Antisionisme

L'antisionisme (ou anti-sionisme) désigne de manière globale l'opposition au sionisme.

Dans un contexte historique, l'antisionisme désigne l'opposition politique au mouvement sioniste et à l'établissement d'un « foyer national juif » en Palestine. Il apparaît dès les premières immigrations juives dans la région à la fin du XIXe siècle[1] et se marque particulièrement à l'époque du Mandat britannique entre 1920 et 1948 avant la création de l'État d'Israël.

A l'époque, le sentiment est présent principalement au sein des populations et gouvernements arabes, particulièrement en Palestine ; au sein de certaines communautés juives religieuses qui voient d'un mauvais oeil le sionisme socialiste ; au sein des communautés juives qui prônent l'assimilation pour lutter contre l'antisémitisme ; et parmi l'administration britannique, particulièrement après la Grande Révolte arabe de 1936-1939. Il est fortement atténué après la Shoah en Occident où le sionisme attire la sympathie mais pas dans le monde arabe où l'opposition au sionisme et au Plan de partage de la Palestine culmine avec la Guerre de 1948.

Par la suite, avec la naissance d'Israël, aboutissement du sionisme, mais aussi dans le contexte des conflits israélo-arabes et israélo-palestinien aux conséquences politiques et humaines importantes, le terme devient ambigu et fait référence à des idées ou des concepts différents. Il porte également une charge émotive importante de par les enjeux humains qu'il touche et de par des sentiments antisémites et islamophobes qui se greffent aux débats sur le sujet.

L'antisionisme contemporain peut faire référence à un ou plusieurs des concepts suivants :

  • une opposition idéologique de principe à Israël ou à la politique israélienne de manière générale, selon le point de vue controversé qu'Israël serait responsable de la situation et des conflits au Moyen-Orient. Ce sentiment est apparu en particulier dans le contexte de la guerre froide dont le Moyen-Orient a été un théâtre de confrontation et suite aux nombreuses condamnations dont Israël a fait l'objet;
  • l'opposition à la politique de colonisation des territoires palestiniens occupés selon le point de vue controversé qu'Israël et certains groupements se revendiquant du sionisme y appliqueraient une politique expansionniste dans la perpétuation du projet sioniste. Certains de ceux qui s'opposent à la colonisation rejettent cependant le qualificatif d'antisionisme, car ils ne s'opposent qu'à cet aspect qui à lui seul n'est pas antinomique au sionisme;
  • la condamnation de la situation des Arabes israéliens et des Palestiniens pour lesquels certains estiment, à tort ou à raison, qu'ils subissent des discriminations, parfois jugées proche de l'apartheid (en) (en), voire qu'on perpètre à leur encontre des crimes de guerres et ce, parce que le projet sioniste serait par essence raciste;
  • nonobstant la situation des populations non juives, l'opposition au caractère juif voulu par le sionisme de l'État d'Israël selon le point de vue controversé que ce principe, qui est à la base du sionisme, ne serait pas laïque et démocratique, mais religieux ou racial;
  • dans le monde musulman, l'opposition à l'occupation de Jérusalem et d'autres lieux saints de l'Islam par Israël ou par des juifs;
  • l'opposition à l'existence d'Israël en tant qu'État, ce qui est le but principal du sionisme, selon le point de vue controversé que seul un État binational recouvrant toute l'ancienne Palestine historique serait légitime ou pourrait apporter des solutions au conflit israélo-palestinien, ce qui est contraire au fondement même du sionisme;
  • l'opposition au droit à l'existence même d'Israël ou d'un État juif, souvent dénommé entité sioniste dans ce contexte et selon le point de vue controversé que le sionisme ne serait en rien légitime et qu'il aurait spolié les Arabes palestiniens de leur pays, en allant parfois jusqu'à réclamer l'anéantissement militaire d'Israël.

L'antisionisme contemporain est présent principalement dans le monde arabo-musulman où s'expriment ses formes les plus extrêmes. Pendant la guerre froide, il s'est développé dans les pays du bloc de l'Est et du tiers-monde, alliés traditionnels des pays arabes. Après la guerre de 1967 et les conquêtes territoriales israéliennes et en parallèle avec la médiatisation du problème palestinien, le sentiment s'est développé en Occident. Certains groupes juifs orthodoxes comme les Naturei Karta, prônent des idées antisionistes radicales. Certaines idées antisionistes se sont également exprimées en Israël à partir de 1982 et l'intervention militaire et l'occupation du Liban, une guerre jugée inutile par la population, ainsi que suite au choc créé par le massacre de Sabra et Chatila. La première Intifada et le processus de paix israélo-palestinien ont encore amplifié le processus avec l'apparition de l'idéologie postsioniste qui prône certaines idées antisionistes sans toujours rejeter le sionisme. Toutefois, l'échec des négociations, les attentats-suicides et la seconde Intifada ont renforcé le camp national et rendu les idées antisionistes marginales en Israël. Les attentats du 11 septembre 2001 ont également fait reculer les idées antisionistes en Occident en attirant la sympathie pour Israël considéré en première ligne dans la lutte contre l'idéologie islamiste mise en pratique par le Hamas et le Hezbollah, tous deux radicalement antisionistes. L'antisionisme est parfois considéré comme une forme voilée d'antisémitisme mais cette accusation est elle-même parfois dénoncée comme une manipulation visant à empêcher toute critique d'Israël.

Sommaire

Histoire

Avant la création de l'État d'Israël

Opposition juive au sionisme due à la tradition religieuse

À la fin du XIXe siècle et au tout début du XXe siècle, une majorité des juifs n'adhère pas au sionisme, voire lui est hostile[2]. L'opposition au sionisme est alors plus importante à Jérusalem que dans le reste de la terre d'Israël, notamment dans le quartier de Méa Shéarim, quartier historique des religieux traditionalistes, les haredim de la ville sainte[3].

En effet, les rabbins orthodoxes étaient hostiles au sionisme, d'une hostilité théologique : notamment parce qu'ils pensaient que si Dieu avait décidé de la dispersion du peuple juif, il ne fallait pas aller à l'encontre de cette tournure qu'avait prise l'histoire et depuis, la religion prescrivait uniquement l'attente du Messie[4].

Les nouvelles institutions juives sont alors mal perçues par les Juifs autochtones très pieux de Palestine, qui, rapporte Maurice Kriegel[5], appellent « à rompre toute relation, au prix même de déchirement des liens familiaux, avec quiconque appartient à la collectivité juive régie par les nouvelles institutions sionistes ».

L'antisionisme juif[réf. nécessaire] relève principalement de raisons religieuses : le caractère laïc, politique, moderne, du sionisme n'est pas partagé par les Juifs les plus religieux au sein de la population juive autochtone, qui conçoit Israël comme la « Terre Sainte » à l'instar des chrétiens pour Jérusalem et alentours, nommés la « Terre sainte »[réf. nécessaire]. Les contacts des Juifs religieux avec la première comme la deuxième vague d'immigration sont quasi inexistants. Le Yishouv historique parle alors de « lutte contre le sionisme lorsque celui-ci grandit jusqu'à envahir la Terre sainte »[6].

Les critiques sont parfois très violentes vis-à-vis du sionisme, accusé de « détourner les Juifs du judaïsme et de corrompre leur âme »[7].

Les tentatives des représentants de l'immigration sioniste, dont Haïm Weizmann, de représenter l'ensemble des Juifs de Palestine amènent alors des tensions. Les autorités rabbiniques des Juifs autochtones sont divisées sur les fonds apportés par l'Organisation sioniste mondiale aux yeshivoth. En 1921, une assemblée crée une structure rabbinique destinée à unifier celles résultant de la présence ottomane, sous la forme de deux postes de grands rabbins, un ashkénaze et un sépharade. Mais les tensions renaissent alors avec la nomination du premier grand rabbin ashkénaze, le rabbin Abraham Isaac Kook, plutôt favorable aux institutions sionistes. Le mouvement orthodoxe fondé en 1912, l'Agoudath Israel, refuse alors d'entretenir des rapports avec le Conseil national juif organisé par les représentants sionistes[8]. Selon l'Agoudath Israel, menée notamment par le rabbin Sonnenfeld, les Juifs pieux ne peuvent pas collaborer avec le Conseil qui aurait émis « une proclamation solennelle qui dépose Dieu et la Torah comme souverains de la nation juive »[9].

