaquie qui venait de passer dans le camp communiste à la suite du coup de Prague. Le 15 mai 1948, L'ambassadeur soviétique à l'ONU, Andrei Gromyko parle des « aspirations d’une partie considérable du Peuple juif vers la Palestine », il évoque les souffrances endurées pendant la guerre « qui défient toute description » et se prononce en faveur du plan de partage.

Lors de la guerre israelo-arabe de 1948, l'URSS et ses alliés du Bloc de l'Est soutiennent Israël.

Après la création d'Israël, de nombreux Juifs soviétiques commencent à juger favorablement Israël, ce mouvement soulevant des tensions avec le pouvoir soviétique qui voit dans le sionisme une forme de déloyauté.

Lors des dernières années de pouvoir de Joseph Staline, entre fin 1948 et 1953, l'antisémitisme et l'antisionisme s'intensifient. De plus en plus, l'URSS va laisser libre-cours à une propagande antisioniste que certains considèrent comme non dénuée des traits caractéristiques de l'antisémitisme : ainsi, l'universitaire français Pierre-André Taguieff y voit une des « sources à gauche de la haine actuelle des Juifs »[25].

De 1967 aux accords d'Oslo

Le conflit de 1967 est l'un des facteurs qui modifient les rapports d'Israël à un grand nombre de nations. Le phénomène est amplifié avec le déclin du prestige américain qui suit la guerre du Viêt Nam et le poids croissant des nations productrices de pétrole. Tandis que des sentiments anti-occidentaux se développent en Afrique, l'Union soviétique, la Chine et Cuba prennent une place diplomatique plus importante.

Par la suite, les mouvements nationalistes palestiniens, les mouvements laïcs (comme le Fatah), ceux d'influence marxistes (notamment le FPLP) puis, dans les années 1990, ceux de tendances islamistes, adoptent une ligne générale anti-sioniste plus ou moins affirmée. En Égypte, ce mouvement est suivi par les Frères musulmans.

La tendance anti-sioniste se manifeste au début des années 1970 dans les organisations internationales. Ainsi, des organisations comme l'Organisation de l'unité africaine et le Mouvement des non-alignés votent des résolutions condamnant le sionisme et l'assimilant au racisme et à l'apartheid. En novembre 1975, l'Assemblée générale des Nations unies vote la résolution 3379 qui présente le sionisme comme « une forme de racisme ». La résolution est votée par 72 voix contre 35, et 32 abstentions. Les 72 voix sont celles de l'ensemble des pays arabes, de 12 autres États dont la population est majoritairement musulmane (dont la Turquie), 12 États communistes, 14 États africains non-musulmans, et 14 autres États (dont le Brésil, l'Inde, le Mexique et le Portugal).

Le cas de l'Iran

L'Iran, depuis la révolution islamique de 1979, considère l'État d'Israël comme illégitime, et le désigne par l'expression « entité sioniste ».

Avant cette date, l'Iran entretient pourtant des relations diplomatiques cordiales avec Israël depuis la création de l'État, sous la dynastie Pahlavi. L'Iran est l'une des premières nations à reconnaître Israël, et est alors considéré comme l'un de ses soutiens dans le monde musulman (avec la Turquie). Cette période de bonne entente est entrecoupée par l'élection de Mohammad Mossadegh, qui revient sur cette reconnaissance. Le régime du Shah ne reconnait pas formellement Israël, mais une délégation permanente est établie à Téhéran, qui prend le rôle d'ambassade officieuse. Les relations économiques entre les deux pays sont importantes, notamment sur le marché du pétrole. Après 1967, les relations deviennent plus tendues et l'Iran vote la résolution 3379 en 1975 de l'Assemblée générale des Nations Unies qui associe le sionisme à une forme de racisme. Les deux pays gardent cependant des formes de coopération militaire.

L'opposition à Israël en général et au sionisme en particulier vient de l'Ayatollah Khomeini qui déclare Israël « ennemi de l'islam » pendant sa campagne contre le Shah. Après la seconde phase de la révolution iranienne, l'Iran revient sur toute forme de reconnaissance de l'État hébreu et coupe toutes relations diplomatiques officielles. Des rapports attestent cependant qu'Israël continue de fournir une assistance militaire à l'Iran pendant son conflit avec l'Irak, pour un montant estimé à 2,5 milliards de dollars.

Depuis les accords d'Oslo

En 1991, la situation internationale est modifiée par l'effondrement de l'Union soviétique ainsi que par la première guerre du Golfe qui renforce l'influence américaine. Sous la pression d'Israël et des États-Unis, la résolution 4686 du 16 décembre 1991 revient sur les conclusions de la résolution 3379. L'Assemblée générale se prononce à 115 voix contre 25, 13 abstentions et 17 délégations absentes. Treize des 19 pays arabes, dont certains engagés dans des négociations avec Israël, votent contre la résolution. Six autres sont absents. Aucun pays arabe ne vote en faveur de la résolution et l'OLP dénonce le vote. Tous les ex-États communistes et la plupart des pays africains votent l'abrogation des conclusions de la résolution 3379 de 1975. Seuls trois pays non musulmans votent contre cette révision : Cuba, la Corée du Nord et le Viêt Nam. Cependant, seul un pays dont la population est majoritairement musulmane vote la révision, l'Albanie, tandis que les autres s'abstiennent ou ne sont pas présents lors du vote.

