Maitre Eckhart

Maître Eckhart

Johannes Eckhart
Philosophe allemand
Moyen Âge tardif
Naissance : 1260 (Hochheim)
Décès : 1327
École/tradition : Scolastique et Mystique rhénane
Principaux intérêts : Métaphysique et Théologie
Idées remarquables : filiation divine, suressentialité
Œuvres principales : Le livre de la consolation divine
Commentaire de Jean
Influencé par : Aristote, Stoïcisme, Augustin, Proclus, Pseudo-Denys, Boèce, Avicenne, Averroès, Maïmonide, Thomas d'Aquin, Marguerite Porète
A influencé : Suso, Tauler, Nicolas de Cues, Böhme, Angelus Silesius, Hegel, Schopenhauer, Heidegger

Maître Eckhart (né Eckhart von Hochheim en 1260 - 1327) est un spirituel, théologien et philosophe dominicain, le premier des mystiques rhénans. Il étudia la théologie à Erfurt, puis Cologne et Paris. Il enseigna à Paris, prêcha à Cologne et Strasbourg, et administra la province dominicaine de Teutonie depuis Erfurt.

Sommaire

Chronologie biographique

  • 1260 environ - naissance à Hochheim.
  • Études d'arts à Paris (hypothétique).
  • 1280 - Études de théologie à Cologne.
  • 1293-1294 - Il commente les Sentences à Paris.
  • À partir de 1294 - prieur d'Erfurt et vicaire de Thuringe. Élaboration des Entretiens spirituels « ... que le vicaire de Thuringe, prieur d'Erfurt, frère Eckhart, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, eut avec les fils spirituels qui lui posaient maintes questions pendant leurs discussions du soir», ainsi qu'il est rappelé au-début du livre.
  • 1302-1303 - Première période d'enseignement à Paris.
  • 1303 - Élu prieur provincial de Saxe.
  • 1306 - Nommé au chapitre de Strasbourg, dans le cadre du problème des béguines et pour dialoguer avec les partisans du Libre-Esprit.
  • 1307 - Vicaire général de la province de Bohême.
  • 1311-1313 - Nommé magister actu regens à Paris, il entreprend une somme théologique à ambition encyclopédique.
  • Vers 1314 - Vicaire général de Teutonie.
  • 1325 - Une enquête disciplinaire traduit les premiers soupçons sur son orthodoxie.
  • 1326 - Deux dominicains dénoncent certaines de ses propositions à l'inquisition.
  • 1327 - Instruction du procès sur des phrases privées de leur contexte.
  • 1327-1328 - Décès ; peut-être sur la route d'Avignon, où siégeait alors la Curie Pontificale.
  • 27 mars 1329 - Condamnation par une bulle de Jean XXII.

Enseignements

Le prieuré d'Erfurt

L'enseignement spirituel de Maître Eckhart est centré sur une invitation au détachement considéré comme moyen (et non terme) nécessaire de l'union à Dieu, et à l'enfantement de Dieu dans le coeur du disciple, fruit de la « divinisation » reçue de et par l'union à Dieu[1]. Ce détachement est ontologique, à la fois mise à l'arrêt de ce que nous ne sommes pas ("Entbildung" dans les écrits en moyen-haut allemand) et constitution d'un dépassement métaphysique de soi ('Ueberbildung"): donc un renoncement à tout ce qui rend l'être indisponible à l'action de la Grâce ; le dernier degré de ce détachement consistant même à s'affranchir de l'effort pour se rapprocher de Dieu. Il s'agit en effet moins de se décharger du poids de réalités contingentes extérieures que de cultiver et entretenir une intériorité conçue comme fragment de l'union à ce monde, autrement que le Christ, qui en sa chair humaine fut attaché au monde. Ainsi disposé, l'esprit libre, le cœur humble, toute attente ou aspiration personnelle éteinte, l'intériorité insensible à toute turpitude, Dieu ne peut faire autrement que de s'y loger, comblant cette vacuité par la félicité ; «l'homme devenant par Grâce ce que Dieu est en nature. » (Maxime le Confesseur). C'est ce que l'on appelle la divinisation, ou en grec la théosis, thème mal connu, jugé parfois hétérodoxe, alors que remontant, outre Maxime le Confesseur, à Augustin, et se prolongeant en de très grands spirituels tels que Nicolas de Cues. Cet apparent empiètement sur la puissance divine et la suspension du mouvement spontané de la piété ont été les prétextes principaux des accusations d'hérésie, confortées par des énoncés dégagés de leur contexte de prédication, le tout amplifié par le goût de formules paradoxales[2].