En février 1924, le rabbin Sonnenfeld soumet un mémorandum au roi Hussein, pour avoir les garanties que les Juifs orthodoxes autochtones seront légitimement consultés sur l'avenir de la Palestine. Des garanties de coexistence pacifique sont alors apportées dans le texte : « Nous assurons Sa Majesté que la population juive se rapporte à ses voisins avec une harmonie fraternelle partout où elle existe, et en Terre sainte également nous allons nous conformer à cette tradition et collaborer dans le futur avec tous les habitants dans la construction et la prospérité de la terre pour une bénédiction et une paix pour tous les groupes ethniques[10]. »

Cependant, à partir des années 1930, les difficultés à trouver une terre d'accueil, pour les Juifs d'Europe persécutés et contraints à l'exil, les amènent à revoir leur position critique vis-à-vis du sionisme et du projet d'édification de l'État juif. Ils entament alors des pourparlers avec les partis sionistes pour organiser l'immigration. Ainsi Isaac Breuer, l'un des principaux dirigeants du parti religieux Agoudah, jusqu'alors adversaire du projet sioniste, crée-t-il le mouvement Poalei Agoudat Israël, dont la plupart des membres part pour la Palestine. Mais certains refusent de partager le projet sioniste, politique, et créent un groupe à part, le Edah Aredit, littéralement les « Craignants Dieu » dont le centre est à Jérusalem[11].

À partir des années 1930, conséquence des persécutions des juifs en Europe, les mouvements orthodoxes se rallient aux thèses sionistes, même si, ça n’est pas le cas des ultras orthodoxes (haredim) : le mouvement orthodoxe Agoudath Israel connaît une scission en 1938, dont se détache la minorité antisioniste des haredim[12].

Opposition juive au sionisme d'origine politique

Selon le militant antisioniste d'extrême gauche Michel Warschawski, « L’antisionisme a toujours été perçu comme une position politique parmi d’autres, qui plus est, hégémonique dans le monde juif pendant près d’un demi siècle »[13].

Toutefois l'opposition au sionisme pour des raisons politiques chez les juifs n'a pas le même sens ni les mêmes raisons que l'antisionisme venu d'autres sources. Cette opposition chez les Juifs provient d'une partie des milieux socialistes et communistes.

Parmi les organisations social-démocrates, socialistes et communistes du Yiddishland, beaucoup, comme le Bund (Union générale des travailleurs juifs), le Parti social-démocrate juif de Galicie, le Folksgrupe de Russie n'étaient pas sionistes, voire s'opposaient politiquement au sionisme[14],[15]. En Pologne, le Folkspartei (en yiddish: Yidishe folkspartay), tout en souhaitant une autonomie nationale et culturelle des Juifs, ne l'envisageait pas comme impliquant le déracinement d'un départ vers la Palestine. L'Alliance israélite universelle, organisation française, républicaine et patriote, est connue avant-guerre pour son antisionisme, positions qu'elle nuance après 1945 [16].

Antisionisme arabe

Manifestation antisioniste à Jérusalem, Porte de Damas, 8 mars 1920.

Il apparaît dès la fin du XIXe siècle dans la région de la Palestine, avec le développement de l'immigration juive. L'antisionisme est bien présent dans toutes les actions de résistance arabe aux Anglais, qui furent organisées par le grand Mufti de Jérusalem dès les années 1920, et qui sont également des actions de résistance au sionisme. Depuis les accords Sykes-Picot en effet, qui ont été signés entre la France et la Grande-Bretagne en 1920, et qui mettent fin au projet d'une grande Syrie incluant la province de Palestine, le grand mufti al-Husseini devient le principal chef du courant antisioniste dont il est l'initiateur. C'est lui qui durant toutes les années suivantes, et en particulier celles de la guerre, fera tout pour empêcher l'installation des juifs en Palestine, quand ceux-ci essayent de fuir le nazisme. L'antisionisme éclate encore plus ouvertement lors de la grande révolte de Palestine de 1936, qui fut suscitée et organisée par le Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, donnant à l'antisionisme des aspects religieux. En 1936, il s'agit d'une révolte contre les Anglais à l'époque où ils gouvernent la Palestine, depuis la fin de l'Empire Ottoman, dans la mesure où les Anglais, avec la Déclaration Balfour ont permis l'immigration juive. Révolte contre les Anglais, par conséquent, qui a caractère ouvertement antisioniste, car il s'agit d'empêcher la création d'un État juif.

À l'opposé des leaders arabes, le roi Abdallah de Jordanie, voit cependant positivement le projet sioniste et envisage même l'intégration de la communauté juive dans un État arabe sous son contrôle[17].

Antisionisme palestinien

Lors des débuts du mouvement sioniste en Palestine à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, certains mouvements et représentants arabes envisagent une alliance avec le mouvement sioniste.

Par exemple Fayçal ibn Hussein, le fils de Hussein ibn Ali, chérif de la Mecque, qui avait aidé la révolte arabe contre les Ottomans, signe un accord avec Chaim Weizmann lors de la conférence de paix à Paris en 1919. L'accord, soulignant les liens unissant les peuples juif et arabe, soutient leur plus étroite collaboration dans le développement des États arabes et de la Palestine. L'accord appuie également la déclaration Balfour et veut encourager l'émigration des Juifs vers la Palestine sur une large échelle, leur permettant d'établir des colonies et leur offrant des moyens pour cultiver la terre.

Pour un certain nombre de raisons, l'accord ne se réalise pas. D'une part, Fayçal avait mis pour condition à son soutien à la déclaration Balfour la réalisation des promesses britanniques sur l'indépendance des nations arabes, promesses qui ne furent pas tenues. De plus, il n'a que de faibles soutiens sur cette position. Les dirigeants arabes palestiniens, parmi lesquels le Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, rejettent cet accord fait en leur nom. La population arabe de Palestine rejette également tout ce qui séparerait la Palestine du monde arabo-musulman. Tandis qu'une minorité juive existe dans la région depuis plusieurs siècles, les arabes palestiniens sont fortement opposés à l'établissement en Palestine d'un État juif créé par l'immigration, et de fait à toute immigration qui remettrait en cause la majorité arabe en Palestine. Ainsi, l'immigration juive sur une petite échelle, telle la première aliyah des années 1880, est acceptée et est vue favorablement pour des raisons économiques, mais les mouvements d'immigration à plus grande échelle ont été dénoncés et combattus.

Une fois que la déclaration Balfour de 1917 pose clairement le projet de foyer national juif en Palestine plus qu'un simple encouragement à l'immigration juive, l'opposition arabe se renforce. Des affrontements se déroulent dans les années 1920 (émeutes de 1920 et de 1929) et 1930 (activités de Izz al-Din al-Qassam, mouvement al-Qaff al-Aswad ou encore la Grande Révolte arabe de 1936-1939).

En Europe

À l'origine, le sionisme, mouvement politique laïc, ne fait pas l'unanimité chez les Juifs, car il rencontre une opposition forte de la part d'une partie des Juifs religieux. L'antisionisme religieux ne concerne néanmoins pas tout le judaïsme : une partie des religieux sont également sionistes[18].

Pendant le mandat britannique en Palestine, certains milieux britanniques restent hostiles au projet sioniste, en particulier par crainte d'une opposition croissante du nationalisme arabe à la Grande-Bretagne. Après la « grande révolte arabe » en Palestine (fin 1935-1939), ce courant devient majoritaire au sein du cabinet britannique. Il mènera à l'adoption du Livre Blanc de 1939. Celui-ci prévoit un État unitaire judéo-arabe en 1949. Il prévoit aussi une forte limitation de l'immigration juive. L'État qui doit être créé en 1949 sera donc à majorité arabe.