En avril 1996, l'OLP modifie sa charte qui visait un État palestinien sur l'ensemble de la Palestine. Cependant, le ralliement à la notion d'État juif chez les intellectuels et politiques palestiniens fait débat.

Aujourd'hui

Du côté arabe et musulman

Pays de la Ligue Arabe

Les voix qui s'élèvent le plus fortement contre le sionisme viennent aujourd'hui principalement de l'ensemble des partis palestiniens, et de la plupart des pays à majorité musulmane. La Jordanie, l'Égypte, la Turquie ont reconnu Israël mais pas comme pays du peuple juif. La Ligue arabe aujourd'hui s'est déclarée prête à reconnaître Israël en échange du retrait d'Israël de tous les territoires occupés en 1967 et en échange de la création d'un État palestinien viable et dont Jérusalem Est est la capitale[26],[27],[28]. Les mouvements tels que le Hamas, le Hezbollah et Al-Qaida appellent à la destruction d'Israël, n'admettant pas l'existence de l'État juif. Cependant, ces mouvements ne représentent que l'aile radicale de l'antisionisme arabe.[réf. nécessaire]

L'Iran dans la période récente

L'ayatollah Khamenei, puis le réformiste Mohammad Khatami, maintiennent ce rejet de l'existence d'Israël. Le premier désigne Israël comme une « tumeur cancéreuse qui doit être écartée de la région », et le second parle d'« État illégitime ». Mohammad Khatami insiste cependant dans le même temps pour que les Juifs se sentent « en sûreté en Iran ». Aux obsèques du pape Jean-Paul II, le président israélien Moshe Katsav, d'origine iranienne, affirme avoir pu serrer la main et discuter avec Mohammad Khatami, ce que ce dernier niera.

D'autres sources[29] indiquent que l'Iran entreprend un rapprochement avec Israël, qui inclurait une reconnaissance officielle présentée aux États-Unis. Les termes de la proposition iranienne auraient été rejetés par les États-Unis.

En 2006, les relations avec Israël se durcissent avec l'élection de Mahmoud Ahmadinejad. Remettant en cause la réalité du génocide juif, Mahmoud Ahmadinejad estime que le devoir de réparation revient aux nations occidentales et refuse que la Palestine demeure le lieu pour un État juif :

« Some European countries insist on saying that during World War II, Hitler burned millions of Jews and put them in concentration camps. Any historian, commentator or scientist who doubts that is taken to prison or gets condemned. Although we don't accept this claim, if we suppose it is true, if the Europeans are honest they should give some of their provinces in Europe—like in Germany, Austria or other countries—to the Zionists and the Zionists can establish their state in Europe. You offer part of Europe and we will support it. »

« Certains pays européens disent de manière insistante que pendant la Seconde Guerre mondiale, Hitler a brûlé des millions de juifs et les a mis dans des camps de concentration. Tout historiens, commentateur ou scientifique qui remet ceci en doute est emprisonné ou condamné. Bien que nous n'acceptons pas cette déclaration, si nous la supposons vraie, si les pays européens étaient honnêtes, ils devraient donner une partie de leur territoire en Europe - par exemple en Allemagne, en Autriche ou ailleurs - aux sionistes, et les sionistes pourraient fonder leur État en Europe. Offrez une partie de l'Europe, et nous vous soutiendrons. »

En 2006 et 2007, Mahmoud Ahmadinejad a dit, en citant Khomeiny, « que ce régime qui occupe Jérusalem doit disparaître de la page du temps. »[30] (disparition qu'il compare, par la suite, à l'écroulement de l'Union soviétique).

En Europe

Diversité de l'antisionisme

Aujourd'hui, le courant antisioniste en Europe se manifeste par des organisations telle que les Juifs européens pour une paix juste (JEPJ), l'Union juive française pour la paix, l'Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB), le réseau des Juifs contre l’occupation (Italie) et l'organisation Jews for Justice for Palestinians (Royaume-Uni) qui luttent contre le sionisme au sens de politique colonialiste aux dépens du peuple palestinien.

Il existe aussi de nombreux mouvements antisionistes non juifs, souvent communistes ou altermondialiste.

Certains mouvements d'extrême droite dissimulent leur antisémitisme derrière un antisionisme de circonstance : le Front National défendra ainsi l'Irak de Saddam Hussein selon le principe "l'ennemi de mon ennemi..."[31]. Le Parti Anti Sioniste (P.A.S.), créé en février 2009 avec à sa tête Dieudonné M'Bala M'Bala, Alain Soral, et Yahia Gouasmi, n'est par exemple pas considérée comme sérieux par les associations antisionistes traditionnelles[32],[33],[34],[35],[36].