Ainsi, contre la tendance générale à l’abandon du monde, Eckhart proclame et justifie théologiquement la possibilité de réintégrer l’identité métaphysique avec Dieu tout en restant dans le monde. Il s'agit d'une formulation chrétienne d'une union effective à Dieu. Il est préférable d’aller du vocabulaire latin au vocabulaire allemand pour comprendre Eckhart sans risque. Ainsi en va-t-il pour le mot déité, présent dans nombre de traductions françaises. Or, le texte latin d’Eckahrt utilise toujours le couple «deus-divinitas», à une seule exception où ce couple devient «trinitas-deitas», et en allemand «Gott-Gottheit». Une traduction se voulant savante a introduit le terme déité dans la traduction française, équivalent à deitas en latin, au lieu de conserver le texte eckhartien divinité, instillant l’idée qu’Eckahrt reprendrait une partie de la théologie de Gilbert de la Porrée au premier quart du XIIe siècle. Selon l'adage « Tout ce qui est en Dieu est Dieu », alors, demanda Gilbert de la Porrée, par quoi, Dieu est-il Dieu, puisque ce par quoi on est quelque chose, n'est pas celui qu'on est ? Ainsi il introduisit la distinction entre Dieu, divinité et déité. Eckhart ne le suit pas dans sa radicalité, même s'il connaît ses conceptions ontologiques, surtout à travers les reprises aménagées par (Alain de Lille) dans ses Règles de Théologie. Il emploie à dessein un autre vocabulaire pour se mettre à distance des excès porrétains, principalment dans sa théologie de la création[3]. Le terme déité ainsi employé participe à placer Eckhart dans une sphère non-dualiste, alors qu’il prêche la trinité. Cet exemple philologique montre qu’encore de nos jours, le christianisme affiché d’Eckhart et sa volonté d’orthodoxie n’est pas comprise, même de lettrés censés être spécialistes de cette période[4].

L’expérience mystique est vue comme le retour à la Divinité manifestée dans le Christ vivant en le coeur du croyant. L’union avec Dieu est comparée à une goutte d’eau retournant à l’océan. La vocation prédestinée de l’homme est d’être en Dieu. Si le Père engendre le Fils dans l’éternité, Dieu engendre le Fils dans le fond sans fond, l'abditus mentis d'Augustin, ou Grund en moyen-haut allemand, de l’âme. Toute cette théologie est très classique. et porte le nom d'inhabitation trinitaire[5]. Ce n'est pas cette thèse qui a suscité la haine contre Eckhart[6].

Ce qui finalement a monté des adversaires contre Eckhart est un ensemble complexe :

  • des thèses formulées avec le vocabulaire des béguines [7], affirmant qu'existe dans le fond sans fond de l'âme un quelque chose échappant au temps, à l'espace et à tout mode d'existence, un quelque chose d'éternel et de divin : une divine étincelle[8]. La peur du panthéisme a nourri dés lors les critiques.
  • Un goût de formules paradoxales ou les données les plus subtiles de la dogmatique chrétiennes sont exprimées de façon telle que même certains maîtres s'y perdent [9].
  • Une accentuation très nette du primat de la grâce de Dieu, qui ne pouvait qu'assimiler les chantres d'une ascèse volontariste à d'orgueilleux faux dévots[10].

La difficulté de ses thèses a conduit à de nombreuses interprétations erronées de son message. Eckhart avait pour projet d'écrire une œuvre originale. À l'époque des Sommes Théologiques, il envisageait un ouvrage tripartite, combinant les commentaires bibliques et la spéculation, organisé autour de mille questions. Cet Opus Tripartitum n'a pas été achevé, et les chercheurs tentent actuellement d'en retrouver des éléments dans les œuvres qui nous sont parvenues[11].

