Anteuil

47° 23′ 18″ N 6° 33′ 41″ E / 47.3883333333, 6.56138888889

Anteuil
Administration
Pays France
Région Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Montbéliard
Canton Clerval
Code commune 25018
Code postal 25340
Maire
Mandat en cours
Claude Duquet
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Clerval
Démographie
Population 568 hab. (2008)
Densité 23 hab./km²
Gentilé Anteuillois
Géographie
Coordonnées 47° 23′ 18″ Nord
       6° 33′ 41″ Est
/ 47.3883333333, 6.56138888889
Altitudes mini. 360 m — maxi. 836 m
Superficie 24,29 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Anteuil est une commune française, située dans le département du Doubs et la région Franche-Comté.

Les habitants de Anteuil sont appelés les Anteuillois.

Sommaire

Géographie

Histoire

Toponymie

Anteuil est attesté sous les formes Antogilos (sans date)[1], Anteil en 1135, Antoyle en 1173, Anteuille au XIVe siècle[2].

Ernest Nègre[3] considère qu'il s'agit du nom de personne roman Anatolius (> Anatole) pris absolument.

Albert Dauzat, Charles Rostaing[4] et Xavier Delamarre[3] comparent avec Antheuil (Côte-d'Or et Oise : Antolium 1175 et Antoilum 1214.) qui semblent contenir l'appellatif gaulois ialon « terre défrichée », puis « village » (cf. gallois tir ial « terre défrichée ») qui a donné les finales -ueil et -euil au nord de la France. Dans ce cas, le premier élément peut être le gaulois anto- « limite, borne »[5].

Glainans est mentionné sous la forme Glaenens en 1147. Du nom de personne germanique Glawo, suivi du suffixe germanique -ing-os « propriété » (cf. allemand -ing-en) qui a donné toutes les finales en -ans de la région.

Bermont est attesté sous les formes Belmont en 1445[6], Belmont-devant-l'Isle, puis Bermont-Lanthenans[7].

Les formes anciennes impliquent manifestement un ancien Belmont, comme Bermont (Territoire de Belfort, de Bello Monte 1147). Il s'agit bien d'un « beau mont » comme tous les Belmont et Beaumont. La mutation /l/ > /r/ est commune dans les langues romanes.

L'origine du fief

C'est dans une charte de 1136 qu'il est fait mention de Bermont pour la première fois, dans cet acte Thiébaud de Rougemont, seigneur de Bermont, donne à l'abbaye des Trois Rois ce qu'il possédait à Brucens[7]. Le château n'est pas cité dans la charte de 1136 ni dans celle de 1147 de l'archevêque Humbert, ni même dans la bulle du pape Alexandre III qui détaille avec précision les biens du prieuré de Lanthenans qui possédait les terres de Bermont[7]. Le château a certainement donné le nom de la famille de Bermont qui avait en fief le bourg de Bermont et sa forteresse, ainsi que Glainans et Tournedoz[7].

Le seigneur de Bermont était haut justicier sur ses terres, prélevait la dîme, le droit de cens, l'échute, le lods, la poule, et les corvées[7].

Les armes de Bermont sont : Écartelé, au 1 burelé d'argent et d'azur, qui est de Bermont ; au 2 de gueules, à la bande d'or, accostée de deux cotices du même, qui est de Savigny ; au 3 de gueules, à une épée d'argent, garnie d'or, posée en fasce, qui est de Précipiano ; au 4 d'azur, au rocher de six coupeaux d'argent, surmonté d'une étoile d'or, qui est de Raiscle de la Roche. Couronne de Baron. Support : deux lévriers[8].

Le château et le bourg

C'est à partir du XIIIe siècle qu'il est fait mention du château, celui-ci s'articulait autour de deux tours (le châtel-devant côté Glainans et le châtel-derrière côté du Lomont), à ses pieds se dressait la chapelle[7]. En 1479, lors des guerres de Bourgogne, beaucoup de places fortes du comté tombèrent au pouvoir des Français qui en firent démolir un grand nombre, Louis XI fit renverser les deux tours du château de Bermont[7]. Il fut reconstruit dans la première moitié du XVIe siècle par Simon Renard, conseiller de l'empereur et son ambassadeur auprès du roi d'Angleterre[7]. Le château servait de refuge aux habitants de Lanthenans, de Hyémondans et de Sourans en cas de guerre en échange de travaux d'entretien de la forteresse[7].

Le village était scindé en deux parties, le Grand-bourg qui comptait quatre à cinq maisons au nord de la montagne et le petit-bourg formé de deux à trois habitations[7]. Il est possible que ce soit le prieuré de Lanthenans qui en ait donné les terres à un chevalier en échange de la construction du château pour assurer sa protection comme le laisse supposer le saint protecteur de Bermont qui est Saint-Laurent, le même que celui de Bermont qui appartenait à ce même prieuré[7].