En France

En France, l'antisionisme vs antisémitisme : une question sensible. Laurent Mucchielli, estime que l'antisémitisme sur une longue période avait diminué dans le pays. Cette information a donner lieu a la publication d'un document créé par le sociologue nommé le « retour de l’antisémitisme  : discours rituel au dîner annuel du CRIF ». Dans son analyse, le sociologue tente de démontrer en effet que le pic d’actes antisémites effectivement constaté en janvier 2009 s’explique par une raison conjoncturelle : la guerre de Gaza. Ce phénomène avait déjà été observé lors de la deuxième Intifada en 2000. Selon Mucchielli, il n’y a pas d’augmentation tendancielle de l’antisémitisme en France, 90 % des Français considérant en outre les juifs comme des Français comme les autres. Il dénonce en revanche « une incapacité [du CRIF à prendre ses distances avec l’Etat israélien, ce qui est le pendant et l’amplificateur de l’incapacité de nombreux Français maghrébins à distinguer la politique israélienne de la communauté juive en générale ». L'intégralité du texte

Selon le Conseil représentatif des institutions juives de France, via Meïr Waintrater, "Laurent Mucchielli [...] constate une recrudescence des actes antisémites depuis le début de l’année 2009. Mais il se hâte d’ajuster le tir. Ce n’est pas vraiment de l’antisémitisme, écrit-il, c’est une conséquence de la guerre de Gaza. Le jeune sociologue brandit les rapports de la Commission nationale consultative des droits de l’homme. C’est là, assène-t-il, que se trouvent les vrais chiffres. Et de nous ressortir les résultats bien connus des sondages d’opinion où la grande majorité des Français déclarent qu’ils ne sont pas antisémites(...). Mais M. Mucchielli oublie bizarrement d’autres chiffres figurant dans ces mêmes rapports. Je veux parler des statistiques relatives aux agressions racistes et antisémites. Or ces statistiques montrent une augmentation vertigineuse des agressions antijuives à partir de l’an 2000. Elles montrent aussi que les agressions racistes dont sont victimes les Juifs sont dix fois plus nombreuses, relativement à la population considérée, que celles dont sont victimes les Arabes ou les Noirs. [...] Là où M. Mucchielli pousse le bouchon vraiment trop loin, c’est quand il accuse les institutions juives de ne pas être capables de «prendre leurs distances vis-à-vis de l’État israélien», cette incapacité expliquant selon lui, sans la justifier bien sûr, la montée des actes antijuifs. (...) À vouloir trop démontrer, M. Mucchielli s’est aventuré sur un terrain dans un terrain dangereux.[37]"

En Israël

Manifestation antisioniste de juifs ultra-orthodoxes, 10 janvier 2006.

Aujourd'hui, l'antisionisme en Israël est représenté par un courant juif religieux et un courant laïque. Dans le courant laïque il y a différents mouvements comme le Hadash (parti communiste), dans la population d'origine arabe principalement, et sous d'autres formes, au sein d'une fraction de la gauche révolutionnaire israélienne comme Matzpen ou les intellectuels de l'appel Olga (notamment comme Michel Warschawski, partisan d'un État bi-national). Certains hommes politiques ou historiens tiennent des positions antisionistes en remettant en cause la pertinence de lois fondamentales établissant une préférence pour les Juifs en Israël, tel Ilan Pappé ou Meron Benvenisti.

Article détaillé : Haredim#Le_sionisme.

Un courant judaïque pieux, assez disparate, se fonde sur la Torah pour s'opposer au sionisme. Selon ses tenants, la prétention de l'État d'Israël à parler au nom de tous les juifs de la planète contrevient à l'obligation faite par la Torah d'empêcher la profanation du nom de Dieu. Par ailleurs le sionisme contreviendrait à l'obligation de préserver la vie humaine, par la rage que provoque l'État d'Israël au sein des nations qui fait encourir des dangers au peuple juif à travers le monde. Les rabbins de ce courant parlent d'État Sioniste plutôt que d'État Juif ou Hébreux. Certains rabbins modernes vont jusqu'à diaboliser le sionisme car le peuple d'Israël doit vivre en diaspora jusqu'à l'arrivée du Messie qui les sauvera[38].

Il existe un courant antisioniste parmi les juifs Haredim, dit ultraorthodoxes, avec, par exemple, le mouvement Neturei Karta. Selon leur interprétation, le Talmud (Meseches Kesuvos 111a) interdit la création d'un État pour les « fils d'Israël » tant que le messie n'est pas arrivé. Pour les mêmes raisons ils s'opposent au sécularisme du mouvement sioniste. Ils estiment également que l'État d'Israël est une cause d'injustices envers les Palestiniens, ce qui est contraire à l'enseignement de la Torah. Ils reprochent également au sionisme d'instrumentaliser l'holocauste[39] et l'antisémitisme en général[40] pour justifier ses actions.

Lors de la création d'Israël en 1948, le pacte entre les sionistes et les Haredim est que ces derniers ne participent pas au service militaire pour ne pas cautionner cette idéologie. Ce pacte perdure encore de nos jours et crée un clivage au sein de la société israélienne entre les laïcs et certains religieux.

En revanche, dans d'autres courants religieux, Daniel Lindenberg[41] estime que « le courant ultra-orthodoxe religieux qui fut antisioniste est aujourd'hui ce "judaïsme intransigeant" […] qui manifeste dans la colonisation de la Cisjordanie, un enthousiasme pionnier dont il fait remarquer qu'il a depuis longtemps déserté le camp sioniste laïque ».