Avant la montée du fascisme en Europe dans les années 1930 et la Seconde Guerre mondiale qui voit le triomphe du nazisme et sa politique raciale, une majorité des Juifs n'adhère pas à l'idée d'un État juif. En effet, les Juifs d'Europe, avant le nazisme, se répartissent approximativement en quatre catégories :

  • les communistes et socialistes [on dit encore à l'époque sociaux-démocrates dans nombre de pays] qui attendent le dépassement du problème des persécutions envers les Juifs de la réalisation d'une égalité entre tous les peuples par le dépassement des nations réalisé par l'internationalisme communiste ou le socialisme à venir. Mouvement politique qui en Pologne fonde le Bund où se retrouvent principalement les socialistes avec aussi des communistes[19]. Ce sont aussi les Juifs qui dans les autres pays européens rejoignent les rangs des divers partis communistes.
  • les Juifs libéraux, qui croient à une viabilité de la solution politique au sein des nations démocratiques, soit l'assimilation du fait de la citoyenneté accordée aux Juifs, qui serait susceptible de mettre fin à l'antisémitisme historique. On peut compter parmi eux l'Alliance israélite universelle, groupe à l'origine français, républicain et patriote, connu avant-guerre pour son « antisionisme farouche » (Nicault, 2001 [16]).
  • les Juifs religieux qui attendent la rédemption et le salut avec la venue du Messie à la fin des temps, qui sont représentés par le judaïsme traditionnel : la réunion de tous les peuples à Jérusalem telle qu'annoncée avec la paix messianique. Une partie parmi les plus orthodoxes ne sont pas sionistes, voire antisionistes tels les Neturei Karta, cependant que beaucoup d'autres Juifs religieux, à la suite du rabbin Abraham Isaac Kook sont sionistes, du fait du lien historique des Juifs à la terre d'Israël (que décrivent les historiens : Walter Laqueur, Georges Bensoussan, Elie Barnavi, A. Gruynberg, etc.).
  • les sionistes proprement dit, dont le pôle majoritaire est socialiste[réf. nécessaire]

Antisionisme chrétien

Les années 1880 voient une recrudescence de l'antisémitisme en Europe. En France, le krach de l'Union générale (banque catholique) en 1882 entraîne une série d'accusations sur le thème du « complot juif mondial ». Ce mythe se développe dans des écrits comme La France juive (1886) et prend forme à l'occasion de l'affaire Dreyfus, qui se déroule à partir de 1894. En même temps, le premier congrès sioniste se réunit à Bâle en 1897. Parallèlement, un pamphlet antisémite écrit par un prêtre russo-lituanien, Justin Bonaventure Pranaitis, a été publié en 1892. Rédigé en latin puis traduit dans différentes langues, cet ouvrage de propagande intitulé Le Talmud démasqué est un faux. Il a une audience considérable.

Georges Bensoussan rapporte[20] que la première forme d'antisionisme est contemporaine de la naissance du sionisme et du premier Congrès sioniste organisé par Theodor Herzl :

« Les Jésuites, les premiers, lancent [le] thème [du complot sioniste] en février 1898 dans leur organe la Civiltà Cattolica. Du "complot juif", les Jésuites passent vite au « complot sioniste mondial », et ouvrent, ce faisant, la voie à la carrière fabuleuse d'un faux dont ils ne sont pourtant pas les auteurs. »

Les Protocoles des Sages de Sion paraissent cinq ans plus tard, en 1903. Comme pour Le Talmud démasqué, il s'agit d'un faux. Ce texte a été composé par l'Okhrana, la police secrète du tsar. Ensuite la « conspiration » sioniste sera assimilée à une révolution juive, identifiée à la révolution bolchevique, dans le cadre de la propagande anticommuniste qui use à la fois des Protocoles et recourt à la vision conspirationniste de l'histoire.

Antisionisme soviétique

À partir de la fin des années 1920, le sionisme est comparé en Union soviétique à un « nationalisme bourgeois » et en faire l'éloge parmi les Juifs est interdit. Cependant après la IIe guerre mondiale l'URSS fut d'abord favorable au sionisme et vota pour la création de l'Etat d'Israël à l'ONU. Puis, durant les années de pouvoir de Joseph Staline, de 1927 à 1953, les Juifs sont fréquemment dénoncés comme sionistes, souvent à tort.

De la guerre de 1948 à celle de 1967

Dans les pays arabes

Une partie des pays arabes présente toujours une hostilité au maintien de l'État d'Israël.

L'antisionisme plus contemporain dans le monde arabe possède différents fondements idéologiques : le nationalisme local, le pan-arabisme, l'islamisme, le socialisme, ou encore l'anti-colonialisme. Les principales objections au sionisme, communes aux différents antisionismes arabes sont que la terre palestinienne leur fut prise de façon illégale par l'Empire britannique (par l'intermédiaire de la déclaration Balfour) et en conséquence par Israël, d'abord en 1948 puis en 1967, processus qui s'est prolongé par l'occupation de la bande de Gaza et de la Cisjordanie.

Dans les pays occidentaux

Durant les années 1950 et 1960, Israël fait d'importants efforts pour entretenir de bonnes relations avec les tout nouveaux États d'Afrique et d'Asie, et l'hostilité à Israël reste confinée au monde arabo-musulman et au bloc communiste. Cette situation change radicalement après la guerre des Six Jours (1967).

En 1972, l'historien et arabisant Maxime Rodinson rédige l’article « Sionisme » pour l’Encyclopaedia universalis et conclut :

Le sionisme est un cas très particulier de nationalisme. Si une critique de type purement nationaliste est désarmée devant lui, par contre une critique universaliste est intellectuellement plus fondée. Par définition, elle ne peut se borner à mettre en balance les avantages et les inconvénients du sionisme pour les Juifs. Elle soulignerait surtout, en dehors des conséquences générales de la définition nationaliste de l’ensemble juif, le tort considérable fait au monde arabe par le projet réalisé du sionisme politique centré sur la Palestine : aliénation d’un territoire arabe, cycle de conséquences conduisant à la subordination et à l’expulsion d’une partie très importante de la population palestinienne[21].

En URSS

L'Union des républiques socialistes soviétiques reconnait de jure Israël à sa naissance, et lui livre des armes de même que la Tchécoslovaquie qui venait de passer dans le camp communiste à la suite du coup de Prague. Le 15 mai 1948, L'ambassadeur soviétique à l'ONU, Andrei Gromyko parle des « aspirations d’une partie considérable du Peuple juif vers la Palestine », il évoque les souffrances endurées pendant la guerre « qui défient toute description » et se prononce en faveur du plan de partage.

Lors de la guerre israelo-arabe de 1948, l'URSS et ses alliés du Bloc de l'Est soutiennent Israël.

Après la création d'Israël, de nombreux Juifs soviétiques commencent à juger favorablement Israël, ce mouvement soulevant des tensions avec le pouvoir soviétique qui voit dans le sionisme une forme de déloyauté.

Lors des dernières années de pouvoir de Joseph Staline, entre fin 1948 et 1953, l'antisémitisme et l'antisionisme s'intensifient. De plus en plus, l'URSS va laisser libre-cours à une propagande antisioniste que certains considèrent comme non dénuée des traits caractéristiques de l'antisémitisme : ainsi, l'universitaire français Pierre-André Taguieff y voit une des « sources à gauche de la haine actuelle des Juifs »[22][réf. insuffisante].

Après 1967

La guerre des Six Jours en 1967 est l'un des facteurs qui modifient les rapports d'Israël à un grand nombre de nations. Le phénomène est amplifié avec le déclin du prestige américain qui suit la guerre du Viêt Nam et le poids croissant des nations productrices de pétrole. Tandis que des sentiments anti-occidentaux se développent en Afrique, l'Union soviétique, la Chine et Cuba prennent une place diplomatique plus importante.

Par la suite, les mouvements nationalistes palestiniens, les mouvements laïcs (comme le Fatah), ceux d'influence marxistes (notamment le FPLP) puis, dans les années 1990, ceux de tendances islamistes, adoptent une ligne générale antisioniste plus ou moins affirmée. En Égypte, ce mouvement est suivi par les Frères musulmans mais avec Sadate l'Egypte reconnaît officiellement l'Etat d'Israël.

Résolutions 3379 et 46/86 de l'ONU

La tendance antisioniste se manifeste au début des années 1970 dans plusieurs organisations internationales. Ainsi, l'Organisation de l'unité africaine et le Mouvement des non-alignés votent des résolutions condamnant le sionisme et l'assimilant au racisme[23] et à l'apartheid. En 10 novembre 1975, l'Assemblée générale des Nations unies vote la résolution 3379, qui présente le sionisme comme « une forme de racisme ». Les préambules définissent le sionisme comme une « idéologie raciste et impérialiste » et énonce dans sa conclusion que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ».

La résolution est votée par 72 voix contre 35, et 32 abstentions. Les 72 voix sont celles de l'ensemble des pays arabes, de 12 autres États dont la population est majoritairement musulmane (dont la Turquie), 12 États communistes, 14 États africains non musulmans, et 14 autres États (dont le Brésil, l'Inde, le Mexique et le Portugal).

Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, désapprouve publiquement la résolution 3379 en la qualifiant de « manifestation lamentable d'antisémitisme »[24].