Le portail de maître Eckhart au prieuré d'Erfurt.

Il fut accusé d’hérésie en 1326, et en 1329 les thèses extrêmes extraites de ses œuvres furent condamnées. Cependant, de l'avis de Josef Ratzinger lui-même lorsqu'il n'était pas encore pape, le procès n'a pas eu lieu, Eckhart n'est pas au sens strict du terme condamné. Il n'a donc même pas à être réhabilité. Le professeur Joseph Ratzinger, futur pape sous le nom de Benoît XVI, après examen, n'a pas trouvé d'hérésie, mais des maladresses de langage dans ses œuvres. La théosis, ou divinisation, l'inhabitation trinitaire, le primat de la grâce, la structure paradoxale du dogme chrétien qui est une suite d'apories maintenues (Christ Dieu et homme, mort et vivant, Dieu un et trois; l'homme saint et pécheur, le salut déjà là et pas encore, etc..) : tout cela appartient à la tradition chrétienne, portée par les plus grands maîtres. C'est même l'une des ses caractéristiques, Le "Problème "Eckhart" ne serait donc plus qu'un problème de compréhension, une fois placé combien Eckhart refuse la principe scotiste (de Jean Duns Scot) d'univocité de l'Être [12] : ce principe pose comme préalable l'incapacité de transporter en Dieu par analogies des principes ontologiques formulés au sujet de ce qui n'est pas Dieu.

Selon Benoît Beyer de Ryke [13], la condamnation de Maître Eckart aurait pour origine avant tout le fait qu'il ait cherché à faire passer ses théories non pas dans ses traités théologiques en latin - dont la lecture était réservée à un petit nombre de lettrés - mais dans ses sermons publics adressés en langue vernaculaire, donc comprise de tous, à des dominicains mais aussi à des béguines et surtout à de simples laïcs.

On ignore la date exacte de son décès : il partit de Cologne à destination d'Avignon pour défendre ses thèses. Ensuite, sa trace est totalement perdue, ce qui ajoute encore au mystère l'entourant, puisqu'il n'a pas laissé d'autobiographie, et a restreint au strict minimum les confidences sur sa vie.

L'inspiration de Maître Eckhart

  • Maître Eckhart applique un principe fréquent au Moyen-Age : la "discretio", il ne dit rien à son sujet. Les autobiographies existent, mais sont rares : Suso fait exception à la règle. Sa condamnation semble avoir empéché toute biographie posthume qui nous aurait renseigné sur son parcours intellectuel précis. Beaucoup retiennent pourtant à son sujet l'influence d'Augustin, et de Pseudo-Denys l'Aréopagite, principalement dans toute la thématique dite "théologie négative", où ce qui est dit de Dieu est toujours au moins imparfait, au pire faux, bien qu'il soit cependant nécessaire d'apporter une parole. Le seul argument du nombre de citations d'Augustin montre qu'il demeure sa première source.
  • On trouve dans «Le Miroir des simples âmes anéanties», une thématique proche de celle que développera Maître Eckhart. Son auteur, Marguerite Porète, fut brûlée à Paris le 1er juin 1310, peu de temps avant le premier séjour qu'il y fit. Or, l'inquisiteur chargé d'instruire son procès résidait dans le même couvent qu'Eckhart. Il y a de discrètes mais fermes allusions à l'ouvrage de Marguerite Porète, Le miroir des âmes simples anéanties, et à d'autres béguines disséminées dans l'œuvre d'Eckhart.

Eckhart cite fréquemment de nombreux auteurs dont :

Il a recours à des éléments de poésie, profanes ou religieuses, à des séquences liturgiques. En outre, il montre une excellence connaissance des sources habituelles de la scolastique (les Règles de Théologie d'Alain de Lille), et même du droit (décret de Gratien). Si Platon est cité, Aristote l'est plus encore. Eckhart selon la question se déclare explicitement tributaire de l'une ou l'autre tradition philosophique. Il est dans la continuité, non dans la répétition, des penseurs dominicains du XIIIe siècle. Il prolonge le travail de pensée du dogme chrétien engagé par son ordre dès la naissance de la scolastique. Sur de nombreux points, il renvoie à Thomas d'Aquin. Comme ce dernier, il est très fidèle à la devise de son ordre : "Contempanda allis tradere". Mais il sait aussi préférer ou inventer des solutions originales là où les réponses thomasiennes ne le satisfont pas. À la différence de Dietrich de Freiberg, un de ses prédécesseurs immédiats, à la fois dans le monde germanique et dans l'ordre dominicain, il se préserve des thèses d'Avicenne. De même, il n'utilise pas autant Proclus qu'Albert le Grand.