La caractère juif de l'État d'Israël est contesté par les représentants politiques des Palestiniens citoyens d'Israël, comme Azmi Bishara. Ces derniers revendiquent une Constitution qui ferait d'Israël « un État de tous ses citoyens ». L'éditorialiste Avraham Tal rapporte fin 2006 que les leaders de la minorité arabe en Israël remettent de plus en plus en cause des fondements du caractère juif de l'État d'Israël, dans ce qu'il qualifie de « déclaration de guerre ».

« Some of the demands presented in the « visions » are new, such as the outrageous calls for granting veto power to the Arab minority on decisions of national import, and for separate representation at international institutions, and more in that vein. There are also calls for changing the flag and the national anthem, for a return to abandoned villages and equality in immigration rights to Israel.[42] »

« Certaines des demandes présentées dans ces « visions » sont neuves, comme les appels infamants à garantir à la minorité arabe le droit de véto sur des décisions d'importance nationale, une délégation séparée dans toutes les institutions internationales, et d'autres choses de ce genre. Il y a aussi des appels à changer le drapeau et l'hymne national, à un retour dans des villages abandonnés et à l'égalité dans les droits à l'immigration en Israël. »

Avraham Tal s'inquiète des conséquences démographiques de telles revendications, estimant qu'elles mènent à la renonciation à un foyer national juif.

Enfin, on trouve également des non-sionistes qui affirment que, même si la création d'Israël a pu être une erreur en raison du statut privilégié qu'elle accorda aux Juifs vis-à-vis des non-Juifs, le danger posé par l'antisémitisme arabe est insurmontable, et qu'un retour au statu quo ante n'est pas envisageable. Les tenants de ce point de vue plaident simplement pour un règlement pacifique du conflit actuel. C'est notamment le cas des rabbins Elazar Menachem Shach ou Avigdor Miller, qui ont écrit plusieurs ouvrages à ce sujet.

Aux États-Unis

Aujourd’hui, il n’existe plus d’opposition fondamentale des religieux orthodoxes au projet sioniste hormis quelques courants marginaux tel le courant « Neturei Karta ». Il existe en effet aux États-Unis un courant juif antisioniste[43] mais très minoritaire, représenté d'une part par des organisations juives ultra-orthodoxes qui contestent le sionisme au nom des valeurs fondamentales du judaïsme (Neturai karta, True Torah Jews, …), et d'autre part des mouvements juifs progressistes opposés à la colonisation de la Palestine.

Antisionisme international

De nombreuses parmi les plus importantes autorités éthiques du XXe siècle ont contribué au débat sur le sionisme, avec, pour certaines d'entre elle, comme le Mahatma Gandhi[44], l'expression d'une opposition au mouvement sioniste.

Sionisme et racisme

Le sionisme fut condamné le 10 novembre 1975 par l'Assemblée générale des Nations unies dans la résolution 3379[45] qui dans ses préambules proclame le sionisme une « idéologie raciste et impérialiste » et énonce dans sa conclusion que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». La conclusion de cette résolution est annulée le 10 novembre 1991 par l'Assemblée générale[46]. Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, désapprouvera publiquement la résolution de 1975 en la qualifiant de « manifestation lamentable d'antisémitisme » [8].

Lors de la conférence de Durban en 2001, plusieurs mouvements engagés dans le soutien aux Palestiniens ont attribué au sionisme un caractère raciste[47].

L'universitaire palestinien Edward Saïd, prenant personnellement des positions antisionistes par son souhait d'État unique sur l'ensemble de la Palestine géographique, puis à la fin de sa vie pour une étape de deux États côte à côte, a fortement critiqué ce qu'il juge comme une vague d'antisémitisme entrainée par l'antisionisme[48], en dénonçant les intellectuels arabes fascinés par Roger Garaudy.

Selon Yakov Rabkin, Israël contribue aussi à générer l'antisémitisme dans le monde. En effet, Israël parlant officiellement au nom du peuple juif (alors que seule la Torah devrait unir ce peuple), inclut volontairement ou non, tous les juifs du monde par leurs actions - militaires entre autres, générant ainsi un amalgame entre les juifs et les sionistes [réf. nécessaire].

Antisionisme et antisémitisme

Une certaine proximité

Certains historiens et analystes comme Anne Grynberg, Georges Bensoussan ou le professeur de sciences politiques israélien Ilan Greilsammer[49],[50] estiment que l'antisionisme n'admet pas que le seul peuple qui n'ait pas droit à une organisation politique, et une existence politique, soit le peuple juif, ce qui relève selon eux de l'antisémitisme. G. Bensoussan[51][réf. insuffisante] rappelle que loin de mettre fin à la diaspora, le mouvement national juif a au contraire contribué à la renforcer en concevant une identité juive laïcisée.