Les Neuchâtel-Urtière

En 1325 Thiébaud de Neuchâtel s'était emparé à main armée de la forteresse de Bermont car les familles d'Aucelle et de Bermont refusaient de faire leur devoir de fief[7]. Thiébaud de Neuchâtel en confia la garde à quelques-uns de ses vassaux dont Perrin de Longevelle en 1336, écuyer, et Huguenin Lolya en 1349 ; le fief sera rendu à Guillaume de Bermont en 1350[7]. Ce dernier, parent de Jean de Montferrant, meurt en 1354 ; sa succession fera l'objet de graves discussions entre les seigneurs de Cuisance et Thiébaud de Neuchâtel, c'est ce dernier qui emportera les biens[7]. Quinze ans plus tard elle passe au comte de Montbéliard et les Neuchâtel n'en gardent que le titre de fief[7]. Par la suite elle passera à la petite-fille du comte Renaud, mariée à Valerand de Thierstain[7].

Transmission du fief

En 1422 la seigneurie est dans les biens de la famille Arménier, Guy Armènier était conseiller et grand-maître du duc Jean sans Peur et il reçut le chatel-derrière de Bermont ainsi que ses dépendances. Il transmit le fief à son petit-fils Jean Arménier[7].

Après être passée dans les maisons de Montjustin puis d'Armenier, la seigneurie de Bermont fut transmise par mariage à Jean Ier d'Allanjoye. Ce dernier n'ayant pas de postérité la transmettra à Thiébaud de Saint-Maurice, mais suite à un conflit avec Anne de Roppe, prétendante à l'héritage des Montjustin et d'Allanjoye, la seigneurie revint dans la maison de Roppe jusqu'en 1555 date à laquelle elle fut vendue à Simon Renard, conseiller de l'empereur, qui fit rénover la forteresse.

En 1590 Desle de Mouthier l'acheta et en 1681 c'est Jean-Baptiste Guyot, baron de Maîche, qui en partageait l'usage avec Thomas de Mouthier. En 1750 la seigneurie sera démembrée par Jean Cenet d'Accolans qui l'avait reçue de Gabriel Cenet, seigneur d'Accolans[7].


Généalogie[7],[8]

Lieux et monuments

Ruines du château de Bermont qui fut bâti au cours du XIIIe siècle[7]. Il surplombait un bourg installé à ses pieds de part et d'autre de la crête qui supportait le château[7]. Celui-ci était divisé en deux parties : châtel-devant (côté de Glainans) & châtel-derrière (côté du Lomont)[7]. Le fief était déjà exprimé en 1292, 1296 et 1299[7].

De nos jours, ces deux parties sont encore très nettement visibles, elles se situent là où il est possible d'admirer les soubassements de deux tours semi-circulaires, dont la première est desservie par les vestiges d'une porte datable du XVe siècle. Cette forteresse était protégée au nord par un profond fossé taillé dans le roc. À noter, non loin de ce fossé, de nombreuses carrières sont encore visibles. On en a extrait les matériaux pour la construction du château ainsi que du bourg.

Son histoire est assez lacunaire : possession de la famille de Bermont, vassale des Neuchâtel, il passa en diverses mains dont celles des Allenjoie, pour arriver au sein de la famille de Moustiers au tout début du XVIe siècle. Pris et démantelé pendant les guerres de Bourgogne par les troupes de Louis XI, il fut modernisé pour les armes à feu au début du XVIe siècle, comme le laisse apparaître encore de nos jours la bouche à feu de la tour ruinée orientée au levant et qui surplombe la gorge permettant d’accéder au château. Il servit de campement aux miliciens comtois durant la guerre de Dix Ans et devait être fort ruiné quand survint la conquête française.

Ce site représente le type parfait de l'éperon barré. Cette forteresse devait être des plus imposantes et quasiment imprenable.

Une gravure et une carte postale du début du XXe siècle le représenteraient avec de majestueuses ruines.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2014 Claude Duquet[9]    
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007
391 422 385 524 506 482 511 540
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Personnalités liées à la commune

Voir aussi

Sources

Bibliographie

  • Archives généalogiques et historiques de la noblesse de france, volume 2, P.Louis Laine, 1829, p. 1 à 17.
  • Recherches historiques et statistiques sur l'ancienne seigneurie de Neuchâtel au comté de Bourgogne, Jean François Nicolas Richard, 1840, p. 113, 114, 115, 117, 118, 129, 130, 193, 219, 242, 258, 261, 262, 272, 299, 327.

Notes et références

  1. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003. p. 50.
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume I, Librairie Droz 1990. p. 640.
  3. a et b Op. cité.
  4. Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud 1979. p. 21.
  5. Xavier Delamarre, Op. cité.
  6. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume II, Librairie Droz 1991. p. 1157.
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v et w Recherches historiques et statistiques sur l'ancienne seigneurie de Neuchâtel
  8. a et b Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France
  9. Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires (doc pdf)

Liens externes


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