La postérité de Maître Eckhart

Maître Eckhart fut le fondateur de la Mystique Rhénane. Deux grands prédicateurs dominicains furent ses disciples immédiats: Jean Tauler (±1300, †1361) a prêché à Strasbourg et à Bâle. Il reste très proche d'Eckhart, tout en donnant moins de place, au moins apparemment à la spéculation, et plus à la parénèse. Henri Suso (1296-1366) à Cologne se distingue par une grande place accordée aux images et à l'imitation du Christ souffrant. Nicolas de Cues fut un lecteur attentif d'Eckhart : c'est de sa bibliothèque que nous conservons le seul manuscrit des sermons latins d'Eckhart, annoté de la main de Nicolas de Cues. Jan van Ruusbroec, le grand mystique flamand redécouvert par Maeterlinck au XIXème siècle, peut être replacé dans le courant de la mystique rhéno-flamande dont Maître Eckhart est le plus illustre représentant - même si sa mystique ne se confond pas avec celle de celui-ci [14]. Jacob Boehme, dans sa vision mystique globale, s'en inspire[réf. nécessaire]. Maître Eckhart a été cité à de nombreuses reprises par les Premiers Réformateurs[réf. nécessaire], mais c'est dans la philosophie, principalement allemande, qu'il fut le plus fréquemment cité. Parmi les philosophes le citant, en soulignant ses qualités et son importance, on peut citer Hegel, qui dit le lire avec intérêt[15].

Au XXe siècle, le pangermanisme nazi crut possible de s'accaparer Eckhart, au moins comme l'un des fondateurs de la langue allemande et interdit à Raymond Klibansky (1905-2005), parce qu'il était juif, d'étudier ses ouvrages. Cette tentative de récupérer Eckhart échoua ; comme le note Wolfang Wackernagel, spécialiste suisse de cet auteur, il n'y a pas de traces d'antisémitisme chez un auteur qui dit toute son admiration pour Maïmonide. C'est avec Heidegger que les références sont les plus explicites. Dès son étude de Jean Duns Scot, Heidegger annonce la nécessité d'approfondir la pensée du Maître Thuringien. D'après Pierre Capelle, Heidegger a cherché dans Eckhart une phénoménologie de la religion, et la pensée de l'être (ontologie) et l'attente de Dieu. L'ontologie heideggerienne, et sa pensée de l'Un, s'enracinent dans plusieurs systèmes médiévaux, dont celui d'Eckhart. Plus proche de nous, la parenté de la philosophie de Michel Henry est assez forte pour qu'une thèse et de nombreuses publications lui ait été consacrées, principalement dans le registre de l'ineffable et de l'engendrement.

Œuvres de Maître Eckhart

  • Sermons Allemands (fr)
  • Sermons Latins (à paraître cf ERMR)
  • Conférences et autres sermons
  • Commentaire de la Genèse (fr)
  • Commentaire de l'Exode (fr)
  • Commentaire de l'Ecclésiaste
  • Commentaire de l'Évangile de Jean (Prologue traduit, le reste en cours de trad)
  • Traité du Détachement (fr)
  • Traité de l'Homme noble (fr)
  • Livre de la Consolation (fr)
  • Les Entretiens Spirituels (fr)
  • Commentaire du Cantique des Cantiques (fragments)
  • Réponse aux accusations
  • Commentaire de l'Évangile de Matthieu
  • La mesure de l'amour : sermons parisiens (fr)

la mention "fr" indique que l'ouvrage, traduit, est disponible en librairie. Les principaux traducteurs sont, pour l'oeuvre allemande, Jeanne Ancelet-Eustache et Alain de Libera ; pour l'oeuvre latine F. Brunner (et A. de Libera) ainsi que Pierre Gire.