Le philosophe Vladimir Jankélévitch a estimé que l'antisionisme était une manière politiquement correcte d'être antisémite, "au nom de la démocratie" : « L'antisionisme est une incroyable aubaine, car il nous donne la permission - et même le droit, et même le devoir - d'être antisémite au nom de la démocratie ! L'antisionisme est l'antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d'être démocratiquement antisémite. Et si les juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux[52]. »

Ou encore Antoine Spire, alors membre de la direction nationale de la Ligue des droits de l'homme avant de la quitter[53] : « Aujourd'hui, l'antisionisme, même s'il ne se veut pas antisémite, vise non seulement la politique oppressive d'Israël contre les Palestiniens, mais aussi Israël et son lien avec ses soutiens en diaspora qu'on accuse sans toujours aller y voir d'inconditionnalité ; il en vient à récuser l'existence même d'un État juif. C'est là que peut se nouer le lien entre antisionisme et antisémitisme : de l'antisionisme au vœu de disparition de l'État hébreu, il n'y a qu'un fil, et de la disparition de l'État hébreu à la haine de ceux qui militent pour le droit à l'existence de l'État d'Israël, il n'y a qu'un pas »[54].

Selon le sociologue français Pierre-André Taguieff, l'accusation de racisme à l'égard du sionisme est infondée[55].

Selon le rapport Ruffin, remis au Premier ministre français, il émerge une forme d'antisémitisme par procuration que constitue l'antisionisme radical […] fortement représenté au sein d'une mouvance d’extrême gauche altermondialiste et verte[56].

En 2005, l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC), qui fait partie du Conseil de l'Europe, définit une relation entre anti-sionisme et antisémitisme. Il précise quelles sont selon lui les manières d'attaquer Israël ou le sionisme qui sont susceptibles de relever de l'antisémitisme[57].

En 2006, les chercheurs Kaplan et Small ont analysé la prévalence de l'antisémitisme dans les milieux antisionistes ("Anti-Israel sentiment predicts anti-Semitism in Europe," Journal of Conflict Resolution, Vol 50, No. 4, 548-561, August 2006). Abstract : "en se basant sur l'enquête de 500 citoyens dans chacun de 10 pays européens, les auteurs se demandent si les individus ayant des vues extrêmement anti-israéliennes ont plus de probabilité d'être antisémites", et ils contrôlent ces données "selon de nombreux facteurs perturbants potentiels". Ils ont trouvé, au cours de l'enquête sur échantillon, que "des sentiments anti-israéliens permettent de prédire de manière consistante la probabilité que l'individu soit antisémite, cette probabilité d'antisémitisme mesuré croissant en même temps que l'étendue des sentiments anti-israéliens observés." Ainsi, selon les auteurs, si l'on sélectionne les Européens qui pensent qu'Israël est un "Etat d'apartheid" et qui croient que "les forces israéliennes visent délibérément des civils Palestiniens", alors ce groupe contiendra bien plus d'antisémites que la moyenne européenne.


Le sentiment antisioniste à l'échelle internationale, de même que l'antisionisme au sein des États, suit principalement les événements du Proche-Orient. Ainsi, l'invasion américaine de l'Irak en 2003 ravive l'antisionisme dans certains pays.

En 2008, le Premier ministre belge Yves Leterme déclare à la commémoration de la Nuit de Cristal que le nouvel antisionisme cache l'antisémitisme[58].


L'universitaire britannique David Hirsh (Goldsmiths College, University of London, http://en.wikipedia.org/wiki/David_Hirsh) s'est penché sur la question de la proximité entre antisémitisme et antisionisme dans un "working paper" pour l'université de Yale intitulé Anti-Zionism and Antisemitism: Cosmopolitan Reflections (164 pages, http://www.yale.edu/yiisa/workingpaper/hirsh/David%20Hirsh%20YIISA%20Working%20Paper1.pdf). Il tire de cette étude les conclusions suivantes : "Parfois la critique d'Israël est antisémite", de même que parfois la critique d'Hillary Clinton est misogyne, et parfois la critique du Zimbabwe est raciste.

A la question : "Est-ce que la critique d'Israël est nécessairement antisémite ?", il répond : "Non, bien sûr que non, mais qui a prétendu qu'elle l'était ? Il y a très peu de portes-parole de la communauté juive ou de politiciens israéliens qui sont prêts à clamer de telles évidentes faussetés. L'affirmation que la critique d'Israël serait nécessairement antisémite fonctionne presque toujours comme un argument d'homme de paille [9]. Les difficiles discussions auxquelles les "critiques d'Israël" doivent se confronter sont que la critique d'Israël est souvent exprimée en usant d'une rhétorique ou d'images qui résonnent avec l'antisémitisme ; ou que la critique jauge souvent Israël selon des standards plus élevés que pour les autres Etats, et pour aucune bonne raison ; ou qu'elle emploie souvent une théorie du complot ; ou qu'elle utilise des analogies diabolisantes ; ou qu'elle attribue aux Juifs le rôle d'oppresseurs ; ou que la critique est faite d'une telle manière qu'elle cherche à provoquer la vaste majorité des Juifs ; ou que le mot "critique" est en réalité utilisé pour représenter des pratiques discriminatoires envers les Israéliens ou contre les Juifs [David Hirsh fait allusion au boycott universitaire proclamé alors en Grande-Bretagne]. Ces charges bien plus sérieuses et réalistes sont trop souvent balayées par l'emploi allègre de la formulation de Livingstone [10] : "depuis bien trop longtemps l'accusation d'antisémitisme a été utilisée contre quiconque est critique envers les politiques du gouvernement israélien" (Livingstone, 2006)."