En 1991, la situation internationale est modifiée par l'effondrement de l'Union soviétique, par les accords d'Oslo ainsi que par la première guerre du Golfe, qui renforce l'influence américaine. À l'initiative d'Israël et des États-Unis, la résolution 4686 est votée le 16 décembre 1991. Ne contenant qu'une seule phrase, elle déclare :

« L'Assemblée générale décide de révoquer les attendus[25] contenus dans sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975 »[26].

La résolution est votée à 115 voix contre 25 et 13 abstentions avec 17 délégations absentes. Treize des 19 pays arabes, dont certains engagés dans des négociations avec Israël, votent contre la résolution. Six autres sont absents. Aucun pays arabe ne vote en faveur de la résolution et l'OLP dénonce le vote. Tous les ex-États communistes et la plupart des pays africains votent l'abrogation des conclusions de la résolution 3379 de 1975. Seuls trois pays non musulmans votent contre cette révision : Cuba, la Corée du Nord et le Viêt Nam. Cependant, seul un pays dont la population est majoritairement musulmane vote la révision, l'Albanie, tandis que les autres s'abstiennent ou ne sont pas présents lors du vote.[réf. nécessaire]

La conférence de Durban

Dix ans après la résolution 4686, l'accusation de « racisme » est à nouveau portée contre Israël. En parallèle à la conférence de Durban en 2001, un forum de plusieurs ONG engagés dans le soutien aux Palestiniens vote une déclaration[réf. nécessaire] qui attribue au sionisme un caractère raciste[27]. Alain Finkielkraut remarque à cette occasion : « Tous les pays du monde se réunissent pour discuter du racisme et trouvent un double bouc émissaire, Israël et l'Occident. Des pays esclavagistes en toute impunité dénoncent la traite des Noirs, ou le racisme aux États-Unis. Le Soudan, la Libye, Cuba stigmatisent Israël, régime d'apartheid. »

L'universitaire palestinien Edward Saïd, prenant personnellement des positions antisionistes par son souhait d'un État unique sur l'ensemble de la Palestine géographique[Quoi ?], puis à la fin de sa vie favorable à une étape de deux États côte à côte, critique fortement ce qu'il juge comme une vague d'antisémitisme entraînée par l'antisionisme[28], en dénonçant les intellectuels arabes fascinés par le négationniste Roger Garaudy.

Selon Yakov Rabkin, Israël contribue à générer l'antisémitisme dans le monde. Selon lui, Israël parlant officiellement au nom du peuple juif (alors que seule la Torah devrait unir ce peuple), inclut volontairement ou non, tous les Juifs du monde par leurs actions - militaires entre autres, générant ainsi un amalgame entre les Juifs et les sionistes [réf. nécessaire].

Le sociologue et politologue français Pierre-André Taguieff estime que l'accusation de racisme à l'égard du sionisme est une résurgence contemporaine des vieilles accusations antisémites[29]. Dans La Nouvelle Propagande antijuive (2010), il écrit que « l’antisionisme radical est l’une des principales formes de racisme apparues depuis la fin du XXe siècle. En procédant à la nazification du “sionisme”, il légitime un programme raciste d’élimination d’Israël ». Or cette nouvelle propagande antijuive, poursuit-il, « n’est pas reconnue comme telle, et demeure socialement invisible. Les évidences “antisionistes” (stéréotypes, préjugés, rumeurs) se sont installées en effet dans la “doxa intellectuelle” de l’époque, ce qui les protège de la critique ».

Organisation de Libération de la Palestine

En avril 1996, l'OLP modifie sa charte qui visait un État palestinien sur l'ensemble de la Palestine. Cependant, le ralliement à la notion d'État juif chez les intellectuels et politiques palestiniens fait débat.

Le cas de l'Iran

L'Iran, depuis la révolution islamique de 1979, considère l'État d'Israël comme illégitime, et le désigne par l'expression « entité sioniste ».

Avant cette date, l'Iran entretient pourtant des relations diplomatiques cordiales avec Israël depuis la création de l'État, sous la dynastie Pahlavi. L'Iran est l'une des premières nations à reconnaître Israël, et est alors considéré comme l'un de ses soutiens dans le monde musulman (avec la Turquie). Cette période de bonne entente est entrecoupée par l'élection de Mohammad Mossadegh, qui revient sur cette reconnaissance. Le régime du Shah ne reconnait pas formellement Israël, mais une délégation permanente est établie à Téhéran, qui prend le rôle d'ambassade officieuse. Les relations économiques entre les deux pays sont importantes, notamment sur le marché du pétrole. Après 1967, les relations deviennent plus tendues et l'Iran vote la résolution 3379 en 1975 de l'Assemblée générale des Nations Unies qui associe le sionisme à une forme de racisme. Les deux pays gardent cependant des formes de coopération militaire.

L'opposition à Israël en général et au sionisme en particulier vient de l'Ayatollah Khomeini qui déclare Israël « ennemi de l'islam » pendant sa campagne contre le Shah. Après la seconde phase de la révolution iranienne, l'Iran revient sur toute forme de reconnaissance de l'État hébreu et coupe toutes relations diplomatiques officielles. Des rapports attestent cependant qu'Israël continue de fournir une assistance militaire à l'Iran pendant son conflit avec l'Irak, pour un montant estimé à 2,5 milliards de dollars.

Aujourd'hui

Du côté arabe et musulman

Pays de la Ligue Arabe

Les voix qui s'élèvent le plus fortement contre le sionisme viennent aujourd'hui principalement de l'ensemble des partis palestiniens, et de la plupart des pays à majorité musulmane. La Jordanie, l'Égypte, la Turquie ont reconnu Israël mais pas comme pays du peuple juif. La Ligue arabe aujourd'hui s'est déclarée prête à reconnaître Israël en échange du retrait d'Israël de tous les territoires occupés en 1967 et en échange de la création d'un État palestinien viable et dont Jérusalem-Est serait la capitale[30],[31],[32]. Les mouvements tels que le Hamas et le Hezbollah appellent à la destruction d'Israël, n'admettant pas l'existence de l'État juif.

L'Iran dans la période récente

L'ayatollah Khamenei, puis le réformiste Mohammad Khatami, maintiennent ce rejet de l'existence d'Israël. Le premier désigne Israël comme une « tumeur cancéreuse qui doit être écartée de la région », et le second parle d'« État illégitime ». Mohammad Khatami insiste cependant dans le même temps pour que les Juifs se sentent « en sûreté en Iran ». Aux obsèques du pape Jean-Paul II, le président israélien Moshe Katsav, d'origine iranienne, affirme avoir pu serrer la main et discuter avec Mohammad Khatami, ce que ce dernier niera.

D'autres sources[33] indiquent que l'Iran entreprend un rapprochement avec Israël, qui inclurait une reconnaissance officielle présentée aux États-Unis. Les termes de la proposition iranienne auraient été rejetés par les États-Unis.

En 2006, les relations avec Israël se durcissent avec l'élection de Mahmoud Ahmadinejad. Remettant en cause la réalité du génocide juif, Mahmoud Ahmadinejad estime que le devoir de réparation revient aux nations occidentales et refuse que la Palestine demeure le lieu pour un État juif :

« Some European countries insist on saying that during World War II, Hitler burned millions of Jews and put them in concentration camps. Any historian, commentator or scientist who doubts that is taken to prison or gets condemned. Although we don't accept this claim, if we suppose it is true, if the Europeans are honest they should give some of their provinces in Europe—like in Germany, Austria or other countries—to the Zionists and the Zionists can establish their state in Europe. You offer part of Europe and we will support it. »

« Certains pays européens disent de manière insistante que pendant la Seconde Guerre mondiale, Hitler a brûlé des millions de juifs et les a mis dans des camps de concentration. Tout historiens, commentateur ou scientifique qui remet ceci en doute est emprisonné ou condamné. Bien que nous n'acceptons pas cette déclaration, si nous la supposons vraie, si les pays européens étaient honnêtes, ils devraient donner une partie de leur territoire en Europe - par exemple en Allemagne, en Autriche ou ailleurs - aux sionistes, et les sionistes pourraient fonder leur État en Europe. Offrez une partie de l'Europe, et nous vous soutiendrons. »

En 2006 et 2007, Mahmoud Ahmadinejad a dit, en citant Khomeiny, « que ce régime qui occupe Jérusalem doit disparaître de la page du temps. »[34] (disparition qu'il compare, par la suite, à l'écroulement de l'Union soviétique).

