Annexion du comté de Nice à la France
La partie du comté de Nice annexé à la France en 1860 est représenté en marron. La partie jaune entourée de marron l'est en 1947.

L'annexion du comté de Nice à la France désigne l'annexion en 1860, du comté de Nice, alors partie intégrante du royaume de Piémont-Sardaigne, à la France[1].

Sommaire

Déroulement

À l'origine de l'annexion, se trouve avant tout la volonté de Napoléon III, qui veut aider l'Italie à faire son unité, dans le but de contenir l'Autriche. Pour éviter, cependant, de créer un État unifié potentiellement dangereux juste à côté de la France, l'empereur réclame en échange de son aide, le duché de Savoie et le comté de Nice, qui constituent deux régions stratégiques importantes sur le plan militaire[2].

Les habitants du Comté de Nice se rendant au scrutin de l'annexion

Le principe de cet échange est établi en 1858, lors des accords de Plombières, entre Napoléon III et Cavour, même si ce dernier a tenté ensuite de « sauver Nice »[3]. Le Traité de Turin, le 24 mars 1860, entérine le changement de souveraineté de la ville. La population niçoise semble tout d'abord assez réticente. Lors des élections législatives de mars 1860, les deux députés élus par Nice au parlement de Turin, Giuseppe Garibaldi et Charles Laurenti Robaudi, sont farouchement opposés à l'annexion[4]. La presse locale se divise : les journaux la Gazette de Nice et Il Nizzardo sont contre le changement de souveraineté tandis que L'Avenir de Nice lui est favorable.

La population finit cependant par accepter le changement de souveraineté lorsque le roi Victor-Emmanuel II de Savoie, le 1er avril 1860, lui demande solennellement de le faire, au nom de l'unité italienne[5]. L'Avenir de Nice devient Le Messager de Nice le 3 avril 1860. Un plébiscite est voté le 15 et le 16 avril 1860. Les adversaires de l'annexion appellent à s'abstenir, d'où le faible nombre de votes non. Le oui emporte 83 % des inscrits dans l'ensemble du comté de Nice et 86 % à Nice, en partie grâce à la pression des autorités (curés, syndics, fonctionnaires)[5].

Plébiscite avril 1860
Territoire Date Inscrits Abstention Votants Favorables au rattachement Contre l'annexion Nuls
Comté de Nice 15/16 avril 30 712 4 779 25 933 25 743 160 30
D'après le conseil général des Alpes-Maritimes.

Le territoire de Nice est officiellement cédé à la France le 14 juin 1860. Le département des Alpes-Maritimes, deuxième du nom, est créé par l'addition du comté de Nice et de l'arrondissement de Grasse.

Critiques

Article connexe : Nationalisme niçois.

Aujourd'hui, l'annexion reste critiquée ou remise en cause par certains niçois autonomistes ou indépendantistes. Par exemple, la Ligue pour la restauration des libertés niçoises fondée par l'historien Alain Roullier, la qualifie de « scélérate »[6].

Pour Paul-Louis Malausséna, directeur de la revue Nice-Historique, lors du plébiscite, les bulletins « non » n'étaient comptabilisés que si les votants fournissaient une « explication verbale » aux soldats français[7]. Peu d'habitants du comté de Nice parlaient le français couramment[7].

Article connexe : Abrogation du traité de Turin.

Le 24 mars 2010, de Genève, Alain Roullier-Laurens, pour la LRLN et Jean de Pingon, fondateur de la Ligue Savoisienne, ont signé une déclaration commune relative à l'abrogation du Traité de Turin, qui cédait Nice et la Savoie à la France, ils ont adressé ce texte à tous les Ambassadeurs des puissances signataires du Traité de Paix de 1947, accrédités en Suisse, afin qu'ils le transmettent à leurs gouvernements.

Après avoir exposé les motifs juridiques de l'abrogation du Traité de Turin, du fait du non-respect par la France de l'article 44 du Traité de Paix de 1947, "ils demandent, qu'en vertu du Droit des Peuples à disposer d'eux-mêmes, une consultation électorale, soit organisée par l'ONU dans ces deux pays, afin que les Niçois et les Savoisiens puissent librement décider de leur destin." [8]

Le 6 avril 2010, un député UMP de la Loire a déposé une question écrite aux deux ministres concernés, à propos de l'abrogation du traité de Turin et des conséquences internationales qui pourraient en résulter[9].

Annexes

Bibliographie

  • Collectif, Vive la France. Regards croisés sur l'union du comté de Nice à la France, 1860-1947, Nice, éditions Serre, 2010, 175 p.
  • Paul Gonnet, La réunion de Nice à la France, Breil-sur-Roya, Éditions du Cabri, 2003, 343 p.
  • Paul Guichonnet, Histoire de l'annexion de la Savoie à la France, Montmélian, La Fontaine de Siloé, 2003, 352 p.
  • Gustavo Mola di Nomaglio , Italo Pennaroli , Roberto Sandri-Giachino, “Come Torino visse la cessione di Savoia e Nizza”, Studi Piemontesi, vol. 39, fasc. 1, 2010, 38 p.
  • Alain Ruggiero (dir.), Nouvelle histoire de Nice, Toulouse, Privat, 2006, 383 p.
  • Ralph Schor (dir.), Dictionnaire historique et biographique du comté de Nice, Nice, Serre, 2002, 412 p.
  • Ralph Schor, Henri Courrière (dir.), Le comté de Nice, la France et l'Italie. Regards sur le rattachement de 1860, Nice, éditions Serre, 2011, 175 p.

Ouvrages remettant en cause l'annexion de Nice :

  • Alain Roullier,
    • Nice, demain l'indépendance, France Europe éditions, 2003
    • La vérité sur l'annexion de Nice, France Europe éditions, 2010

Articles connexes

Notes et références

  1. Paul Guichonnet, Histoire de l'annexion de la Savoie à la France, Montmélian, La Fontaine de Siloé, 2003, 352 pages. Un chapitre est consacré à l'annexion de Nice.
  2. Paul Guichonnet, Histoire de l'annexion de la Savoie à la France, p.151
  3. Alain Ruggiero (sous la direction de), Nouvelle histoire de Nice, Toulouse, Privat, 2006, (ISBN 978-2708983359), p. 94-95
  4. Alain Ruggiero, op. cit., p.181.
  5. a et b Alain Ruggiero, op. cit., p. 182
  6. Alain Roullier, Nice, Demain l'indépendance, 2003, France Europe Edition, chapitre n°6, p. 114, (ISBN 2-84825-026-7)
  7. a et b Clément Fouquet, Alexandre Jean, Léa Pineau, Laurie Zénon, Nice, qu'as-tu fait de ton identité ? L'histoire d'un peuple, L'Express, 23 avril 2010.
  8. http://paisnissart.canalblog.com/archives/2010/03/24/17338751.html
  9. http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-76121QE.htm

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