L'oeuvre latine encore inédite est en cours de traduction sous la direction de Mme Vannier (Univ. Metz). Sous sa direction, en accord avec les autres chercheurs européens et nord-américains faisant autorité, la traduction et l'introduction aux œuvres manquantes est largement entamée. Les sermons latins seront prochainement édités en français par Jean Devriendt.

D'autres traductions, partielles le plus souvent, sont parfois produites, quelquefois à partir de traductions anciennes, libres de droit, mais fautives. La difficulté des textes est telle qu'il est préférable de chercher la garantie offerte par les Groupes de Recherches reconnus par l'Université.

Sermons traduits et présentés par Gwendoline Jarczyk et Pierre-Jean Labarrière, philosophes, germanistes, et auteurs d'un remarquable Maître Eckhart ou l'empreinte du désert (Albin Michel) :

  • Les Traités et le Poème, Albin Michel, 1996
  • Les Sermons, Albin Michel, 2009

Bibliographie

  • Fernand Brunner, Maître Eckhart, Seghers, Paris, 1969
  • Dom André Gozier, Prier 15 jours avec Maître Eckhart, Nouvelle cité, 2000 (ISBN 2853133702)
  • Julie Casteigt, Connaissance et vérité chez Maître Eckhart, Vrin.
  • Maître Eckhart, Roman vrai d'un épisode de la vie de Maître Eckhart, Jean Bédard, Stock, France, 1998
  • Maître Eckhart, Du miracle de l'âme, Calmann-Lévy, 1996
  • Maître Eckhart, Œuvres de Maître Eckhart - Sermons-traités, Editions Gallimard, 1992
  • Marie-Anne Vannier,«Création et négativité chez Eckhart», Revue des sciences religieuses 67/4 (1993), p. 51-67.
  • Voici maître Eckhart, éd. par E. Zum Brunn, Grenoble, J. Millon, 1994.
  • Marie-Anne Vannier,"La connaissance de soi chez Augustin et Eckhart", La France latine 132 (2001), p. 15-37.
  • Alain Dierkens et Benoît Beyer de Ryke, éd., Maître Eckhart et Jan van Ruusbroec. Études sur la mystique "rhéno-flamande" (XIIIe-XIVe siècle), Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 2004 ("Problèmes d'histoire des religions", 14).
  • La naissance de Dieu dans l'âme (Eckhart, Sermons 101 à 103), trad. G. Pfister, Présentation Marie-Anne Vannier.
  • Benoît Beyer de Ryke, Maître Eckhart, une mystique du détachement, Bruxelles, Ousia, 2000 (« Figures illustres », 1) [diffusion : Vrin].
  • Benoît Beyer de Ryke, Maître Eckhart, Paris, Entrelacs, 2004 ("Sagesses éternelles") [Prix Henri Davignon de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 2005].
  • Maître Eckhart ou l'Empreinte du désert, Gwendoline Jarczyk et Pierre-Jean Labarrière, Albin Michel, 1995
  • Wolfgang Wackernagel, Imagine denudari. Éthique de l'image et métaphysique de l'abstraction chez Maître Eckhart, Études de philosophie médiévale n° 68, Paris, Vrin (Sorbonne) 1991. (224 pages)
  • Jean Devriendt-Denis Delattre, Répertoire bibliographique, Strasbourg, Ercal, 1997 (Bibliographie regroupant plus de 600 études disponibles en France sur les Maîtres Rhénans)
  • La naissance de Dieu dans l’âme chez Eckhart et Nicolas de Cues, M-A Vannier dir., Cerf, Patrimoines, 2006,
  • Hervé Pasqua, Maître Eckhart. Le procès de l'Un, Cerf, 2006.
  • Initiation à Maître Eckart "jetez-vous en Dieu" de Suzanne Eck Moniale dominicaine, edition du Cerf.
  • Reiner Schurmann, Maître Eckhart ou la Joie Errante, coll. L'expérience intérieure, Paris, Denoël, 1972.