En Europe

Diversité de l'antisionisme

Aujourd'hui, le courant antisioniste en Europe se manifeste par des organisations d'extrême gauche telles que les Juifs européens pour une paix juste (JEPJ), l'Union juive française pour la paix, l'Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB), le réseau des Juifs contre l’occupation (Italie) et l'organisation Jews for Justice for Palestinians (Royaume-Uni) qui luttent contre le sionisme au sens de politique colonialiste aux dépens du peuple palestinien.

Il existe aussi de nombreux mouvements antisionistes non juifs, souvent communistes ou altermondialistes.

Certains estiment que des mouvements d'extrême droite dissimulent leur antisémitisme derrière un antisionisme de circonstance : Olivier Guland estime que le Front National défendra ainsi l'Irak de Saddam Hussein selon le principe « l'ennemi de mon ennemi[35]… ».

La Liste Antisioniste, créée en mai 2009 avec à sa tête Dieudonné M'Bala M'Bala, Alain Soral, et Yahia Gouasmi, n'est par exemple pas considérée comme sérieuse par les associations antisionistes traditionnelles[36],[37],[38],[39],[40].

En France

Laurent Mucchielli, estime que l'antisémitisme sur une longue période avait diminué dans le pays. Cette information a donné lieu a la publication d'un document créé par le sociologue nommé le « retour de l’antisémitisme  : discours rituel au dîner annuel du CRIF ». Dans son analyse, le sociologue tente de démontrer en effet que le pic d’actes antisémites effectivement constaté en janvier 2009 s’explique par une raison conjoncturelle : la guerre de Gaza. Ce phénomène avait déjà été observé lors de la deuxième Intifada en 2000. Selon Mucchielli, il n’y a pas d’augmentation tendancielle de l’antisémitisme en France, 90 % des Français considérant en outre les juifs comme des Français comme les autres. Il dénonce en revanche « une incapacité[du CRIF à prendre ses distances avec l’Etat israélien, ce qui est le pendant et l’amplificateur de l’incapacité de nombreux Français maghrébins à distinguer la politique israélienne de la communauté juive en général » (intégralité du texte ).

Dans un billet, le directeur de l'Arche, Meïr Waintrater répond à Laurent Mucchielli que ni les chiffres de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, ni les « sondages d’opinion où la grande majorité des Français déclarent qu’ils ne sont pas antisémites » ne reflètent seuls la réalité et que voir les actes antisémites comme une conséquence de la guerre de Gaza n'est pas acceptable car s'il « est vrai que les institutions juives ont exprimé leur soutien à Israël [...] il est non moins vrai que les institutions musulmanes ont proclamé des choix inverses. Si la solidarité juive explique des attaques contre des synagogues, est-ce que la solidarité musulmane expliquerait des attaques contre des mosquées ? »[41].

En Israël

Manifestation antisioniste de juifs ultra-orthodoxes, 10 janvier 2006.

Aujourd'hui, l'antisionisme en Israël est représenté par un courant juif religieux et un courant laïque. Dans le courant laïque il y a différents mouvements comme le Hadash (parti communiste), dans la population d'origine arabe principalement, et sous d'autres formes, au sein d'une fraction de la gauche révolutionnaire israélienne comme Matzpen ou les intellectuels de l'appel Olga (notamment comme Michel Warschawski, partisan d'un État bi-national). Certains hommes politiques ou historiens tiennent des positions antisionistes en remettant en cause la pertinence de lois fondamentales établissant une préférence pour les Juifs en Israël, tel Ilan Pappé ou Meron Benvenisti. Ou encore les Anarchists Against the Wall

Article détaillé : Haredim#Le_sionisme.

Un courant judaïque pieux, assez disparate, se fonde sur la Torah pour s'opposer au sionisme. Selon ses tenants, la prétention de l'État d'Israël à parler au nom de tous les juifs de la planète contrevient à l'obligation faite par la Torah d'empêcher la profanation du nom de Dieu. Par ailleurs le sionisme contreviendrait à l'obligation de préserver la vie humaine, par la rage que provoque l'État d'Israël au sein des nations qui fait courir des risques au peuple juif à travers le monde. Les rabbins de ce courant parlent d'État Sioniste plutôt que d'État Juif ou Hébreu. Certains rabbins modernes vont jusqu'à diaboliser le sionisme car le peuple d'Israël doit vivre en diaspora jusqu'à l'arrivée du Messie qui les sauvera[42].

Il existe un fort courant antisioniste parmi les juifs Haredim, dits ultraorthodoxes, avec, par exemple, le mouvement Neturei Karta. Selon leur interprétation, le Talmud (Meseches Kesuvos 111a) interdit la création d'un État pour les « fils d'Israël » tant que le messie n'est pas arrivé. Pour les mêmes raisons ils s'opposent au sécularisme du mouvement sioniste. Ils estiment également que l'État d'Israël est une cause d'injustices envers les Palestiniens, ce qui est contraire à l'enseignement de la Torah. Ils reprochent également au sionisme d'instrumentaliser l'holocauste[43] et l'antisémitisme en général[44] pour justifier ses actions.

Lors de la création d'Israël en 1948, le pacte entre les sionistes et les Haredim est que ces derniers ne participent pas au service militaire pour ne pas cautionner cette idéologie. Ce pacte perdure encore de nos jours et crée un clivage au sein de la société israélienne entre les laïcs et certains religieux.

En revanche, dans d'autres courants religieux, Daniel Lindenberg[45] estime que « le courant ultra-orthodoxe religieux qui fut antisioniste est aujourd'hui ce "judaïsme intransigeant" […] qui manifeste dans la colonisation de la Cisjordanie, un enthousiasme pionnier dont il fait remarquer qu'il a depuis longtemps déserté le camp sioniste laïque ».

La caractère juif de l'État d'Israël est contesté par les représentants politiques des Palestiniens citoyens d'Israël, comme Azmi Bishara. Ces derniers revendiquent une Constitution qui ferait d'Israël « un État de tous ses citoyens ». L'éditorialiste Avraham Tal rapporte fin 2006 que les leaders de la minorité arabe en Israël remettent de plus en plus en cause des fondements du caractère juif de l'État d'Israël, dans ce qu'il qualifie de « déclaration de guerre ».

« Some of the demands presented in the « visions » are new, such as the outrageous calls for granting veto power to the Arab minority on decisions of national import, and for separate representation at international institutions, and more in that vein. There are also calls for changing the flag and the national anthem, for a return to abandoned villages and equality in immigration rights to Israel[46]. »

« Certaines des demandes présentées dans ces « visions » sont neuves, comme les appels infamants à garantir à la minorité arabe le droit de véto sur des décisions d'importance nationale, une délégation séparée dans toutes les institutions internationales, et d'autres choses de ce genre. Il y a aussi des appels à changer le drapeau et l'hymne national, à un retour dans des villages abandonnés et à l'égalité dans les droits à l'immigration en Israël. »

Avraham Tal s'inquiète des conséquences démographiques de telles revendications, estimant qu'elles mènent à la renonciation à un foyer national juif.

Enfin, on trouve également des non-sionistes qui affirment que, même si la création d'Israël a pu être une erreur en raison du statut privilégié qu'elle accorda aux Juifs vis-à-vis des non-Juifs, le danger posé par l'antisémitisme arabe est insurmontable, et qu'un retour au statu quo ante n'est pas envisageable. Les tenants de ce point de vue plaident simplement pour un règlement pacifique du conflit actuel. Pour eux, une paix véritable peut s'accompagner de concessions territoriales. C'est notamment le cas des rabbins Elazar Menachem Shach[47] ou Avigdor Miller[48], qui ont écrit plusieurs ouvrages à ce sujet.

Aux États-Unis

Aujourd’hui, il n’existe plus d’opposition fondamentale des religieux orthodoxes au projet sioniste hormis quelques courants marginaux tel le courant « Neturei Karta ». Il existe en effet aux États-Unis un courant juif antisioniste[49] mais très minoritaire, représenté d'une part par des organisations juives ultra-orthodoxes qui contestent le sionisme au nom des valeurs fondamentales du judaïsme (Neturai karta, True Torah Jews, …), et d'autre part des mouvements juifs progressistes opposés à la colonisation de la Palestine.

En 2006, l'American Jewish Committee a publié un essai intitulé Progressive Jewish Thought and the New Anti-Semitism qui analyse la notion d'antisionisme. D'après ses conclusions, cette notion a fortement évolué depuis la création d'Israël en 1948, et se confond désormais avec la volonté d'éliminer l'État d'Israël[50].