Enfin, à la question : "Est-ce que l'antisionisme est une forme d'antisémitisme ?", l'auteur répond : "L'antisionisme n'est pas une forme de racisme. Mais il s'agit d'une vision du monde profondément défectueuse, superficielle et peu éclairante. Les antiracistes antisionistes se présentent eux-mêmes comme les enfants légitimes de l'opposition juive socialiste au sionisme au cours du premier tiers du vingtième siècle ; mais certains suspectent son véritable père d'être l'antisémitisme soviétique. [...] Une généalogie, une analyse historique, aideraient à trancher."

Le rejet de cette assimilation

Un certain nombre de personnalités qui se définissent comme non sionistes ou antisionistes, dont certaines sont des militants juifs, rejettent toute accusation d'antisémitisme. Ainsi, le réalisateur israélien Eyal Sivan déclare-t-il que « L’amalgame systématique entre antisionisme et antisémitisme est devenu la nouvelle arme d’intimidation des "amis d’Israël" »[59], tandis que Rony Brauman parle d'un « intolérable chantage » à l'antisémitisme[60].

Quand Edgar Morin est accusé d'antisémitisme - il sera finalement blanchi par la justice - Esther Benbassa prend sa défense, en affirmant qu'avec ce type de procès, Hannah Arendt elle-même serait, sur les bases de cette assimilation, « condamnée [...] pour diffamation raciale après la publication de son Eichmann à Jérusalem »[61]. Elle fait allusion au fait qu'Hannah Arendt osait comparer la législation israélienne sur les mariages aux lois de Nuremberg[62].

Article détaillé : Affaire Morin (France).

Le 13 mai 2006, un colloque organisé par le MRAP a lieu à Paris, sous l'intitulé "Sur l'antisémitisme et l'antisionisme" qui réunit les journalistes Denis Sieffert et René Monzat, l’écrivain Pascal Boniface, Pascal Lederer (animateur d’Une autre voix juive) et Pierre Stambul (vice-président de l’UJFP). Les participants au colloque essayent de définir antisémitisme et antisionisme, deux phénomènes très différents, selon eux.

Aspects judiciaires

Le justice française distingue ce qui relève d'une critique permise du sionisme même si elle est outrancière[63] de ce qui relève de l'antisémitisme (interdit par la loi française).

Dominique Vidal[64], évoque assez largement les affaires qui ont opposé la LICRA (représentée par Me Goldnadel) à Daniel Mermet, à Témoignage Chrétien, à un candidat de la LCR de Chambéry[65]. Toutes ces affaires, qui visaient l'expression d'un antisionisme, ont abouti un échec, ce qui montre que l'assimilation de l'antisionisme à un racisme, selon les termes de la loi du 1er juillet 1972, n'est pas prise en compte par la justice française. Arno Klarsfeld, lui, a été condamné pour avoir qualifié le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) d'antisémite[66].