Liens externes

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Notes et références

  1. J. Devriendt, « La naissance de Dieu dans l'âme dans les Sermons latins d'Eckhart », in : La naissance de Dieu dans l'âme chez Eckhart et Nicolas de Cues, Paris, Cerf, coll. « Patrimoines », 2006, p. 39-54.
  2. La synthèse des connaissances actuelles sur cette question est donnée dans Benoît Beyer de Ryke, Maître Eckhart, une mystique du détachement, Bruxelles, Ousia, 2000
  3. Marie-Anne Vannier, « S. Augustin et Eckhart. Sur le problème de la création », Mélanges. J. Oroz Reta, Augustinus, 39, 1994, p. 551-561
  4. Sur ces questions, voir les dernières publications dirigées par Mme Vannier aux ad. du cerf concernant la pensée d’Eckhart sur l’Église, la trinité et la prédication
  5. Marie-Anne Vannier, « L'Être, l'Un et la Trinité chez Eckhart », in : Mystique : la passion de l'Un de l'Antiquité à nos jours, Bruxelles, Publications de l'Université de Bruxelles, 2005, p. 133-139.
  6. cf. Kurt Ruh, Initiation À Maître Eckhart - Théologien, Prédicateur, Mystique, Cerf, 1997
  7. Georgette Epiney-Burgard, Émilie Zum Brunn, Femmes troubadours de Dieu, Brepols, 1988, Paris,
  8. Maurice De Gandillac, Genèse de la modernité. Chap. XII. L’abîme et l’étincelle (aspects de l’eckhartisme), Cerf, 1992, Paris
  9. Gerard Huber, « Negative Theologie und Paradoxes Ethos bei Meister Eckhart » dans Recueil d'études offert à Fernand Brunner. Métaphysique, Histoire de la philosophie, à La Baconnière, «Langages», Neufchâtel, 1981, p. 135 et ss. Cyprian Smith, The way of paradox : spiritual life as taught by Meister Eckhart, Longmann and Todd, 1987, Londres
  10. Édition des documents Loris Sturlese, « Die dokumente zum Prozeß gegen Meister Eckhart », dans Heinrich Stirnimann, Ruedi Imbach, Eckhardus Theutonicus homo doctus et sanctus. (Nachweise und Berichte zum Prozess gegen Meister Eckhart), Dokimion n°11, Nouveaux suppléments à Freiburger Zeitschrift für Philosophie und Theologie, Universität Verlag, Fribourg, 1992, p. 1-6,
    Gabriel Théry, « Édition critique des Pièces relatives au procès d'Eckhart contenues dans le manuscrit 33 b de la bibliothèque de Soest », Archives d’Histoire Doctrinale et Littéraire du Moyen-Age, 1, 1926-1927, p. 129-268
  11. Ces intentions sont données par Eckhart dans son Prologue à l'oeuvre tripartite contenu au début de son commentaire de la Genèse, édité et traduit en français Commentaire de la Genèse précédée des Prologues, Fernand Brunner, Alain De Libera, Édouard Henri Weber, Émilie Zum Brunn, intro, trad., Cerf, L’œuvre latine de Maître Eckhart, 1, 1989, Paris. La mise au point la plus accessible, est donnée par Kurt Ruh, Initiation À Maître Eckhart - Théologien, Prédicateur, Mystique, Cerf, 1997
  12. Vladimir Lossky, Théologie négative et connaissance de Dieu chez Maître Eckhart, Vrin, Paris, p. 311.
  13. Maître Eckhart, éditions Entrelacs, p. 67
  14. Alain de Libera, Eckhart, Suso, Tauler ou la divinisation de l'homme, Paris, Editions Bayard, 1996, p. 199
  15. Franz von Baader (1765-1841) fera découvrir Eckhart à Hegel : « J'étais à Berlin très souvent en compagnie de Hegel. Un jour, en 1824, je lui lus des textes de Maître Eckhart, dont il ne connaissait jusque-là que le nom. Il fut si enthousiasmé qu'il donna l'autre jour toute une conférence sur Maître Eckhart devant moi, et qu'il finit par ces paroles : Voilà exactement ce que nous voulons. » F. VON BAADER, Sämtliche Werke, Bd., 15, p. 159
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