Antisionisme et antisémitisme

Similarité des deux notions

Des historiens et analystes comme Anne Grynberg, Georges Bensoussan ou le professeur de sciences politiques israélien Ilan Greilsammer[51],[52] estiment que l'antisionisme n'admet pas que le seul peuple qui n'ait pas droit à une organisation politique, et une existence politique, soit le peuple juif, ce qui relève selon eux de l'antisémitisme. G. Bensoussan[53][réf. insuffisante] rappelle que loin de mettre fin à la diaspora, le mouvement national juif a au contraire contribué à la renforcer en concevant une identité juive laïcisée.

Le philosophe Vladimir Jankélévitch a estimé que l'antisionisme était une manière politiquement correcte d'être antisémite, « au nom de la démocratie » : « L'antisionisme est une incroyable aubaine, car il nous donne la permission - et même le droit, et même le devoir - d'être antisémite au nom de la démocratie ! L'antisionisme est l'antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d'être démocratiquement antisémite. Et si les juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux[54]. »

Antoine Spire, alors membre de la direction nationale de la Ligue des droits de l'homme[55] : « Aujourd'hui, l'antisionisme, même s'il ne se veut pas antisémite, vise non seulement la politique oppressive d'Israël contre les Palestiniens, mais aussi Israël et son lien avec ses soutiens en diaspora qu'on accuse sans toujours aller y voir d'inconditionnalité ; il en vient à récuser l'existence même d'un État juif. C'est là que peut se nouer le lien entre antisionisme et antisémitisme : de l'antisionisme au vœu de disparition de l'État hébreu, il n'y a qu'un fil, et de la disparition de l'État hébreu à la haine de ceux qui militent pour le droit à l'existence de l'État d'Israël, il n'y a qu'un pas »[56].

Selon le rapport Ruffin de 2004, remis au Premier ministre français, il émerge une forme d'antisémitisme par procuration que constitue l'antisionisme radical […] fortement représenté au sein d'une mouvance d’extrême gauche altermondialiste et verte[57].

En 2005, l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes, qui fait partie du Conseil de l'Europe, définit une relation entre anti-sionisme et antisémitisme. Il précise quelles sont selon lui les manières d'attaquer Israël ou le sionisme qui sont susceptibles de relever de l'antisémitisme[58].

En 2006, les chercheurs Kaplan et Small ont analysé la prévalence de l'antisémitisme dans les milieux antisionistes[59]. Dans leur résumé ils précisent : « en se basant sur l'enquête de 500 citoyens dans chacun de 10 pays européens, les auteurs se demandent si les individus ayant des vues extrêmement anti-israéliennes ont plus de probabilité d'être antisémites », et ils contrôlent ces données « selon de nombreux facteurs perturbants potentiels ». Ils ont trouvé, au cours de l'enquête sur échantillon, que « des sentiments anti-israéliens permettent de prédire de manière consistante la probabilité que l'individu soit antisémite, cette probabilité d'antisémitisme mesuré croissant en même temps que l'étendue des sentiments anti-israéliens observés ». Ainsi, selon les auteurs, si l'on sélectionne les Européens qui pensent qu'Israël est un « État d'apartheid » et qui croient que « les forces israéliennes visent délibérément des civils Palestiniens », alors ce groupe contiendra bien plus d'antisémites que la moyenne européenne.

Le sentiment antisioniste à l'échelle internationale, de même que l'antisionisme au sein des États, suit principalement les événements du Proche-Orient. Ainsi, l'invasion américaine de l'Irak en 2003 ravive l'antisionisme dans certains pays.

En novembre 2008, le Premier ministre belge Yves Leterme déclare à la commémoration de la Nuit de Cristal que le nouvel antisionisme cache l'antisémitisme[60].

Pour sa part, Pierre-André Taguieff écrit : « L’antisionisme radical représente aujourd’hui la seule idéologie raciste non seulement acceptable, mais encore intellectuellement respectable. C’est là l’un des principaux facteurs, d’ordre culturel, expliquant à la fois la diffusion rapide et la virulence extrême des discours de condamnation d’Israël. Les véritables “réactions disproportionnées”, c’est dans le camp des ennemis absolus d’Israël qu’on les rencontre[29]. »

Parmi d'autres universitaires, tel l'historien Walter Laqueur, le professeur Robert S. Wistrich considère que l'antisionisme est devenu la forme la plus dangereuse et la plus réelle d'antisémitisme aujourd'hui. Dans une conférence présentée à la commission des droits de l'homme de l'ONU en février 2004 il expose que la délégitimation, la diffamation, et la diabolisation systématiques d'Israël relèvent de l'antisémitisme. De même, rappelle-t-il, les appels au démantèlement de l'Etat d'Israël sont liés aux thèmes classiques de l'antisémitisme(conspiration, lobby juif etc[61]. et par exemple, il pense que la comparaison entre le sionisme et Hitler relève incontestablement de l'antisémitisme ; les antisionistes usent de cette comparaison car le nazisme est devenu le type même du mal absolu, la métaphore du diable dit-il [62]:

Alain Dieckhoff distingue quant à lui le non-sionisme de l'antisionisme pour désigner la non-adhésion de Juifs au projet sioniste[63]

Rejet de cette assimilation

Cette assimilation de l'antisionisme à l'antisémitisme suscite des démentis de la part des militants de l'antisionisme qui répondent que ce reproche ne serait qu'un moyen d'empêcher toute critique adressée à l'État d'Israël et qui, pour leur part, mettent sur le même plan la critique de la politique de l'Etat d'Israël et la dénonciation de son illégitimité[64].

L'universitaire britannique David Hirsh (Goldsmiths College, University of London) s'est penché sur la question de la proximité entre antisémitisme et antisionisme dans un working paper pour l'université Yale intitulé « Anti-Zionism and Antisemitism: Cosmopolitan Reflections »[65]. Il tire de cette étude les conclusions suivantes : « Parfois la critique d'Israël est antisémite », de même que parfois la critique d'Hillary Clinton est misogyne, et parfois la critique du Zimbabwe est raciste. À la question : « Est-ce que l'antisionisme est une forme d'antisémitisme ? », l'auteur répond : « L'antisionisme n'est pas une forme de racisme. Mais il s'agit d'une vision du monde profondément défectueuse, superficielle et peu éclairante. Les antiracistes antisionistes se présentent eux-mêmes comme les enfants légitimes de l'opposition juive socialiste au sionisme au cours du premier tiers du vingtième siècle ; mais certains suspectent son véritable père d'être l'antisémitisme soviétique. [...] Une généalogie, une analyse historique, aideraient à trancher. »

Pour l'historien proche des hareidim (sans en être représentatif, en particulier par ses écrits et prises de positions), Yakov M. Rabkin[66], les accusations d'antisémitisme adressées à l'antisionisme sont « cyniques [...] parce que ce sont les sionistes qui ont accepté la thèse centrale des antisémites selon laquelle les juifs constituent un corps étranger au sein des nations européennes »[67].

Un certain nombre de personnalités qui se définissent comme non sionistes ou antisionistes, dont certaines sont des militants juifs[réf. nécessaire], rejettent toute accusation d'antisémitisme. Ainsi, le réalisateur israélien Eyal Sivan déclare-t-il que « L’amalgame systématique entre antisionisme et antisémitisme est devenu la nouvelle arme d’intimidation des "amis d’Israël" »[68], tandis que Rony Brauman parle d'un « intolérable chantage » à l'antisémitisme[69].

Quand Edgar Morin est accusé d'antisémitisme – il a finalement été blanchi par la justice, voir l'affaire MorinEsther Benbassa prend sa défense, en affirmant qu'avec ce type de procès, Hannah Arendt elle-même serait, sur les bases de cette assimilation, « condamnée [...] pour diffamation raciale après la publication de son Eichmann à Jérusalem »[70]. Elle fait allusion au fait qu'Hannah Arendt osait comparer la législation israélienne sur les mariages aux lois de Nuremberg[71].

Aspects judiciaires

La justice française distingue ce qui relève d'une critique permise du sionisme même si elle est outrancière[72] de ce qui relève de l'antisémitisme (interdit par la loi française).

Dominique Vidal[73], évoque assez largement les affaires qui ont opposé la LICRA (représentée par Me Goldnadel) à Daniel Mermet, à Témoignage Chrétien, à un candidat de la LCR de Chambéry[74]. Toutes ces affaires, qui visaient l'expression d'un antisionisme, ont abouti un échec, ce qui montre que l'assimilation de l'antisionisme à un racisme, selon les termes de la loi du 1er juillet 1972, n'est pas prise en compte par la justice française.