Notes et références

  1. G. Bensoussan, Histoire intellectuelle et politique du sionisme, 1860-1940, 2002 ; Alain Michel, op. cit. in bibliographie p. 60-86)
  2. « There have long been efforts to identify anti-Semitism and anti-Zionism in an effort to exploit anti-racist sentiment for political ends; "one of the chief tasks of any dialogue with the Gentile world is to prove that the distinction between anti-Semitism and anti-Zionism is not a distinction at all," Israeli diplomat Abba Eban argued, in a typical expression of this intellectually and morally disreputable position. But that no longer suffices. It is now necessary to identify criticism of Israeli policies as anti-Semitism – or in the case of Jews, as "self-hatred," so that all possible cases are covered. » analyse l'intellectuel américain Noam Chomsky dans son livre Necessary Illusions. Thought Control in Democratic Societies, South End Press, 1999, appendix V.
  3. « L'invention d'une nation. Israël et la modernité politique ». Gallimard. 1993
  4. Cette hostilité est décrite par les auteurs et historiens comme de l'antisionisme (Léon Poliakov, Yakov Rabkin, Joseph Agassi, Joseph Hodera, Yosef Salmon, les mouvements juifs antisionistes par autoqualification), comme une opposition juive au sionisme (Henry Laurens, Elie Barnavi, Walter Laqueur [histoire du sionisme, Tome II, chap. 8], Alain Michel, Alain Dieckhoff, Anne Grynberg, Ilan Greilsammer, Georges-Elia Sarfati, Tom Seguev), ou encore comme une critique du sionisme.
  5. (en)Take a walking tour through Jerusalem's Mea Shearim quarter
  6. Il ne faut pas en conclure que la totalité de la communauté juive religieuse en Palestine est opposée au sionisme comme l'illustre cet épisode de la guerre d'indépendance : le besoin en armes était si pressant que le Grand Rabbin de Jérusalem, la plus haute autorité religieuse en Palestine, accorda une dérogation aux ouvriers fabriquant les pièces d'artillerie dans les ateliers clandestins pour qu'ils puissent travailler le jour du Shabbat dans, Lapierre et Collins, Ô Jérusalem, p. 225-226)
  7. cf. Yakov M. Rabkin, Au nom de la Torah : une histoire de l'opposition juive au sionisme, éd. Presses Université Laval, 2004, extraits en ligne
  8. Maurice Kriegel, Orthodoxie, dans Les Juifs et le XXe siècle, p. 159
  9. Ruth Blau, Les gardiens de la cité : histoire d'une guerre sainte, p. 192.
  10. Yakov Rabkin, Au nom de la Torah, une histoire de l'opposition juive au sionisme, p. 154.
  11. Yakov Rabkin, Au nom de la Torah, une histoire de l'opposition juive au sionisme, p. 156.
  12. Jéhuda Reinharz, Zionism and Orthodoxy: A Marriage of Convenience, dans Zionism and Religion, p. 135.
  13. Voir Memorandum to King Hussein, The Jewish guardian, no 3 (novembre 1974).
  14. [réf : Anne Grynberg. Vers la terre d'Israël, p. 76-78]
  15. Ilan Greilsammer, Le sionisme, Presses Universitaires de France, Que sais-je ? n° 1801, 2005, p. 58-60.
  16. Antisémitisme, par Michel Warschawski, sur le site de la Ligue des Droits de l'Homme de Toulon : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article179
  17. voir, par exemple, Nathan Weinstock, Le pain de misère, Histoire du mouvement ouvrier juif en Europe, 2 tomes, La Découverte, 2002, ou Alain Brossat et Syvia Klinberg, Le Yiddishland révolutionnaire, Syllepse, 2009, ISBN 9782849502174, ou encore Ilan Greilsammer, Le sionisme, Presses Universitaires de France, Que sais-je ? n° 1801, 2005, p. 60-62.
  18. voir aussi le film de Nat Lilenstein, Les révolutionnaires du Yiddishland, produit par Michel Rotman, Antenne 2, 1983
  19. a  et b Nicault C., « L’Alliance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : ruptures et continuités idéologiques », Archives juives 2001/1, N° 34, p. 23-53. [lire en ligne]
  20. Ilan Pappé, La Guerre de 1948
  21. (en)Anti-Zionism Among Jews
  22. http://www.ecn.org/nopasaran/mai01/bund.html
  23. Georges Bensoussan : "Négationnisme et antisionnisme: récurrences et convergences des discours du rejet" Ressources documentaires sur le génocide nazi / Documentary Resources on the Nazi Genocide © Michel Fingerhut, auteurs et éditeurs, 1996-2000
  24. Article complet
  25. [1]
  26. http://www.france-palestine.org/article6012.html
  27. http://www.debriefing.org/16983.html
  28. http://www.lapaixmaintenant.org/article1503
  29. Voir « Iran offered to make peace with Israel » par Gareth Porter. Asia Times, mai 2006 [2]
  30. http://www.ism-france.org/news/article.php?id=7558&type=analyse
  31. Olivier Guland, Le Pen, Mégret et les Juifs, L'obsession du "complot mondialiste", La Découverte - Enquêtes, 2000. chapitre 9 : Le FN et l'Irak. ISBN : 2-7071-3061-3
  32. « Dieudonné rejeté par le mouvement de solidarité avec la Palestine » par [Alain Gresh] (monde Diplomatique)
  33. Critique du PAS par l'UJFP
  34. Distanciation entre Dieudonné et EuroPalestine
  35. Critique du PAS par l'AFPS
  36. Le PAS n'a pas le soutien du Hamas comme il le prétendait
  37. " L'intégralité du texte
  38. Yakov M. Rabkin, Au nom de la Torah : une histoire de l'opposition juive au sionisme, éd. Presses Université Laval, 2004, p. XVI, extraits en ligne
  39. (en)"Spiritually and Physically Responsible" - "Israel versus Judaism Holocaust Victims Accuse"
  40. (en)The Torah true jews have no part in the affair against the Swiss
  41. Destins marranes, Hachette Littératures, coll. Pluriel, 1997.
  42. (en)This means war - Haaretz - Israel News
  43. Listes de sites juifs antisionsites
  44. Gandhi, The Jews And Palestine ([3]), recueilli par E. S. Reddy. Une collection d'articles, de discours, de lettres et d'entretiens expliquant l'opposition de Gandhi au sionisme.
  45. [pdf]
  46. Rés. 46/86 [pdf]
  47. [4] et [Le Point no 1620 du 3 octobre 2003 - Finkielkraut « Tous les pays du monde se réunissent pour discuter du racisme et trouvent un double bouc émissaire, Israël et l'Occident. Des pays esclavagistes en toute impunité dénoncent la traite des noirs, ou le racisme aux États-Unis. Le Soudan, la Libye, Cuba stigmatisent Israël, régime d'apartheid ».]
  48. Israël-Palestine, une troisième voie, par Edward W. Saïd (Le Monde diplomatique)
  49. Anne Grynberg, p. 40, Alain Michel, p. 160 sq., Georges Bensoussan, « le sionisme face à ses détracteurs » p. 19-20
  50. Greilsammer: La pente savonneuse…
  51. op. cit., p. 23
  52. Cité in Léon Poliakov, Histoire de l'antisémitisme 1945-1993, Seuil, 1994, page 405.
  53. La position d'Antoine Spire ne représente pas celle de la Ligue des Droits de l'Homme qui est à l'origine d'appels vivement hostiles à la politique de l'Etat d'Israël comme "Trop, c'est trop", lancé par Madeleine Rebérioux et Pierre Vidal-Naquet. Antoine Spire quitte la LDH en 2006.
  54. [LDH-Toulon] antisémitisme / antisionisme
  55. Site en travaux
  56. [5], Chantier sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, rapport présenté par Jean-Christophe Rufin, remis à monsieur le ministre de l'Intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales le 19 octobre 2004, suite à une lettre de mission en date du 29 juin 2004.
  57. [pdf]
  58. [6]
  59. La dangereuse confusion des juifs de France, Le Monde du 8 décembre 2001.
  60. Dans le titre d'un ouvrage collectif Antisémitisme : l'intolérable chantage, Israël-Palestine, une affaire française ?, aux éditions La Découverte.
  61. Article du Monde diplomatique, octobre 2005 : [7].
  62. Martine Leibovici, Hannah Arendt, une Juive: expérience, politique et histoire, p. 11.
  63. par exemple lors de poursuite contre l'humoriste Dieudonné qui avait représenté un extrémiste juif faisant un salut nazi, le tribunal a considéré que « Le personnage incarné par le prévenu ne représente pas les personnes de confessions juives dans leur ensemble, mais une certaine catégorie de personnes, uniquement dans l'expression de leurs idées politiques »
  64. Dans Le mal-être juif, Entre repli, assimilation et manipulations, chapitre "Au nom de l'antisémitisme".
  65. Sébastien Jolivet, militant antiraciste notoire, poursuivi pour avoir apposé dans la ville des affiches « Sharon Assassin ! Un État pour les Palestiniens ». Il était ainsi accusé d’avoir, avec les affiches en question, « incité à la haine et à la violence envers le peuple israélien », à l'initiative du parquet de Chambéry, rejoint ensuite par la LICRA.
    Au cours du procès, les avocats de la défense Florence Girard-Madoux et Antoine Comte, s'en prennent à la LICRA : « La LICRA a été gagnée par un nouveau cancer, celui de l’obsession du complot et du délire des amalgames ».
  66. Libération, 17 mai 2002.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Histoire du sionisme et de l'antisionisme