Notes et références

  1. Georges Bensoussan, Histoire intellectuelle et politique du sionisme, 1860-1940, 2002 ; Alain Michel, op. cit. in bibliographie p. 60-86)
  2. Cette hostilité est décrite par les auteurs et historiens comme de l'antisionisme (Léon Poliakov, Joseph Agassi, Joseph Hodera, Yosef Salmon, les mouvements juifs antisionistes par autoqualification), comme une opposition juive au sionisme (Henry Laurens, Elie Barnavi, Walter Laqueur [histoire du sionisme, Tome II, chap. 8], Alain Michel, Alain Dieckhoff, Anne Grynberg, Ilan Greilsammer, Georges-Elia Sarfati, Tom Seguev), ou encore comme une critique du sionisme.
  3. (en)Take a walking tour through Jerusalem's Mea Shearim quarter
  4. cf. Yakov M. Rabkin, Au nom de la Torah : une histoire de l'opposition juive au sionisme, éd. Presses Université Laval, 2004, extraits en ligne
  5. Maurice Kriegel, Orthodoxie, dans Les Juifs et le XXe siècle, p. 159
  6. Ruth Blau, Les gardiens de la cité : histoire d'une guerre sainte, p. 192.
  7. Yakov Rabkin, Au nom de la Torah, une histoire de l'opposition juive au sionisme, p. 154.
  8. Yakov Rabkin, Au nom de la Torah, une histoire de l'opposition juive au sionisme, p. 156.
  9. Jéhuda Reinharz, Zionism and Orthodoxy: A Marriage of Convenience, dans Zionism and Religion, p. 135.
  10. Voir Memorandum to King Hussein, The Jewish guardian, no 3 (novembre 1974).
  11. [réf : Anne Grynberg. Vers la terre d'Israël, p. 76-78]
  12. Ilan Greilsammer, Le sionisme, Presses Universitaires de France, Que sais-je ? n° 1801, 2005, p. 58-60.
  13. Antisémitisme, par Michel Warschawski, sur le site de la Ligue des Droits de l'Homme de Toulon : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article179
  14. voir, par exemple, Nathan Weinstock, Le pain de misère, Histoire du mouvement ouvrier juif en Europe, 2 tomes, La Découverte, 2002, ou Alain Brossat et Syvia Klinberg, Le Yiddishland révolutionnaire, Syllepse, 2009, ISBN 9782849502174, ou encore Ilan Greilsammer, Le sionisme, Presses Universitaires de France, Que sais-je ? n° 1801, 2005, p. 60-62.
  15. voir aussi le film de Nat Lilenstein, Les révolutionnaires du Yiddishland, produit par Michel Rotman, Antenne 2, 1983
  16. a et b Nicault C., « L’Alliance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : ruptures et continuités idéologiques », Archives juives 2001/1, N° 34, p. 23-53. [lire en ligne]
  17. Ilan Pappé, La Guerre de 1948
  18. (en)Anti-Zionism Among Jews
  19. http://www.ecn.org/nopasaran/mai01/bund.html
  20. Georges Bensoussan : "Négationnisme et antisionisme : récurrences et convergences des discours du rejet"
  21. Article complet
  22. Société - Lepoint.fr
  23. [PDF]
  24. UN Chronicle.
  25. En anglais, « determination » : « résolution(s) », « conclusion(s) »
  26. Assemblée générale des Nations unies, A/RES/46/86, 74e réunion pléniaire, 16 décembre 1991.
  27. www.col.fr et [Le Point no 1620 du 3 octobre 2003].
  28. Israël-Palestine, une troisième voie, par Edward W. Saïd (Le Monde diplomatique)
  29. a et b Le Nouvel Économiste.fr, 22 juin 2010.
  30. http://www.france-palestine.org/article6012.html
  31. http://www.debriefing.org/16983.html
  32. http://www.lapaixmaintenant.org/article1503
  33. Voir « Iran offered to make peace with Israel » par Gareth Porter. Asia Times, mai 2006 Asia Times Online :: Middle East News, Iraq, Iran current affairs
  34. http://www.ism-france.org/news/article.php?id=7558&type=analyse
  35. Olivier Guland, Le Pen, Mégret et les Juifs, L'obsession du « complot mondialiste », La Découverte - Enquêtes, 2000. chapitre 9 : Le FN et l'Irak. ISBN : 2-7071-3061-3
    Ce chapitre évoque en particulier l'éditorial de François Brigneau, dans National-Hebdo du 26 février 1998. Il cite aussi l'ouvrage de Nicolas Beau, Paris, capitale arabe, Seuil, Paris, 1995, qui étudie les amitiés arabes de cadres du FN et du GUD, liés à une « obsession fondamentale, la haine d'Israël. » Olivier Guland écrit : « Dès lors que l'Irak représentait, pour l'ennemi sioniste, un adversaire plus farouche que les riches potentats de la péninsule Arabique, [Pencioleli] n'a eu aucun mal à retourner sa veste. » Le journal frontiste Le Choc du Mois titre en février 1971 à la Une, « Les Juifs ont-ils poussé à la guerre [contre l'Irak] ? »
  36. « Dieudonné rejeté par le mouvement de solidarité avec la Palestine » par [Alain Gresh] (monde Diplomatique)
  37. Critique du PAS par l'UJFP
  38. Distanciation entre Dieudonné et EuroPalestine
  39. Critique du PAS par l'AFPS
  40. Le PAS n'a pas le soutien du Hamas comme il le prétendait
  41. " L'intégralité du texte
  42. Yakov M. Rabkin, Au nom de la Torah : une histoire de l'opposition juive au sionisme, éd. Presses Université Laval, 2004, p. XVI, extraits en ligne
  43. (en)"Spiritually and Physically Responsible" - "Israel versus Judaism Holocaust Victims Accuse"
  44. (en)The Torah true jews have no part in the affair against the Swiss
  45. Destins marranes, Hachette Littératures, coll. Pluriel, 1997.
  46. (en)This means war - Haaretz - Israel News
  47. Qui avait une influence politique importante.
  48. Son influence d'idéologue est plus limitée.
  49. Listes de sites juifs antisionsites
  50. 'Progressive' Jewish Thought and the New Anti-Semitism, American Jewish Committee, 2006. Consulté le March 11, 2010.
  51. Anne Grynberg, p. 40, Alain Michel, p. 160 sq., Georges Bensoussan, « le sionisme face à ses détracteurs » p. 19-20
  52. Greilsammer: La pente savonneuse…
  53. op. cit., p. 23
  54. Cité in Léon Poliakov, Histoire de l'antisémitisme 1945-1993, Seuil, 1994, page 405.
  55. La position d'Antoine Spire ne représente pas celle de la Ligue des Droits de l'Homme qui est à l'origine d'appels vivement hostiles à la politique de l'Etat d'Israël comme « Trop, c'est trop », lancé par Madeleine Rebérioux et Pierre Vidal-Naquet. Antoine Spire quitte la LDH en 2006.
  56. [LDH-Toulon] antisémitisme / antisionisme
  57. Chantier sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, rapport présenté par Jean-Christophe Rufin, remis à monsieur le ministre de l'Intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales le 19 octobre 2004, suite à une lettre de mission en date du 29 juin 2004.
  58. [PDF]
  59. « Anti-Israel sentiment predicts anti-Semitism in Europe », Journal of Conflict Resolution, Vol 50, No. 4, 548-561, août 2006
  60. « Speech by the Belgian Prime Minister Yves Leterme at the International Day of Tolerance – Navigator of Jerusalem », 10 novembre 2008
  61. Robert S. Wistrich, professeur aux Universités de Londres, Harvard, Oxford, aux Pays-Bas avant d'enseigner aujourd'hui à l'Université de Jerusalem, http://www.jcpa.org/JCPA/Templates/ShowPage.asp?DBID=1&LNGID=1&TMID=111&FID=254&PID=0&IID=1064 ; «  : Anti-Zionism has become the most dangerous and effective form of anti- Semitism in our time, through its systematic delegitimization, defamation, and demonization of Israel. Although not a priori anti-Semitic, the calls to dismantle the Jewish state, whether they come from Muslims, the Left, or the radical Right, increasingly rely on an anti-Semitic stereotypization of classic themes, such as the manipulative "Jewish lobby," the Jewish/Zionist "world conspiracy," and Jewish/Israeli "warmongers." One major driving force of this anti-Zionism/anti-Semitism is the transformation of the Palestinian cause into a "holy war"; another source is anti-Americanism linked with fundamentalist Islamism. In the current context, classic conspiracy theories, such as the Protocols of the Elders of Zion, are enjoying a spectacular revival. The common denominator of the new anti-Zionism has been the systematic effort to criminalize Israeli and Jewish behavior, so as to place it beyond the pale of civilized and acceptable conduct. »
  62. « "anti-Zionists" who insist on comparing Zionism and the Jews with Hitler and the Third Reich appear unmistakably to be de facto anti-Semites, even if they vehemently deny the fact! This is largely because they knowingly exploit the reality that Nazism in the postwar world has become the defining metaphor of absolute evil. For if Zionists are "Nazis" and if Sharon really is Hitler, then it becomes a moral obligation to wage war against Israel. That is the bottom line of much contemporary anti-Zionism. In practice, this has become the most potent form of contemporary anti-Semitism....Anti-Zionism is not only the historic heir of earlier forms of anti-Semitism. Today, it is also the lowest common denominator and the bridge between the Left, the Right, and the militant Muslims; between the elites (including the media) and the masses; between the churches and the mosques; between an increasingly anti-American Europe and an endemically anti-Western Arab-Muslim Middle East; a point of convergence between conservatives and radicals and a connecting link between fathers and sons. »http://www.jcpa.org/JCPA/Templates/ShowPage.asp?DBID=1&LNGID=1&TMID=111&FID=254&PID=0&IID=1064
  63. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées InventionNation.
  64. ce que répondent les associations et mouvements d'extrême-gauche antisionistes, ou les écrivains engagés tels Dominique Vidal ou encore Noam Chomsky répondant à Abba Eban diplomate israélien : « There have long been efforts to identify anti-Semitism and anti-Zionism in an effort to exploit anti-racist sentiment for political ends; "one of the chief tasks of any dialogue with the Gentile world is to prove that the distinction between anti-Semitism and anti-Zionism is not a distinction at all," Israeli diplomat Abba Eban argued, in a typical expression of this intellectually and morally disreputable position. But that no longer suffices. It is now necessary to identify criticism of Israeli policies as anti-Semitism – or in the case of Jews, as "self-hatred," so that all possible cases are covered. » analyse l'intellectuel américain Noam Chomsky dans son livre Necessary Illusions. Thought Control in Democratic Societies, South End Press, 1999, appendix V.
  65. David Hirsh « Anti-Zionism and Antisemitism: Cosmopolitan Reflections » [PDF]
  66. Rabkin qui enseigne l'histoire des sciences à l'Université de Montréal trouve une audience favorable chez les canadiens français et les pro-palestiniens.
  67. Yakov M. Rabkin ajoute : « Depuis le début, il existe une confluence d’intérêts entre les antisémites, qui veulent se débarrasser des juifs, et les sionistes, qui veulent les concentrer tous sur un territoire. » (Yakov M. Rabkin « L'opposition juive au sionisme », Revue internationale et stratégique 4/2004 (N°56), p. 17-23. [lire en ligne])
  68. « La dangereuse confusion des juifs de France », Le Monde, 8 décembre 2001.
  69. Dans le titre d'un ouvrage collectif Antisémitisme : l'intolérable chantage, Israël-Palestine, une affaire française ?, aux éditions La Découverte.
  70. Esther Benbassa, « Edgar Morin, juste d’Israël ? », Le Monde diplomatique, octobre 2005.
  71. Martine Leibovici, Hannah Arendt, une Juive: expérience, politique et histoire, p. 11.
  72. par exemple lors de poursuite contre l'humoriste Dieudonné qui avait représenté un extrémiste juif faisant un salut nazi, le tribunal a considéré que « Le personnage incarné par le prévenu ne représente pas les personnes de confessions juives dans leur ensemble, mais une certaine catégorie de personnes, uniquement dans l'expression de leurs idées politiques »
  73. Dans Le mal-être juif, Entre repli, assimilation et manipulations, chapitre "Au nom de l'antisémitisme".
  74. Sébastien Jolivet, militant antiraciste notoire, poursuivi pour avoir apposé dans la ville des affiches « Sharon Assassin ! Un État pour les Palestiniens ». Il était ainsi accusé d’avoir, avec les affiches en question, « incité à la haine et à la violence envers le peuple israélien », à l'initiative du parquet de Chambéry, rejoint ensuite par la LICRA.
    Au cours du procès, les avocats de la défense Florence Girard-Madoux et Antoine Comte, s'en prennent à la LICRA : « La LICRA a été gagnée par un nouveau cancer, celui de l’obsession du complot et du délire des amalgames ».

Voir aussi

Articles connexes

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Bibliographie

Histoire du sionisme et de l'antisionisme

  • Dan Horowitz et Moshe Lissak : « Origins of the israeli polity. Palestine under the Mandate ». Chicagoo-London. University of Chicago press. 1978.
  • Edward Said, Zionism from the Standpoint of its Victims, in The Question of Palestine, (1979)
  • Shohat E., Sephardim in Israel : Zionism from the Standpoint of its Jewish Victims, Social text (ISSN 01642472), 1988
  • Ilan Greilsammer : Israël, les hommes en noir, Presses de la Fondation nationale des Sciences Politiques, 1991
  • Walter Laqueur : Histoire du sionisme. (II tomes), Coll. Tel, Gallimard, 1994, .
  • Alain Dieckhoff : L'Invention d'une nation. Israël et la modernité politique. Gallimard. 1993
  • Elie Barnavi : Une histoire moderne d'Israël, Flammarion, 1998
  • Anne Grynberg : Vers la terre d'Israël, Gallimard découverte, coll. histoire. 1998
  • Henry Laurens, La Question de Palestine : Tome 2 - Une mission sacrée de civilisation (1922-1947), t. 2, Fayard, 27 mars 2002, 704 p. (ISBN 9782213612515) 
  • Georges Bensoussan : Une histoire intellectuelle et politique du sionisme. 1860-1940. Fayard 2002
  • Tom Segev : C'était la Palestine au temps des coquelicots. Liana Levi, 2000.
  • Alain Michel : Racines d'Israël, éd. Autrement, 2003.
  • Yakov M. Rabkin. Au nom de la Torah : une histoire de l'opposition juive au sionisme. Québec, Presses de l'Université Laval, 2004.
  • Martine Leibovici, Hannah Arendt, une Juive: expérience, politique et histoire

Critiques de l'antisionisme

  • Georges Bensoussan : Une histoire intellectuelle et politique du sionisme. 1860-1940., Fayard 2002
  • Alain Finkielkraut, La Réprobation d'Israël, Paris, Denoël/Gonthier, 1983, 181 p.
  • Paul Giniewski, Antisionisme : le nouvel antisémitisme, Paris, Cheminements, 2005, 318 p. 
  • Joël Kotek et Dan Kotek, Au nom de l'antisionisme. L'image des Juifs et d'Israël dans la caricature depuis la seconde Intifada, Paris, Éditions Complexe, 2003, 166 p.  (nombreuses illustrations issus de sites et de journaux arabo-musulmans)
  • Armand Laferrère, « Est-il permis de soutenir Israël ? », Commentaire, no 104, Hiver 2003-2004, p. 933-940
  • Éric Marty, Bref Séjour à Jérusalem, Paris, Gallimard, 2003, 265 p. 
  • Georges-Elia Sarfati, L'Antisionisme. Israël/Palestine aux miroirs d'Occident, Paris, Berg International, 2002, 126 p. 
  • Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Judéophobie, éd. Mille et une nuits, 2002
  • Pierre-André Taguieff, Prêcheurs de haine, Traversée de la judéophobie planétaire, éd. Mille et une nuits, 2004
  • Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Propagande antijuive : l'affaire al-Dura en perspective, PUF, 2010. (ISBN 2130575765)
  • Shmuel Trigano (dir.), Le Sionisme face à ses détracteurs, Paris, éditions Raphaël, 2003, 169 p.  (avec notamment des contributions de Frédéric Encel, Alain Finkielkraut, Paul Giniewski, Daniel Sibony)
  • Robert Wistrich, "Anti-Zionism and Anti-Semitism", Jewish Political Studies Review 16:3-4, automne 2004
  • Elhanan Yakira, Post-sionisme, post-Shoah trois essais sur une négation, une délégitimation et une diabolisation d'Israël, PUF, collection : « Fondements de la politique », Paris, 2010. (ISBN 978-2-13-056519-2)

Liens externes

Prises de position antisionistes

Critiques de l'antisionisme


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