  • Dan Horowitz et Moshe Lissak : « Origins of the israeli polity. Palestine under the Mandate ». Chicagoo-London. University of Chicago press. 1978.
  • Edward Said, Zionism from the Standpoint of its Victims, in The Question of Palestine, (1979)
  • Shohat E., Sephardim in Israel : Zionism from the Standpoint of its Jewish Victims, Social text (ISSN 01642472), 1988
  • Ilan Greilsammer : Israël, les hommes en noir, Presses de la Fondation nationale des Sciences Politiques, 1991
  • Walter Laqueur : Histoire du sionisme. (II tomes), Coll. Tel, Gallimard, 1994, .
  • Alain Dieckhoff : L'Invention d'une nation. Israël et la modernité politique. Gallimard. 1993
  • Elie Barnavi : Une histoire moderne d'Israël, Flammarion, 1998
  • Anne Grynberg : Vers la terre d'Israël, Gallimard découverte, coll. histoire. 1998
  • Henry Laurens : La Question de Palestine. Fayard 2002
  • Georges Bensoussan : Une histoire intellectuelle et politique du sionisme. 1860-1940. Fayard 2002
  • Tom Segev : C'était la Palestine au temps des coquelicots. Liana Levi, 2000.
  • Alain Michel : Racines d'Israël, éd. Autrement, 2003.
  • Yakov M. Rabkin. Au nom de la Torah : une histoire de l'opposition juive au sionisme. Québec, Presses de l'Université Laval, 2004.
  • Martine Leibovici, Hannah Arendt, une Juive: expérience, politique et histoire

Critiques de l'antisionisme

  • Georges Bensoussan : Une histoire intellectuelle et politique du sionisme. 1860-1940., Fayard 2002
  • Alain Finkielkraut, La Réprobation d'Israël, Paris, Denoël/Gonthier, 1983, 181 p.
  • Paul Giniewski, Antisionisme : le nouvel antisémitisme, Paris, Cheminements, 2005, 318 p. 
  • Joël Kotek et Dan Kotek, Au nom de l'antisionisme. L'image des Juifs et d'Israël dans la caricature depuis la seconde Intifada, Paris, Éditions Complexe, 2003, 166 p.  (nombreuses illustrations issus de sites et de journaux arabo-musulmans)
  • Armand Laferrère, « Est-il permis de soutenir Israël ? », Commentaire, no 104, Hiver 2003-2004, p. 933-940
  • Éric Marty, Bref Séjour à Jérusalem, Paris, Gallimard, 2003, 265 p. 
  • Georges-Elia Sarfati, L'Antisionisme. Israël/Palestine aux miroirs d'Occident, Paris, Berg International, 2002, 126 p. 
  • Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Judéophobie, éd. Mille et une nuits, 2002
  • Pierre-André Taguieff, Prêcheurs de haine, Traversée de la judéophobie planétaire, éd. Mille et une nuits, 2004
  • Sous la direction de Shmuel Trigano, Le Sionisme face à ses détracteurs, Paris, éditions Raphaël, 2003, 169 p.  (avec notamment des contributions de Frédéric Encel, Alain Finkielkraut, Paul Giniewski, Daniel Sibony)

Liens externes

Prises de position antisionistes

Critiques de l'antisionisme

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